Seuls 10% des seniors se soucient de leur future dépendance


Les Français âgés de 45 ans et plus sont très peu nombreux à se préoccuper du financement de leur perte d'autonomie. Le manque de moyens financiers mais aussi la faculté à occulter le problème expliquent le phénomène.    

Peu de Français préparent leur dépendance

A peine un peu plus d’un senior sur dix a préparé son éventuelle perte d’autonomie. Selon une étude de l’Insee parue le 19 février 2015 et menée auprès de 1.999 personnes âgées de 45 ans et plus, seulement 10,2% des sondés déclarent avoir pris « des dispositions pour faire face à cette situation ».

39,5% prévoient de le faire mais n’ont pas encore sauté le pas. 8,6% y pensent mais n’ont pas l’intention de prendre des dispositions particulières. 27% des individus interrogés n’ont pas envisagé de devenir un jour dépendants. Enfin, 14,7% ne veulent même pas en parler. Une forme de « déni » pointé par les trois auteurs de l’étude et qui explique en partie le peu de succès des assurances dépendance qui prévoient le versement d’une rente en cas de perte d’autonomie.

Jusqu’à 2.300 euros de reste à charge par mois

La plupart des seniors prévoyants s’appuient sur plusieurs dispositifs à la fois pour financer leur future dépendance. 70,4% ont souscrit une assurance dépendance individuelle, 32,1% épargnent, 13,8% ont aménagé leur logement et 9,2% disposent d’une assurance dépendance collective souscrite dans le cadre de leur entreprise.

Parmi les seniors qui ne préparent pas leur perte d’autonomie, 28% déclarent ne pas avoir les moyens financiers pour le faire. Plus embêtant : 25% estiment que « ce que je pourrais faire serait de toute façon insuffisant » et 16% déclarent ne pas savoir comment s’y prendre. 12% jugent que leurs revenus seront suffisants pour pallier aux dépenses d’assistance, 11% comptent sur l’aide publique et 9% sur leur entourage. 24% préfèrent carrément « ne pas penser à ce sujet ».

De quoi confirmer une certaine politique de l’autruche. L’étude de l’Insee rappelle pourtant que le « reste à charge » (les sommes à payer une fois déduites les aides et allocations) lié à l’hébergement en institution s’élève en moyenne à 1.468 euros par mois et même à 2.300 euros par mois si la personne dépendante est atteinte de la maladie d’Alzheimer.

 

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