Retraites complémentaires : pas d’accord avant le 16 octobre 2015


A l'issue des négociations sur les régimes complémentaires Arrco et Agirc du 22 juin 2015, les partenaires sociaux ont décidé de repousser la signature d'un accord à l'automne. Le temps de trouver un terrain d'entente entre le patronat et les syndicats.   

Les partenaires sociaux vont se réunir une sixième fois le 16 octobre 2015 pour sauver les retraite complémentaires

Ce n’est pas encore pour ce coup-ci. La cinquième réunion paritaire sur les retraites complémentaires du privé, organisée le 22 juin 2015 et qui devait être théoriquement la dernière, s’est achevée sur l’annonce d’un nouveau rendez-vous fixé au 16 octobre prochain. Patronat et syndicats, les gestionnaires des régimes complémentaires Arrco (pour tous les salariés) et Agirc (pour les seuls cadres), n’ont pas réussi à se mettre d’accord tant les divergences se sont révélées profondes entre les deux parties sur les solutions à trouver pour rééquilibrer les finances des deux régimes.

Les syndicats rejettent l’idée de la mise en place d’un abattement temporaire dégressif sur le montant de la pension complémentaire entre 62 et 65 ans, un coup de rabot proposé par la délégation patronale qui, selon eux, serait « punitif » pour les futurs retraités. De son côté, le patronat refuse toute hausse des cotisations au motif que cette augmentation des charges viendrait réduire les marges déjà très faibles des entreprises. La situation paraît bloquée. Or, si rien ne change, les réserves de l’Arrco seront épuisées en 2027 et celles de l’Agirc dès 2018.

Hausse des cotisations incontournable

C’est pourquoi les partenaires sociaux ont décidé de se retrouver, via des « bilatérales », en juillet et surtout en septembre pour arriver en octobre avec un texte consensuel. On voit mal comment le patronat pourrait faire l’économie d’une hausse des cotisations alors qu’il s’agit d’un préalable pour les syndicats. Pour ces derniers, il n’est pas question que les entreprises ne participent pas aux efforts demandés. « Le sujet n’est pas tabou », a déclaré Claude Tendil, le chef de file de la délégation patronale. FO propose une augmentation de 0,4 point (supportée à 60% par les employeurs et à 40% par les salariés) d’ici 2020.

La CFTC serait alors prête à accepter un abattement de 5% la première année. La CFDT pourrait aller jusqu’à 10%, comme son secrétaire national Laurent Berger l’avait évoqué le veille. Se pose également la question de la sous-indexation des pensions complémentaires. Le patronat propose une revalorisation inférieure de 1,5 point à l’inflation en 2016, 2017 et 2018, sans possibilité d’être négative. Les syndicats préfèreraient une sous-indexation de 1 point.

Fusion Agirc-Arrco étudiée

Par ailleurs, le projet de fusionner l’Arrco et l’Agirc fait son chemin. Un groupe de travail mené par les services techniques de l’Agirc-Arrco va plancher dessus tout l’été pour évaluer les conséquences, notamment pour les cadres, d’une telle opération. Paradoxalement, la plus forte résistance au projet vient de la CGT.

 

La CFE-CGC, pourtant le syndicat de l’encadrement, n’y est pas opposée à condition que soient lancées des négociations nationales sur la définition du statut cadre. Aujourd’hui, c’est la cotisation à l’Agirc qui donne ce statut. « La fusion des régimes est prévue au 1er janvier 2019. Cela nous laisse un peu de temps », souligne Serge Lavagna, le « monsieur retraites » de la CFE-CGC.

Reste que peu de participants croient à une résolution rapide. « Un accord global me paraît difficile à atteindre le 16 octobre », a lancé Jean-Louis Malys, le secrétaire national de la CFDT, en charge des retraites.

 

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