Retraites : Jean-Marc Ayrault confirme qu’il va falloir cotiser plus longtemps


Tout en rejetant tout recul de l'âge de départ à la retraite, le Premier ministre a indirectement confirmé dans une interview au JDD l'allongement de la durée de cotisation, déjà évoquée par François Hollande.

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Le doute a été levé par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. L’allongement de la durée de cotisation, annoncé par François Hollande lors de son intervention télévisée sur France 2 le 28 mars dernier, ne va pas se traduire par un nouveau recul de l’âge de départ à la retraite, fixé depuis la réforme de 2010 à 62 ans. « Nous ne toucherons pas à l’âge légal », a assuré Jean-Marc Ayrault dans une interview donnée au Journal du dimanche.
Le contraire aurait été étonnant alors que l’une des premières décisions du chef de l’Etat a été d’instaurer fin juillet un décret permettant aux Français, ayant commencé à travailler jeune et justifiant de tous leurs trimestres de cotisation, de partir à 60 ans. Pour autant, Jean-Marc Ayrault se garde de parler d’augmenter le nombre des annuités (41,5 ans aujourd’hui) et a fortiori dans quelle proportion. « Plusieurs options doivent être débattues », s’est borné à déclarer le chef du gouvernement tout en reconnaissant, comme François Hollande l’avait fait le 28 mars, que le système des retraites devait faire face à un profond déséquilibre. « L’espérance de vie a considérablement augmenté. On vivra plus longtemps à la retraite que nos parents et grands-parents. Tout le monde le comprend. Les régimes de retraite seront en déficit de 20 milliards d’euros en 2020 si nous ne faisons rien », a souligné le locataire de Matignon.

Les petites pensions en première ligne

Reste que si l’âge légal ne va pas être touché, la majorité des Français vont devoir travailler plus longtemps s’ils veulent cotiser tous leurs trimestres (il faut 200 heures Smic pour valider un trimestre) et ne pas subir une décote. Déjà, en 2012, 600.000 salariés du secteur privé sont partis à la retraite en ayant liquidé leurs droits à 62 ans et deux mois en moyenne, selon des chiffres de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (Cnav) publiés le 20 février 2013. Dans ces conditions, alors que le chômage des seniors atteint des sommets (il a progressé de 15,5% entre février 2012 et février 2013), le risque est grand de voir augmenter le nombre de retraités ne touchant pas une pension au taux plein.
Or, ces derniers risquent de se compter principalement chez les travailleurs les moins qualifiés et donc les plus exposés au risque de chômage. « En allongeant la durée de cotisation, ce sont les plus petites pensions que l’on va pénaliser » a ainsi estimé Gérard Rivière, le président du conseil d’administration de la Cnav le 31 mars sur France Info. « Il n’est pas question que les petites retraites soient pénalisées », a, toutefois, promis Jean-Marc Ayrault dans le JDD. Dans ces conditions, on ne voit pas comment le chef du gouvernement va procéder. De toute façon, l’allongement de la durée de cotisation « ne suffira pas à faire une réforme des retraites d’ampleur », a prévenu Laurent Berger, le nouveau secrétaire général de la CFDT, sur Europe 1.