Retraites : Laurent Berger (CFDT) veut une « mise à plat » du système en 2013


Le nouveau secrétaire général de la CFDT s'est déclaré favorable à une réforme globale du système de retraite à l'approche de la grande concertation lancée par le gouvernement. La fin d'un système actuel par annuités était déjà prônée par son prédécesseur François Chérèque.

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Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT depuis fin novembre 2012, a repris le flambeau de son prédécesseur François Chérèque sur le dossier des retraites. Le syndicat reste favorable à une réforme systémique des retraites, comme l’a réaffirmé le nouveau dirigeant de la centrale cédétiste sur BFM TV et RMC, mardi 29 janvier 2013. « On veut une mise à plat cette année pour aller vers une réforme plutôt systémique c’est-à-dire plutôt par points des retraites. Il faut que notre système soit plus pérenne mais aussi plus lisible pour les salariés », a-t-il déclaré, alors qu’une grande concertation sur les retraites doit s’ouvrir au printemps 2013.

Système « mité par des réformes successives »

Pour le secrétaire général de la CFDT, la prochaine réforme des retraites qui va être engagée par François Hollande devra donc porter sur une refonte du système et non un énième changement des paramètres d’âge légal. « Le système est mité par des réformes successives qui ne règlent rien sur le financement. La réforme de 2010, nous le disions déjà à ce moment-là, n’a rien réglé sur le financement, au contraire d’une certaine manière, a jugé l’ancien second de François Chérèque. Il y a un problème de financement, il y a un problème d’inégalités. Quand on est une femme, quand on est un jeune, quand on a subi du chômage, quand on est poly-pensionné c’est-à-dire quand on a cotisé et dans le public, dans le privé et dans différents régimes, on est sanctionné ».

L’idée d’une réforme du système des retraites à la CFDT est formulée de façon récurrente par les dirigeants de l’organisation syndicale depuis 2008 et plus encore depuis le congrès de Tours de 2010 et les débats qui ont précédé la loi du 9 novembre 2010 qui recule progressivement l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans.

Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur l’alignement public-privé en matière de calcul des pensions, le responsable cédétiste a opposé une fin de non-recevoir. « Ce n’est pas d’actualité de notre point de vue ».

Recule de l’âge à 63 ans, une « mauvaise solution »

Laurent Berger a en revanche affiché clairement son opposition à toute idée de recul de l’âge légal à 63 ans, comme le propose Laurence Parisot, présidente du Medef. « Reculer l’âge, la CFDT [y] est opposée. Le Medef est incapable de garder ses salariés à partir de 55 ans, les entreprises ont tendance à les mettre dehors, on le voit bien avec le chômage des seniors. Il [le Medef] a beau jeu après de dire qu’il faut aller à 63 ans, c’est une mauvaise solution », a-t-il tranché.

S’agissant des autres paramètres, en particulier la durée de cotisation, actuellement fixée à 166 trimestres, « il faut la laisser telle qu’elle est », rejoignant la position exprimée la veille par Najat Vallaud-Belkacem au nom du gouvernement. En revanche, l’augmentation des cotisations « est sur la table, il faudra regarder dans notre pays ce que l’on est capable de consacrer aux retraites ». Une hypothèse rejetée catégoriquement par le Medef.