Retraites complémentaires : le Medef propose une baisse des pensions en 2013


Contre toutes attentes, l'organisation patronale préconise une revalorisation des points Agirc et Arrco au 1er avril inférieure à l'inflation qui se traduirait par une perte de pouvoir d'achat pour les retraités cette année. Les syndicats y sont opposés.

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« Inacceptable », « on a reculé » : les syndicats n’avaient pas de mots assez durs à l’adresse du Medef à l’issue de la troisième réunion de négociation des régimes de retraite complémentaire, organisée ce 15 janvier à Paris. L’objet de leur courroux : la proposition de l’organisation patronale de revaloriser la valeur des points Agirc et Arrco de 1,5 point en dessous de l’inflation en 2013 et de 1 point de 2014 à 2017 en vue de résorber le déficit des deux régimes qui s’élève, au total, à 3,47 milliards d’euros en 2011. Ce qui signifie, si la hausse des prix reste à 1,2% comme en décembre, une baisse de 0,3% des pensions de retraites complémentaires à compter du 1er avril prochain (date des revalorisations annuelles).

 

Perte de pouvoir d’achat

Une véritable bombe d’autant que les syndicats ne l’avaient pas vu venir. Depuis le rejet du gel des pensions durant trois ans présenté par le Medef lors de la première réunion du 22 novembre, il était entendu que l’organisation de Laurence Parisot se rabattait sur sa seconde option : la sous-indexation de 1 point des pensions pendant cinq ans. Hormis la CGT, les syndicats n’étaient pas opposés à une décorrélation des retraites complémentaires vis à vis de l’inflation mais à un niveau moins élevé et à condition qu’elle s’accompagne d’une hausse des cotisations des entreprises et des actifs. Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget, a même déclaré dans une interview parue dans Les Echos que cette idée pouvait servir de piste de réflexion au régime général.
Reste que si le principe de la désindexation des pensions fait son chemin au sein des confédérations syndicales, ces dernières sont vent debout contre une perte de pouvoir d’achat des retraités en 2013. « Cela ne s’est jamais été fait. Le Medef innove mais pas dans le bon sens », lance Eric Aubin, membre de la commission exécutive de la CGT, chargé des retraites. « Il s’agit d’un choc de génération. Il est hors de question d’opposer les retraités aux actifs, les seniors aux jeunes », prévient Danièle Karniewicz, secrétaire nationale de la CFE-CGC, en charge du pôle retraites et protection sociale de la centrales des cadres et assimilés.

Un rendez-vous supplémentaire

La pilule est d’autant plus dure à avaler pour les syndicats que le Medef émet, en plus, des mesures pénalisantes pour les futurs retraités, comme la baisse des pension de réversion de 60% à 56% et l’alignement des droits des demandeurs d’emploi sur leur niveau de cotisation (les chômeurs continueraient à cotiser à 70% mais toucheraient des retraites complémentaires 30% inférieures). « Nous avons présenté un document de travail susceptible d’évoluer », s’est défendu Jean-François Pilliard, le représentant du Medef. Compte tenu des blocages rencontrés et pour respecter le calendrier des négociations qui doivent s’achever le 7 mars, les partenaires sociaux ont convenu d’un rendez-vous supplémentaire le 6 février prochain.