Revalorisation : pourquoi le pouvoir d’achat des retraités va baisser en 2014


Le conseil d'administration de l'Arrco devrait décider ce 11 mars 2014 de ne pas augmenter les pensions complémentaires. Celui de l'Agirc pourrait suivre son exemple deux jours plus tard. Des décisions douloureuses pour le porte-monnaie des retraités qui vont s'ajouter au report de la revalorisation des pensions de base et à la fiscalisation des majorations familiales.

deux vieux sur un banc

 

Les retraités vont être mis au pain sec. Le conseil d’administration de l’Arrco, le régime complémentaire des salariés, devrait vraisemblablement décider ce 11 mars 2014 de ne pas augmenter les pensions cette année. Idem pour le conseil d’administration de l’Agirc, le régime complémentaire des cadres, qui va se réunir, lui, le 13 mars prochain.

Les retraites complémentaires sont tous les ans revalorisées par rapport à l’inflation les 1er avril. Ce ne devrait donc pas être le cas cette année, ce qui va réduire d’autant le pouvoir d’achat des retraités puisque les pensions complémentaires ne vont pas suivre la hausse des prix à la consommation. La faute à l’accord du 13 mars 2013 signé par les partenaires sociaux, gestionnaires de l’Agirc et de l’Arrco.

Désindexation de 1 point

Pour résorber les déficits abyssaux des deux régimes, syndicats et patronat ont décidé d’appliquer une revalorisation inférieure à l’augmentation des prix en 2013, en 2014 et en 2015. Cette « désindexation » s’est déjà traduite par une revalorisation, au 1er avril 2013, des pensions de l’Arrco de seulement 0,8% et de 0,5% pour celles de l’Agirc tandis que les retraites de base ont augmenté, dans le même temps, de 1,3%. Compte tenu du faible niveau de l’inflation et de la sous-indexation de 1 point prévue dans l’accord du 13 mars, la revalorisation des retraites complémentaires devrait se situer à… 0% au 1er avril 2014.

Mais ce n’est pas tout : les retraités vont également connaître cette année un report de la revalorisation annuelle des pensions de base pensions de base. La dernière réforme des retraites prévoit en effet que toutes les retraites de base seront désormais indexées par rapport à l’inflation les 1er octobre et non plus les 1er avril et ce, dès 2014. Ce qui signifie qu’elles ne vont pas augmenter du 1er avril au 30 septembre 2014. Ce gel de six mois va, là aussi, se traduire par une perte de pouvoir d’achat pour les retraités.

 

Bis repetita en 2015 ?

Sans compter que, depuis le 1er avril 2013, les pensionnés assujettis au taux plein de CSG de 6,6% (soit la moitié des retraités français) doivent s’acquitter de la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa). Cette nouvelle taxe de 0,3%, destinée à financer la perte d’autonomie, est prélevée « à la source », c’est-à-dire directement sur les pensions de base et complémentaires.

Enfin, certains retraités pourraient voir leur impôt sur le revenu augmenter. A compter de la déclaration 2014 portant sur les revenus de 2013, ceux qui ont élevé au moins trois enfants et bénéficient à ce titre de majorations de pension vont devoir déclarer ces bonus, jusqu’ici exonérés d’impôt, à l’administration fiscale. Cette « fiscalisation » des majorations familiales de retraites pourra, dans certains cas, rendre imposables des retraités qui ne l’étaient pas jusque-là.

A noter : le régime minceur pourrait perdurer. Avec la désindexation de 1 point également prévue en 2015 à l’Agirc-Arrco et une inflation toujours anémique, il y a de grandes chances pour que le scénario se répète et que la revalorisation des retraites complémentaires soit de nouveau nulle l’an prochain.

 

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