Retraites complémentaires : possibles hausses de cotisations en vue


Alors que le patronat refusait jusqu'ici toute augmentation des cotisations Agirc et Arrco supportées en partie par les entreprises, il a semblé moins catégorique lors de la deuxième journée de négociation sur les retraites complémentaires du privé organisée le 20 mars 2015.    

Les cotisations Agirc et Arrco pourraient augmenter contre toutes attentes

Les salariés français pourraient connaître de nouvelles hausses de cotisations vieillesse. Lors des négociations sur les retraites complémentaires du privé qui ont eu lieu le 20 mars 2015 et qui visent à restaurer les finances de l’Arrco (le régime complémentaire des salariés) et de l’Agirc (le régime complémentaire des cadres), la piste d’une augmentation des cotisations est revenue sur la table.

Pourtant, le patronat avait prévenu au début des discussions qu’il refuserait une telle mesure au motif qu’elle viendrait alourdir les charges pesant sur les entreprises (les cotisations Agirc et Arrco sont payées à 60% par les employeurs) et éroderait leur compétitivité à l’international. D’ailleurs, dans son document de travail transmis aux syndicats suite à la première réunion du 17 février, la délégation patronale (Medef, CGPME et UPA) s’était bien gardée d’évoquer la moindre hausse de cotisation parmi les solutions proposées pour résorber les 7 milliards d’euros de déficit cumulé de l’Agirc et de l’Arrco attendu en 2020.

Efforts à partager

Il n’empêche, le patronat pourrait finir par lâcher du lest sur la question. « Nous ne sommes figés sur rien. Notre objectif est de combler le déficit d’ici 2020 et de rétablir l’équilibre technique », a martelé Claude Tendil, le négociateur du Medef. Une manière de dire que la porte était entrouverte.

Le patronat n’a, il est vrai, guère le choix : une à une, chaque organisation syndicale a affirmé qu’une négociation n’était possible qu’à condition que les entreprises participent également aux efforts. « Tout le monde doit être concerné : les actifs, les retraités, mais aussi les employeurs », a insisté Pascale Coton, secrétaire générale de la CFTC.

Décote décalée

Or, jusqu’à présent, seules les deux premières catégories sont sommées de faire des sacrifices. Le Medef a proposé la mise en place d’un abattement entre 62 et 67 ans pour inciter les actifs à reporter leur départ à la retraite. Là aussi, le patronat a commencé à mettre de l’eau dans son vin puisque la mesure ne concernerait plus les générations nées à partir de 1957 mais celles nés à partir de 1959. En d’autres termes, la décote serait instaurée à compter de 2019 au lieu de 2017 comme prévu initialement. En outre, la pension complémentaire pourrait être minorée à 62 ans au maximum de 20% ou de 30% et non de 40% comme envisagé.

L’effort demandé aux retraités pourrait également être revu à la baisse. Alors que le patronat a proposé une absence de revalorisation des pensions complémentaires de 2016 à 2018 quel que soit le niveau de l’inflation, la piste d’une désindexation serait désormais privilégiée. C’est déjà ce qui avait été décidé dans l’accord du 13 mars 2013 qui prévoit une sous-indexation d’1 point par rapport à la hausse des prix à la consommation en 2014 et 2015. Problème : gel ou sous-indexation, la mesure risque de rapporter peu en cas de faible inflation comme aujourd’hui. « Cela ne va pas suffire. Il va falloir réfléchir à autre chose », a reconnu Claude Tendil. D’où l’idée d’une hausse (minime) des cotisations. Une vieille recette qui, jusqu’ici, a fait ses preuves…

 

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