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vexim, isf, 2012

Vexim, concepteur d'implants innovants pour le traitement des fractures vertébrales veut lever entre 10,8 et 17,5 millions d'euros pour prendre des parts de marché en Europe sur le marché du traitement chirurgical des fractures vertébrales. Une partie de la levée de fonds de cette « medtech » toulousaine pourra être souscrite par des investisseurs soumis à l'ISF en vue d'une défiscalisation.

A priori, les réductions d'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) instaurées par la loi Tepa d'août 2007 ne sont pas accordées lorsqu'une société est cotée en Bourse. Sauf que cette notion de cotation recouvre le marché réglementé (compartiments A, B et C de NYSE Euronext Paris). Les augmentations de capital de sociétés cotées sur Alternext et le Marché Libre sont donc éligibles aux mécanismes de défiscalisation prévus par la loi Tepa d'août 2007 à condition de respecter les seuils de la PME au sens communautaire du terme (moins de 250 salariés notamment). Tel est cas de Vexim, qui a lancé une augmentation de capital dans le cadre de son admission sur Alternext.

Petite enveloppe ouverte au dispositif ISF PME

Basée à Balma près de Toulouse, Vexim conçoit des dispositifs médicaux implantables destinés au traitement mini-invasif (2 incisions de 5mm chacune) des fractures vertébrales. La PME cherche à collecter environ 12 millions d'euros dans le cadre de son introduction en bourse sur Alternext. En fonction du prix retenu et du nombre d'actions émises, la levée de capitaux pourrait osciller entre 10,8 et 17,5 millions d'euros. 0,7 million d'euros peuvent faire l'objet d'une souscription éligible à la loi Tepa, auprès d'investisseurs soumis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Réduction d'ISF à la clé : 45% du versement effectué dans la limite de 45.000 euros, en contrepartie d'un blocage des fonds pendant 5 ans.

Les fonds levés sont destinés à imposer l'implant SpineJack « comme nouveau le standard en Europe dans le traitement des fractures vertébrales par compression », explique Vincent Gardès, directeur général de Vexim qui espère capter dans un premier temps 10% marché existant sur le Vieux continent d'ici le milieu de la décennie, estimé à 150 millions d'euros pour le seul segment de la cyphoplastie (cf. ci-après).

« La cyphoplastie est une technique mini-invasive, effectuée sous anesthésie générale, qui comporte l'insertion d'un ou de deux ballons dans le corps de la vertèbre fracturée. Le chirurgien gonfle ensuite les ballons insérés dans la vertèbre effondrée pour créer une cavité, ce qui a pour effet de compacter l'os intravertébral et éventuellement dans certains cas de reconstituer partiellement la hauteur de la vertèbre. Les ballons sont alors enlevés et la cavité ainsi créée est remplie de ciment acrylique », peut-on lire dans le document de base de Vexim.

Technologie de rupture

A l'échelle mondiale, le marché du traitement des fractures vertébrales est évalué à 850 millions d'euros (source Vexim), dont 250-300 millions d'euros en Europe. Ce marché se répartit entre la technique cyphoplastie (150 millions d'euros) et la cimentoplastie, technique historique (pratiquée par les radiologues interventionnels) supplantée par la cyphoplastie, où Kyphon-Medtronic est l'acteur prédominant avec environ 90% du marché. Une position acquise par l'introduction il y a une dizaine d'années de la technologie de la cyphoplastie par ballonnet qui permet de réduire les douleurs dorsales.

Vexim estime que la technologie SpineJack faite d'un alliage de titane biocompatible est une véritable « rupture », s'agissant d'un implant qui constitue « l'unique traitement existant pour une restauration anatomique » en cas de tassement vertébral. Concrètement, l'implant est comparé par la direction à un « cric de voiture » de la colonne vertébrale. La durée de l'intervention chirurgicale varie entre 25 et 35 minutes contre 40 à 50 minutes pour la cyphoplastie par ballonnet.

Pour atteindre ses objectifs, Vexim entend étendre le modèle commercial de vente directe pratiqué en France à l'Allemagne et à l'Autriche, sachant que la France et Allemagne représentent 80% du marché européen. « Nous avons créé une filiale en février 2012, la force de vente est en cours de recrutement. A la fin du trimestre, nous disposerons d'une équipe de 7 personnes », détaille Vincent Lefauconnier, directeur commercial. Le développement sur le marché US n'est pas envisagé à ce stade. La PME va parallèlement poursuivre ses investissements en R&D afin de créer une gamme de produits autour du SpineJack. Deux lancements de produits par an sont envisagés sur les trois prochaines années.

Afin de renforcer l'adhésion des praticiens aux produits, la société va également réaliser les 3 études suivantes :

- Une étude de type registre (jargon utilisé par les spécialistes) qui a démarré en 2011 et qui devrait se poursuivre jusqu'en 2013 dont le but est de démontrer l'efficacité du SpineJack dans le traitement des fractures vertébrales d'origine traumatique.

- Une étude pilote qui démarrera cette année et devrait se poursuivre jusqu'en 2014 afin de comparer l'efficacité et la sécurité du traitement par Spinejack par rapport à la cyphoplastie par ballonnet.

- Une étude dont le démarrage est prévue en fin 2012 (finalisation en 2015) pour comparer l'efficacité du traitement par Spinejack à celle du traitement par cyphoplastie.

Le modèle industriel de Vexim est fabless (sans usine, fabrication externalisée) avec un double ou triple sourcing selon les composants.

Bénéfices en 2014 ou 2015 ?

En 2011, Vexim a réalisé un chiffre d'affaires de 1,2 million d'euros en croissance de 10% pour une perte nette de 5,1 millions d'euros. Les analystes (Invest Securities et DSF-BioStrategic Equities) anticipent l'atteinte d'un résultat positif soit à l'horizon 2014 (Invest Securities) soit en 2015 (BioStrategic Equities). L'intégration de la distribution et l'accroissement des volumes doivent permettre à la société de tendre vers 75% de taux de marge brute à l'horizon 4-5 ans contre 59% en 2011, selon les hypothèses des analystes.

Dernière observation, Vexim fait partie de la lignée de medtechs/biotechs incubées ou cofinancées par Truffle Capital (Carmat, Innate Pharma, Neovacs) qui détient via différents fonds 58,69% du capital et 57,58% des droits de vote avant la cotation. Parmi ces fonds, des FCPI qui ouvraient droit à des réductions d'ISF...

La clôture de la période de souscription est prévue le mercredi 25 avril.