Introduction en Bourse de la Française des jeux (FDJ) : privatisation, un succès


La privatisation de l’opérateur du Loto, des jeux à gratter et de Parions Sport (paris sportifs) s'est déroulée avec succès dans le cadre d’une introduction en Bourse (IPO) sur Euronext Paris. L’opération a porté sur la cession de la majorité du capital par l’État. Le prix définitif de l'action est fixé à 19,50 euros pour les particuliers et à 19,90 euros pour les investisseurs institutionnels.

Privatisation de la Française des jeux : succès de l’introduction en Bourse sur Euronext Paris

Vente de la majorité du capital par l’État

La Française des Jeux (FDJ) a achevé avec succès sa privatisation au travers d’une d’introduction en Bourse (ou IPO, acronyme d’entrée en Bourse en anglais) sur Euronext, l’opérateur de la Bourse de Paris. L’opération s’est déroulée sous la forme d’une cession d’actions par l’État, qui a abandonné la majorité du capital à cette occasion. Sa participation tombera à 20% post-opération (au printemps 2021 lorsque les actions gratuites auront été attribuées aux actionnaires individuels), contre 72% auparavant.

Il s’agit de la plus importante introduction en Bourse en France depuis celle d’Amundi (filiale de gestion d’actifs du Crédit Agricole) en 2015.

L’opération a été largement ouverte aux particuliers, mais aussi aux distributeurs (buralistes, marchands de presse, etc.) et aux salariés de l’entreprise, 40,5% de l’offre leur ayant été attribuée. Ces trois publics ont bénéficié d’avantages spécifiques lors de leur souscription.

La négociation des actions FDJ sur le marché réglementé d’Euronext Paris intervient sur le Compartiment A (valeurs dont la capitalisation boursière est supérieure à 1 milliard d’euros).

La privatisation de la Française des Jeux a été permise par l’article 137 de la loi Pacte du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises. Le texte autorise « le transfert au secteur privé de la majorité du capital de la société La Française des jeux ».

Résultat de la privatisation : un succès

La privatisation de la FDJ a été couronnée de succès. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, présidera la cérémonie d’introduction en bourse de La Française des Jeux sur Euronext Paris, jeudi 21 novembre à 9h30.

Auparavant, il a fait une déclaration à la presse, mercredi 20 novembre, pour dresser le bilan de l’opération. « Un succès spectaculaire », selon lui. Le ministre a tout d’abord indiqué que le prix de l’action FDJ est fixé à 19,90 euros (soit le haut de la fourchette initiale annoncée) pour les investisseurs institutionnels. Après application de la décote, le prix de l’action s’établit à 19,50 euros pour particuliers.

Bruno Le Maire a précisé que la demande totale avait dépassé 11 milliards d’euros, dont plus de 1,6 milliard d’euros émanant des particuliers, des détaillants et des salariés. Un demi-million de particuliers (501.000 précisément) ont participé à l’opération. Le 4 décembre, la FDJ a annoncé l’exercice de la clause de surallocation (tranche supplémentaire destinée aux investisseurs institutionnels) donnant lieu à la cession par l’Agence des Participations
de l’Etat (APE) de 11.350.028 actions existantes supplémentaires pour un montant total de
225,87 millions d’euros au prix de 19,90 euros par action.

Dès le premier jour de la période de souscription, l’offre avait été intégralement souscrite par les investisseurs institutionnels. Une forte demande également au rendez-vous du côté des particuliers. Sur BFM TV, le dimanche 17 novembre 2019, Bruno Le Maire a fait savoir que les souscriptions des actionnaires individuels ont atteint « plus d’un milliard d’euros », qualifiant l’opération d’« immense succès populaire ».

Quelques jours plus tôt, devant la Commission des affaires économiques du Sénat, il avait annoncé, le mercredi 13 novembre 2019, que les particuliers ont « déjà souscrit pour plus de 600 millions d’euros d’actions de la Française des Jeux ; c’est au-delà de toutes nos espérances ».

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Cours de Bourse de l’action FDJ – Française des Jeux

Voici l’historique du cours de Bourse de l’action FDJ (Code ISIN FR0012789667) à l’issue des premières séances de cotation consécutives à la privatisation :

  • 6 décembre : à paraître, 21,985 euros à l’ouverture
  • 5 décembre : 21,895 euros en clôture (-0,02%), 21,9 euros à l’ouverture
  • 4 décembre : 21,9 euros en clôture (+1,46%), 21,595 euros à l’ouverture
  • 3 décembre : 21,585 euros en clôture (+0,56%), 21,495 euros à l’ouverture
  • 2 décembre : 21,465 euros en clôture (-1,42%), 21,89 euros à l’ouverture
  • 29 novembre : 21,775 euros en clôture (-1%), 21,95 euros à l’ouverture
  • 28 novembre : 21,995 euros en clôture (+0,85%), 22 euros à l’ouverture
  • 27 novembre : 21,81 euros en clôture (-0,32%), 22 euros à l’ouverture
  • 26 novembre : 21,88 euros en clôture (+0,6%), 21,615 euros à l’ouverture
  • 25 novembre : 21,75 euros en clôture (-4,19%), 22,80 euros à l’ouverture
  • 22 novembre : 22,70 euros en clôture (0%), 22,90 euros à l’ouverture
  • 21 novembre : 22,70 euros en clôture (+16,41%), 23 euros à l’ouverture

Cours le plus haut depuis l’IPO : 23,95 euros (21 novembre 2019)
Cours le plus bas depuis l’IPO : 21,38 euros (2 décembre 2019)

Le début des négociations des actions sur Euronext Paris est intervenu le 21 novembre à 9h30 sous la forme de promesses d’actions, en attendant la livraison des titres effectuée le lendemain. Le premier cours de bourse a été fixé par confrontation des ordres d’achat et de vente à 23 euros, en forte hausse de 15,58% par rapport au prix d’introduction, soit +17,95% pour les particuliers en tenant compte de la décote dont ils ont bénéficié.

L’action a même touché un plus haut en début de séance à 23,95 euros, soit une envolée de 20,35% (+22,82% pour les particuliers après décote). Le titre a clôturé la première séance sur un bond de 14,07% (+16,41% pour les particuliers en tenant compte de la décote) à 22,70 euros. Plus de 15,5 millions d’actions ont changé de mains pour un montant global supérieur à 355 millions d’euros.

Les actions sont négociables depuis le lundi 25 novembre 2019, sur une ligne de cotation intitulée FDJ.

Privatisation de la FDJ : quel prix de l’action ?

Prix de l’action FDJ fixé à 19,90 euros

Le gouvernement veut faire de cette introduction en Bourse une opération populaire. Le prix de l’action FDJ a été fixé de sorte qu’il soit « accessible au public le plus large possible ».

Le prix définitif du titre a été fixé le 20 novembre 2019, veille de sa première cotation. L’action FDJ est finalement fixée à 19,90 euros, soit le haut de la fourchette fixée initialement.

La FDJ et l’État ont déterminé le prix de l’action définitif dans les limites de la fourchette de prix, en fonction de l’offre et de la demande.

Jusque-là, une fourchette indicative de prix avait été dévoilée : le prix de l’action FDJ était compris entre 16,50 et 19,90 euros, avant décote, soit 18,20 euros en milieu de fourchette (ou prix médian).

Décote sur la valeur de l’action FDJ pour les particuliers

Bruno Le Maire a annoncé l’application d’une décote de 2% sur la valeur de l’action souscrite en faveur des actionnaires individuels par rapport à celle établie pour les investisseurs institutionnels. Compte tenu de la forte demande, le prix définitif de l’action FDJ est fixé à 19,50 euros pour les particuliers, a annoncé le ministre lors d’une conférence de presse le 20 novembre 2019.

Avant cette déclaration, le prix des actions décotées pour les particuliers pendant la période de souscription s’établissait dans une fourchette comprise entre 16,17 et 19,50 euros l’unité, soit :

  • 16,17 euros en bas de fourchette (98% de 16,50 euros)
  • 19,50 euros en haut de fourchette (98% de 19,90 euros)
  • et 17,835 euros en milieu de fourchette (98% de 18,20 euros)

Autre avantage, la souscription s’effectuait sans frais de courtage.

Montant minimum de souscription de 200 euros en actions FDJ

Pouvoir participer à l’opération, une mise de moins de 20 euros n’était pas suffisante. Il fallait acquérir pour au moins 200 euros d’actions de la FDJ, soit au moins 10 unités, pour accéder à l’opération.

Au-delà, les souscriptions devaient se faire par multiples de 100 euros. Dans le cas contraire, la note d’opération indiquait que l’ordre ainsi émis serait « arrondi au multiple entier de 100 euros immédiatement inférieur ».

Ainsi, un ordre émis pour un montant de 1.050 euros était arrondi à 1.000 euros.

Livraison des actions Groupe FDJ sans réduction jusqu’à 2.000 euros

Actions servies à 100% dans la limite de 2.000 euros

La forte demande des particuliers a une incidence concrète sur la quantité d’actions attribuées à chaque actionnaire individuel, le gouvernement ayant souhaité attribuer des titres à tout le monde, plutôt que suivre une logique « du premier arrivé, premier servi ». Conséquence, les ordres d’un montant supérieur à 2.000 euros ne sont pas intégralement servis, en application de la réduction des ordres prévus dans les modalités communiquées par la FDJ.

Ainsi, les ordres prioritaires (A1) ont été intégralement servis dans la limite de 2.000 euros souscrits, de même que les souscriptions d’un montant supérieur mais uniquement pour la fraction des ordres A d’un montant inférieur ou égal à 2.000 euros. Entre 2.000 et 5.000 euros, la fraction d’ordres A1 a été servie à hauteur de 10%. La fraction des ordres A2 (part de la souscription au-delà de 5.000 euros) n’a pas été servie.

Exemples d’attributions d’actions FDJ selon le montant demandé :

  • ordre de 200 euros (ordre A1) servi en intégralité, soit 10 actions
  • ordre de 1.000 euros (ordre A1) servi en intégralité, soit 51 actions
  • ordre de 2.000 euros (ordre A1) servi en intégralité, soit 102 actions
  • ordre de 3.000 euros (ordre A1) : 2.100 euros d’actions attribuées (100% de 2.000 euros + 10% de 1.000 euros), soit 107 actions
  • ordre de 4.000 euros (ordre A1) : 2.200 euros d’actions attribuées (100% de 2.000 euros + 10% de 2.000 euros), soit 112 actions
  • ordre de 5.000 euros (ordre A1) : 2.300 euros d’actions attribuées (100% de 2.000 euros + 10% de 3.000 euros), soit 117 actions
  • ordre de 10.000 euros (ordre A1 + A2) : 2.300 euros d’actions attribuées (100% de 2.000 euros + 10% de 3.000 euros), soit 117 actions

Les détaillants (débitants de tabac, ordres D) ont été intégralement servis dans la limite de 7.500 euros, soit 384 actions maximum.

Globalement, la demande des  personnes physiques et des détaillants du réseau FDJ dans le cadre de l’offre à prix ouvert de plus de 1,6 milliard d’euros a été servie à hauteur de 712 millions d’euros.

Pas d’attribution d’actions FDJ pour les ordres non prioritaires (ordres A2, B et D2)

Globalement, les ordres non prioritaires et fractions d’ordres non prioritaires (ordres A2, B et D2) n’ont pas été servis.

Date de la privatisation de La Française des Jeux : mise en Bourse

Il n’est plus possible d’acheter des titres FDJ dans le cadre de l’introduction en Bourse : la période de souscription de la privatisation de la Française des Jeux est désormais clôturée. Le 6 novembre 2019, l’Autorité des marchés financiers (AMF) – le gendarme de la Bourse en charge de l’instruction du dossier – avait donné son feu vert au lancement de l’opération (on parle de visa AMF).

Pour les particuliers, la période de souscription dans le cadre de l’offre dite à prix ouvert (OPO) était ouverte du jeudi 7 novembre au mardi 19 novembre 2020.

Le jour de la clôture de l’OPO, les ordres d’achat pouvaient être passés :

  • jusqu’à 17 heures pour les ordres passés au guichet de banque
  • jusqu’à 17 heures à 19 heures selon les intermédiaires pour les ordres émis par téléphone
  • jusqu’à 20 heures pour les ordres passés en ligne (sur Internet).

Le résultat de la privatisation a été communiqué le mercredi 20 novembre.

Il y a quelques semaines, Stéphane Pallez, présidente directrice générale (PDG) du groupe FDJ depuis 2014, avait annoncé dans plusieurs médias que la privatisation aurait lieu « avant la fin de l’année, en novembre, si les conditions de marché le permettent ».

Pour acheter des titres, il faut désormais passer un ordre d’achat en Bourse, sur le marché secondaire, auprès de sa banque ou de son courtier en ligne.

Introduction en Bourse de la FDJ : comment acheter des actions ?

Souscrire via un PEA ou un compte-titres

Pour souscrire à l’introduction en Bourse de la FDJ, il fallait émettre un ordre d’achat pendant la période de souscription auprès de son intermédiaire financier : banque, banque privée, société de gestion ou courtier en ligne (du type Boursorama, Bourse Direct, Fortuneo, Binck.fr, EasyBourse).

Au préalable, il fallait détenir un compte-titres (aussi appelé CTO pour compte-titres ordinaire ou CIF pour compte d’instruments financiers dans certains établissements) ou un plan d’épargne en actions (PEA). Sans un tel compte, la souscription était impossible. Il fallait donc ouvrir un compte-titres ou un PEA auprès de son intermédiaire financier préalablement pour participer.

Les titres FDJ ne sont pas éligibles au PEA-PME-ETI.

Comment devenir actionnaire de la FDJ ? Exemple chez Fortuneo

Pour investir dans la FDJ à l’occasion de son introduction en Bourse, le parcours de souscription était le suivant chez le courtier en ligne Fortuneo.fr (sur un PC) :

  1. Connexion à l’espace client
  2. Sélection du compte bourse où seront logés les titres (Compte-titres ou PEA)
  3. Cliquer sur l’onglet « Accès marchés » en haut à droite
  4. Dans la colonne de gauche nommée « Actions », cliquer sur « Introductions en Bourse »
  5. Sélectionner FDJ dans la liste de valeurs et cliquer sur le bouton +
  6. Saisir la tranche de titres (A ou B, les ordres A étant prioritaires et donnant droit à l’attribution gratuite d’actions, contrairement aux ordres B, qui ne sont en outre pas prioritaires)
  7. Saisir le montant souhaité
  8. Confirmer que l’on accepte les conditions de l’opération
  9. Cliquer sur Acheter
  10. Confirmer

Ordre A, ordre B, ordre D : les différents ordres d’achat d’actions FDJ

Il existait trois ordres d’achat d’actions FDJ dans le cadre de l’offre à prix ouvert (OPO) de la privatisation :

  • les ordres A ou tranche A (ordres prioritaires dans la limite de 5.000 euros)
  • les ordres B ou tranche B (ordres non prioritaires)
  • les ordres D ou tranche D (ordres réservés aux détaillants du réseau de distribution du groupe FDJ)

Ces trois catégories d’ordres bénéficiaient de la décote de 2% sur le prix de cession par l’Etat proposé aux investisseurs institutionnels (soit une fourchette de prix de 16,17 à 19,50 euros).

Chaque ordre devait porter sur un montant minimum de 200 euros et être un multiple entier de 100 euros. Cette règle s’appliquait à chacune des tranches d’ordres (A, B et D).

Ordre A : ordre prioritaire d’achat d’actions FDJ dans la limite de 5.000 euros

Les ordres A correspondaient aux ordres émis par les particuliers. Les ordres A étaient prioritaires dans la limite de 5.000 euros souscrits (= fraction d’ordre A1). Cela signifie que jusqu’à 5.000 euros, l’investisseur personne physique a l’assurance d’être servi en actions FDJ. Seule exception : le cas où les ordres A1 représentent plus de 90% du nombre définitif d’actions offertes dans le cadre de l’OPO.

Au-delà de 5.000 euros, les ordres ne sont plus prioritaires (= fraction d’ordre A2).

L’ordre A ouvre droit à l’attribution d’une action gratuite pour dix actions acquises et conservées au moins 18 mois à compter du 22 novembre (date de règlement-livraison des titres), soit au moins jusqu’au 22 mai 2021.

Chaque particulier ne pouvait passer qu’un seul ordre A à un seul intermédiaire financier.

Finalement, les ordres A ont été servis :

  • à 100% dans la limite de 2.000 euros
  • à 10% entre 2.000 et 5.000 euros
  • à 0% au-delà de 5.000 euros

Ordre B : souscription non prioritaire d’actions FDJ

Les ordres B étaient des ordres non prioritaires (en passant un tel ordre, on n’est pas sûr d’être servi), qui ne bénéficiaient pas de l’attribution gratuites d’actions. Il s’agissait d’ordres pouvant être émis dans la limite de 150.000 euros.

Les ordres B pouvaient être émis :

  • par des particuliers
  • par des personnes morales
  • par des associations et clubs d’investissement

Un particulier pouvait émettre un ordre A et un ordre B s’il le souhaitait et s’il en avait les moyens.

Finalement, les ordres B n’ont pas été servis.

Ordre D : souscription pour les buralistes et détaillants FDJ

Les ordres D étaient réservés aux personnes intermédiaires du réseau commercial de FDJ : buralistes, marchands de presse, bars-tabac-presse et autres détaillants.

Pour passer un ordre D, il fallait se munir du code personnel transmis par FDJ et passer son ordre uniquement en agence bancaire.

Les ordres D étaient prioritaires dans la limite de 7.500 euros souscrits (= fraction d’ordre D1). En d’autres termes, jusqu’à 7.500 euros, le distributeur FDJ était certain d’être intégralement servi en actions FDJ, sauf si les ordres D1 devaient représenter plus de 10% du nombre définitif d’actions offertes dans le cadre de l’OPO.

Au-delà de 7.500 euros, les ordres ne sont plus prioritaires (= fraction d’ordre D2).

Tout comme les ordres A, les ordres B permettaient de bénéficier d’un octroi d’actions gratuites après 18 mois de détention, à raison de 1 action gratuite attribuée pour 10 actions détenues.

Un détaillant FDJ pouvait, s’il le souhaitait, passer un ordre A, un ordre B et un ordre D. Il est possible de révoquer ses ordres d’achat (les annuler) jusqu’à la fin de la période de souscription, soit le 19 novembre.

Finalement, les ordres D ont été servis de la façon suivante :

  • à 100% dans la limite de 7.500 euros
  • à 0% au-delà de 7.500 euros.

Attribution gratuite d’actions FDJ sous conditions de conservation sur 18 mois

Autre avantage annoncé par le ministre, l’octroi d’une action gratuite pour dix actions achetées, sous conditions de conservation pendant 18 mois à compter de la livraison des titres (prévue le 22 novembre 2019).

Le bénéfice de cette attribution gratuite d’actions, visant à récompenser la fidélité des actionnaires individuels, s’exerce dans la limite de 5.000 euros d’actions achetées. Ainsi, pour un investissement de 10.000 euros, le droit aux actions gratuites est limité aux 5.000 premiers euros investis.

Au maximum, les petits porteurs pourraient donc recevoir de 25 à 30 actions gratuites au printemps 2021, selon nos calculs, à condition de respecter la durée de détention de 18 mois.

Privatisation de la Française des jeux, pourquoi ?

Le gouvernement a décidé la privatisation de la Française des jeux (FDJ) dans le cadre d’un plus vaste plan de cessions de participations par l’État destiné à alimenter un fonds pour l’innovation et l’industrie. Doté d’environ 10 milliards d’euros, ce fonds générera des revenus estimés entre 200 et 300 millions d’euros ayant vocation à financer des technologies de pointe et des programmes d’investissement thématiques d’avenir tels que l’intelligence artificielle ou la nanoélectronique.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a aussi indiqué que l’opération contribue au désendettement de l’État.

L’État a pu en tirer un montant total de 1,826 milliard d’euros, soit le maximum qu’il pouvait en escompter.

On peut également signaler que dans le cadre de la sécurisation pour 25 ans du monopole de la FDJ pour 95% de ses mises, FDJ versera à l’État une compensation financière de 380 millions d’euros au plus tard le 30 juin 2020.

S’agissant spécifiquement de l’intérêt de l’opération pour la FDJ, le ministre a déclaré dans le JDD que cette ouverture du capital « va permettre à l’entreprise de se développer et de donner son plein potentiel ». Cependant, on peut remarquer que seule une augmentation de capital lui aurait conféré des moyens financiers supplémentaires, alors qu’une cession de titres ne profite qu’à l’actionnaire cédant, en l’occurrence l’État.

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Bénéfices de la FDJ sur les trois derniers exercices

La FDJ est une entreprise rentable et ce de façon très confortable, dans la durée qui plus est.

Sur les trois derniers exercices, le bénéfice net consolidé du groupe FDJ a évolué comme suit (source document d’enregistrement, page 310):

  • exercice 2016 : bénéfice net part du groupe de 176 millions d’euros
  • exercice 2017 : bénéfice net part du groupe de 180,7 millions d’euros
  • exercice 2018 : bénéfice net part du groupe de 170,4 millions d’euros

Le bénéfice net 2019 devrait être impacté par les coûts non récurrents d’introduction en Bourse et d’offre réservée aux salariés.

Perspectives chiffrées : les objectifs du groupe FDJ sur la période 2020-2025

Sur la période 2020-2025, le groupe FDJ vise une croissance annuelle moyenne de son chiffre d’affaires dans le haut d’une fourchette de 3% à 4%, tirée notamment par la progression des paris sportifs. A horizon 2025, FDJ espère atteindre une marge brute d’exploitation (EBITDA) supérieure à 20%, hors croissance externe (acquisitions de sociétés) contre 19% attendus en 2019 hors charges liées à la privatisation.

En complément, FDJ n’exclut pas de procéder à des acquisitions de sociétés, dans le but notamment d’étendre son offre en ligne ou sa présence à l’international.

En 2019, FDJ prévoit d’atteindre un chiffre d’affaires d’environ 1,9 milliard d’euros, ou 2 milliards d’euros en tenant compte notamment de la nouvelle fiscalité sur les jeux qui entrera en vigueur au 1er janvier 2020, pour un EBITDA de 325 millions d’euros hors charges liées à l’introduction en Bourse.

Pour 2020, la direction anticipe une croissance des mises dans le haut d’une fourchette de 4 à 5%, une croissance de chiffre d’affaires d’environ 5% (dont environ +5 % pour la loterie et +6 % pour les paris sportifs) pour une rentabilité brute d’exploitation de 19%.

À noter : dans le document d’enregistrement préalable à l’introduction en Bourse, on apprend que l’équipe cycliste Groupama-FDJ dispose d’un budget annuel de l’ordre de 17 millions d’euros par an dont environ 7,5 millions d’euros financés par FDJ. Le partenariat court pour les saisons cyclistes 2018, 2019 et 2020.

Qui est actionnaire de la FDJ ?

Répartition du capital de FDJ après l’introduction en Bourse

La composition définitive du capital de la FDJ sera connue au mois de décembre, en fonction de l’exercice intégral ou non de l’option de surallocation (rallonge en cas de forte demande).

Compte tenu de l’exercice en intégralité de l’option de surallocation (rallonge réservée aux investisseurs institutionnels) annoncée le 4 décembre, la répartition du capital serait la suivante (source : note d’opération FDJ) :

  • État français : 21,58%
  • FCP Française des Jeux Actionnariat (salariés) : 5%
  • Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT) : 9,23%
  • Fédération Maginot : 4,23%
  • Société IDSud (cotée en Bourse) : 2,63%
  • Confédération Nationale des Buralistes de France (CNBF) : 1,95%
  • MASFIP (ex-Mutuelle du Trésor) : 1%
  • Comalo : 0,59%
  • Emissions Berger 0,37%
  • Stéphane Pallez (PDG) : 1 action
  • Soficoma (société des anciens courtiers-mandataires) * : 3%
  • Salariés : 4,86%
  • Public : 45,56%

Cette répartition du capital est à ce stade encore théorique : elle prend pour hypothèses que l’intégralité des actions offertes aux salariés auront été acquises, qu’aucun ancien actionnaire de FDJ n’a souscrit à l’offre, .

Répartition du capital avant la privatisation

Grâce à l’ouverture du capital de la FDJ au grand public, chaque personne majeure titulaire d’un compte-titres ou d’un PEA va pouvoir devenir actionnaire de la Française des Jeux en achetant des titres.

Avant l’introduction en Bourse, la composition de l’actionnariat de la société était la suivante :

  • État français : 72%
  • FCP Française des Jeux Actionnariat (salariés) : 5%
  • Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT) : 9,23%
  • Fédération Maginot : 4,23%
  • Société IDSud (cotée en Bourse) : 2,63%
  • Confédération Nationale des Buralistes de France (CNBF) : 1,95%
  • MASFIP (ex-Mutuelle du Trésor) : 1%
  • Comalo : 0,59%
  • Emissions Berger 0,37%
  • Stéphane Pallez (PDG) : 1 action
  • Soficoma (société des anciens courtiers-mandataires) * : 3%

Cet actionnariat n’a pas évolué depuis 1988. Selon Stéphane Pallez, PDG du groupe, et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, certaines associations d’anciens combattants ont émis le souhait de renforcer leur participation au capital à l’occasion de la vente par l’État de sa participation majoritaire.

Au total, avant l’introduction en Bourse, les anciens émetteurs de billets de la loterie nationale représentaient 20% du capital (UBFT, Fédération Maginot, IDSud, CNBF, MASFIP, Comalo, Emissions Berger).

* On notera que la FDJ a décidé en 2017 de racheter la participation de 3% détenue par Soficoma, mais cette dernière conteste l’opération. Le litige fait l’objet d’une bataille judiciaire  entre les parties.

Faut-il acheter l’action FDJ ? L’avis de la rédaction sur la privatisation

Souscrire l’action FDJ, une bonne affaire ?

Fallait-il investir dans le cadre de la privatisation de la FDJ ? L’action FDJ est manifestement vouée à constituer un placement de long terme, eu égard à la croissance modérée mais régulière envisagée et à la politique de distribution de dividende affichée par la direction. En revanche, le titre ne fait pas partie de la catégorie des coups ou paris pour empocher une plus-value significative à court terme. D’autant que les titres étaient alloués prioritairement aux particuliers dans la limite de 5.000 euros par titulaire, limitant de facto la réalisation d’un « gros coup » en Bourse.

Désireux de relancer l’actionnariat individuel, l’État s’est-il montré trop gourmand sur le prix de l’offre et le produit de cession qu’il en tire, sachant que les marchés actions sont d’une manière générale plutôt chers actuellement et les indices boursiers proches de leurs plus hauts historiques ? Il ne pouvait pas non plus fixer un prix trop bas, au risque d’être accusé de brader les « bijoux de famille » de la France.

Quant à savoir si l’achat d’actions FDJ est une bonne affaire, rendez-vous dans quelques années, après la perception de plusieurs dividendes et l’observation de plusieurs années d’évolution du cours de Bourse.

Multiples de valorisation et rendement 2019 estimé de l’action FDJ

Le prix de souscription de l’IPO fait apparaître les multiples de valorisation et niveaux de rendement suivants :

Estimation du rendement 2019 de l’action FDJ sur la base de 122 millions d’euros distribués aux actionnaires, conformément au souhait exprimé par la PDG Stéphane Pallez, soit 0,64 euro par action :

  • rendement de 3,6% en milieu de fourchette (prix de 17,835 euros par action)
  • rendement 3,3% en haut de fourchette (prix de 19,50 euros par action)
  • rendement 4% en bas de fourchette (prix de 16,17 euros par action)

Sur la base du prix proposé aux investisseurs institutionnels et du résultat brut opérationnel (Ebidta retraité) estimé en 2019, le titre est valorisé :

  • 9 fois l’Ebidta retraité 2019 en milieu de fourchette (soit un peu plus de 9 années de résultat brut opérationnel) et 8 fois l’Ebitda récurrent en 2020
  • 8 fois l’Ebidta retraité 2019 en bas de fourchette
  • 10 fois l’Ebidta retraité 2019 en haut de fourchette

Le ratio cours/bénéfices (PER) atteint (calculs : IDMidCaps) :

  • 22 en 2019e contre 19,6 pour les valeurs de l’indice CAC Mid et 16 pour celles de l’indice CAC All-tradable
  • et 19 en 2020e

Seuls deux autres groupes de loterie sont cotés en Bourse, OPAP, opérateur de la loterie grecque et Tabcorp, opérateur de la loterie australienne. Toutefois, Stéphane Pallez estime que le groupe n’a pas de véritable comparable, leur régulation nationale, leut périmètre d’activité et la durée de leurs droits étant différ

Pourquoi investir dans l’action FDJ

Stéphane Pallez, PDG du groupe FDJ, présente l’action comme un placement de long terme, vantant la croissance régulière du chiffre d’affaires, une entreprise peu ou pas sensible aux cycles économiques et une politique de distribution de dividendes appuyée, FDJ ayant d’ores et déjà affiché l’objectif de reverser 80% de son résultat net consolidé à ses actionnaires sur la période 2020-2025.

Cela devrait en faire une valeur de rendement, permettant à l’investisseur de percevoir des dividendes réguliers dans la durée.

Comme chacun sait, FDJ est par définition une entreprise unique en son genre, compte tenu de sa position monopolistique en France sur les jeux de loterie et de paris sportifs en points de vente physiques. Un monopole qui a été renouvelé pour 25 ans, qui lui confère une forte visibilité sur son activité en France.

Non endettée, l’entreprise est propriétaire de son siège social, situé à Boulogne-Billancourt, acquis en 2016 pour 207 millions d’euros (plus 21 et 25 millions d’euros de coûts complémentaires en 2017 et 2018 pour les aménagements).

Il est nécessaire d’ajouter que tout investissement en Bourse doit s’opérer dans le cadre d’une gestion diversifiée : disposer d’un portefeuille composé d’une dizaine de valeurs et/ou de parts de fonds permet de répartir ses risques, donc de ne pas subir une dévalorisation liée à la baisse d’une seule action.

Pourquoi se méfier avant d’acheter des actions FDJ

À court terme, les principaux risques sur l’action FDJ semblent liés à des facteurs exogènes.

Nicolas Chéron, responsable de la recherche marchés pour le courtier Binck.fr estime que « l’investisseur prudent aura peut-être intérêt à laisser passer l’introduction et les premières semaines de cotations pour voir comment la FDJ [est] accueillie par les marchés. Il n’est pas inhabituel de voir l’action d’une société évoluer sous son cours d’introduction dans les semaines qui suivent l’opération ».

Aussi, on notera d’ailleurs que le lancement de l’opération intervient à un moment où les marchés boursiers sont au sommet, le CAC 40 évoluant à ses plus hauts annuels, mais aussi sur 12 ans. Le risque d’une baisse générale sur les marchés, entraînant dans sa chute l’action FDJ après l’introduction, n’est pas à exclure.

Plus d’informations >> Débuter en Bourse : comment investir dans les actions 

Calendrier de l’introduction en Bourse de la FDJ

  • 22 mai 2019 : promulgation par Emmanuel Macron de la loi Pacte autorisant la privatisation de la FDJ
  • 3 octobre 2019 : publication au Journal officiel (sur le site Légifrance) de l’ordonnance n° 2019-1015 du 2 octobre 2019 réformant la régulation des jeux d’argent et de hasard
  • 18 octobre 2019 : publication au Journal officiel du décret sur le contrôle de l’État sur la Française des jeux
  • 6 novembre 2019 : obtention du visa AMF sur la note d’opération
  • 7 novembre 2019 : date d’ouverture de la période de souscription
  • 19 novembre 2019 : date de clôture de la période de souscription (pour les particuliers)
  • 20 novembre 2019 : annonce du résultat de l’opération et du prix de l’action
  • 21 novembre 2019 : début des négociations des actions FDJ sur le marché d’Euronext Paris à 9 heures 30 heure de Paris
  • 22 novembre 2019 : règlement-livraison des actions, cotation à l’ouverture du marché (9 heures)
  • 19 décembre 2019 : règlement-livraison des actions réservées aux salariés
  • 20 décembre 2019 : date limite d’exercice de l’option de surallocation (exercée de façon anticipée le 4 décembre

Modalités de l’IPO de FDJ : code ISIN, capitalisation boursière

  • Marché de cotation : Euronext Paris, compartiment A (marché réglementé)
  • Libellé de l’action : FDJ Promesses les 21 et 22 novembre, FDJ à partir du 25 novembre
  • Code ISIN : FR0013451333
  • Prix / fourchette d’introduction : 19,50 euros par action (prix définitif), en haut de la fourchette indicative de 16,17 à 19,50 euros par action (prix médian de 17,835 euros) pour les particuliers
  • Capitalisation boursière : 3,801 milliards d’euros au prix d’introduction, 4,336 milliards d’euros à la clôture de la 1ère séance boursière
  • Nature de l’opération : privatisation par cession d’actions détenues par l’État et offre réservée aux salariés
  • Part de l’opération dévolue aux particuliers : 40,5% du nombre total d’actions cédées initialement (hors 11.350.028 actions supplémentaires mises en vente aux investisseurs institutionnels en cas de forte demande)
  • Nombre de titres proposés : 99.320.000 actions maximum, soit 52% du capital
  • Éligibilité des titres : PEA, compte-titres, SRD