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Lorsqu'un bien immobilier faisant partie d'un testament est cédé avant le décès du propriétaire, il ne peut plus être transmis aux bénéficiaires du legs, rappelle la Cour d'appel de Paris dans un arrêt rendu le 26 novembre 2014.

 
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Placer un bien immobilier dans un testament ne rend pas sa transmission automatique. Le legs peut en effet être révoqué si le logement est vendu avant le décès de son propriétaire et la délivrance de la succession, comme le rappelle la Cour d'appel de Paris dans un arrêt rendu le 26 novembre 2014. Cette jurisprudence s'appuie sur l'article 1038 du code civil, selon lequel « toute aliénation, celle même par vente avec faculté de rachat ou par échange, que fera le testateur de tout ou de partie de la chose léguée, emportera la révocation du legs pour tout ce qui a été aliéné ».

Dans l'affaire jugée, le propriétaire du bien avait signé une promesse de vente un mois avant son décès. Son testament ne comportait pas d'indication expresse à ce sujet permettant d'écarter la révocation du legs. De même, la promesse de vente n'était pas conditionnée de telle sorte que la cession soit annulée en cas de décès du vendeur avant la signature de l'acte authentique d'achat. Dès lors, l'article 1038 du code civil ne peut pas être remis en cause et le bien immobilier ne peut plus figurer dans le legs.

Autre considération portée par cet arrêt, tout ou partie du prix de vente ne peut pas être transmis au bénéficiaire originel de la succession de l'actif immobilier en l'absence d'indication expresse. Dans le testament considéré, le défunt évoquait la transmission de sa part de l'immeuble à sa fille. La Cour d'appel de Paris a estimé que cette formulation n'impliquait pas expressément la transmission de la part du prix de vente correspondante mais faisait référence au fait que le défunt détenait seulement une partie de l'actif.

Donation : révocation possible en cas d’interdiction de vente


La révocation d’un legs immobilier est également possible lorsqu’une donation comporte une interdiction de vendre le bien. La Cour d’appel de Paris avait rendu un arrêt à ce titre le 14 octobre 2009. Le don d’un père à sa fille comportait une interdiction de cession du bien du vivant du donateur. La fille avait contrevenu aux termes de la donation, en léguant l’usufruit, c’est-à-dire la jouissance du bien, à son concubin sans l’approbation de son père. Le père avait alors obtenu la révocation de la donation de cet actif immobilier. La Cour d’appel de Paris avait également engagé la responsabilité du notaire qui n’avait pas fait appliquer la clause d’inaliénabilité.


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