Retraites complémentaires : le déficit de l’Agirc-Arrco en légère baisse


Le « trou » des régimes de retraite complémentaires des salariés a été réduit de 130 millions d'euros en 2015. Cette amélioration résulte essentiellement de la hausse des cotisations instaurée par l'avant-dernier accord signé par les partenaires sociaux.    

Le déficit des régimes de retraite complémentaires du privé est passé de 3,15 milliards d’euros en 2014 à 3,02 milliards d’euros en 2015

Ce n’est pas le Pérou mais c’est mieux que rien. Le déficit des régimes de retraite complémentaires du privé est passé de 3,15 milliards d’euros en 2014 à 3,02 milliards d’euros en 2015, selon les données publiées le 23 mars 2016 par l’Agirc-Arrco. Soit une baisse de 130 millions d’euros sur un an.

C’est l’Agirc qui, une fois n’est pas coutume, est responsable de cette réduction. Le « trou » du régime complémentaire des cadres a été abaissé de 2 milliards d’euros en 2014 à 1,487 milliard en 2015. La différence atteint 513 millions sur 12 mois. A l’inverse, les finances de l’Arrco se sont dégradées, le déficit du régime complémentaire des non cadres et des cadres passant de 1,142 milliard en 2014 à 1,532 milliard en 2015. L’écart est négatif de 390 millions d’euros.

Charges importantes

Si, en cumulant les résultats des deux régimes, la situation financière de l’Agirc-Arrco s’est légèrement améliorée l’an passé, c’est en grande partie grâce à la hausse des cotisations instaurées par l’accord du 13 mars 2013. Ce document, signé par les partenaires sociaux, gestionnaires des retraites complémentaires, a mis en place une augmentation de 0,10 point des cotisations Arrco et des cotisations Agirc en 2014 et en 2015. Ces hausses ont été supportées à 50% par les entreprises et à 50% par les salariés.

Las, les recettes supplémentaires ont été annihilées par des charges importantes. Le financement de l’Association pour la gestion du fonds de financement (AGFF) coûte cher aux deux régimes. Pour rappel, l’AGFF a été créée pour permettre aux salariés qui disposent de tous leurs trimestres au régime de base de ne pas subir de décote sur leurs pensions complémentaires s’ils partent à l’âge légal (60 à 62 ans selon la date de naissance) alors que l’âge de départ est plus tardif à l’Agirc-Arrco (65 à 67 ans selon la date de naissance).

En outre, il existe des transferts de solidarité entre l’Arrco et l’Agirc qui prévoient que le premier comble une partie du déficit du second. Heureusement, la gestion des réserves financières a permis de dégager un excédent de 950 millions d’euros pour l’Arrco et de 1 milliard d’euros pour l’Agirc.

La sous-indexation passée sous silence

Le communiqué de l’Agirc-Arrco ne parle pas des économies réalisées via la sous-indexation des pensions complémentaires. L’accord du 13 mars 2013 avait également instauré une moindre revalorisation des retraites Arrco et Agirc en 2013 et une indexation inférieure de 1 point à l’inflation en 2014 et 2015. Problème : la hausse des prix à la consommation ayant été peu élevée ces trois années, le gain a été faible. Ce qui explique peut-être pourquoi l’Agirc-Arrco n’en parle pas.

Cela n’a pas empêché le patronat et les syndicats de reconduire la mesure. L’accord paritaire du 30 octobre 2015 prévoit en effet une sous-indexation des pensions complémentaire de 1 point par rapport à l’inflation en 2016, 2017 et 2018. Le document a également décalé la date de la revalorisation annuelle du 1er avril au 1er novembre, ce qui va se traduire par un gel des pensions complémentaires durant 7 mois cette année.

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