Retraites complémentaires Agirc-Arrco : désaccord entre la CGT et le Medef sur la revalorisation des pensions


La CGT demande que la revalorisation des pensions de retraites complémentaires des régimes Agirc et Arrco prévue au 1er avril 2012 prenne en compte une inflation plus forte que prévue en 2011. Mais le Medef s'oppose à ce rattrapage.

Les retraites Agirc (cadres) et Arrco (salariés) font actuellement l’objet d’un conflit entre le patronat et les syndicats, car leur revalorisation risque d’être moins forte que prévue. Dans un communiqué la CGT dénonce ainsi « un nouveau hold-up » du Medef sur les régimes complémentaires.

Au 1er avril de chaque année, la valeur de service du point de retraite complémentaire doit être revalorisée pour faire face à l’augmentation des prix. Cette revalorisation est effectuée suivant des prévisions d’inflation. Un rattrapage est donc réalisé l’année suivante car il y a toujours une différence entre les prévisions et l’inflation réelle. Ce mode de revalorisation a été décidé dans le cadre de l’accord du 18 mars 2011 entre les représentants des organisations syndicales et patronales de l’Agirc et de l’Arrco.

La CGT explique ainsi que l’inflation réelle en 2011 a été plus importante que ce qui avait été anticipé. Par conséquent un rattrapage doit être appliqué en 2012. Sans ce correctif, les pensions de retraite complémentaires des salariés du privé n’augmenteront que de 1,56% alors que cette hausse serait de 2,25% avec le rattrapage, d’après les calculs du syndicat.

Or, selon la CGT, le Medef s’oppose à ce rattrapage et fait pression sur la commission paritaire commune de l’Arrco et l’Agirc, qui doit avoir lieu le 20 mars prochain, afin qu’elle « ne retienne pas ce correctif ». « Rappelons que cette mesure n’affecte pas seulement les retraités, puisque c’est la valeur de service du point qui permet de calculer la pension de retraite complémentaire et que tout retard pris sur la revalorisation de cette valeur ne se récupère plus », indique la CGT.

Le syndicat affirme que le Medef « tente déjà d’imposer des changements au travers d’un groupe de travail des régimes Agirc-Arrco » qui doit se réunir le 16 mars et dénonce donc ces manœuvres « qui une fois de plus visent à affaiblir le niveau de pension des retraités actuels et futurs au bénéfice exclusif des actionnaires qui eux, continueraient d’empocher des dividendes exorbitants ».

Selon le quotidien Les Echos, le Medef justifie son refus par le risque de voir davantage se dégrader la situation financière des régimes complémentaires, les réserves de l’Agirc-Arrco ayant baissé de plus de 5 milliards d’euros en un an en 2011. Le patronat estime que le rattrapage porterait le coût de la revalorisation à 370 millions d’euros, précise le journal.

Les pensions de base du privé seront quant à elles relevées au 1er avril en tenant compte de l’inflation réelle de 2011.