Retraites : François Hollande confirme l’allongement de la durée de cotisation


Lors de sa conférence de presse du 16 mai 2013, le chef de l'Etat a répété qu'il va falloir cotiser plus longtemps compte tenu de l'augmentation de l'espérance de vie. Les régimes « spéciaux » et des fonctionnaires devraient également être touchés par la future réforme.

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 Maintenant, c’est sûr : la future réforme des retraites va bien instaurer un allongement de la durée de cotisation. « Il faut tenir compte de notre démographie. Dès lors que l’on vit plus longtemps, on devra travailler un peu plus longtemps », a déclaré François Hollande lors de sa seconde conférence de presse organisée le 16 mai 2013 à l’Elysée.

Le président de la République avait déjà évoqué cette piste au cours de son intervention télévisée du 28 mars dernier. Selon Europe 1, le gouvernement réfléchirait à faire passer la durée de cotisation de 41,5 à 44 ans d’ici 2035. La ministre des Affaires sociale et de la Santé, Marisol Touraine, a démenti, également sur cette radio, cette information, assurant que cette option « n’était pas sur la table ».

 

Une réforme « dans le dialogue et la concertation »

François Hollande s’est bien gardé de préciser le nombre d’annuités jugés nécessaires pour résorber les déficits des régimes qui, a-t-il souligné, « vont atteindre 15 milliards d’euros cette année et plus de 20 milliards en 2020 ». « C’est insupportable. Je refuse de faire porter le fardeau des retraites aux nouvelles générations », a martelé le chef de l’Etat. Il a rappelé, comme il le fait depuis le début de son mandat, que cette réforme doit se faire « dans le dialogue et la concertation ».

C’est dans cet esprit que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, s’est entretenu le 13 mai dernier, notamment sur les retraites, avec les représentants des huit organisations patronales et syndicales représentatives (Medef, UPA, CGPME, CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC) et le 15 mai avec les syndicats « autonomes » (FSU, Unsa, Sud). L’objectif était de préparer la deuxième conférence sociale, prévue les 20 et 21 juin prochains et destinée entre autres à définir les contours de la future réforme des retraites attendue fin 2013.

Davantage de « justice »

Pour François Hollande, celle-ci devra être guidée par un esprit de « justice ». Le président a cité les femmes dont la pension représente en moyenne la moitié de celle des hommes, les « carrières incomplètes » et « l’inégalité entre les régimes ». Ce dernier point fait directement référence aux régimes dits « spéciaux » (EDF, GDF, SNCF, RATP, Banque de France…) et aux régimes de la fonction publique (SRE, CNRACL, FSPOEIE), dont les pensions sont calculées sur les six derniers mois de rémunération et non sur les 25 meilleures années de carrière comme le régime général (Cnav) et les régimes affiliés (MSA, RSI, CNAVPL).

 

Un dossier que François Hollande sait explosif. En 1995, Alain Juppé, qui avait voulu aligner les régimes spéciaux et les des fonctionnaires sur le régime général, avait dû reculer face aux manifestations et notamment aux grèves dans les transports qui avaient paralysé le pays.

 

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