Introduction en Bourse de la Française des jeux (FDJ) : privatisation, faut-il investir ?


La privatisation de l’opérateur du Loto, des jeux à gratter et de Parions Sport (paris sportifs) se déroule en novembre 2019 dans le cadre d’une introduction en Bourse (IPO) sur Euronext Paris. L’opération consiste en une cession de la majorité du capital par l’État. Le prix de l'action, fixé à titre indicatif entre 16,17 et 19,50 euros pour les particuliers, sera définitivement connu le 20 novembre prochain.

Privatisation de la Française des jeux : introduction en Bourse sur Euronext Paris

La Française des Jeux (FDJ) a lancé sa privatisation au travers d’une d’introduction en Bourse (ou IPO, acronyme d’entrée en Bourse en anglais) sur Euronext, l’opérateur de la Bourse de Paris. Prévue dans le courant du mois de novembre, l’opération va se dérouler sous la forme d’une cession d’actions par l’État, qui va abandonner la majorité du capital à cette occasion. Sa participation tombera à 20% post-opération, contre 72% actuellement.

L’opération sera largement ouverte aux particuliers, mais aussi aux distributeurs (buralistes, marchands de presse, etc.) et aux salariés de l’entreprise. Ces trois publics bénéficient d’avantages spécifiques lors de leur souscription.

La négociation des actions FDJ sur le marché réglementé d’Euronext Paris interviendra sur le Compartiment A (valeurs dont la capitalisation boursière est supérieure à 1 milliard d’euros).

La privatisation de la Française des Jeux a été permise par l’article 137 de la loi Pacte du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises. Le texte autorise « le transfert au secteur privé de la majorité du capital de la société La Française des jeux ».

À lire également >> Comment fonctionne la Bourse

Date de la privatisation de La Française des Jeux : quand la FDJ sera-t-elle mise en Bourse ?

Date d’ouverture et de clôture de la privatisation de la FDJ

Le coup d’envoi de la privatisation de la Française des Jeux est donné. Le 6 novembre 2019, l’Autorité des marchés financiers (AMF) – le gendarme de la Bourse en charge de l’instruction du dossier – a donné son feu vert au lancement de l’opération (on parle de visa AMF).

Pour les particuliers, la période de souscription dans le cadre de l’offre dite à prix ouvert (OPO) est ouverte du jeudi 7 novembre au mardi 19 novembre 2020.

Le jour de la clôture de l’OPO, les ordres d’achat peuvent être passés :

  • jusqu’à 17 heures pour les ordres passés au guichet de banque
  • jusqu’à 17 heures à 19 heures selon les intermédiaires pour les ordres émis par téléphone
  • jusqu’à 20 heures pour les ordres passés en ligne (sur Internet).

Il y a quelques semaines, Stéphane Pallez, présidente directrice générale (PDG) du groupe FDJ depuis 2014, avait annoncé dans plusieurs médias que la privatisation aurait lieu « avant la fin de l’année, en novembre, si les conditions de marché le permettent ».

Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire s’était montré plus précis récemment, annonçant dans une interview parue le 13 octobre dans le JDD que la période de souscription devait être ouverte du 7 au 20 novembre 2019. De son côté, la FDJ annonçait sur son site Internet une fenêtre d’achat du 7 au 19 novembre.

Attention, la date de clôture sont susceptibles d’évoluer en fonction des conditions des marchés actions : la période de souscription à l’introduction en Bourse pourrait être allongée ou même reportée en cas de chute généralisée des cours.

Premier cours de Bourse de l’action FDJ le 21 novembre

Le résultat de l’opération sera communiqué le 20 novembre.

En cas de succès de la privatisation, le début des négociations des actions sur Euronext Paris interviendra le 21 novembre à 9h30 sous la forme de promesses d’actions, dans l’attente de la livraison des titres prévue le lendemain. C’est à ce moment là que le premier cours de bourse sera fixé par confrontation des ordres d’achat et de vente.

Les actions seront négociables à partir du lundi 25 novembre 2019, sur une ligne de cotation intitulée FDJ.

Privatisation de la FDJ : quel prix de l’action ?

Prix de l’action FDJ compris entre 16,50 et 19,90 euros

Le gouvernement veut faire de cette introduction en Bourse une opération populaire. Le prix de l’action FDJ a été fixé de sorte qu’il soit « accessible au public le plus large possible ».

Le prix définitif du titre sera fixé le 20 novembre 2019, jour de sa première cotation. Pour l’heure, une fourchette indicative de prix a été dévoilée : le prix de l’action FDJ est compris entre 16,50 et 19,90 euros, avant décote, soit 18,20 euros en milieu de fourchette (ou prix médian). Cette fourchette de prix correspond à celui auquel les investisseurs institutionnels pourront souscrire.

La FDJ et l’État détermineront le prix de l’action définitif dans les limites de la fourchette de prix, en tout cas en principe, en fonction de l’offre et de la demande.

Mais si des secousses sur les marchés actions devaient survenir pendant la période d’offre, le prix définitif pourrait être fixé en dehors de la fourchette annoncée et la souscription allongée ou reportée.

Décote sur la valeur de l’action FDJ pour les particuliers

Bruno Le Maire a annoncé l’application d’une décote de 2% sur la valeur de l’action souscrite en faveur des actionnaires individuels par rapport à celle établie pour les investisseurs institutionnels. Le prix des actions décotées pour les particuliers s’établit dans une fourchette comprise entre 16,17 et 19,50 euros l’unité, soit :

  • 16,17 euros en bas de fourchette (98% de 16,50 euros)
  • 19,50 euros en haut de fourchette (98% de 19,90 euros)
  • et 17,835 euros en milieu de fourchette (98% de 18,20 euros)

Montant minimum de souscription de 200 euros en actions FDJ

Pouvoir participer à l’opération, une mise de moins de 20 euros ne sera pas suffisante. Il faudra acquérir pour au moins 200 euros d’actions de la FDJ, soit au moins 11 à 13 unités.

Au-delà, les souscriptions devront se faire par multiples de 100 euros. Dans le cas contraire, la note d’opération indique que l’ordre ainsi émis sera « arrondi au multiple entier de 100 euros immédiatement inférieur ».

Ainsi, un ordre émis pour un montant de 1.050 euros sera arrondi à 1.000 euros.

Introduction en Bourse de la FDJ : comment acheter des actions ?

Souscrire via un PEA ou un compte-titres

Pour souscrire à l’introduction en Bourse de la FDJ, il faut émettre un ordre d’achat pendant la période de souscription auprès de son intermédiaire financier : banque, banque privée, société de gestion ou courtier en ligne (du type Boursorama, Bourse Direct, Fortuneo, Binck.fr, EasyBourse).

Au préalable, il faut détenir un compte-titres (aussi appelé CTO pour compte-titres ordinaire ou CIF pour compte d’instruments financiers dans certains établissements) ou un plan d’épargne en actions (PEA). Si ce n’est pas le cas, la souscription ne sera pas possible. Il faut donc ouvrir un compte-titres ou un PEA auprès de son intermédiaire financier d’ici là pour participer.

Les titres FDJ ne sont pas éligibles au PEA-PME-ETI.

Comment devenir actionnaire de la FDJ ? Exemple chez Fortuneo

Pour investir dans la FDJ à l’occasion de son introduction en Bourse, le parcours de souscription est le suivant chez le courtier en ligne Fortuneo.fr (sur un PC) :

  1. Connexion à l’espace client
  2. Sélection du compte bourse où seront logés les titres (Compte-titres ou PEA)
  3. Cliquer sur l’onglet « Accès marchés » en haut à droite
  4. Dans la colonne de gauche nommée « Actions », cliquer sur « Introductions en Bourse »
  5. Sélectionner FDJ dans la liste de valeurs et cliquer sur le bouton +
  6. Saisir la tranche de titres (A ou B, les ordres A étant prioritaires et donnant droit à l’attribution gratuite d’actions, contrairement aux ordres B, qui ne sont en outre pas prioritaires)
  7. Saisir le montant souhaité
  8. Confirmer que l’on accepte les conditions de l’opération
  9. Cliquer sur Acheter

Ordre A, ordre B, ordre D : les différents ordres d’achat d’actions FDJ

Il existe trois ordres d’achat d’actions FDJ dans le cadre de l’offre à prix ouvert (OPO) de la privatisation :

  • les ordres A ou tranche A (ordres prioritaires dans la limite de 5.000 euros)
  • les ordres B ou tranche B (ordres non prioritaires)
  • les ordres D ou tranche D (ordres réservés aux détaillants du réseau de distribution du groupe FDJ)

Ces trois catégories d’ordres bénéficient de la décote de 2% sur le prix de cession par l’Etat proposé aux investisseurs institutionnels (soit une fourchette de prix de 16,17 à 19,50 euros).

Chaque ordre doit porter sur un montant minimum de 200 euros et être un multiple entier de 100 euros. Cette règle s’applique à chacune des tranches d’ordres (A, B et D).

Ordre A : ordre prioritaire d’achat d’actions FDJ dans la limite de 5.000 euros

Les ordres A correspondent aux ordres émis par les particuliers. Les ordres A sont prioritaires dans la limite de 5.000 euros souscrits (= fraction d’ordre A1). Cela signifie que jusqu’à 5.000 euros, l’investisseur personne physique a l’assurance d’être intégralement servi en actions FDJ. Seule exception : le cas où les ordres A1 devaient représenter plus de 90% du nombre définitif d’actions offertes dans le cadre de l’OPO.

Au-delà de 5.000 euros, les ordres ne sont plus prioritaires (= fraction d’ordre A2).

L’ordre A ouvre droit à l’attribution d’une action gratuite pour dix actions acquises et conservées au moins 18 mois à compter du 22 novembre (date de règlement-livraison des titres), soit au moins jusqu’au 22 mai 2021.

Chaque particulier ne pourra passer qu’un seul ordre A à un seul intermédiaire financier.

Ordre B : souscription non prioritaire d’actions FDJ

Les ordres B sont des ordres non prioritaires (en passant un tel ordre, on n’est pas sûr d’être servi), qui ne bénéficient pas de l’attribution gratuites d’actions. Il s’agit d’ordres pouvant être émis dans la limite de 150.000 euros.

Les ordres B peuvent être émis :

  • par des particuliers
  • par des personnes morales
  • par des associations et clubs d’investissement

Un particulier peut émettre un ordre A et un ordre B s’il le souhaite et s’il en a les moyens.

Ordre D : souscription pour les buralistes et détaillants FDJ

Les ordres D sont réservés aux personnes intermédiaires du réseau commercial de FDJ : buralistes, marchands de presse, bars-tabac-presse et autres détaillants.

Pour passer un ordre D, il faut se munir du code personnel transmis par FDJ et passer son ordre uniquement en agence bancaire.

Les ordres D sont prioritaires dans la limite de 7.500 euros souscrits (= fraction d’ordre D1). En d’autres termes, jusqu’à 7.500 euros, le distributeur FDJ est certain d’être intégralement servi en actions FDJ, sauf si les ordres D1 devaient représenter plus de 10% du nombre définitif d’actions offertes dans le cadre de l’OPO.

Au-delà de 7.500 euros, les ordres ne sont plus prioritaires (= fraction d’ordre D2).

Tout comme les ordres A, les ordres B permettent de bénéficier d’un octroi d’actions gratuites après 18 mois de détention, à raison de 1 action gratuite attribuée pour 10 actions détenues.

Un détaillant FDJ peut, s’il le souhaite, passer un ordre A, un ordre B et un ordre D.

Attribution gratuite d’actions FDJ sous conditions de conservation sur 18 mois

Autre avantage annoncé par le ministre, l’octroi d’une action gratuite pour dix actions achetées, sous conditions de conservation pendant 18 mois à compter de la livraison des titres (prévue le 22 novembre 2019).

Le bénéfice de cette attribution gratuite d’actions, visant à récompenser la fidélité des actionnaires individuels, s’exerce dans la limite de 5.000 euros d’actions achetées. Ainsi, pour un investissement de 10.000 euros, le droit aux actions gratuites est limité aux 5.000 premiers euros investis.

Au maximum, les petits porteurs pourraient donc recevoir de 25 à 30 actions gratuites dans au printemps 2021, selon nos calculs.

Privatisation de la Française des jeux, pourquoi ?

Le gouvernement a décidé la privatisation de la Française des jeux (FDJ) dans le cadre d’un plus vaste plan de cessions de participations par l’État destiné à alimenter un fonds pour l’innovation et l’industrie. Doté d’environ 10 milliards d’euros, ce fonds générera des revenus estimés entre 200 et 300 millions d’euros ayant vocation à financer des technologies de pointe et des programmes d’investissement thématiques d’avenir tels que l’intelligence artificielle ou la nanoélectronique.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a aussi indiqué que l’opération servirait au désendettement de l’État.

L’État pourrait en tirer 1,239 milliards d’euros au minimum et 1,726 milliards d’euros au maximum, sur la base de la fourchette de prix indicative de l’opération.

On peut également signaler que dans le cadre de la sécurisation pour 25 ans du monopole de la FDJ pour 95% de ses mises, FDJ versera à l’État une compensation financière de 380 millions d’euros au plus tard le 30 juin 2020.

S’agissant spécifiquement de l’intérêt de l’opération pour la FDJ, le ministre a déclaré dans le JDD que cette ouverture du capital « va permettre à l’entreprise de se développer et de donner son plein potentiel ». Cependant, on peut remarquer que seule une augmentation de capital lui confèrerait des moyens financiers supplémentaires, alors qu’une cession de titres ne profiterait qu’à l’actionnaire cédant, en l’occurrence l’État.

À lire également >> Introduction en Bourse : où va l’argent ?

Bénéfices de la FDJ sur les trois derniers exercices

La FDJ est une entreprise rentable et ce de façon très confortable, dans la durée qui plus est.

Sur les trois derniers exercices, le bénéfice net consolidé du groupe FDJ a évolué comme suit (source document d’enregistrement, page 310):

  • exercice 2016 : bénéfice net part du groupe de 176 millions d’euros
  • exercice 2017 : bénéfice net part du groupe de 180,7 millions d’euros
  • exercice 2018 : bénéfice net part du groupe de 170,4 millions d’euros

Le bénéfice net 2019 devrait être impacté par les coûts non récurrents d’introduction en Bourse et d’offre réservée aux salariés.

Perspectives chiffrées : les objectifs du groupe FDJ sur la période 2020-2025

Sur la période 2020-2025, le groupe FDJ vise une croissance annuelle moyenne de son chiffre d’affaires dans le haut d’une fourchette de 3% à 4%, tirée notamment par la progression des paris sportifs. A horizon 2025, FDJ espère atteindre une marge brute d’exploitation (EBITDA) supérieure à 20%, hors croissance externe (acquisitions de sociétés) contre 19% attendus en 2019 hors charges liées à la privatisation.

En complément, FDJ n’exclut pas de procéder à des acquisitions de sociétés, dans le but notamment d’étendre son offre en ligne ou sa présence à l’international.

En 2019, FDJ prévoit d’atteindre un chiffre d’affaires d’environ 1,9 milliard d’euros, ou 2 milliards d’euros en tenant compte notamment de la nouvelle fiscalité sur les jeux qui entrera en vigueur au 1er janvier 2020, pour un EBITDA de 325 millions d’euros hors charges liées à l’introduction en Bourse.

Pour 2020, la direction anticipe une croissance des mises dans le haut d’une fourchette de 4 à 5%, une croissance de chiffre d’affaires d’environ 5% (dont environ +5 % pour la loterie et +6 % pour les paris sportifs) pour une rentabilité brute d’exploitation de 19%.

À noter : dans le document d’enregistrement préalable à l’introduction en Bourse, on apprend que l’équipe cycliste Groupama-FDJ dispose d’un budget annuel de l’ordre de 17 millions d’euros par an dont environ 7,5 millions d’euros financés par FDJ. Le partenariat court pour les saisons cyclistes 2018, 2019 et 2020.

Qui est actionnaire de la FDJ ?

Grâce à l’ouverture du capital de la FDJ au grand public, chaque personne majeure titulaire d’un compte-titres ou d’un PEA va pouvoir devenir actionnaire de la Française des Jeux en achetant des titres.

En attendant, avant l’introduction en Bourse, la composition de l’actionnariat de la société est la suivante :

  • État français : 72%
  • FCP Française des Jeux Actionnariat (salariés) : 5%
  • Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT) : 9,23%
  • Fédération Maginot : 4,23%
  • Société IDSud (cotée en Bourse) : 2,63%
  • Confédération Nationale des Buralistes de France (CNBF) : 1,95%
  • MASFIP (ex-Mutuelle du Trésor) : 1%
  • Comalo : 0,59%
  • Emissions Berger 0,37%
  • Stéphane Pallez (PDG) : 1 action
  • Soficoma (société des anciens courtiers-mandataires) * : 3%

Cet actionnariat n’a pas évolué depuis 1988. Selon Stéphane Pallez, PDG du groupe, et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, certaines associations d’anciens combattants ont émis le souhait de renforcer leur participation au capital à l’occasion de la vente par l’État de sa participation majoritaire.

Au total, avant l’introduction en Bourse, les anciens émetteurs de billets de la loterie nationale représentent 20% du capital (UBFT, Fédération Maginot, IDSud, CNBF, MASFIP, Comalo, Emissions Berger).

* On notera que la FDJ a décidé en 2017 de racheter la participation de 3% détenue par Soficoma, mais cette dernière conteste l’opération. Le litige fait l’objet d’une bataille judiciaire  entre les parties.

Faut-il acheter l’action FDJ ? L’avis de la rédaction sur la privatisation

Souscrire l’action FDJ, une bonne affaire ?

Faut-il investir dans le cadre de la privatisation de la FDJ ? L’action FDJ est manifestement vouée à constituer un placement de long terme, eu égard à la croissance modérée mais régulière envisagée et à la politique de distribution de dividende affichée par la direction. En revanche, le titre ne fait pas partie de la catégorie des coups ou paris pour empocher une plus-value significative à court terme. D’autant que les titres sont alloués prioritairement aux particuliers dans la limite de 5.000 euros par titulaire, limitant de facto la réalisation d’un « gros coup » en Bourse.

Désireux de relancer l’actionnariat individuel, l’État ne s’est semble-t-il pas montré trop gourmand sur le prix de l’offre et le produit de cession qu’il en tirera, sachant que les marchés actions sont d’une manière générale plutôt chers actuellement et les indices boursiers proches de leurs plus hauts historiques. Il ne pouvait pas non plus fixer un prix trop bas, au risque d’être accusé de brader les « bijoux de famille » de la France.

Quant à savoir si l’achat d’actions FDJ est une bonne affaire, rendez-vous dans quelques années, après la perception de plusieurs dividendes et l’observation de plusieurs années d’évolution du cours de Bourse.

Multiples de valorisation et rendement 2019 estimé de l’action FDJ

Le prix de souscription de l’IPO fait apparaître les multiples de valorisation et niveaux de rendement suivants :

Estimation du rendement 2019 de l’action FDJ sur la base de 122 millions d’euros distribués aux actionnaires, conformément au souhait exprimé par la PDG Stéphane Pallez, soit 0,64 euro par action :

  • rendement de 3,6% en milieu de fourchette (prix de 17,835 euros par action)
  • rendement 3,3% en haut de fourchette (prix de 19,50 euros par action)
  • rendement 4% en bas de fourchette (prix de 16,17 euros par action)

Sur la base du prix proposé aux investisseurs institutionnels et du résultat brut opérationnel (Ebidta retraité) estimé en 2019, le titre est valorisé :

  • 9 fois l’Ebidta retraité 2019 en milieu de fourchette (soit un peu plus de 9 années de résultat brut opérationnel) et 8 fois l’Ebitda récurrent en 2020
  • 8 fois l’Ebidta retraité 2019 en bas de fourchette
  • 10 fois l’Ebidta retraité 2019 en haut de fourchette

Le ratio cours/bénéfices (PER) atteint (calculs : IDMidCaps) :

  • 22 en 2019e contre 19,6 pour les valeurs de l’indice CAC Mid et 16 pour celles de l’indice CAC All-tradable
  • et 19 en 2020e

Seuls deux autres groupes de loterie sont cotés en Bourse, OPAP, opérateur de la loterie grecque et Tabcorp, opérateur de la loterie australienne. Toutefois, Stéphane Pallez estime que le groupe n’a pas de véritable comparable, leur régulation nationale, leut périmètre d’activité et la durée de leurs droits étant différ

Pourquoi investir dans l’action FDJ

Stéphane Pallez, PDG du groupe FDJ, présente l’action comme un placement de long terme, vantant la croissance régulière du chiffre d’affaires, une entreprise peu ou pas sensible aux cycles économiques et une politique de distribution de dividendes appuyée, FDJ ayant d’ores et déjà affiché l’objectif de reverser 80% de son résultat net consolidé à ses actionnaires sur la période 2020-2025.

Cela devrait en faire une valeur de rendement, permettant à l’investisseur de percevoir des dividendes réguliers dans la durée.

Comme chacun sait, FDJ est par définition une entreprise unique en son genre, compte tenu de sa position monopolistique en France sur les jeux de loterie et de paris sportifs en points de vente physiques. Un monopole qui a été renouvelé pour 25 ans, qui lui confère une forte visibilité sur son activité en France.

Non endettée, l’entreprise est propriétaire de son siège social, situé à Boulogne-Billancourt, acquis en 2016 pour 207 millions d’euros (plus 21 et 25 millions d’euros de coûts complémentaires en 2017 et 2018 pour les aménagements).

Il est nécessaire d’ajouter que tout investissement en Bourse doit s’opérer dans le cadre d’une gestion diversifiée : disposer d’un portefeuille composé d’une dizaine de valeurs et/ou de parts de fonds permet de répartir ses risques, donc de ne pas subir une dévalorisation liée à la baisse d’une seule action.

Pourquoi se méfier avant d’acheter des actions FDJ

À court terme, les principaux risques sur l’action FDJ semblent liés à des facteurs exogènes.

Nicolas Chéron, responsable de la recherche marchés pour le courtier Binck.fr estime que « l’investisseur prudent aura peut-être intérêt à laisser passer l’introduction et les premières semaines de cotations pour voir comment la FDJ [est] accueillie par les marchés. Il n’est pas inhabituel de voir l’action d’une société évoluer sous son cours d’introduction dans les semaines qui suivent l’opération ».

Aussi, on notera d’ailleurs que le lancement de l’opération intervient à un moment où les marchés boursiers sont au sommet, le CAC 40 évoluant à ses plus hauts annuels, mais aussi sur 12 ans. Le risque d’une baisse générale sur les marchés, entraînant dans sa chute l’action FDJ après l’introduction, n’est pas à exclure.

Plus d’informations >> Débuter en Bourse : comment investir dans les actions 

Calendrier de l’introduction en Bourse de la FDJ

  • 22 mai 2019 : promulgation par Emmanuel Macron de la loi Pacte autorisant la privatisation de la FDJ
  • 3 octobre 2019 : publication au Journal officiel (sur le site Légifrance) de l’ordonnance n° 2019-1015 du 2 octobre 2019 réformant la régulation des jeux d’argent et de hasard
  • 18 octobre 2019 : publication au Journal officiel du décret sur le contrôle de l’État sur la Française des jeux
  • 6 novembre 2019 : obtention du visa AMF sur la note d’opération
  • 7 novembre 2019 : date d’ouverture de la période de souscription
  • 19 novembre 2019 : date de clôture de la période de souscription (pour les particuliers)
  • 20 novembre 2019 : annonce du résultat de l’opération et du prix de l’action
  • 21 novembre 2019 : début des négociations des actions FDJ sur le marché d’Euronext Paris
  • 22 novembre 2019 : règlement-livraison des actions
  • 19 décembre 2019 : règlement-livraison des actions réservées aux salariés
  • 20 décembre 2019 : date limite d’exercice de l’option de surallocation

Ce calendrier est indicatif, il est susceptible d’évoluer en fonction des conditions de marché.

Modalités de l’IPO de FDJ

  • Marché de cotation : Euronext Paris, compartiment A (marché réglementé)
  • Libellé de l’action : FDJ
  • Code ISIN : FR0013451333
  • Prix / fourchette d’introduction : fourchette indicative de 16,17 à 19,50 euros par action (prix médian de 17,835 euros) pour les particuliers
  • Capitalisation boursière : entre 3,15 et 3,8 milliards d’euros, soit 3,476 milliards en milieu de fourchette
  • Nature de l’opération : privatisation par cession d’actions détenues par l’État
  • Part de l’opération dévolue aux particuliers : 20% à 40% du nombre total d’actions cédées initialement (hors 11.350.028 actions supplémentaires mises en vente aux investisseurs institutionnels en cas de forte demande)
  • Nombre de titres proposés : 99.320.000 actions maximum, soit 52% du capital
  • Éligibilité des titres : PEA, compte-titres