Retraites complémentaires : la désindexation des pensions adoptée


Après FO et la CFTC, la CFDT annonce sa signature au projet d'accord du 13 mars sur l'Agirc-Arrco. Ce qui signifie, de facto, l'adoption du texte qui prévoit une revalorisation des pensions inférieure à l'inflation en 2013, 2014 et 2015.

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 Quelque 11,5 millions de retraités vont perdre du pouvoir dans les trois ans à venir. Comme on s’y attendait, la CFDT a annoncé ce 21 mars qu’elle va signer le projet d’accord du 13 mars dernier sur les régimes complémentaires Agirc (pour les seuls cadres) et Arrco (pour l’ensemble des salariés) prévoyant une moindre revalorisation des pensions en 2013, 2014 et 2015.
La confédération rejoint ainsi FO et la CFTC qui ont prévenu, dès le 18 mars, qu’elles apposeraient leur paraphe au texte. Si la CFE-CGC et la CGT ne devraient rendre publique leurs positions que le 25 mars, les dés sont jetés : il suffit de la signature de trois organisations syndicales pour que l’accord soit adopté.

Les ex-cadres vont souffrir

Pour sauver l’Agirc et l’Arrco dont le déficit financier cumulé allait dépasser 8 milliards d’euros cette année, les partenaires sociaux, gestionnaires des deux régimes, se sont résolus à appliquer une revalorisation des pensions inférieures à l’inflation, une mesure déjà appliquée. Les pensions de l’Arrco seront ainsi augmentées de seulement 0,8% au 1er avril et celles de l’Agirc de 0,5%. A titre de comparaison, les retraites de base, dont la revalorisation prend en compte la hausse des prix à la consommation (+ 1,2% attendue en 2013) à laquelle est éventuellement ajouté un rattrapage, vont progresser de 1,3% au 1er avril prochain.
Mais le pire est à venir puisque le nouvel accord Agirc-Arrco prévoit que la revalorisation des pensions complémentaires (cadres et non-cadres) soit inférieure de un point à l’inflation en 2014 et en 2015. Or, on assiste ces dernières années à une modération des prix, l’inflation évoluant largement en deçà de 2%. Toutefois, les partenaires sociaux ont précisé dans le texte que les revalorisations futures ne pourront pas être négatives (en cas d’inflation inférieure à 1%), ce qui se serait traduit par une baisse du montant des retraites.
Reste que la désindexation va entraîner une perte de pouvoir d’achat pour les retraités. Notamment pour les cadres dont les complémentaires représentent près des deux-tiers du montant de leur retraite et qui, en outre, vont souffrir de la sous-indexation encore plus importante de la pension Agirc au 1er avril. Sans oublier que ce public compose une bonne partie des 7,5 millions de retraités assujettis à la Contribution sociale généralisée (CSG) à taux plein à 6,6% qui vont payer, également à partir du 1er avril, la nouvelle de taxe de 0,3% instaurée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013 en vue de financer la dépendance des personnes âgées et handicapées.

Le problème de fond pas réglé

Les pensionnés peuvent toujours se consoler en se disant que cela aurait pu être pire : en 1994 et en 1995, les pensions Agir n’avaient tout bonnement pas été revalorisées du tout. En outre, les actifs et les employeurs sont également touchés par l’accord. Le texte instaure en effet une hausse de 0,2% des taux des cotisations sociales et patronales. Toutes ces mesures devraient permettre aux régimes Agirc et Arrco d’économiser plus de 3,3 milliards d’euros. « La question de leur financement à moyen terme n’est cependant pas totalement réglée, en particulier pour l’Agirc », reconnait la CFDT dans son communiqué.
Au soir du 13 mars, les partenaires sociaux s’accordaient à dire que les mesures décidées n’allaient pas être suffisantes pour résoudre à long terme les difficultés des retraites complémentaires confrontées, à l’image du régime général, à une hausse des pensionnés consécutive au vieillissement de la population et une baisse des cotisants aggravée par la crise économique. « Le projet d’accord inscrit les régimes complémentaires dans la perspective d’une réforme plus large du système de retraite. Les évolutions en profondeur de nos régimes feront partie des thèmes majeurs de la prochaine concertation sur les retraites », souligne d’ailleurs la CFDT.
Seul point positif relevé par la centrale de Laurent Berger : le texte maintient les acquis du précédent accord du 18 mars 2011, « en particulier la stabilité du rendement pour les actifs jusqu’en 2015 et le maintien jusqu’en 2018 des possibilités de départ sans décote avant 65 ans ».

 

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