Afyren : introduction en Bourse pour lever 70 M€

Par Olivier Brunet
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La société de chimie verte Afyren, qui a développé des alternatives aux ingrédients pétro-sourcés pour de nombreuses applications, envisage de procéder à son introduction en Bourse sur Euronext Growth à Paris et de lancer une augmentation de capital de 63,3 à 76,7 millions d’euros à cette occasion. L’entreprise, installée à Clermont-Ferrand et Lyon, veut construire deux nouvelles usines hors d’Europe, en plus de la première en cours de construction à Carling Saint-Avold, en Lorraine.

Afyren : lancement de l’introduction en Bourse sur Euronext Growth Paris

Afyren, spécialiste de la chimie bas carbone par transformation de biomasse non-alimentaire à l’aide de micro-organismes, a lancé son introduction en Bourse sur le marché régulé mais non réglementé d’Euronext Growth à Paris. À cette occasion, le groupe procède à une augmentation de capital d’un montant initial compris entre 63,3 et 76,7 millions d’euros (soit 70 millions d’euros au prix médian de l’offre) dans le cadre d’une offre au public de titres, destinée à déployer son modèle dans deux futures usines, en complément de la première en cours de construction en Lorraine.

La levée de fonds pourrait atteindre un maximum de 88,2 millions d’euros en cas d’exercice de la première rallonge, sous la forme d’une clause d’extension.

Des engagements de souscription ont déjà été reçus à hauteur de 32,66 millions d’euros minimum et 35 millions d’euros maximum, soit près de la moitié du montant de l’offre.

L’opération ne comporte aucune cession de titres dans le cadre de l’offre initiale ; des titres seraient cédés par des actionnaires existants uniquement dans le cadre de l’exercice de la seconde rallonge, en cas de forte demande (option de surallocation) à hauteur d’un maximum de 1.361.330 actions existantes.

Prix de l’action Afyren (ALAFY, FR0014005AC9)

La fourchette indicative de prix de l’action Afyren est comprise entre 8,02 et 9,72 euros, soit un prix médian de 8,87 euros, d’après le communiqué de presse et le prospectus visé par l’AMF.

Ce prix fait ressortir une capitalisation boursière comprise entre 203,4 et 246,6 millions d’euros, soit 225 millions d’euros en milieu de fourchette. Au maximum, la capitalisation boursière d’Afyren atteindrait 258,1 millions d’euros, en cas d’exercice intégral de la clause d’extension et de fixation du prix à la borne haute de la fourchette indicative.

Afyren, spécialiste de la chimie bas carbone à Clermont-Ferrand et Lyon

Basé à Clermont-Ferrand (siège, R&D et premier pilote de production) et à Lyon (équipes administratives, financières et juridiques), Afyren est une société spécialisée dans la chimie bas carbone, basée sur le développement d’un savoir-faire dans la réplication du processus naturel de fermentation anaérobie (en l’absence d’oxygène) de matière organique (biomasse), pour fabriquer sept acides carboxyliques.

La société produit des molécules visant à réduire l’utilisation de dérivés pétroliers, à destination de nombreux marchés tels que la nutrition humaine, l’alimentation animale, la cosmétique, les parfums, la pharmacie et la chimie fine.

L’offre d’Afyren se compose de sept acides organiques naturels, certifiés Ecocert et Cosmos :

  • acide acétique (C2)
  • acide propionique (C3)
  • acides butyrique (C4) et isobutyrique (iC4)
  • acides valérique (C5) et iso-valérique (iC5)
  • acide caproïque ou hexanoïque (C6)

Ces molécules sont également susceptibles d’être à leur tour transformées en produits dérivés, de type esters ou alcools, pour adresser d’autres marchés, ce que l’entreprise n’exclut pas de faire à l’avenir.

Les dirigeants d’Afyren ont choisi de développer l’entreprise en suivant un modèle intégré, de la R&D à la commercialisation, en passant par la production.

Afyren Neoxy : première usine à Saint-Avold (Lorraine)

Une première usine de taille industrielle, utilisant des co-produits de la betterave à sucre, est en cours de construction à Carling-Saint-Avold (Lorraine), sur le site Chemesis exploité par le groupe TotalEnergies, dans le cadre d’une coentreprise, baptisée Afyren Neoxy, détenue à 51% (les 49% restants appartenant à des fonds gérés par Bpifrance, le bras-armé financier de l’État). Son coût total d’installation est estimé à 62 millions d’euros

D’une capacité de production annuelle de 16 kilotonnes, Afyren Neoxy vise une mise en service au premier trimestre 2022, et une montée en puissance de production sur deux ans. La direction affiche un objectif de chiffre d’affaires à pleine capacité de l’ordre de 35 millions d’euros pour une marge brute d’exploitation (marge d’Ebitda courant) de plus de 25% à partir de l’année 2024. La Société a pour objectif d’atteindre une exploitation « break even » (marge d’Ebitda courant positive) pour Afyren Neoxy en 2023.

Pour ce faire, l’usine dispose déjà de visibilité grâce à des préventes, un premier contrat cadre sur 10 ans ayant été conclu avec un acteur du marché d’ingrédients pour alimentation humaine et animale, portant sur la production d’acides propioniques et butyriques. Au total, les trois contrats signés représentent environ 60% du chiffre d’affaires cible à pleine capacité d’Afyren Neoxy (dont 40% sur une période minimum de 9 ans) « soit 50% de la capacité de production d’acides et 100% de la capacité de production d’engrais ».

La Bourse pour dupliquer le modèle à l’international

Afyren entend dupliquer ce modèle « dans de nouvelles usines à travers le monde » détenues cette fois à 100%, de plus grande taille (28 kilotonnes d’acides organiques chacune) et montant en puissance plus rapidement grâce à l’expérience acquise sur le site d’Afyren Neoxy.

Deux zones sont principalement étudiées : l’Amérique du Nord et le Sud-Est asiatique. Pour chaque site, la société vise un chiffre d’affaires de l’ordre de 60 millions d’euros pour une marge d’Ebitda courant à pleine capacité « de l’ordre de 35% l’année après son démarrage ».

La société évalue son besoin de financement à 100 millions d’euros (la majorité en fonds propres), dont les deux tiers seront consacrés à l’installation des deux prochaines usines. Chacun de ces projets industriels aura vocation à être complété par un financement en dette.

La levée de fonds envisagée, soit un produit net de frais de 64,4 millions d’euros sur la base de l’offre initiale et de 74,4 millions d’euros en cas d’exercice de la clause d’extension (au prix médian de l’offre), serrait allouée de la façon suivante :

  • un tiers pour financer les travaux de R&D et de préparation des prochaines unités industrielles jusqu’à l’atteinte de l’équilibre financier estimé en 2025 (voir ci-dessous)
  • un tiers pour financer les fonds propres du deuxième projet industriel
  • un tiers pour financer les fonds propres du troisième projet industriel.

Objectif d’équilibre financier en 2025

La société affiche les objectifs chiffrés suivants :

  • une capacité de production installée de 72 kilotonnes à l’horizon 2026
  • un chiffre d’affaires combiné de l’ensemble des unités de production de plus de 150 millions d’euros en 2027
  • une marge d’Ebitda courant positive en 2025
  • une marge d’Ebitda de l’ordre de 30% en 2027.

Interview de Nicolas Sordet, président et cofondateur d’Afyren

ToutSurMesFinances.com : Quel est le positionnement d’Afyren ?

Nicolas Sordet : La vocation d’Afyren est de produire des ingrédients biosourcés, des acides organiques à partir de matières premières renouvelables, disposant de propriétés de conservation, antibactérienne et olfactive. Il s’agit de faire quelque chose qui existe déjà, 99% des acides organiques étant aujourd’hui issus de la pétrochimie, mais de façon plus respectueuse de l’environnement. Les domaines d’application sont extrêmement variés, de la fabrication des bioplastiques dans les lunettes aux conservateurs pour la boulangerie industrielle ou pour les cosmétiques. Sachant que de plus en plus, les grands industriels s’impliquent, cherchent des solutions, s’engagent, pour réduire leurs émissions de CO2 et remplacer les dérivés pétroliers dans leur chaîne de production.

L’approche suivie pour votre procédé est unique au monde…

Il présente Ia particularité de produire 7 acides grâce à un seul et unique process, et d’être zéro déchet. Notre savoir-faire basé sur la connaissance des écosystèmes microbiens naturels et nos choix technologiques ont permis d’aboutir à un procédé de fabrication simplifié et compétitif économiquement.

Notre première usine, Afyren Neoxy, utilise des coproduits de la culture de la betterave à sucre, tels que la mélasse et la pulpe de betterave. Ces matières premières renouvelables sont transformées en 7 acides par une technique de fermentation naturelle à l’aide de micro-organismes non modifiés génétiquement, le seul résidu généré est lui-même valorisé comme engrais potassique certifié pour une utilisation en agriculture biologique ; il peut donc être engagé dans un nouveau cycle de production agricole. Le système est complètement circulaire.

Le procédé fonctionne en boucle fermée, il ne nécessite que très peu d’eau. L’empreinte environnementale de notre modèle industriel est donc réduite, en particulier l’empreinte carbone, inférieure de 80% aux produits équivalents pétrosourcés.

Où en est Afyren Neoxy, votre projet industriel dans le Grand-Est porté par une joint-venture avec le fonds SPI de Bpifrance ?

Sa construction doit s’achever fin 2021 en vue d’une mise en service au premier trimestre 2022. Les travaux, ainsi que besoin en fonds de roulement jusqu’à l’atteinte de la pleine capacité en 2023, sont intégralement financés à hauteur de 80 millions d’euros, à 50/50 entre l’apport en capital de Bpifrance et les financements non dilutifs en dette et subvention.

Notre sourcing est sécurisé à 100% grâce à la conclusion d’un contrat d’une durée ferme de cinq ans avec le groupe sucrier allemand Südzucker, qui prévoit une exclusivité d’achat des besoins d’Afyren Neoxy en mélasse et pulpe de betterave.

60% de la production du site est déjà prévendue, dont la totalité de la capacité annuelle de 23.000 tonnes de fertilisant auprès de Terrial (filiale commune entre le groupe Avril et Suez).

Le projet est donc très largement dérisqué et les capitaux apportés par les nouveaux actionnaires seront totalement consacrés au financement de nos nouveaux projets.

Pourquoi cette introduction en Bourse ?

Nos clients sont sensibles à la rigueur et à la transparence qu’implique la cotation en Bourse d’une entreprise de notre taille. De plus, la Bourse nous permet d’accéder à un panel d’investisseurs dont la prise en compte des critères ESG (Environnement, social, gouvernance) est bien ancrée, davantage à notre sens que dans le non coté.

Quelle est la stratégie de développement d’Afyren ?

Nous n’avons pas vocation à pratiquer un modèle de licence de notre technologie, nous avons fait le choix de construire et opérer nos usines, et vendre nos produits. Nous considérons qu’il s’agit d’un modèle plus pérenne et plus créateur de valeur : il nous permettra de garder le contact avec nos clients pour être capable demain de délivrer de nouvelles molécules, tout en continuant à améliorer nos procédés, grâce à la maîtrise des opérations industrielles.

Nous allons capitaliser sur toute la structure industrielle et les outils mis en place pour notre usine Afyren Neoxy, pour déployer des usines encore plus performantes. Les usines 2 et 3 que nous allons lancer ont vocation à être un peu plus grandes que la première, avec une production de l’ordre de 28.000 tonnes d’acides (contre 16.000 tonnes), et bénéficieront d’une optimisation de leurs performances afin qu’elles puissent générer chacune 60 millions d’euros de chiffre d’affaires pour une marge d’Ebitda de l’ordre de 35%.

À quoi la levée de fonds va-t-elle servir ?

Pour chacune de ces deux prochaines usines, un tiers des fonds levés sera consacré à l’apport en fonds propres permettant de financer ces projets industriels, le solde permettant de financer les travaux de R&D complémentaires et de préparation des sites jusqu’à l’atteinte du point d’équilibre financier, estimé en 2025. Chaque usine coûtera environ 90 millions d’euros, financée à 60% par de la dette.

L’usine 2 doit démarrer fin 2024 et la suivante début 2026.

L’interview VIDEO de Nicolas Sordet, président et cofondateur d’Afyren

IPO Afyren : modalités, code ISIN, calendrier

Modalités de l’introduction en Bourse d’Afyren

  • Marché de cotation : Euronext Growth Paris
  • Code mnémonique de l’action : ALAFY
  • Code ISIN : FR0014005AC9
  • Prix d’introduction : fourchette de 8,02 à 9,72 euros, prix médian : 8,87 euros
  • type d’offre : offre à prix ouvert (OPO)
  • Nature de l’opération : augmentation de capital, cession de titres uniquement dans le cadre de l’option de surallocation
  • Nombre de titres offerts : 7.891.770 actions nouvelles (9.075.535 maximum), 1.361.330 actions existantes
  • Éligibilité des titres : PEA, PEA-PME, compte-titres ordinaire (CTO)

Dates de l’IPO

Le calendrier indicatif de l’opération, indiqué dans le communiqué de presse et le document d’information, est le suivant.

  • 13 septembre 2021 : approbation du prospectus par l’Autorité des marchés financiers (AMF)
  • 14 septembre 2021 : ouverture de la période de souscription
  • 27 septembre 2021 : clôture de l’offre à prix ouvert (OPO) à 17 heures pour les achats aux guichets de banque et à 20 heures pour les ordres passés par Internet
  • 28 septembre 2021 : annonce du résultat de l’offre
  • 30 septembre 2021 : règlement-livraison des titres
  • 1er octobre 2021 : début des négociations des actions sur Euronext Growth
  • 30 octobre 2021 : date limite d’exercice de l’option de surallocation.
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