Retraites : les médecins moins pénalisés s'ils partent à 62 ans

Partagez

A compter du 1er janvier 2017, les praticiens libéraux devraient pouvoir partir à la retraite avant 65 ans sans subir d'abattement sur leurs pensions complémentaires comme aujourd'hui. Des majorations seraient instaurées, en parallèle, pour les inciter à travailler plus longtemps.

 

A partir du 1er janvier 2017, l'âge de départ au régime complémentaire de la CARMF va passer de 65 à 62 ans

 

Les médecins installés à leur compte devraient pouvoir prendre leur retraite à 62 ans plus facilement. Le conseil d'administration de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF) a décidé d'abaisser, à partir du 1er janvier 2017, l'âge de départ de son régime complémentaire de 65 à 62 ans, annonce un communiqué diffusé le 2 février 2016.

Actuellement, les praticiens libéraux peuvent partir à la retraite à 62 ans, soit l'âge de départ minimum au régime de base. Mais ils subissent alors un abattement sur leurs pensions complémentaire de 5% par année manquante par rapport à 65 ans et ce, même s'ils disposent de tous leurs trimestres au régime de base.

Baisse de la valeur du point

Du coup, les affiliés de la CARMF ont tendance à reporter leur départ à la retraite à 65 ans pour éviter cette décote. La réforme adoptée par les administrateurs vise à simplifier les règles de la caisse et à moins pénaliser les 125.000 médecins libéraux cotisants s'ils partent plus tôt.

Engagé il y a deux ans, le projet rencontrait jusqu'ici l'hostilité des syndicats qui siègent au conseil d'administration de la CARMF. Pour assurer l'équilibre financier du régime complémentaire, l'abaissement de l'âge de départ à 62 ans devait s'accompagner de la baisse de 15% de la valeur du point. De quoi entraîner une réduction importante du montant des futures retraites complémentaires. Le 30 janvier dernier, un consensus a été trouvé.

Des bonus de 5% et 3%

Non seulement, la valeur du point sera finalement réduite à 13% pour les affiliés qui prendront leur retraite à compter du 1er janvier 2017, mais des majorations sur les montants des pensions complémentaires seront mises en place pour ceux qui accepteront de partir plus tard. Elles s'élèveront à 1,25% par trimestre cotisé entre 62 et 65 ans, soit 5% par année supplémentaire de cotisation. Sans compter qu'en cotisant plus longtemps, les médecins acquerront des points complémentaires en plus. Au final, « le niveau de la retraite sera légèrement supérieur au niveau actuel avant 65 ans, et égal à 65 ans », estime la CARMF dans le communiqué.

En outre, une majoration de 0,75% par trimestre supplémentaire (3% par année) sera également appliquée de 65 à 70 ans. Ces « bonus » ont permis à la direction de la caisse d'obtenir l'aval de la majorité des syndicats. Reste maintenant à décrocher le feu vert des autorités de tutelle, à savoir la Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL) et surtout la Direction de la Sécurité sociale (DSS). Cette dernière avait retoqué la première mouture au motif justement qu'elle n'était pas soutenue par les organisations syndicales...

A lire également :

Retraite complémentaire : les libéraux au régime sec

 

articles les plus lus

1. RAFP : comment fonctionne la retraite additionnelle de la fonction publique
2. Comment calculer sa retraite ?
3. Peut-on cumuler une pension de retraite et une prestation sociale ?
 

Réseaux Sociaux