Vieillissement : des seniors participent à l’adaptation de leur logement


Le bailleur social Néolia en partenariat avec l'association Promotolec adapte des logements de son parc au vieillissement en faisant participer ses locataires. Les personnes âgées listent leurs difficultés quotidiennes et leurs attentes en matière de rénovation. Aucun frais ni augmentation de loyer ne leur sont imputés.      

Le bailleur social Néolia avec l'association Promotelec ont fait participer leurs locataires seniors pour l'adapatation de leur logement.

Adapter le logement pour permettre aux personnes âgées de mieux vivre et de rester chez elles. C’est le pari lancé par le bailleur social Néolia en partenariat avec l’association Promotelec. En 10 ans, Néolia a adapté 2.500 logements de son parc pour les personnes âgées.

« Face à une population de plus en plus vieillissante, il est urgent de rénover les logements existants. Ce sont des adaptations préventives dans le but de permettre à la personne âgée de rester le plus longtemps possible à son domicile », affirme Damien Hasbroucq, directeur général adjoint de Promotelec.

Là où la démarche est innovante, c’est dans la mise à contribution directe des locataires dans la rénovation de leur logement. Dévoilé le 10 septembre 2015, l’Observatoire Promotelec du confort dans l’habitat retrace le travail mené, du premier entretien sur les besoins des occupants à leurs retours sur les aménagements opérés. Concrètement, le bailleur a identifié les locataires les plus « fragiles » puis a sélectionné des dossiers (sans âge prérequis) notamment en se basant sur les revenus perçus. A noter qu’il est également possible pour les locataires de solliciter eux-mêmes une adaptation de leur logement auprès d’une agence Néolia. « Nous voulons co-construire l’adaptation du logement avec les personnes âgées. Le but est d’identifier les principales difficultés qu’ils rencontrent au quotidien et d’établir un projet de rénovation ensemble avec des spécialistes et de répondre à leurs attentes », explique Loïc Leroy, responsable « Habitat Génération » de Néolia. Une fois le projet de rénovation défini entre le bailleur le senior, les travaux débutent dans les trois mois.

Un « cahier de vacances » pour déterminer les attentes des seniors

Ainsi, avec l’accord des locataires, un consultant ergonome s’est rendu sur place pour les interroger. Quelle est leur journée type, quels problèmes rencontrent-ils lorsqu’ils se lèvent, se lavent ou encore font la cuisine… Pour répondre au plus près à leurs besoins, « un cahier de vacances », comme s’amuse à l’appeler un des seniors, a été remis à chaque locataire. Ces derniers devoient le remplir chaque jour avec précision, décrivant leurs activités quotidiennes photos à l’appui. « La démarche d’auto-observations a duré une semaine. Cela a vraiment été utile : si des aménagements nous paraissaient indispensables, ils ne l’étaient pas forcément pour l’occupant. Par exemple, une locataire voulait absolument qu’on lui facilite l’accès de son balcon car elle n’osait plus y aller à cause d’une trop haute marche qui l’avait déjà fait chuter », raconte Clément Grange, le consultant ergonome.

Du balcon aux volets en passant par la salle de bain

Parmi les attentes qui revenaient le plus souvent, ajouter des prises et des interrupteurs pour limiter les déplacements, sécuriser l’entrée et la sortie de douche, installer des WC surélevés et des volets motorisés, mais aussi renforcer la sécurité de l’immeuble. « Je suis retourné voir les locataires deux mois après les travaux pour savoir si les aménagements opérés leur convenaient, s’il fallait en améliorer certains, voire s’ils n’étaient finalement pas utiles », indique l’ergonome. Au bout du compte, plus de 80% des « solutions techniques » apportées sont plébiscitées. Les personnes âgées concernées ont reconnu que leur logement avait gagné en confort et en sécurité malgré « quelques chipotages », rapporte l’ergonome.

Pas de frais à payer ni d’augmentation de loyer

Question coût, Néolia a intégralement pris en charge les frais d’adaptation (soit 6.500 à 7.000 euros en moyenne). Quant aux motivations d’une telle opération, Loïc Leroy répond simplement que « c’est une façon de valoriser le patrimoine existant ». Le bailleur reconnaît toutefois qu’il injecte peu de fonds propres, bénéficiant d’aides de collectivités, d’associations, des caisses de retraite ou encore de groupes de protection sociale comme AG2R La mondiale, qui organisait la présentation de l’Observatoire le 10 septembre.

Pour le locataire, ce n’est que du bénéfice. En effet, en plus de la prise en charge totale des travaux, « nous n’augmentons pas le loyer de nos occupants après les travaux », assure Néolia. Quand on leur demande s’ils comptent déménager, les seniors répondent tous en cœur : « Ah non, sûrement pas ! »

80.000 logements adaptés au vieillissement d’ici 2017

Parallèlement à ces initiatives, le gouvernement envisage d’adapter 80.000 logements d’ici 2017. Cette mesure s’inscrit dans le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement qui fera son retour à l’Assemblée nationale pour une seconde lecture le 15 septembre. Ce premier pas dans la prise en charge de la perte d’autonomie prévoit également de développer le système du microcrédit pour que les personnes âgées aux revenus modestes puissent financer leurs travaux d’adaptation.

 

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