Retraites : Bruxelles presse la France d’accélérer sa réforme dès 2013


L'accélération de la réforme des retraites figure parmi les recommandations faites à la France par Commission européenne. Bruxelles suggère un nouveau recul de l'âge légal, un allongement de la durée de cotisation et de s'attaquer à certains régimes spéciaux.

bruxelles, retraites, paris

François Hollande va devoir boucler la réforme du système de retraite avant la fin 2013. C’est en tout cas l’un des principaux désidératas émis mercredi 29 mai par la Commission européenne à l’encontre de la France dans ses recommandations aux pays de l’Union pour 2013. « De nouvelles mesures doivent dès lors être prises d’urgence », exhorte Bruxelles qui s’est appuyé sur les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR) pour souligner le déséquilibre financier des régimes d’assurance vieillesse en France.


« Prendre des mesures d’ici à la fin de l’année 2013 »

« Le système de retraite accusera donc encore d’importants déficits en 2020 », relève la commission qui appelle le gouvernement Ayrault « à prendre des mesures d’ici à la fin de l’année 2013 », ce afin d’équilibrer « durablement le système de retraite en 2020 au plus tard ».

La Commission a accompagné sa recommandation de pistes de réformes pouvant être envisagées par l’exécutif français. Bruxelles suggère à Paris d’agir sur les quatre principaux paramètres (âges de départ, durée de cotisation, niveau des cotisations et niveau de prestations) pouvant impacter les conditions de départ et les niveaux de pensions des retraites actuels et futurs. « Il pourrait notamment être envisagé de relever encore l’âge minimal de départ à la retraite et l’âge légal de départ à la retraite à taux plein, ainsi que la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein, d’adapter les règles d’indexation », énumère l’exécutif européen, qui ne parle pas explicitement de gel ni de désindexation des pensions.

Hausse des cotisations « à éviter »

La Commission demande au gouvernement de « réexaminer les nombreuses dérogations au régime général de certaines catégories de travailleurs », sans préciser à quels régimes spéciaux il faisait référence. Enfin, les commissaires européens écartent l’hypothèse d’une hausse des cotisations patronales réclamée par certains syndicats français, dont au premier chef la CGT et FO. « Une augmentation du niveau des cotisations de sécurité sociale aurait une incidence négative sur le coût du travail et devrait dès lors être évitée », estime la Commission qui reprend là l’argument avancé par le patronat français qui refuse en bloc toutes hausses des cotisations retraites.

Ces recommandations ont été qualifiées de « concrètes, réalistes et adaptées à la situation de chacun des États membres de l’Union » par José Manuel Barroso, président de la Commission.

Bruxelles en a profité pour égratigner le rétablissement partiel de la retraite à 60 ans pour les travailleurs qui ont commencé à travailler tôt, promis par François Hollande durant sa campagne présidentielle. La mesure, prise en juillet 2012 et applicable depuis novembre dernier, va « à l’encontre » des préconisations formulées par le Conseil européen en 2012, cette disposition revenant à une « annulation partielle de la réforme de 2010 » qui avait reporté progressivement l’âge légal de départ de 60 à 62 ans.

 

En savoir plus sur la réforme des retraites
Retraites : pourquoi Hollande lance une réforme en 2013
Retraites : les pistes de réforme possibles