Retraites : les médecins pourraient partir dès 62 ans


Les administrateurs de la caisse de retraite des médecins souhaitent que les affiliés au régime complémentaire puissent liquider leurs droits à partir de 62 ans et non à 65 ans comme aujourd'hui. Encore faut-il que les autorités de tutelle donnent leur accord.

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C’est ce qui s’appelle aller à rebrousse-poil. Alors que la future réforme des retraites devrait se traduire notamment par un allongement de la durée de cotisation, les médecins pourraient obtenir, eux, la possibilité de cesser leur activité… plus tôt. La Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF) a envoyé le 25 juin 2013 à ses autorités de tutelle, le ministère des Affaires sociales et de la Santé et la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL), une lettre proposant que les affiliés à son régime complémentaire puissent partir, comme dans le régime général des salariés, à 62 ans.

Actuellement, les médecins ne disposent pas d’un âge légal à partir duquel ils sont autorisés à partir à la retraite, mais uniquement d’un âge de départ à taux plein (sans abattement de pension) à 65 ans. Invité à se prononcer sur un recul de 65 à 67 ans de cette dernière borne d’âge en vue de se mettre en conformité avec la réforme des retraites de 2010, le conseil d’administration de la CARMF a décidé le 22 juin dernier de supprimer purement et simplement l’âge de retraite à taux plein à 65 ans et d’instaurer à la place un âge légal à 62 ans.

Création d’une « bonification »

Certes, cette décision s’appliquerait uniquement pour le régime complémentaire obligatoire. Reste que celui-ci représente en moyenne 43% de la pension des médecins. En outre, la mesure pourrait s’étendre aux deux autres niveaux également obligatoires : la retraite de base (20% de la pension) supervisée par la CNAVPL et l’Allocation supplémentaire de vieillesse (ASV) réservée aux praticiens conventionnés par la Sécurité sociale (37% de la pension).

Par ailleurs, le conseil d’administration de la CARMF souhaite qu’un système de « bonification » soit instauré dans le régime complémentaire, comme c’est déjà le cas dans la retraite de base. Après 62 ans, les médecins bénéficieraient d’une surcote de 3% par année supplémentaire cotisée. Cette mesure, qui vise à inciter les praticiens à travailler au-delà de l’âge légal, serait « indispensable face à la pénurie de médecins à venir », estime la CARMF dans un communiqué daté du 25 juin 2013. Avant 62 ans, ils subiraient, à l’inverse, une « minoration » de 5% par année de cotisation manquante. Cette décote existe déjà mais elle s’applique aujourd’hui en deçà de 65 ans, ce qui est plus pénalisant.

Toutes ces décisions sont clairement favorables aux médecins. Sur les 28 administrateurs titulaires (essentiellement des médecins généralistes et spécialistes), 22 ont voté pour ces propositions présentées par le président de la CARMF, le Dr Gérard Maudrux, par ailleurs chirurgien urologue. « L’objectif est qu’elles entrent en application dès le 1er janvier 2014 », précise-t-on à la caisse, contactée par Toutsurlaretraite.com. Pas sûr que les autorités de tutelle soient aussi pressées.

 

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