Retraites : la surcote plus intéressante dans le public que dans le privé


Les fonctionnaires ont davantage intérêt à travailler au-delà de l'âge de départ à la retraite que les salariés du secteur privé, d'après les simulations du Conseil d'orientation des retraites.  

une main tenant des billets de banque

 

Il est financièrement plus intéressant pour un fonctionnaire de travailler au-delà de l’âge de départ à la retraite comparé à un salarié. Selon des simulations réalisées par le Conseil d’orientation des retraites (COR), une institution placée sous la tutelle du Premier ministre, mise en ligne sur son site Internet, la « surcote » rapporte davantage dans la fonction publique.

Instauré par la réforme Balladur de 1993 dans le privé et étendu dans le public par la loi Fillon de 2003, ce mécanisme permet aux actifs qui ont dépassé l’âge légal de départ à la retraite et qui justifient de tous les trimestres de cotisation requis dans leur classe d’âge de bénéficier d’un « bonus » de 5% par annuité supplémentaire cotisée.

Or, à carrières et salaires équivalents, l’opération s’avère plus rémunératrice dans le public que dans le privé. S’il part à la retraite à 67 ans au lieu de 62 ans, un agent public né dans les années 1960 verra sa pension majorée de 26% à 27%, contre seulement 17% à 20% pour un salarié, d’après le COR.

Fonctionnement différent

Cet écart résulte des différences dans le mode de fonctionnement des pensions publiques et privées. Dans les régimes complémentaires Arrco (pour tous les salariés) et Agirc (pour les seuls cadres), il n’y a pas de surcote, mais les assurés continuent d’acquérir des points de retraite, qui se traduiront par un supplément de pension. Reste qu’une prolongation d’un an se traduit par un supplément de points de seulement 2,5% à l’Agirc et à l’Arrco et non de 5% comme dans le régime général de base (Cnav), souligne le COR.

A l’inverse, au régime additionnel de la fonction publique (RAFP), un coefficient de majoration est appliqué en cas de départ après l’âge d’ouverture des droits. « Une prolongation d’activité se traduira donc par un gain de montant de pension, à la fois par le biais d’un coefficient plus élevé et par le biais d’un nombre de points plus grand », explique l’étude du COR. En résumé : les salariés bénéficient uniquement d’une surcote pour leurs retraites de base, tandis que les fonctionnaires peuvent compter sur une surcote pour leurs retraites de base et additionnelles.

 

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