L’autoassurance ou comment se passer d’une complémentaire


Se soigner sans mutuelle ? Ce que l'on appelle l'autoassurance est possible et dans certains cas économique, en raison de la hausse ininterrompue des prix des contrats complémentaire santé. Cette solution est particulièrement adaptée pour une catégorie bien précise de la population.

Le principe de l’autoassurance

L’autoassurance consiste à prendre en charge ses dépenses de santé sans couverture complémentaire, en utilisant son épargne disponible. L’économie que vous effectuez en vous passant de mutuelle peut être placée ce qui vous permet de disposer d’un pécule quand un problème survient. Vous êtes ainsi votre propre assureur.

Mieux vaut être en bonne santé…

Autant le dire tout de suite, si vous vous trouvez dans une situation précaire avec de faibles ressources financières, l’autoassurance n’est pas faite pour vous. Dans ce cas, vous pouvez bénéficier de la Couverture Maladie Universelle (CMU) ou d’une aide à la souscription d’une complémentaire santé (si tel n’est pas le cas, cliquez ici pour vous renseigner). Compte tenu de vos petits revenus, une complémentaire santé s’avère IN-DIS-PEN-SABLE pour être à l’abri en cas de pépin de santé.

Si vous êtes très fortuné, la question se pose en d’autres termes : soit vous faites le choix de vous passer d’une complémentaire, estimant disposer d’une épargne assez confortable pour faire face à une dépense de santé imprévue ; soit votre tempérament vous pousse à jouer la sécurité ce qui vous conduit à souscrire une mutuelle haut de gamme dont les cotisations mensuelles vous permettent de lisser vos dépenses.

Vous l’aurez compris, il apparaît légitime de vous poser la question de l’intérêt de souscrire un contrat si vous disposez de revenus moyens et si vous n’abusez pas des consultations chez le médecin. D’autant plus si vous n’êtes pas soumis à un régime d’assurance obligatoire souscrit collectivement dans le cadre de l’entreprise ou de l’administration qui vous emploie.

Les justifications de l’autoassurance

Pour quelles raisons se passer d’une assurance complémentaire santé ? Nous en voyons au moins trois :

Les soins courants :
Pourquoi payer une mutuelle, même d’entrée de gamme à 250/300 euros par an quand vos dépenses de santé atteignent, déduction faire des remboursements de l’assurance maladie, entre 100 et 150 euros à l’année ? Un tel budget correspond à 3 ou 4 consultations chez un généraliste conventionné, 3 chez un ou plusieurs spécialistes, 1 examen de santé et les dépenses de médicaments associées à ces rendez-vous. Ce qui correspond au profil de dépenses annuelles de bon nombre de Français en bonne santé. Autant dire que l’auto-assurance peut dans ce cas être très intéressante.

Les soins et matériels onéreux :
Ce raisonnement pourrait aussi s’appliquer pour les grosses dépenses du type frais dentaires (prothèses, implants, orthodontie, etc.) d’optique (lunettes, lentilles) et auditifs (prothèses). En effet, une bonne partie des frais restent à vos frais malgré la souscription d’une bonne complémentaire. Une mutuelle n’est peut-être pas indispensable si vous n’avez besoin de changer de lunettes que tous les 2/3 ans : pour une paire dont les verres corrigent un faible défaut visuel le montant restant à votre charge pourra se situer entre 350 et 400 euros sans complémentaire santé alors que celle-ci vous coûterait au moins 300 euros par an. En tout état de cause, ne souscrivez pas juste pour couvrir vos dépenses d’optique. Il en va de même pour les couronnes céramo-métalliques ou les prothèses auditives numériques.

Les médecines douces et alternatives :
Ces consultations de médecins du type étiopathe, diététicien, acupuncteur, ostéopathe, chiropracteur, micro-kinésithérapeute, auriculothérapeute, ne sont pas prises en charge par la Sécu. Guère mieux du côté des assurances complémentaires santé. Il s’agit dans la plupart des cas soit de forfaits par consultation (limitées dans la plupart des cas à 3 par an) soit de forfaits annuels (plus onéreux) débités à chaque consultation dont les tarifs sont rarement abordables. En effet, les garanties proposées le sont dans le cadre de contrats dont la couverture va bien au-delà des médecines alternatives mais qui ne correspond pas à l’usage que l’assuré fait de la médecine (pas d’achats de boites de médicaments, etc.). Ces éléments plaident pour l’étude précise de vos dépenses de soins alternatifs et de mutuelle pour savoir si le recours à l’auto-assurance se justifie dans votre cas.

Les risques de l’autoassurance
Lprincipe de l’autoassurance n’est pas sans failles. Le principal risque que vous courez en vivant sans complémentaire santé est celui d’une hospitalisation qui n’est due ni à une maladie grave (prise en charge à 100% par la Sécu) ni associés à une intervention chirurgicale. Aussi peu probable qu’il soit, un séjour à l’hôpital en cardiologie, pour observation ou en réanimation ne peut être exclu. La facture se compte rapidement en centaines d’euros et peut être insurmontable. Pour prévenir ce risque sans pour autant se résoudre à adhérer à une mutuelle, de plus en plus d’assureurs et de sociétés d’assurance mutuelle commercialisent des contrats ne couvrant que le risque d’hospitalisation. Leur prix : moins de 100 euros par an.

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