Retraites : l’accord Agirc-Arrco surestimé selon la Cour des comptes


Dans son rapport annuel présenté le 10 février 2016, la haute juridiction estime que le récent accord sur les retraites complémentaires va rapporter non pas 1 milliard d'euros, mais « seulement » 800 millions d'euros d'économies.    

Le siège de la Cour des comptes, rue Cambon à Paris

L’accord sur les retraites complémentaires du privé, validé le 30 octobre 2015 par le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats de salariés (CFDT, CFE-CGC, CFTC), va être moins « rentable » que prévu par l’Etat, d’après la Cour des comptes. Dans son rapport annuel rendu public le 10 février 2016, la haute juridiction estime que l’accord va se traduire par une économie de 800 millions d’euros cette année et non de 1 milliard d’euros comme inscrit dans le Budget 2016.

Sous-indexation moins économe

Cette différence de 200 millions d’euros résulte de la principale mesure mise en place en 2016, à savoir la sous-indexation de 1 point par rapport à l’inflation des pensions complémentaires. Compte tenu de la faiblesse de la hausse des prix à la consommation prévue cette année et de la clause dite de « sauvegarde » de l’accord qui interdit toute revalorisation négative, les économies devraient être moins conséquentes qu’anticipé par le gouvernement, d’après les Sages de la rue Cambon.

Or, cet écart est loin d’être anodin sachant que l’exécutif compte notamment sur la réduction des déficits des régimes complémentaires Arrco (pour tous les salariés) et Agirc (pour les seuls cadres) pour ramener la dette publique française de 3,8% à 3,3% du produit intérieur brut (PIB) comme il l’a promis à Bruxelles. Un objectif que la Cour des comptes estime de plus en plus difficile à atteindre.

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