Hydrogène de France (HDF) : introduction en Bourse pour s’imposer sur le marché de l’hydrogène-électricité

Par Olivier Brunet
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Hydrogène de France, aussi appelé HDF ou HDF Energy, a levé environ 130 millions d’euros à l’occasion de son introduction en Bourse pour accélérer le développement de ses projets de centrales électriques de forte capacité à partir d’hydrogène vert et devenir l’un des leaders de ce marché émergent.

Hydrogène de France : introduction en Bourse réussie sur Euronext Paris

La société Hydrogène de France (aussi nommé HDF Energy) a réussi à lever 132,2 millions d’euros (qui pourraient être portés à 152 millions d’euros), soit une augmentation de son capital de 115 millions d’euros, dans le le cadre de son introduction en Bourse sur Euronext Paris, le marché réglementé de la place financière parisienne.

HDF Energy indique que l’offre a connu « un succès retentissant auprès des investisseurs institutionnels, internationaux et individuels ». Le placement global a été sursouscrit 1,5 fois, et l’offre à prix ouvert a été sursouscrite 3,1 fois.

La société a émis 3.703.704 actions ordinaires nouvelles dans le cadre d’une augmentation de capital.

Cette levée de fonds vise à doter Hydrogène de France des moyens financiers nécessaires à l’accélération de son développement, le management estimant que les positions sur le marché émergent de l’hydrogène-électricité sont à prendre maintenant.

Des titres ont cédés en complément par le PDG-fondateur Damien Havard et le business-angel bordelais Jean Clavel via sa holding Kefen, à raison de 497.914 actions et 112.402 actions au prix unitaire de 31,05 euros, dans le cadre de l’exercice partiel de l’option surallocation.

L’opération était déjà couverte à près de 80%, Hydrogène de France ayant reçu des engagements de souscription de la part de nouveaux investisseurs pour un montant total de 79,9 millions d’euros, dont 50 millions d’euros de Rubis, groupe spécialisé dans la distribution et le stockage de produits pétroliers.

Prix de l’action HDF Energy (FR0014003VY4)

Les actions HDF Energy, proposées à un prix unitaire compris entre 22,95 et 31,05 euros (soit un prix médian de 27 euros), ont finalement été fixées à 31,05 euros, dans le haut de la fourchette indicative.

Avant le début des échanges sur Euronext, la capitalisation boursière post opération, incluant l’exercice de BSPCE (dont un quart sont entre les mains du DG délégué Jean-Noël Mareschal de Charentenay), s’affichait à 425,7 millions d’euros. À l’origine, elle avait imaginée dans une fourchette comprise entre 342,2 et 463 millions d’euros, soit 402,6 millions d’euros en milieu de fourchette, ce qui classe l’action dans le compartiment B du marché réglementé d’Euronext Paris (capitalisations comprises entre 250 millions et 1 milliard d’euros).

La répartition du capital est la suivante après exercice de l’option de suralloction et hors exercice de BSPCE par leurs bénéficiaires :

  • Damien Havard (PDG-fondateur), directement et indirectement : 51,59%
  • Kefen : 13,19%
  • Rubis : 18,46%
  • Jean-Noël Mareschal de Charentenay (DG délégué) : 2%
  • Public : 16,76%

Hydrogène de France, un pionnier de l’hydrogène-électricité, basé à Lormont près de Bordeaux

HDF Energy, développeur de centrales électriques à partir d’hydrogène

Basé à Lormont près de Bordeaux, HDF Energy est un développeur de projets de centrales électriques de forte capacité à partir d’hydrogène vert et décarboné, créé en 2012 par son actuel PDG Damien Havard. Celui-ci avait alors identifié un besoin de solutions de stockage à long terme de l’énergie, adressant le problème de l’intermittence des énergies renouvelables, dans le cadre de son bureau d’études Immosun Solutions, spécialisé dans le solaire photovoltaïque.

Aujourd’hui, Hydrogène de France développe dans une vingtaine de pays à travers le monde, deux types de projets, appelés Renewstable et Hypower.

Dans les deux cas, HDF Energy va créer des sociétés de projet financées à environ 80% par endettement et à 20% en capital, apporté de façon minoritaire par le groupe et principalement par des investisseurs tiers (fonds d’infrastructures, partenaires locaux). Le modèle économique de la société consiste à facturer des frais de développement et des piles à combustible aux sociétés de projet sur une durée de développement et de construction de 3 à 5 ans.

En sus, la société, qui a vocation à rester au capital des sociétés de projet, percevra, une fois chaque centrale mise en service, des revenus au titre de la supervision de leur exploitation et de la maintenance technique, ainsi des dividendes en fonction de sa quote-part au capital.

La fourniture des piles à combustible de forte capacité sera assurée par Hydrogène de France, qui seront assemblées au sein de l’usine de Blanquefort (près de Bordeaux, sur l’ancien site de Ford) dont la mise en service est prévue pour 2023, grâce à une partie des fonds levés dans le cadre de l’introduction en Bourse. « Nous serons les premiers au monde à industrialiser la fabrication des piles à combustible de forte puissance fonctionnant à l’hydrogène », se félicite Damien Havard.

Pour ce faire, HDF a conclu fin 2019 un partenariat avec Ballard Power System, spécialiste des piles à combustible pour les bus à hydrogène notamment, pour développer des piles à combustible de haute capacité. Dans ce cadre, Ballard a concédé à la société une licence d’utilisation de sa technologie, assortie d’une période d’exclusivité mondiale jusqu’en 2026.

Renewstable, des projets alliant ENR et stockage à base d’hydrogène

Renewstable est un concept de centrales électriques produisant de l’électricité à partir d’une source renouvelable intermittente (éolien, solaire photovoltaïque) en utilisant de l’hydrogène vert produit sur place par la pile à combustible fournie par le groupe comme solution de stockage, afin d’assurer une production électrique de jour comme de nuit. « Lorsqu’une centrale photovoltaïque produit 10 heures par jour, il faut stocker pour les 14 heures restantes. L’hydrogène est la formule la plus compétitive pour faire du stockage long », souligne Damien Havard. Ce type d’installation vient en substitution d’un grand groupe électrogène, évitant ainsi la consommation de grandes quantité de diesel venant l’alimenter, et donc des émissions de CO2. Cette offre est essentiellement destinée à des gestionnaires de réseaux d’électricité de taille réduite et plutôt isolés.

Dans le cadre de ces projets, la facturation de HDF Energy représentera de 12 à 17% de l’investissement total unitaire.

Le groupe indique avoir développé un pipeline de projets Renewstable composé de 11 projets totalisant plus de 1,3 milliards d’euros d’investissements, notamment au Mexique, à Chypre et en Nouvelle-Calédonie. Leur financement sera réalisé au travers des sociétés de projet.

Hypower : électricité à partie d’hydrogène en Europe

Moins mature, l’activité Hypower porte sur le développement de centrales électriques principalement en Europe, produisant une électricité continue et à la demande à partir d’hydrogène provenant de futurs infrastructures de transport d’hydrogène ou de sites de production d’hydrogène vert ou bas carbone existants.

« La production d’électivité de ces centrales n’interviendra que pour les heures de pointe, soit 10 à 30% de l’année, à la demande », explique Damien Havard.

Le chiffre d’affaires facturé par le groupe représenterait 70% de l’investissement total d’un projet Hypower, leur composante principale étant la pile à combustible fournie par HDF Energy.

Ceog, projet pilote de HDF Energy en Guyane française

Pour l’heure, HDF Energy n’a mis en service aucun des projets de centrale Renewstable dans lesquels elle est engagée. Toutefois, elle développe le projet Ceog (Centrale électrique de l’ouest guyanais), présentée comme le plus grand projet mondial de stockage d’énergies renouvelables par l’hydrogène permettant de produire de l’électricité renouvelable « stable et compétitive ». Cofinancé par le fonds d’infrastructures Meridiam et la SARA (filiale du groupe Rubis qui exploite une raffinerie en Martinique) en fonds propres et par la Banque Européenne d’Investissement (BEI) en dettes, Ceog représente un investissement total de 130 millions d’euros. Sa mise en service est prévue d’ici à 2023.

Les dirigeants estiment qu’avec ce projet, les parties prenantes ont validé l’ensemble du modèle Renewstable, à la fois sur le plan technique et financier.

Hydrogène de France, une société rentable qui veut changer de dimension

Hydrogène de France est une PME rentable sur ses trois derniers exercices, le dernier (2020) s’étant soldé par un chiffre d’affaires de 1,94 million d’euros, un résultat opérationnel de 0,56 million d’euros et un résultat net part groupe de 0,4 million d’euros.

Cependant, les dirigeants estiment qu’il est temps de préempter le marché de l’hydrogène-électricité, d’où l’introduction en Bourse et l’augmentation de capital associée. « Ce troisième marché de l’hydrogène sera aussi important à terme que ceux de l’hydrogène industriel ou pour la mobilité. Nous sommes le pionnier mondial, l’objectif de l’opération est de déployer de nombreux projets afin de devenir l’un des leaders du marché de l’hydrogène-électricité », affirme le PDG.

HDF Energy vise ainsi 100 millions d’euros de chiffre d’affaires pour une marge brute d’exploitation (EBITDA) d’environ 35 % à horizon 2025. L’essentiel de ce chiffre d’affaires doit provenir de l’activité Renewstable.

Partenariat industriel et capitalistique avec Rubis

Rubis et Hydrogène de France ont signé un accord de partenariat dans le cadre de l’introduction en bourse de HDF Energy. Rubis va souscrire à hauteur de 50 millions d’euros à l’augmentation de capital en vue de devenir un actionnaire stratégique de HDF Energy avec une participation de 12% et en disposant d’un poste d’administrateur.

Par ailleurs, Rubis va  bénéficier, pour une durée de 5 ans, d’une priorité pour investir majoritairement dans les projets que HDF Energy envisage de développer en Afrique/océan Indien, dans les Caraïbes et en Europe, lui permettant de se positionner en investisseur direct majoritaire dans les projets de production d’électricité renouvelable. En dehors de ces zones, Rubis aura la possibilité d’investir sans exiger d’être majoritaire dans un projet spécifique

Les deux entreprises collaborent depuis 2016 sur deux développements :

  1. une pile à combustible de 1 MW, inaugurée en décembre 2019 à la SARA (raffinerie des Antilles), afin de valoriser l’hydrogène issu de la raffinerie pour produire de l’électricité renouvelable et alimenter près de 2.000 foyers martiniquais (gain annuel d’émissions de 9.000 tonnes de CO2) ;
  2. la Ceog, en phase finale de développement (production annuelle de 50 GWh), ayant vocation à approvisionner toute l’année l’équivalent de 10.000 foyers.

Utilisation des fonds de l’introduction en Bourse par HDF Energy

Le produit net de l’augmentation de capital, soit 90 millions d’euros environ en milieu de fourchette, a vocation à être alloué de la façon suivante :

  • environ 30% : accélération des capacités de développement des projets, impliquant des recrutements ciblés
  • environ 50% : accroissement des investissements en fonds propres dans les projets
  • environ 20% : construction de l’usine d’assemblage de Blanquefort,  dont l’investissement est estimé à 20 millions d’euros

IPO HDF Energy : modalités, code ISIN, calendrier

Modalités de l’introduction en Bourse d’Hydrogène de France

  • Marché de cotation : Euronext Paris
  • Code mnémonique de l’action : HDF
  • Code ISIN : FR0014003VY4
  • Prix d’introduction : 31,05 euros (pour une fourchette de 22,95 à 31,05 euros et un prix médian de 27 euros)
  • Nature de l’opération : augmentation de capital, cession de titres uniquement par exercice des rallonges
  • Nombre de titres offerts : 3.703.704  actions nouvelles (+ actions existantes par exercice des rallonges)
  • Éligibilité des titres : PEA, PEA PME, compte-titres ordinaire (CTO)

Dates de l’IPO

Le calendrier indicatif de l’opération, indiqué dans le communiqué de presse et la note d’opération, est le suivant.

  • 21 mai 2021 : approbation du document d’enregistrement par l’Autorité des marchés financiers (AMF)
  • 9 juin 2021 : approbation du Prospectus par l’AMF
  • 10 juin 2021 : ouverture de la période de souscription
  • 22 juin 2021 : clôture de l’offre à prix ouvert (OPO) à 17 heures pour les achats aux guichets de banque et à 20 heures pour les ordres passés par Internet
  • 23 juin 2021 : annonce du résultat de l’offre, première cotation sur Euronext Paris
  • 24 juin 2021 : début des négociations sur le marché réglementé d’Euronext Paris sur une ligne de cotation intitulée « HDF Promesses » jusqu’à la date de règlement livraison
  • 25 juin 2021 : règlement-livraison des titres
  • 28 juin 2021 : début des négociations des actions sur une ligne de cotation intitulée « HDF »
  • 22 juillet 2021 : date limite d’exercice de l’option de surallocation.
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