Retraites : Gattaz veut un alignement du public sur le privé


En matière de retraite, Pierre Gattaz souhaite que les fonctionnaires soient traités comme les salariés. Le président du Medef appelle, dans le cadre de la future réforme des retraites, à un « alignement des régimes du public sur le régime du privé », a-t-il déclaré le 17 juillet 2013 sur France Inter.

Si la loi Fillon de 2003 et la loi Woerth de 2010 ont aligné les durées de cotisation, les âges de départ et les niveaux de cotisation du secteur public sur le secteur privé, des différences demeurent dans le calcul des pensions. La retraite des agents de la fonction publique est calculée sur les six derniers mois de traitement tandis que celle des salariés est fixée à partir des 25 meilleures années de carrière.

La CGT et FO ont prévenu qu’un changement du mode de calcul des pensions des fonctionnaires constituerait à leurs yeux un « casus belli ». Conscient des réticences des syndicats, et par ricochet d’un gouvernement soucieux du maintien de la paix sociale, Pierre Gattaz demande, à défaut d’un alignement, « au moins une réduction des injustices de pension », sans entrer dans le détail.

Par ailleurs, le nouveau patron des patrons milite à la fois pour un recul de l’âge de départ de 62 à 63 ans et un allongement de la durée de cotisation de 41 à 43 ans. Tout ceci, dès 2020. Pour rappel, le rapport de la conseillère d’Etat Yannick Moreau, qui sert de base de travail aux concertations actuelles sur les retraites, préconise un allongement à 43 ans en 2037 seulement.

Pierre Gattaz souhaite également un développement de la retraite par points ou de la retraite par capitalisation qui viendraient en renfort de la retraite par répartition. En revanche, le successeur de Laurence Parisot rejette l’idée d’une désindexation des pensions, également évoquée par le rapport Moreau, car cela équivaut selon lui à réduire « le pouvoir d’achat ». Une mesure pourtant adoptée par le Medef dans le cadre de l’accord du 13 mars 2013 sur les régimes complémentaires Arrco et Agirc. Plus attendu, le président du directoire du groupe Radiall s’oppose aux hausses de cotisations salariales et patronales car, toujours d’après lui, « nous sommes déjà submergés de cotisations ».


Pierre Gattaz : « Nous perdons 1 000 emplois par jour, c’est un combat de sapeur-pompier. » by France Inter