Retraites : Le Guen « très réticent » à une hausse de la CSG


Le député PS de Paris, Jean-Marie Le Guen, ne souhaite pas une augmentation générale de la contribution sociale généralisée (CSG) pour financer les retraites, comme évoqué par le gouvernement. « J’y suis très réticent. La CSG a normalement pour vocation à financer l’assurance maladie. Etant donné le faible niveau de croissance et le fort taux de chômage, celle-ci risque d’être fortement et durablement déficitaire. Il ne faudrait pas que les financements mobilisés pour les retraites viennent à manquer à l’assurance maladie », s’alarme-t-il dans une interview parue le 16 août 2013 dans Le Parisien. Selon Les Echos, l’exécutif réfléchirait à une hausse de 0,2 à 0,3 point de la CSG pour résorber une partie du déficit des régimes de retraite, voire de 0,5 point pour restaurer aussi les finances de la Sécurité sociale.

Au lieu d’une hausse de la CSG, Jean-Marie Le Guen préfèrerait un allongement de la durée de cotisation qui permettrait, selon lui, d’introduire plus facilement des mesures en faveur des actifs exposés à des risques professionnels. « Si on allonge la durée de cotisation, il est plus facile de raccourcir et de donner des bonus à ceux qui ont des carrières marquées par la pénibilité », estime l’élu parisien. Le gouvernement s’orienterait davantage vers l’instauration d’un compte temps qui permettrait, en fonction de l’exposition à la pénibilité, de capitaliser des points qui donneraient accès à une formation de reconversion, à un départ progressif à la retraite ou à une retraite anticipée.

Surtout, le député socialiste voudrait que le gouvernement utilise le levier de l’âge légal de départ. « Nous aurions dû aller plus loin », déclare-t-il. Dans un entretien paru le 4 mars 2013 dans Le Figaro, Jean-Marie Le Guen s’était déjà prononcé en faveur d’un passage à 62 ans dès 2015, c’est-à-dire deux ans plus tôt que prévu par la loi Woerth de 2010. « Cette mesure pourrait dégager plusieurs milliards d’euros », avait alors justifié l’adjoint au maire de Paris. Reste que ce proche de Dominique Strauss-Kahn sait pertinemment que Français Hollande a déclaré plusieurs fois être opposé à tout nouveau recul des bornes d’âges.

 

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