Diversification d’un portefeuille d’actions : comment diversifier ses titres en Bourse

Par Olivier Brunet
SEO & traffic strategist : Camille Radicchi

La diversification d’un portefeuille boursier est une technique indispensable pour gérer un panier d’actions dans un compte titres ou d’un PEA. Avantages, inconvénients et exemples de stratégies à suivre pour diversifier en Bourse.

Diversification d’un portefeuille boursier : définition et avantages

La diversification d’un portefeuille boursier consiste à répartir ses investissements sur plusieurs titres ou lignes au sein de son compte-titres ordinaire ou de son plan d’épargne en actions (PEA), pour :

  • diluer le risque de perte lié à chacun d’entre eux
  • se positionner sur plusieurs opportunités simultanément
  • s’exposer à différents facteurs d’appréciation des cours de Bourse

La diversification est la traduction concrète en Bourse de l’adage selon lequel on ne doit pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Pourquoi diversifier ? Dans le cas extrême mais peu probable, un investisseur qui ne détiendrait qu’une seule ligne de titres en portefeuille risquerait de tout perdre si la société émettrice venait à déposer le bilan. Le risque, plus tangible, est celui d’une dégringolade du cours d’une action. Le dernier exemple frappant en date est celui Solutions 30, spécialisé dans la maintenance et le déploiement d’équipements numériques (compteurs Linky notamment), dont l’action a chuté de 70,62% le lundi 24 mai 2021 à 3,05 euros, après deux semaines de suspension de cotation et « l’impossibilité d’exprimer une opinion d’audit » annoncée par le cabinet Ernst & Young (EY).

Le fait de détenir plusieurs titres différents en portefeuille permet de lisser les variations de chacun, puisqu’ils n’évoluent pas de la même façon en fonction des aléas. Ainsi, les hausses des cours des uns compensent les baisses des autres.

Globalement, un portefeuille composé de plusieurs lignes connaîtra des fluctuations de moindre amplitude que chacune d’elles.

La diversification ne doit pas s’envisager uniquement au niveau d’un portefeuille boursier, mais plus largement. Un patrimoine bien diversifié tient compte (liste non exhaustive) :

  • des objectifs définis
  • de l’horizon de détention
  • du niveau de risque / de garantie du capital
  • des actifs sous-jacents : actions, produits de taux (obligations, monétaire), immobilier, non coté, etc.
  • de la fiscalité
  • de la possibilité de financer à crédit ou non

Comment diversifier un portefeuille d’actions en Bourse

Il n’y a pas une méthode unique et éprouvée pour diversifier un portefeuille d’actions.

La diversification peut s’opérer via une sélection de titres selon les facteurs suivants (liste non exhaustive) :

  • l’horizon de détention : trading (court terme) ou buy and hold (long terme)
  • le style entre titres value (décotés), titres growth (ou style croissance), titres mixtes, titres à momentum (indicateur d’une hausse du prix de l’action et/ou des volumes échangés)
  • la taille de capitalisation : grandes capitalisations ou blue chips, petites et moyennes valeurs ou small et mid caps, micro-capitalisations ou micro-caps
  • le stade de développement : entre start-up, PME, ETI et grandes groupes
  • la corrélation négative (valeurs décorrélées entre elles) vis-à-vis d’une devise, du cours du pétrole ou de tout autre indicateur
  • la composition de l’actionnariat : capitaux majoritairement familiaux, actionnaire industriel, actionnaire financier, flottant intégral (pas d’actionnaire de référence)
  • la zone géographique d’implantation
  • la devise de cotation
  • la qualité : société générant des cash-flow réguliers vs société en retournement, par exemple
  • la volatilité du cours de Bourse
  • l’intensité carbone de l’émetteur
  • les indicateurs RSE de l’émetteur
  • le type d’instruments financiers : titres vifs, ETF ou trackers, produit dérivés (futures, warrants, etc.)
    – etc.

À chacun de trouver son style, les facteurs essentiels sur lesquels fonder la construction de son portefeuille, en gardant à l’esprit que les risques doivent se contrebalancer.

Rien n’empêche de constituer plusieurs portefeuilles, par exemple :

  • un portefeuille de trading à court terme et un autre pour une détention longue des titres
  • un portefeuille de titres vifs et un autre d’ETF répliquant un ou plusieurs indices boursiers, pour comparer la performance de sa gestion à l’évolution moyenne du marché

Diversification d’un portefeuille boursier : la stratégie de Peter Lynch

Peter Lynch est l’un des investisseurs les plus célèbres de l’histoire de la finance, grâce aux performances des fonds qu’il a géré mais aussi à ses livres dans lesquels il a mis à la portée de tous sa vision des marchés et sa méthodologie d’investissement.

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Celui-ci classe les entreprises cotées en six catégories et avait pour habitude de composer son portefeuille en les répartissant de la façon suivante :

  • 30 à 40% de « fast growers », entreprises en forte croissance, petites et moyennes valeurs dont les profits croissent de 20 à 25% par an
  • 10 à 20% de « stalwarts » ou piliers, entreprises de qualité à moyenne croissance (croissance des profits de 10 à 12% par an)
  • 10 à 20% de « cyclicals », entreprises cycliques à privilégier en sortie de récession
  • le solde dans les « turnarounds », entreprises en redressement après d’importantes difficulté (lourdes pertes, fort endettement, etc.)
  • de façon opportuniste dans les « slow growers », entreprises à dividende généreux mais en faible croissance et les « asset plays » ou « deep value », entreprises très décotées. Ces deux catégories doivent représenter une part limitée du portefeuille, selon Peter Lynch.

Reste à classer la cote selon les catégories identifiées par Peter Lynch, sachant que la vie des entreprises étant ce qu’elle est, une valeur peut, au cours de son parcours boursier, passer d’une catégorie à une autre.

Nombre de lignes dans un portefeuille d’actions : combien ?

Quel est le nombre de lignes idéal dans un portefeuille d’actions géré par un particulier ? Il n’y a pas vraiment de règle, le mieux est d’expérimenter.

Pour déterminer le nombre de titres à détenir, les éléments à prendre en compte sont les suivants :

  • taille du portefeuille
  • temps dont on dispose pour le gérer
  • frais de transaction du courtier / de l’intermédiaire
  • niveau de connaissances boursières et économiques

Ainsi, un portefeuille de petite taille, inférieur à 5.000 euros, n’a pas vocation à être excessivement diversifié, sachant que les petits ordres de Bourse coûtent proportionnellement plus cher que les ordres unitaires de plus de 10.000 euros.

Il est communément admis que le nombre de lignes dans un portefeuille d’actions d’un particulier est idéalement compris entre 5 et 15 titres.

Détenir un nombre de titres trop important peut vite devenir ingérable. Rien n’impose à un investisseurs individuel de détenir 40 titres ou plus, comme y sont astreints les gérants de portefeuille professionnels. Pourquoi s’infliger une telle contrainte alors qu’un particulier est libre de concentrer son portefeuille sur quelques convictions ?

Diversifier un portefeuille en Bourse avec les ETF ou trackers

Le rôle d’un ETF (exchange traded fund ou fonds indiciel coté) ou tracker est de répliquer la performance d’un indice boursier ou d’un panier d’actions thématique ou géographique :

  • ETF CAC 40 : grandes valeurs françaises
  • ETX Dax : grandes sociétés allemandes
  • ETF S&P 500 et ETF Dow Jones : grandes valeurs américaines
  • ETF growth : valeurs de croissance
  • ETF MSCI World : actions mondiales
  • ETF Emerging markets : actions des marchés émergents
  • ETF Gaming : jeux vidéo
  • ETF Green energy : énergies renouvelables
  • etc.

Un ETF permet ainsi d’investir indirectement dans un portefeuille diversifié de plusieurs dizaines à centaines de valeurs. Il offre ainsi la possibilité, avec un seul d’ordre de Bourse, de répartir ses risques sur une quantité très importante de titres, sans nécessiter l’achat de chacune des valeurs composant l’indice boursier que l’ETF réplique. Le coût d’accès à cette diversification est donc minime, les frais des ETF s’établissant autour de 0,3% par an.

C’est un bon moyen de s’exposer à un marché ou à un secteur d’activité. Mais cette approche comporte aussi des inconvénients :

  • impossible d’éliminer telle ou telle valeur d’un indice, c’est une approche « tout ou rien »
  • risque d’alimenter des bulles sectorielles lorsqu’une foule d’investisseurs achètent le même ETF, entraînant la hausse de toutes les actions sous-jacentes, quels que soient les fondamentaux de chacune
  • risque de reproduction de l’évolution d’un indice boursier, par définition. Les ETF sont l’antithèse de la sélection de titres.

Limites et inconvénients de la diversification

La diversification n’a pas que des avantages. Elle a même de nombreux détracteurs lorsqu’elle est pratiquée à l’excès.

Le plus célèbre d’entre eux est Warren Buffet, selon lequel « la diversification est une protection contre l’ignorance ; elle a peu de sens pour ceux qui agissent en connaissance de cause ».

De nombreux adeptes de la gestion d’un portefeuille d’actions très concentré aiment faire référence à la citation « Mettez tous vos oeufs dans le même panier, et surveillez le panier » attribuée à l’écrivain américain Mark Twain.

En d’autres termes, mieux vaut investir dans une poignée de titres que l’on connaît très bien, dont les fondamentaux sont excellents et le management a fait ses preuves, que dans un panier de 20 ou 25 valeurs achetées au doigt mouillé. De plus, la détention d’un trop grand nombre de titres a, par nature, tendance à favoriser la reproduction des performances du marché dans son ensemble. Auquel cas l’usage des ETF est préférable. En outre, le fait de passer des ordres à répétition du fait d’un portefeuille très réparti, nuit à sa performance globale, puisque les frais de courtage sont prélevés à chaque opération. Enfin, un particulier a-t-il vraiment le loisir de suivre 25 titres en portefeuille de façon aussi fine que nécessaire ?

Avec la mondialisation des échanges financiers, tout investisseur peut investir dans des titres cotés sur la plupart des places financières mondiales, ce qui a tendance à accentuer la corrélation des indices boursiers entre eux dans le temps ; donc à amenuiser l’intérêt de la diversification géographique.

Dernier inconvénient de la diversification, et non des moindres : elle ne protège pas fondamentalement d’un changement brutal de scénario macroéconomique ou de l’éclatement d’une bulle spéculative. Lorsque le marché chute dans son ensemble, tous les titres sont entraînés indistinctement dans la baisse. Trois exemples de crises boursières symptomatiques :

  • l’éclatement de la bulle technologique en 2000
  • la grande crise financière de 2008
  • le krach éclair de février-mars 2020 au début de la pandémie de Covid-19.

Autant d’exemples qui montrent que la diversification d’un portefeuille n’élimine pas le risque propre au marchés actions.

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