Valbiotis lance une augmentation de capital de 10,2 millions d’euros avec maintien du droit préférentiel de souscription (DPS) sur Euronext Growth Paris, pour financer son développement commercial en France et à l’international. Le laboratoire rochelais, spécialisé dans les compléments alimentaires pour la santé du cœur, le cholestérol et l’équilibre métabolique, a sécurisé son opération à hauteur de 76,6%. Voici les modalités.
Valbiotis lance une levée de fonds de 10,2 millions d’euros
Valbiotis (Euronext Growth Paris, FR0013254851, ALVAL) a annoncé le 8 juin 2026 le lancement d’une augmentation de capital de 10,2 millions d’euros avec maintien du droit préférentiel de souscription (DPS) des actionnaires. L’opération porte sur l’émission d’un maximum de 11 840 000 actions nouvelles au prix unitaire de 0,86 euro, à raison de 1 action nouvelle pour 2 actions existantes. Aucune clause d’extension n’est prévue.
Le produit net est estimé à 8,8 millions d’euros en cas de souscription à 100%. Il est destiné à financer l’accélération du déploiement commercial du laboratoire : 62% seront affectés à l’accroissement des besoins de trésorerie liés au cycle d’exploitation (stocks et sécurisation de l’approvisionnement en plantes) en lien avec la croissance attendue des ventes, 25% au renforcement de la force de vente (de 16 à 25 attachés à la promotion médicale) et 13% aux dépenses de marketing et de communication.
L’opération, d’un montant inférieur à 12 millions d’euros sur douze mois, ne donne pas lieu à un prospectus approuvé par l’Autorité des marchés financiers (AMF).
L’augmentation de capital pourra être ramenée au montant des souscriptions recueillies, à condition que celles-ci atteignent au moins 75% du montant initial. Dans cette hypothèse de réalisation minimale, le produit net reviendrait à 6,5 millions d’euros.
Un prix fixé à 0,86 euro, avec une décote de 19,9%
Le prix de souscription de 0,86 euro par action nouvelle fait apparaître une décote de 19,9% par rapport à la moyenne des cours pondérée par les volumes des trois dernières séances précédant la fixation du prix par le directoire, les 3, 4 et 5 juin 2026. Rapportée au dernier cours de clôture (1,00 euro le 5 juin 2026), la décote ressort à 14,0%. Elle s’établit à 9,8% par rapport à la valeur théorique de l’action après détachement du droit. La valeur théorique du DPS est estimée à 0,0466 euro.
Le capital de Valbiotis se compose de 23 698 234 actions. Les membres du directoire détiennent 3,37% du capital avant l’opération, dont 2,88% pour la holding Djanka Investissement, contrôlée par le président Sébastien Peltier. Le public représente 96,09% du capital. En cas de réalisation à 100%, le nombre d’actions serait porté à 35 538 234 et la part du public atteindrait 97,39%.
Une opération couverte à 76,6% par des engagements
La société a recueilli un engagement de souscription de 2 millions d’euros de la part de la société Ximen, holding contrôlée par Xianhua Tao, co-fondateur et directeur général d’Aika. Le groupe chinois détient 51% de la co-entreprise créée avec Valbiotis pour commercialiser ses produits en Asie. Pour cette souscription, Ximen acquerra 704 330 DPS détenus directement et indirectement par Sébastien Peltier.
S’y ajoutent des engagements de garantie de 5,8 millions d’euros, apportés par douze investisseurs, parmi lesquels Vatel Capital (3 millions d’euros), TreeCap (750 000 euros) et Avenir France PME, géré par Talence Patrival (450 000 euros). Ces garants seront rémunérés par une commission égale à 10% du montant de leur engagement et ne seront sollicités que si les souscriptions n’atteignent pas 100% de l’offre. Au total, engagements de souscription et de garantie représentent 7,8 millions d’euros, soit 76,6% de l’opération. Ces engagements ne sont assortis d’aucun accord sur la gouvernance (pas de siège au conseil de surveillance, par exemple) de Valbiotis.
Des actions éligibles au PEA, au PEA-PME et à plusieurs dispositifs fiscaux
Les actions Valbiotis sont éligibles au plan d’épargne en actions (PEA) et à sa déclinaison PEA-PME-ETI, ainsi qu’au compte-titres ordinaire (CTO). Elles ouvrent également droit, sous conditions, à plusieurs dispositifs de réduction d’impôt : la réduction IR-PME au titre de la souscription au capital de PME, ainsi que le remploi du produit de cession sous le régime du report d’imposition prévu à l’article 150-0 B ter du Code général des impôts.
Une précision pratique s’impose pour les nouveaux investisseurs potentiels : un PEA ou un PEA-PME ne peut pas accueillir de DPS. Les personnes souhaitant loger les actions nouvelles dans l’une de ces enveloppes doivent opter pour une souscription à titre libre auprès de leur intermédiaire financier.
Un chiffre d’affaires qui commence à décoller
Créé en 2014 à La Rochelle, Valbiotis a achevé sa transition d’une société de recherche et développement vers un modèle commercial. Le laboratoire commercialise deux gammes de compléments alimentaires : ValbiotisPRO, qui compte quatre références ciblant les facteurs de risque cardiométaboliques (dont Steadrive, encore en développement clinique et non commercialisé), et ValbiotisPLUS, comprenant huit produits.
Au titre de l’exercice 2025, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 905 000 euros, contre 175 000 euros en 2024. Sur les quatre premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires non audité atteint 547 000 euros, soit 2,7 fois le niveau enregistré sur la même période un an plus tôt. En France, Valbiotis est présent dans 559 pharmacies fin avril 2026 et exploite un canal de vente directe en ligne, dont le nombre de clients est passé de 948 fin 2024 à 5 351 fin avril 2026, avec un panier moyen porté de 71 à 91 euros sur la même période.
À l’international, la société a noué depuis fin 2025 une co-entreprise en Chine avec le groupe Aika (détenue à 49% par Valbiotis), des accords de distribution exclusifs au Moyen-Orient (Mena Nutrition, puis Al Danah Medical Company au Qatar) et ouvert son e-commerce à la Belgique et au Luxembourg. Valbiotis vise un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros en 2026, de plus de 25 millions en 2027 – exercice pour lequel elle table sur un EBITDA positif – et de plus de 100 millions à horizon 2030.
Une action introduite en Bourse à 10,50 euros en 2017
Valbiotis n’en est pas à sa première levée de fonds. La société a fait son entrée sur Euronext Growth Paris le 7 juin 2017, au prix de 10,50 euros par action. Cette introduction, réalisée par offre au public, avait permis de lever environ 12,5 millions d’euros bruts.
Valbiotis était alors une société de recherche et développement quasiment sans chiffre d’affaires : 2 657 euros de ventes en 2017, pour une perte nette de 2,4 millions d’euros. Les fonds devaient principalement financer le développement clinique de son produit le plus avancé, Valedia (principe actif Totum-63), destiné aux personnes pré-diabétiques, pour une mise sur le marché visée dès 2020. Le modèle reposait sur la signature d’accords de licence avec des partenaires pharmaceutiques ou agroalimentaires.
La société a depuis réorienté son activité vers la commercialisation de compléments alimentaires, en officine et en ligne, le Totum-63 étant désormais vendu au sein de la gamme ValbiotisPRO.
L’action a suivi cette trajectoire. Introduite à 10,50 euros, elle clôturait déjà à 6,40 euros fin 2017. Les actions nouvelles sont proposées à 0,86 euro.
Points de vigilance avant de souscrire
Plusieurs éléments méritent d’être pesés avant de participer à l’opération.
La société indique ne pas disposer, avant l’offre, d’une trésorerie suffisante (fonds de roulement) pour faire face à ses besoins des douze prochains mois. Sa trésorerie s’élevait à 4,7 millions d’euros fin avril 2026 et son horizon de financement se situe à la fin du quatrième trimestre 2026, échéance à laquelle le besoin est estimé à 4,7 millions d’euros. La société considère que le produit net d’une offre réalisée à 100%, soit 8,8 millions d’euros, lui assure un horizon de trésorerie au-delà du troisième trimestre 2027.
La trajectoire de forte croissance annoncée – objectif de chiffre d’affaires de 3 millions d’euros en 2026, puis de plus de 25 millions en 2027 et de plus de 100 millions à horizon 2030, à partir d’un niveau de 905 000 euros en 2025 – relève de projections, soumises aux aléas d’exécution propres à une montée en charge commerciale de cette ampleur, et qui supposent de multiplier les ventes par plus de 27 entre 2025 et 2027.
Augmentation de capital Valbiotis : informations pratiques
Modalités de l’opération
- Émetteur : Valbiotis
- Marché de cotation : Euronext Growth Paris
- Code mnémonique de l’action : ALVAL
- Code ISIN de l’action : FR0013254851
- Code ISIN du DPS : FR0014019188
- Nature de l’opération : augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription (DPS)
- Prix de souscription : 0,86 euro par action nouvelle
- Parité : 2 DPS permettent de souscrire à 1 action nouvelle
- Nombre maximum d’actions nouvelles : 11 840 000
- Montant brut : 10,2 millions d’euros (produit net de 8,8 millions d’euros en cas de souscription à 100%)
- Seuil de réalisation : 75% du montant initial
- Éligibilité des actions : PEA, PEA-PME-ETI, CTO, IR-PME, 150-0 B ter
- Souscription à titre libre : ouverte à tout investisseur, actionnaire ou non, jusqu’au 24 juin 2026 inclus
Calendrier indicatif
- 8 juin 2026 : annonce du lancement de l’augmentation de capital
- 9 juin 2026 : journée comptable à l’issue de laquelle les actionnaires reçoivent un DPS par action détenue
- 10 juin 2026 : détachement des DPS et début de leur cotation sur Euronext Growth Paris
- 12 juin 2026 : ouverture de la période de souscription et début de la période d’exercice des DPS
- 15 juin 2026 à 18h00 : webinaire de présentation de l’opération
- 22 juin 2026 : fin de la période de cotation des DPS
- 24 juin 2026 : clôture de la période de souscription et fin de la période d’exercice des DPS
- 26 juin 2026 : annonce du résultat des souscriptions
- 30 juin 2026 : règlement-livraison et cotation des actions nouvelles
À propos de l'auteur
Olivier Brunet est cofondateur de ToutSurMesFinances.com et rédacteur en chef spécialisé en placements et fiscalité des particuliers. Présent au sein du média depuis sa création, il en est l’un des piliers éditoriaux. Il analyse les stratégies d’investissement, suit les évolutions fiscales et les problématiques patrimoniales avec une vision long terme, forgée par des années de pratique et de suivi des marchés.





