Système des retraites : le retour à l’équilibre financier repoussé


Dans son deuxième avis remis le 13 juillet 2015 au Premier ministre Manuel Valls, le Comité de suivi des retraites note une dégradation des finances des régimes de base consécutive à la faible croissance et à l'arrêt des mesures correctrices.    

Le déficit des régimes de base et du Fonds de solidarité vieillesse devrait atteindre près de 3 milliards d'euros en 2018

Le système français des retraites devrait atteindre l’équilibre financier plus tard qu’attendu. Alors que la dernière réforme des retraites prévoit une résorption des déficits des régimes de base et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) en 2020, celui-ci pourrait intervenir seulement en 2024, voire 2028, selon le deuxième avis du Comité de suivi des retraites (CSR) remis le 13 juillet 2015 au Premier ministre Manuel Valls.

Cette instance, créée par la loi du 20 janvier 2014 réformant les retraites et composée de cinq experts, estime que le « trou » cumulé des régimes de base et du FSV devrait atteindre 2,9 milliards d’euros en 2018. « La dégradation s’explique principalement par la révision à la baisse des prévisions de croissance réelle à partir de 2016 », souligne le CSR. D’une manière générale, le Comité regrette que le système français de financement des retraites dépende autant de la conjoncture économique.

Négociations Agirc-Arrco capitales

Autre explication de la dégradation des comptes : la fin des mesures correctrices. La hausse des cotisations instaurée par la loi du 20 janvier 2014 prend fin en 2017. Idem pour le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans mis en place par la loi Woerth de 2010. La réforme de 2014 prévoit bien un allongement de la durée de cotisation mais celle-ci intervient seulement à partir de 2020. Du coup, « le Comité constate que, pour les régimes obligatoires de base et le FSV, le retour à l’équilibre financier en 2018 ne paraît pas possible, sauf mesures nouvelles, du fait de la révision à la baisse des hypothèses macroéconomiques intervenue en 2015 », résume le CSR.

Enfin, l’instance présidée par Yannick Moreau, l’auteur du rapport qui a servi de base de travail à la loi du 20 janvier 2014, se montre soucieuse des négociations actuelles sur les régimes complémentaires Arrco (pour les non cadres et les cadres) et Agirc (pour les seuls cadres). « Le Comité souligne que les perspectives du système de retraites sont fortement tributaires des évolutions de la croissance, mais aussi des conclusions des accords Agirc-Arrco en cours de négociation, que le Comité estime nécessaire de finaliser avant la fin de l’année 2015. » Sans nouvelles mesures, les réserves de l’Arrco pourraient être épuisées en 2024 et celles de l’Agirc en 2018, voire 2017, rappelle le CSR.

 

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