Retraites : le Medef veut une réforme plus tôt


La présidente de l'organisation patronale, Laurence Parisot, demande au gouvernement d'accélérer le calendrier 2013 de la future loi sur les retraites, compte tenu de la baisse attendue de la croissance qui devrait creuser davantage les déficits.

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Alors que l’on attend le vote d’une loi sur les retraites pas avant fin 2013, Laurence Parisot souhaite que le texte soit examiné plus rapidement. Compte tenu de la dégradation de la situation économique de la France, « nous demandons l’accélération du calendrier pour deux des réformes majeures, celle de l’assurance chômage et celle des retraites », a déclaré, ce 19 février, la présidente du Medef lors de sa conférence de presse mensuelle.
Le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,3% au quatrième trimestre 2012, selon les dernières données de l’Insee. Dans son rapport annuel rendu public le 12 février, la Cour des comptes a prévenu que l’objectif de déficit public de 3% en 2013 ne pourra pas être tenu et Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a déclaré ce 19 février sur RTL que la prévision gouvernementale de 0,8% de croissance du PIB cette année allait être abaissée. « Comme au niveau de l’Europe les choses n’ont pas l’air d’aller d’une manière bien fameuse, on va être obligé de la revoir en baisse », a reconnu le chef de la diplomatie française.

Un « trou » de 200 milliards en 2020

Pour Laurence Parisot, il y a donc urgence, notamment sur le front des retraites. La patronne des patrons a estimé que, si rien n’était fait, le déficit des régimes de base et complémentaires allait atteindre 200 milliards d’euros en 2020. « Nous, partenaires sociaux, avons eu le courage de dire qu’il fallait se soucier du déficit des régimes complémentaires », a-t-elle souligné faisant référence aux négociations sur l’Agirc (pour les cadres) et l’Arrco (pour tous les salariés) entre les syndicats et le patronat, gestionnaires des deux régimes.
L’objectif de ces discussions, qui ont débuté le 22 novembre dernier et devraient s’achever le 7 mars prochain, est de trouver des solutions pour résorber les déficits de l’Agirc et de l’Arrco qui devraient s’élever, au total, à 5 milliards d’euros cette année. « Nous négocions seuls, isolés, sans que le gouvernement dise son intention pour le régime général. C’est mission quasi impossible », a insisté Laurence Parisot. Contrairement à ce qui s’est passé en 2010, les négociations sur les régimes complémentaires se tiennent en effet avant la future réforme des retraites alors que celle-ci pourrait avoir des impacts décisifs si elle décidait, par exemple, d’un allongement de la durée de cotisation, comme l’a récemment proposé Bruno Le Roux, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale.

Les retraites complémentaires aux avant-postes

Chez les partenaires sociaux, certains se demandent même si le gouvernement ne veut pas utiliser les négociations Agirc-Arrco pour faire passer des mesures difficiles auprès de l’opinion. C’est le cas de la sous-indexation des pensions (une revalorisation inférieure à l’inflation) dont le principe, a sous-entendu Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget, pourrait être repris pour les retraites de base. « Aucun régime ne peut supporter une hausse de cotisations. On nous incite à désindexer les pensions. Le gouvernement fuit sa responsabilité : celle de fixer le débat en termes d’âge, de durée de cotisation », a jugé Laurence Parisot. Cette dernière s’est déjà déclarée en faveur d’un nouveau recul de l’âge de départ à 63 ans.
Jean-François Pillard, le représentant du Medef dans les négociations Agirc-Arrco, a proposé aux autres partenaires sociaux, lors de la dernière réunion du 14 février, d’envoyer un courrier officiel au gouvernement l’invitant à se prononcer sur le cadre futur du système des retraites. En vain. Les syndicats demandent aux pouvoirs publics de ne pas se mêler de la gestion de l’Agirc et de l’Arrco. Ils estiment donc en retour qu’ils n’ont pas non plus à s’adresser au gouvernement. Chacun chez soi et les régimes de retraites seront bien gardés…

 

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