Aramis Group : introduction en Bourse pour financer sa forte croissance en Europe

Par Olivier Brunet
SEO & traffic strategist : Camille Radicchi

Aramis Group a levé environ 250 millions d’euros dans le cadre de son introduction en Bourse sur Euronext Paris, réalisée en bas de la fourchette de prix. Filiale à 60,56% de Stellantis (issue de la fusion de Peugeot SA et de Fiat-Chrysler) qui ne cèdera pas d’actions, la société de vente de véhicules d’occasion et reconditionnés veut financer sa croissance, organique et externe, et se désendetter. Le groupe a déjà identifié des cibles d’acquisitions.

Aramis Group : introduction en Bourse réussie sur Euronext Paris

Aramis Group, spécialiste de la vente de véhicules d’occasion et reconditionnés, a bouclé avec succès son introduction en Bourse sur le marché réglementé d’Euronext Paris. L’entreprise a levé près de 250 millions d’euros à cette occasion, par l’émission de 10.869.565 actions nouvelles.

1.065.759 actions ont été souscrites dans le cadre à l’offre à prix ouvert destinée aux particuliers, représentant environ 6,3% de la taille initiale de l’offre.

Cette levée de fonds sera mise à profit pour financer sa croissance, organique et externe, et refinancer sa dette existante.

Cette levée de capitaux est complétée par une opération patrimoniale, les deux cofondateurs et certains actionnaires minoritaires, comprenant des cadres dirigeants, ayant cédé pour 138 millions d’euros actions existantes, somme susceptible d’atteindre jusqu’à 58 millions d’euros supplémentaires en cas de forte demande, par exercice de la rallonge sous la forme d’une option de surallocation. Ces cessions de titres ont vocation à apporter une liquidité suffisante au titre post-opération. L’option de surallocation, représentant 15% de la taille initiale de l’opération, s’exercerait uniquement au travers de la cession d’actions existantes.

Prix de l’action Aramis Group (ARAMI, FR0014003U94)

Le prix des actions Aramis Group (Codes : ARAMI, FR0014003U94) a été fixé à 23 euros, dans le bas de la fourchette indicative, (comprise entre 23 et 28 euros par titre, soit 25,5 euros en milieu de fourchette). La capitalisation boursière post opération s’élèvera à environ 1,9 milliard d’euros, ce qui classe l’action dans le compartiment A du marché réglementé d’Euronext Paris (capitalisations supérieures à 1 milliard d’euros).

Le flottant (part du capital dans le public) atteint 20,37% du capital sur la base de l’offre initiale de titres, et jusqu’à 23,42% du capital après exercice en totalité de l’option de surallocation.

La répartition du capital serait la suivante en cas d’exercice intégral de l’option de surallocation :

  • Stellantis : 60,56%
  • Nicolas Chartier (cofondateur) : 7,21%
  • Guillaume Paoli (cofondateur) : 7,21%
  • actionnaires minoritaires : 1,59%
  • Public : 23,42%

Leader européen des voitures d’occasion, filiale de Stellantis depuis 2016

Aramis Group est le leader de la vente en ligne de véhicules d’occasion aux particuliers en France, en Belgique et en Espagne, où il opère respectivement au travers de ses marques Aramis auto, Cardoen et Clicar. Il s’est positionné sur le segment des véhicules d’occasion âgés de moins de 8 ans, dont la croissance annuelle moyenne est estimée à 4,7% sur la période 2020-2025 (source IHS, rapport Roland Berger).

Le groupe a commercialisé environ 400.000 véhicules depuis ses débuts.

Créé en 2001 par Nicolas Chartier et Guillaume Paoli, toujours actionnaires respectivement président et directeur général, Aramis Group s’est adossé en 2016 à Peugeot SA, devenu Stellantis en janvier 2021 à l’issue de sa fusion avec Fiat-Chrysler, qui détient une participation de 60,56% au capital post-opération (70,47% auparavant).

C’est à compter de cette alliance que la société a engagé son expansion à l’international, par croissance externe.

Historique de forte croissance et rentable

Aramis Group revendique un taux de croissance annuel moyen d’environ 30% entre 2003 et 2020, « tout en étant rentable et en dégageant des flux de trésorerie positifs sur la période ».

Le groupe a réalisé au cours des cinq dernières années les acquisitions suivantes :

  • 64,5% de Clicars en Espagne en mars 2017
  • 96% de Datosco (marque Cardoen) en Belgique en juillet 2018
  • 60% de Motordepot (marque CarSupermarket) au Royaume-Uni en mars 2021, premier marché européen du véhicule d’occasion, et première implantation du groupe hors zone euro

Cette dernière, qui comprend un site de vente et 12 points de vente physiques, a réalisé un chiffre d’affaires de 263,1 millions d’euros et un Ebitda ajusté de 7,6 millions d’euros au titre de la période de douze mois close le 30 septembre 2020.

Aramis Group a réalisé un chiffre d’affaires de 831 millions d’euros au cours de l’exercice clos le 30 septembre 2020, en croissance de 12%, et de 1.094 millions d’euros proforma en intégrant les revenus de Motordepot.

L’Ebitda ajusté (résultat brut retraité, excluant les charges de personnel liées à des acquisitions, NDLR) a dans le même temps grimpé de 52,6% à 38,3 millions d’euros, soit 4,6% du chiffre d’affaires, grâce notamment à une amélioration de 6,1% de la marge brute par véhicule vendu, à 2.509 euros.

Perspectives financières : triplement de taille visé d’ici à 2025

Aramis Group vise une croissance de ses volumes d’environ 25% par an sur la période 2021-2025, tirée par celle des voitures d’occasion reconditionnées de 30 à 35% par an sur la période. Le groupe a pour objectif de générer plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, hors nouvelles acquisitions, assorti d’une marge d’Ebitda ajusté supérieure à 3%.

À l’horizon 2030, le groupe vise un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros et une marge d’Ebitda ajusté comprise entre 8% et 9%, à la faveur d’une diminution relative de ses dépenses marketing et d’une meilleure absorption de ses frais fixes.

Utilisation du produit de la levée de fonds par Aramis Group

L’augmentation de capital réalisée par Aramis Group a pour but :

  • pour partie de refinancer la dette existante, notamment en procédant au remboursement intégral des prêts intragroupe conclus avec Stellantis, soit 120,2 millions d’euros au 31 mars 2021
  • de financer sa forte croissance, interne et externe. Aramis indique avoir identifié des cibles dans plusieurs pays européens, des acteurs locaux présents en ligne ou en multicanal « opérant dans des pays dans lesquels le groupe n’est pas présent ».

Le produit de la levée de capitaux net de frais est estimé à 235 millions d’euros.

Interview : Guillaume Paoli, cofondateur et coprésident d’Aramis Group

« Proposer en ligne des véhicules d’occasion de qualité au meilleur prix »

Nicolas Chartier et Guillaume Paoli (à droite), cofondateurs et coprésidents d’Aramis Group

ToutSurMesFinances.com : Quelles sont les modalités de l’introduction en Bourse d’Aramis Group ?

Guillaume Paoli : L’offre combine plusieurs éléments, d’abord une émission d’actions ordinaires nouvelles pour un montant de 250 millions d’euros ; ensuite la cession d’actions existantes par mon associé cofondateur Nicolas Chartier et moi-même, ainsi que certains actionnaires minoritaires qui comprennent les cadres dirigeants du groupe. La cession de titres représente une part minoritaire des titres que nous détenons : post-opération, nous resterons les deuxièmes principaux actionnaires du groupe derrière Stellantis, comme c’est le cas aujourd’hui.

Pourquoi la cession de titres représente-t-elle environ 40% de l’opération ?

Si l’offre s’était résumée à une augmentation de capital, le flottant aurait représenté 13% du capital post-opération. La cession de titres permet de porter le flottant autour de 20%, et jusqu’à 23% en cas d’exercice intégral de l’option de surallocation. Ce niveau de flottant sera suffisant pour offrir une liquidité significative du titre sur le marché.

Quel est le rôle joué par Stellantis ?

Stellantis ne cède aucun titre à l’occasion de l’introduction en Bourse. Stellantis tient un rôle d’actionnaire engagé à nos côtés tout en nous laissant l’indépendance nécessaire pour développer l’activité, conformément à notre accord conclu en 2016 lors de l’entrée de PSA au capital. Stellantis va continuer à nous soutenir et restera majoritaire au capital.

Comment le marché des véhicules d’occasion se porte-t-il ?

Le marché est immense, il a représenté 410 milliards d’euros en 2020, avec une croissance annuelle estimée à 4,7% par an d’ici à 2025 sur le segment des véhicules de moins de 8 ans. C’est un marché extrêmement résilient : le repli a été limité à seulement 4% en France l’an dernier, et à 9% en Europe. L’automobile est le deuxième poste de dépenses des ménages européens, elle est au cœur des enjeux de mobilité, puisque deux-tiers d’entre eux se rendent chaque matin au travail en voiture. L’occasion a le vent en poupe notamment, en partie grâce à la professionnalisation croissante du secteur à laquelle nous contribuons.

C’est un marché très fragmenté : les acteurs traditionnels, notamment les concessionnaires, ne sont pas structurés en très grands groupes et dans chacun des principaux pays, les cinq premiers acteurs du secteur ne représentent pas plus de 15% de parts de marché. Nos perspectives de développement sont à cet égard très importantes.

C’est également un marché en pleine digitalisation : la pénétration des ventes en ligne devrait passer de 4% en 2020 à 10% en 2025, comme c’est le cas aux États-Unis aujourd’hui.

Quelle est la position d’Aramis Group sur ce marché ?

En plaçant la technologie et la donnée au cœur de l’expérience d’achat, nous avons pu construire une plateforme évolutive, totalement intégrée de l’approvisionnement jusqu’à la livraison, qui est capable de proposer en ligne des véhicules d’occasion de qualité au meilleur prix à nos clients particuliers.

Nous sommes l’un des leaders en Europe avec quatre marques : Aramisauto en France, Cardoen en Belgique, Clicars en Espagne, marchés où nous occupons la position de n°1 et CarSupermarket au Royaume-Uni, où nous sommes un acteur de premier plan.

Quel est le profil financier du groupe ?

Il est assez unique dans notre secteur puisqu’il allie croissance soutenue et rentabilité. Sur la période 2018-2020, notre chiffre d’affaires consolidé a ainsi enregistré un taux de croissance annuel moyen de 18,4% sur une base proforma. En 2020, il a atteint près de 1,1 milliard d’euros sur une base proforma (intégrant CarSupermarket sur 12 mois, NDLR).

Le fer de lance de notre croissance est la vente de véhicules d’occasion reconditionnés. Elle s’appuie sur un outil industriel dans nos trois usines, un process standardisé et un cahier des charges strict qui se compare avec une réparation au garage de qualité inégale. Sur le premier semestre de notre exercice 2021, leur volume a augmenté de 57%.

Pour l’exercice 2021 clos le 30 septembre prochain, nous visons un objectif de vente de 45.000 véhicules reconditionnés, en croissance de 35% sur une base proforma, un chiffre d’affaires organique supérieur à 1,25 milliard d’euros, pour une marge d’Ebitda ajusté comprise entre 2,7% et 2,9%.

A l’horizon 2025, nous visons une croissance des volumes de 25% par an, dont 30 à 35% pour les véhicules reconditionnés, pour atteindre un chiffre d’affaires supérieur à 3 milliard d’euros, puis de 6 milliard d’euros en 2030 pour une marge d’Ebitda ajusté de 8 à 9%, contre 4,4% l’an passé.

Quels sont vos principaux axes de développement ?

Le produit de l’opération servira à financer notre stratégie de croissance, en continuant à disrupter le marché grâce à notre offre de véhicules d’occasion reconditionnés en ligne, en investissant plus en marketing et en ouvrant de nouveaux centres de reconditionnement.

Notre stratégie d’expansion internationale vise plutôt à nous implanter dans de nouveaux pays par des opérations de fusion-acquisition. Notre ambition est européenne, du Portugal à la Pologne. Nous nous intéressons notamment aux marchés les plus importants que sont l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne. Nous nous attacherons à trouver à chaque fois le bon partenaire et à digitaliser leur modèle de distribution, tout en conservant leurs showrooms, qui peuvent présenter un intérêt marketing et logistique.

Enfin, nous développons des offres et services additionnels, à l’image des solutions de marketplace que nous expérimentons depuis quelques mois en France et en Espagne, principalement auprès de concessionnaires et de sociétés de leasing ou de location, afin qu’ils puissent commercialiser leurs véhicules d’occasion plus rapidement et efficacement.

IPO Aramis Group : modalités, code ISIN

Modalités de l’introduction en Bourse d’Aramis Group

  • Marché de cotation : Euronext Paris
  • Code mnémonique de l’action : ARAMI
  • Code ISIN : FR0014003U94
  • Prix d’introduction : 23 euros (fourchette : 23 à 28 euros , prix médian : 25,5 euros)
  • Nature de l’opération : augmentation de capital et cession de titres
  • Nombre de titres offerts : 10.869.565 actions nouvelles, 6.000.000 actions existantes (+ 2.530.434 actions existantes supplémentaires maximum)
  • Éligibilité des titres : PEA, compte-titres ordinaire (CTO)

Dates de l’IPO

Le calendrier indicatif de l’opération, indiqué dans le communiqué de presse et la note d’opération, est le suivant.

  • 25 mai 2021 : approbation du document d’enregistrement par l’Autorité des marchés financiers (AMF)
  • 7 juin 2021 : approbation du Prospectus par l’AMF.
  • 8 juin 2021 : ouverture de la période de souscription
  • 16 juin 2021 : clôture de l’offre à prix ouvert (OPO) à 17 heures (heure de Paris) pour les achats aux guichets de banque et à 20 heures (heure de Paris) pour les ordres passés par Internet
  • 17 juin 2021 : annonce du résultat de l’offre, première cotation sur Euronext Paris
  • 18 juin 2021 : début des négociations sur le marché réglementé d’Euronext Paris sur une ligne de cotation intitulée « Aramis Promesses » jusqu’à la date de règlement livraison
  • 21 juin 2021 : règlement-livraison des titres
  • 22 juin 2021 : début des négociations des actions sur une ligne de cotation intitulée « Aramis Group »
  • 16 juillet 2021 : date limite d’exercice de l’option de surallocation.
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