Retraites complémentaires : vers une décote adoucie ?


 

Ce 10 avril 2015 se tient la troisième réunion de négociation sur les retraites complémentaires du privé. Le Medef pourrait, à cette occasion, présenter de nouvelles propositions en vue de résorber le déficit cumulé de l’Arrco (le régime complémentaire des salariés) et de l’Agirc (le régime complémentaire des cadres) qui pourrait s’élever à 7 milliards d’euros en 2020.

Pour dégager des économies, l’organisation patronale souhaite la mise en place d’un abattement dégressif (de 40%, 30% ou 20% selon les scénarios) entre 62 et 67 ans. Pour faire passer cette mesure rejetée par les syndicats de salariés, le patronat proposerait d’amender le mécanisme pour les assurés exonérés de contribution sociale généralisée (CSG) ou bénéficiant d’une CSG à taux réduit (soit 27 % des retraités à l’Arrco et 11,4% de l’Agirc). Les affiliés justifiant d’un taux de CSG de 0% ne subiraient pas de décote à 62 ans et ceux disposant d’un taux de 3,8% verraient la décote minorée de moitié.

Pas sûr que ce montage plaise davantage aux syndicats. « Il n’est pas question de prendre des mesures d’âge », a averti Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO dans une interview parue le 9 avril 2015 dans Le Figaro. Selon le quotidien, la centrale de l’avenue du Maine pourrait dévoiler aujourd’hui une étude montrant que sur les 7 milliards d’euros de déficit attendu, seuls 1 à 2 milliards seraient « structurels » et le reste « conjoncturels ». En clair, pour FO, le problème de financement de l’Agirc-Arrco serait essentiellement dû à la crise économique et pourrait être facilement réglé en cas de retour de la croissance. A voir.

 

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