Retraites complémentaires : plus de peur que de mal


La baisse sur le long terme des pensions Arrco et Agirc se situera non pas à 18% comme annoncée dans la presse, mais plutôt autour de 7%.    

Le montant des pensions complémentaires va baisser en moyenne de 7%, selon les projections du COR

Le chiffre a fait la « Une » des journaux. Suite aux mesures instaurées par le dernier accord Agirc-Arcco, le montant des retraites complémentaires du privé devrait baisser de 18%, selon les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR) dévoilées en avant-première par Le Figaro. De quoi inquiéter, à juste titre, les salariés sachant que les pensions complémentaires représentent en moyenne 30% de la retraite totale des non-cadres et 60% de celle des cadres.

En étudiant de plus près le document de 26 pages rédigé par le secrétariat général du COR qui sera rendu public le 13 avril prochain, le pourcentage doit être largement nuancé. Tout d’abord, il faut savoir qu’il inclut le fameux « malus » mis en place par l’accord signé le 30 octobre 2015 par le patronat et une partie des syndicats.

Décote temporaire

Cette décote de 10% sur les pensions complémentaires des salariés nés à partir de 1957 et qui partiront à la retraite à l’âge légal (62 ans) à compter de 2019 avec tous leurs trimestres au régime de base explique, à elle-seule, une grande partie de la baisse. Or, cet abattement sera temporaire : il s’appliquera seulement durant les trois premières années de retraite.

En intégrant le malus, la baisse des pensions complémentaires atteindra respectivement 17,1% et 16,9% pour un non-cadre et un cadre nés en 1975 et qui prendront leur retraite en 2037. A compter de la quatrième année de retraite, elle sera ramenée à 7,9% pour le premier et à 7% pour le second. Ce qui nous situe loin des 18% annoncés.

Les cadres moins pénalisés

A noter : si le cadre-type de 1975 s’en sort paradoxalement mieux que son collègue non-cadre, c’est parce que l’accord paritaire prévoit une hausse des cotisations sur la tranche 2 de l’Arrco. C’est-à-dire sur les salaires compris entre un et trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (de 3.218 à 9.654 euros par mois en 2016). Soit des niveaux de rémunération perçus essentiellement par des cadres.

Cette augmentation des cotisations sur la tranche 2 entraîne l’acquisition de plus de points Arrco. En gardant l’exemple du cadre né en 1975, elle viendra ainsi majorer sa pension complémentaire de 0,9%, d’après le COR.

Pas de rattrapage sur les pensions

En dehors de la décote, ce sont les mesures modérant les pensions servies qui vont être les plus pénalisantes. Cette année, la revalorisation annuelle des retraites Arrco et Agirc a été décalée du 1er avril au 1er novembre, ce qui va engendrer 7 mois de gel des pensions complémentaires. En 2016, 2017 et 2018, les pensions Arrco et Agirc vont être sous-indexées d’1 point par rapport à l’inflation. Ces mesures d’économies vont peser sur la valeur de service du point qui ne sera jamais rattrapée. Pour le COR, elles vont entraîner une baisse de 4,2% de la pension complémentaire chez les cadres et non-cadres nés en 1975.

Enfin, l’accord prévoit un abaissement du rendement des cotisations complémentaires de 6,56% à 6%. En d’autres termes, 1.000 euros cotisés permettront de percevoir 60 euros de rentes à la retraite et non plus 65,60 euros. Parallèlement, le taux d’appel est porté de 125% à 127%. En clair : 100 euros seront pris en compte pour le calcul des points sur 127 euros cotisés au lieu de 125 euros aujourd’hui. Ces mesures engendreront une baisse de 3,7% pour les retraites complémentaires des cadres et non-cadres nés en 1975.

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