Retraites : est-ce que les régimes complémentaires vont faire faillite ?


MES FINANCES TV – On a pu lire ici ou là que les régimes de retraite complémentaire du privé pouvaient faire faillite. Une idée techniquement impossible explique François-Xavier Selleret, le directeur général de l'Agirc-Arrco. D'autant qu'un accord a été validé le 30 octobre 2015 par une partie des partenaires sociaux pour réduire le déficit des deux régimes.    

L'Arrco et l'Agirc étant des régimes par répartion, ils ne peuvent pas faire faillite

Après huit mois de négociations souvent tendues, le patronat et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) ont validé le 30 octobre 2015 un nouvel accord sur l’Arrco, le régime de retraite complémentaire de tous les salariés, et l’Agirc, le régime de retraite complémentaire des seuls cadres. Les partenaires sociaux, gestionnaires des deux régimes, n’avaient guère le choix : le déficit cumulé de l’Arrco et de l’Agirc devrait, compte tenu du vieillissement de la population et du chômage de masse, atteindre 8,4 milliards d’euros en 2020.

 
La situation financière des régimes de retraite complémentaire est à ce point fragile que la probabilité d’une faillite a été évoquée. Un cas de figure techniquement impossible rappelle François-Xavier Selleret, le directeur général de l’Agirc-Arrco. « Ce sont des régimes par répartition. Ils sont financés par les cotisations des entreprises et des salariés. Grâce à ces cotisations, nous payons les retraites d’aujourd’hui. Un régime par répartition ne peut pas faire faillite », explique-t-il.

Pas 1 euro de dette

Toutefois, contrairement au régime de base, les statuts des régimes complémentaires ne leur permettent pas d’emprunter sur les marchés pour combler leurs déficits. « Nous n’avons pas 1 euro de dette, c’est la caractéristique de notre système paritaire », souligne François-Xavier Selleret. Mieux : durant les périodes de croissance, l’Arrco et l’Agirc ont eu la sagesse de constituer des réserves financières. « Grâce aux réserves que nous avons accumulées pendant 10 ans, nous payons et nous pourrons encore payer pendant des années les retraites. »

Si rien n’avait été fait, les réserves de l’Arrco auraient fini par être épuisées en 2027 et celles de l’Agirc dès 2018. Le montant des pensions complémentaires auraient dû alors être amputé de 10% à 11%. D’où l’accord du 30 octobre dernier qui instaure des mesures drastiques pour restaurer les finances des deux régimes.

Le gros de ces dispositions va être supporté par les retraités et les salariés. Les premiers vont voir leurs pensions complémentaires gelées en 2016, 2017 et 2018 tandis que les seconds vont devoir, à compter de 2019, travailler un an de plus sous peine de subir un malus de 10% durant trois ans sur leurs retraites complémentaires. L’Arrco et l’Agirc ne vont, certes, pas faire faillite mais le rétablissement de leurs finances ne se fera pas sans mal.