Retraites : les syndicats étudiants contre l’allongement de la durée de cotisation


VIDEO - Réunies dans un collectif intitulé « La Retraite : une affaire de jeunes », 17 organisations de jeunesses syndicales appellent à la manifestation le 10 septembre 2013 pour protester notamment contre l'allongement de la durée de cotisation.

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Les arbitrages annoncés par Jean-Marc Ayrault le 27 août 2013 sur la réforme des retraites ne font pas que des heureux. Les jeunes se sentent délaissés et estiment être les premiers impactés par la future réforme. En tête de leurs revendications, l’allongement de la durée de cotisation.

« Une double peine pour les jeunes »

Relever la durée de cotisation à 43 ans de travail pour une retraite à taux plein touche en premier lieu la génération née après 1973. Portée par l’UNEF, cette association d’organisations de jeunesse syndicales rejette purement et simplement l’idée de devoir travailler plus longtemps. Selon le collectif, cela reviendrait à formuler « une double peine pour les jeunes ». « L’allongement de la durée de cotisation, d’au moins 43 annuités, signifie pour les jeunes : être au chômage aujourd’hui, et toucher une retraite incomplète demain », explique le collectif.
« Le premier emploi stable est à peu près à 27 ans actuellement », affirme le président de l’UNEF, Emmanuel Zemmour. Prenant en compte la période d’insertion professionnelle pendant laquelle « on multiplie les petits boulots précaires », estime-t-il. Selon lui, il sera impossible aux jeunes de partir à la retraite avec une pension à taux plein avant 67 ans, c’est-à-dire avant l’âge de retraite à taux plein (au-delà duquel on ne subit pas de décote).

Une cotisation symbolique pour les étudiants

La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a martelé que la réforme serait « pour les jeunes ». Et pour cela, le gouvernement propose une aide financière pour le rachat des années d’études supérieures. L’Etat offrirait 1.000 euros par trimestre dans la limite de 4 trimestres. Ainsi pour une personne de 30 ans, le montant d’une année d’étude (déduit de l’aide de l’Etat) s’élèverait tout de même entre 4.816 euros et 7.752 euros, selon son salaire. Un tarif préférentiel qui n’est pas suffisant selon le collectif.

« Ce que proposait la CGT, c’est de prendre en compte l’ensemble des années d’études, en demandant à ce qu’ils participent (les étudiants, ndlr) au coût de la cotisation mais symboliquement », propose Eric Aubin, en charge du dossier des retraites à la CGT, sans donner plus de précision sur ce montant « symbolique ». Le secrétaire confédéral de la CGT et membre du collectif estime que malgré l’offre du gouvernement, le prix d’un trimestre d’étude reste « exorbitant ».

En conséquence, le collectif « La Retraite : une affaire de jeune » appelle les jeunes à descendre dans la rue le 10 septembre prochain et espère une participation « honorable » des étudiants. Une implication d’ailleurs saluée par Jean-Claude Mailly. « Nous faisons tout pour qu’il y ait du monde dans la rue, surtout des jeunes. Ce seront eux qui seront les plus touchés par l’allongement de la durée de cotisation », a déclaré le secrétaire général de Force Ouvrière, le 3 septembre 2013 dans une interview accordé au quotidien Direct Matin.

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