Un retraité sur quatre perçoit une pension de réversion

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Plus de 4 millions de personnes bénéficient d'une pension à la suite du décès de leur conjoint, dont 3 millions en plus de leur propre retraite, souligne une étude du ministère des Affaires sociales rendue publique le 23 février 2016.

 

90% des bénéficiaires de pensions de réversion sont des femmes

 

Un quart des retraités français touche des pensions de droit indirect. Selon une étude de la direction de la recherche et des statistiques du ministère des Affaires sociales parue le 23 février 2016, 4,3 millions de personnes, vivant en France ou à l'étranger, bénéficiaient en 2012 d'une pension de réversion, c'est-à-dire se voyaient octroyer une partie de la retraite que percevait ou aurait dû percevoir s'il avait quitté la vie active leur conjoint marié décédé.

Sur ce nombre, 1,1 million touchaient même uniquement de la réversion. Soit parce que le veuf ou la veuve n'était pas encore à la retraite (la pension de réversion est accessible à partir de 55 ans dans les régimes du secteur privé et il n'y a pas de condition d'âge dans les régimes du public). Soit parce que le conjoint survivant n'a jamais travaillé et ne s'est donc pas constitué de droits directs à la retraite.

90% de femmes

Les bénéficiaires de la réversion sont à 90% des femmes. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Dans les couples mariés, les épouses sont en moyenne deux à trois ans plus jeunes et vivent également beaucoup plus longtemps que leurs époux. En cas de divorce, non seulement les hommes ont tendance à se remarier, mais leur nouvelle épouse est généralement plus jeune que leur ancienne compagne.

En outre, dans les régimes du privé, la pension de réversion est octroyée sous conditions de ressources (*). Les hommes percevant des retraites nettement plus élevées que les femmes, les veufs dépassent facilement le plafond de revenus et se voient donc privés de réversion.

Réversion deux fois plus élevée chez les veuves

Au final, la pension de droit indirect perçue par les femmes est en moyenne deux fois plus élevée que celle des hommes. Les premières touchent en moyenne 642 euros par mois de réversion, contre 304 euros par mois pour les seconds. La pension de réversion étant calculée en fonction de la retraite du défunt, il est normal que les veufs perçoivent une somme moindre. Autre enseignement de l'étude, il existe une grande disparité dans les montants de réversion : 10% des veuves perçoivent moins de 125 euros par mois de pension de droit indirect tandis que 10% touchent plus de 1.185 euros.

Enfin, la part de réversion augmente avec l'âge. Pour les générations nées entre 1928 et 1932, les pensions de droit indirect représentent 49% de la retraite pour les femmes âgées de 60 à 64 ans et 55% pour celles de 75 à 79 ans. « La liquidation tardive d'un droit dérivé peut correspondre à des décès de personnes ayant eu des carrières plus favorables (carrière plus longue, personnes plus qualifiées ayant de plus grandes espérances de vie). Le montant moyen du droit dérivé augmente donc plus vite avec l'âge que la pension totale », explique l'auteur de l'étude.

(*) En 2016, pas plus de 20.113,60 euros de revenus annuels si le conjoint survivant vit seul ou 32.181,76 euros s'il vit en couple.

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