Retraites complémentaires : comment éviter la baisse des pensions

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Les futurs retraités doivent se préparer à la douche froide sur le montant des pensions complémentaires. La faute aux mesures d'économies décidées par le patronat et les syndicats pour réduire le déficit des régimes Arrco et Agirc. Il est toutefois possible de passer entre les gouttes...

Agirc Arrco, éviter la baisse des pensions, c'est possible

 

Le 13 avril prochain, les nouvelles ne vont pas être bonnes pour les salariés du privé. Ce jour-là, le Conseil d'orientation des retraites (COR) va dévoiler ses projections sur les répercussions du dernier accord des partenaires sociaux sur le montant des futures pensions complémentaires des cadres et des non-cadres Agirc et Arrco.

A en juger par les fuites parues dans Le Figaro, cela va faire mal, très mal. La baisse des retraites complémentaires pourrait atteindre jusqu'à 18% pour les cadres nés en 1990. Pour autant, la catastrophe annoncée n'aura pas lieu pour tout le monde. Plusieurs solutions existent pour limiter la casse. Mieux, certains pourront purement et simplement échapper au « malus » instauré par l'accord signé le 30 octobre 2015 par les syndicats et le patronat.

> Lire l'interview « La baisse de 18% des retraites complémentaires va concerner peu de personnes »
 

Pas d'inquiétude pour les salariés nés avant 1957

Pour inciter les affiliés à l'Arrco et à l'Agirc à travailler (et donc à cotiser) plus longtemps pour remettre les régimes à flot, un mécanisme a été mis en place pour baisser les pensions. Le principe ? Un « coefficient de solidarité » amputera de 10% les pensions complémentaires momentanément, durant les trois premières années de retraite. C'est que l'on appelle une décote temporaire, par opposition à la décote viagère, qui s'applique tout au long de la perception des retraites jusqu'au décès.

Or ce dispositif ne concerne que les assurés, nés à compter de 1957 et qui partent à la retraite à l'âge légal (62 ans). Si vous êtes né en 1955 ou en 1956, aucune crainte à avoir : la décote temporaire ne s'appliquera pas.

En outre, ce malus s'appliquera uniquement aux retraites liquidées à partir du 1er janvier 2019. Si vous êtes né en 1957 ou en 1958 et que vous êtes éligible à la retraite anticipée pour carrière longue (RACL), vous avez intérêt à profiter du dispositif. Non seulement ce cas de figure permet de partir en retraite à 60 ans mais en liquidant vos droits en 2017 ou en 2018, vous ne supporterez pas non plus la décote de 10%. Pour rappel, la RACL permet aux actifs ayant commencé à travailler jeune et qui justifient de tous leurs trimestres de prendre leur retraite plus tôt.

Pas de pénalité pour les plus modestes

Même en ne respectant pas ces différents critères, il est possible d'éviter le manque à gagner. Patronat et syndicats ont convenu de ne pas pénaliser les personnes les plus pauvres : le coefficient de solidarité ne s'appliquera pas aux retraités exonérés de contribution sociale généralisée (CSG). Pour bénéficier d'un taux de CSG à 0%, les salariés à la retraite doivent justifier d'un revenu fiscal de référence (RFR) inférieur à 10.676 euros en 2016 (le montant est revalorisé chaque année).

Lot de consolation pour les retraités un peu moins modestes : les assujettis au taux réduit de CSG (3,8%, le taux normal étant fixé à 6,6%), la baisse temporaire sera limitée à 5%. Un moindre mal applicable aux personnes dont le revenu fiscal est compris entre 10.676 et 13.956 euros en 2016.

Décaler d'un an son départ à la retraite

Enfin, il existe une parade pour les salariés nés après 1957, qui partiront à la retraite après 2019 et dont les revenus sont satisfaisants. Laquelle ? Cotiser 4 trimestres de plus, soit une année complète. La minoration est en effet supprimée en cas de départ à 63 ans.

Quoi qu'il arrive, les cotisations Agirc-Arrco vont générer moins de rente (ce que les techniciens appellent la baisse du rendement des cotisations). Un mouvement qu'aucune astuce ne permet de contourner. Hors décote temporaire, les cadres nés en 1959 et ceux nés en 1975 devraient connaître un recul de leurs pensions complémentaires respectivement de 4,5% et de 7%, toujours d'après les projections du COR...

 

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