Un référendum pour repousser l’âge de la retraite ?


Pour faire accepter le report, jugé inévitable, de l'âge minimum de départ à la retraite de 62 à 65 ans, l'Institut de la protection sociale propose aux candidats à la présidentielle d'organiser une consultation populaire sur la question.      

L'Institut de la protection sociale propose aux candidats à la présidentielle d'organiser un référendum sur l'âge de départ à la retraite

Puisque qu’il est difficile de réformer le système des retraites en France, demandons directement leur avis aux Français. Il s’agit de l’une des principales propositions de l’Institut de la protection sociale (IPS) inscrites dans les pistes de réforme que ce « think tank » va envoyer à l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle de 2017.

Concrètement, l’IPS propose la tenue d’un référendum sur la suppression ou le maintien des régimes « spéciaux » et la mise en place d’un âge légal de départ pour tous à 65 ans. « Le recul de l’âge de départ à la retraite est inévitable compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie. Pour que cette mesure soit acceptée par l’opinion publique, il faut qu’elle s’applique à tous les actifs et non seulement à une partie de la population. Le référendum permettra de contourner les corporatismes qui empêchent la mise en place d’un âge de départ unique », estime Bruno Chrétien, le président de l’IPS.

Un « non » possible

Si l’âge légal des fonctionnaires « sédentaires » a été aligné sur celui des salariés du secteur privé, ce n’est pas le cas pour les fonctionnaires « actifs ». La catégorie dite « active » de la fonction publique regroupe les agents dont les conditions de travail sont jugées difficiles, comme les policiers, les pompiers ou les surveillants pénitentiaires, et qui bénéficient à ce titre d’une retraite à 57 ans. Des retraites anticipées sont également prévues pour certains agents d’entreprises ou d’établissements publics, tels les conducteurs de trains de la SNCF (52 ans), les contrôleurs aériens (59 ans) ou les danseurs de l’Opéra de Paris (40 ans).

Supprimer les régimes spéciaux constitue une étape obligatoire pour mettre en place un seul âge minimum de départ à la retraite. Toutefois, en cas de référendum, on voit mal les affiliés de ces régimes voter pour leur suppression. D’une manière générale, même si on leur démontre qu’on ne peut pas faire autrement, il n’est pas sûr qu’une majorité de Français accepte de travailler plus longtemps. En cas de « non » au référendum, ce sera alors au peuple souverain d’en assumer les conséquences, avertit l’IPS…

Un florilège de réformes

Outre le référendum, l’Institut de la protection sociale propose plusieurs mesures originales sur la retraite :

– Assouplir le cumul emploi-retraite
Actuellement, les retraités peuvent cumuler totalement un revenu d’activité et une pension s’ils ont liquidé leur retraite en disposant de tous leurs trimestres ou après l’âge d’annulation de la décote (67 ans). Dans les autres cas, les sommes cumulées ne doivent pas dépasser un certain plafond (qui varie selon les régimes) sous peine de voir leurs pensions diminuer. L’IPS préconise de supprimer le plafonnement pour favoriser le développement du cumul emploi-retraite.

– Refondre les règles de réversion
L’IPS propose que l’assuré décide, de son vivant, de toucher une retraite « réversible » ou « non réversible ». A son décès, son conjoint recevrait, comme aujourd’hui, une partie de sa pension dans le premier cas ou rien dans le second. En contrepartie de la « réversibilité », le montant de la retraite serait minoré. En revanche, la pension de réversion serait versée sans condition de ressources. Elle serait également étendue aux partenaires de Pacs et non réservée aux seuls conjoints mariés.

– Simplifier l’épargne retraite
L’IPS milite pour une harmonisation des cas de déblocage anticipé (décès, invalidité, surendettement…) des dispositifs individuels (Perp, Madelin, Préfon-Retraite…) et collectifs (Perco, article 39, article 83…) d’épargne retraite. Idem pour les sorties en capital au moment du départ à la retraite.