Retraites : Fillon veut supprimer le compte pénibilité


L'ancien premier ministre François Fillon plaide pour une abrogation du compte personnel de prévention de la pénibilité, qui permet de bénéficier d'un départ anticipé en retraite grâce à la prise en compte des conditions de travail difficiles. L'actuel député de Paris va déposer en ce sens un amendement projet de loi pour la croissance et l'activité, qui sera débattu à partir de la fin du mois de janvier au Parlement.    

François Fillon

François Fillon entend œuvrer à la suppression du compte personnel de prévention de la pénibilité qui permet aux salariés travaillant dans des conditions difficiles de notamment partir plus tôt à la retraite. Dans une interview publiée le 7 janvier 2015 dans Le Monde, l’ex-Premier ministre annonce qu’il va déposer un amendement dans ce sens dans le cadre du projet de loi pour la croissance et l’activité, défendu par le ministre de l’Economie Emmanuel Macron et examiné le 12 janvier prochain en commission spéciale et à compter du 26 janvier en séance publique.

Le député (UMP) de Paris avait déjà appelé, dans un entretien paru le 4 décembre dans L’Opinion, à « suspendre pendant deux ans l’entrée en vigueur du compte pénibilité, le temps de tout remettre à plat. » Depuis le 1er janvier 2015, quatre critères (travail de nuit, travail à la chaîne, travail en 3×8, travail sous la terre ou sous la mer) donnent droit à l’octroi de points de pénibilité. Six autres facteurs (port de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, bruit, températures extrêmes, exposition à des agents chimiques dangereux) seront pris en compte à partir du 1er janvier 2016.

 

Ajustements envisagés par Macron et Mandon

« En l’état, [le compte pénibilité] est impossible à appliquer et représente une menace lourde pour l’équilibre des retraites », avait estimé François Fillon dans L’Opinion. Le gouvernement est conscient de la difficulté de mettre en musique un dispositif considéré par le patronat comme « une usine à gaz ». Comme annoncé par François Hollande, une mission menée par le député PS de Saône-et-Loire Christophe Sirugue et du chef d’entreprise Gérard Huot vient d’être chargée de veiller à sa bonne mise en place.

 

Emmanuel Macron a évoqué des « ajustements » possibles dans les mois à venir. Le secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et à la Simplification Thierry Mandon a, de son côté, proposé le 2 janvier sur BFM TV d’octroyer automatiquement des points de pénibilité aux salariés travaillant dans des secteurs d’activité difficiles, comme le BTP.

 

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