Coupure de courant ou délestage cet hiver 2023-2024 en France : risque, déroulement, explications

Par Sixtine Escieaux
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Les risques de coupures de courant, aussi appelés délestages tournants, sont faibles pour cet hiver, principalement en raison de la reprise de la production d’électricité d’origine nucléaire par rapport à l’an passé et à une baisse de la consommation d’électricité. Probabilités de coupures, causes, déroulement et horaires des délestages, exceptions, fonctionnement de l’alerte Ecowatt… Toutes les explications.

Quel risque de coupure d’électricité en France pour l’hiver 2023-2024 ?

Y a-t-il des prévisions de coupure et, si oui, quand sont-elles prévues ?

Le risque de coupures programmées sur le réseau électrique, pour l’hiver 2023-2024, est faible.

Les prévisions de coupures sont communiquées la veille, sachant qu’au dernier moment, ces coupures peuvent ne pas se produire s’il fait un peu plus chaud que prévu et si la mobilisation des particuliers, des entreprises et des administrations publiques au travers des écogestes est au rendez-vous. Les prévisions de coupures interviennent après l’émission d’un signal Ecowatt rouge (voir les explications sur les signaux Ecowatt plus loin dans cet article).

Pour l’heure, les signaux Ecowatt sont au vert pour les jours à venir, ce qui signifie qu’il n’y a aucun risque de coupure programmée à court terme. Selon RTE, l’entreprise gestionnaire du réseau d’électricité en France, chargée d’assurer l’équilibre entre l’offre et la demande de courant, la situation se présente mieux que l’hiver dernier, ce qui laisse supposer que probabilité de recours au signal Ecowatt rouge est très faible pour cet hiver, grâce aux efforts de sobriété des Français, sachant qu’aucun signal n’a été émis l’hiver dernier alors que la situation en matière d’approvisionnement énergétique du pays était beaucoup plus problématique.

En effet, la consommation d’électricité est en baisse de 8% en septembre 2023, par rapport à la moyenne 2014-2019.

Dans son analyse publiée le 8 novembre, RTE a fixé le niveau de risque à 1/5 pour le mois de novembre et à 2/5 pour le reste de l’hiver. La probabilité d’activation du signal Ecowatt rouge pour l’hiver n’est même pas évoquée, l’hypothèse de devoir recourir à des coupures partielles et programmées apparaît faible.

Dans ces conditions, on peut à ce stade exclure le risque d’un « black-out », d’une coupure générale d’électricité pour tous les Français, qui serait synonyme « d’écroulement », de perte de contrôle du système électrique et de paralysie du pays.

Sur quels critères interviendraient ces coupures ?

Les coupures d’électricité pour les ménages seraient susceptible de survenir cet hiver en cas de déséquilibre entre l’offre et la demande d’électricité, dans une configuration combinant les événements suivants :

  • diminution imprévue de la disponibiloté des réacteurs nucléaires d’EDF
  • hiver très froid ou vague de froid exceptionnelle
  • insuffisance des imports issus du réseau électrique des pays voisins
  • trois jours après l’émission d’un signal Ecowatt rouge
  • retournement de la situation sur le front de la sobriété alors que mesures permettant de limiter la consommation d’électricité semblent porter leurs fruits

Or le cumul de ces aléas défavorables n’est pas à l’ordre du jour.

La configuration météorologique apparait comme l’un des déterminants majeurs de la demande d’électricité. Or selon les tendances à trois mois publiées le 27 octobre par Météo France, correspondant à la période courant de novembre 2023 à janvier 2024, le scénario le plus probable pour le trimestre est le « passage de perturbations atlantiques, plus fréquentes que la normale sur l’ouest de l’Europe », conduisant à « des températures plus chaudes que la normale sur toutes les régions » de France métropolitaine. Les probabilités de scénario de températures affichées par Météo France sont les suivantes :

  • scénario le plus probable (50%) : températures plus chaudes que les normales de saison
  • 30% de chances de connaître un hiver conforme aux normales de saison
  • une chance sur cinq (20%) d’éprouver un hiver plus froid que les normales de saison

Pour rappel, les coupures constituent un ultime recours, le dernier niveau des mesures de sauvegarde pour faire face à une pénurie d’électricité. En d’autres termes, les coupures locales et limitées dans le temps sont une extrémité envisagée, mais la probabilité qu’elles se produisent est encore plus faible qu’au cours de l’hiver 2022-2023.

Délestage électrique / coupures d’électricité : définition et principe

Délestage électrique : le principe

La « procédure de délestage » consiste à procéder à des coupures programmées, temporaires et localisées de l’alimentation électrique d’une partie des consommateurs, pour éviter le black-out du réseau électrique français.

Le délestage est une mesure préventive permettant d’éviter le risque de black-out. C’est l’ultime moyen de sauvegarde mis en œuvre pour équilibrer l’offre et la demande d’électricité, en cas d’effet insuffisant des autres dispositions d’urgence prises au préalable (voir rubrique « Les mesures prises pour éviter les coupures »).

Coupures d’électricité programmées : fonctionnement

Le délestage consiste à couper volontairement, de façon organisée et programmée, le courant dans une portion de chaque département de France métropolitaine, pour une durée limitée (2 heures maximum), en épargnant les usagers prioritaires arrêtés par chaque préfet de département.

Le délestage est opéré par Enedis, gestionnaire du réseau de distribution sur 95% du territoire, et par les entreprises locales de distribution d’électricité (ELD) pour les 5% du territoire restants, qui procèdent à des coupures temporaires de certains consommateurs.

Autrement dit, un délestage ne concerne pas tout le territoire simultanément (un faible pourcentage) ni tous les foyers en même temps. On parle de délestage tournant car un secteur ne pourra pas subir deux délestage successifs.

Les éventuelles coupures programmées « ne devraient pas concerner plus de 4 millions de clients simultanément », d’après la circulaire adressée le 30 novembre 2022 par la Première ministre aux préfets.

Procédure de mise en œuvre des coupures programmées étape par étape

La procédure de mise en œuvre et d’information des coupures programmées est la suivante :

  • à J-3 : annonce par RTE et le ministère de la transition écologique d’une vigilance renforcée, de la possibilité d’un recours au délestage, campagne d’information par les pouvoirs publics, envoi des notifications de pré-alerte aux utilisateurs de l’application Ecowatt, information particulière aux patients à haut risque vital (PHRV) ou à leurs représentants
  • à J-2 : confirmation par RTE de la prévision d’un signal Ecowatt rouge
  • à J-1, vers 15 heures : confirmation par RTE et Enedis de la possibilité de coupures le lendemain, communiqué de presse de RTE et Enedis comprenant la carte des départements potentiellement concernés, actualisation de la carte des départements concernés sur le site Monecowatt.fr
    relance faite aux patients à haut risque vital (PHRV) ou à leurs représentants (visite d’Enedis à domicile en l’absence de réponse)
  • à J-1, vers 17 heures : mise en ligne des adresses concernées sur le site Internet coupures temporaires d’Enedis
  • à J-1, vers 21h30 : actualisation par Enedis des zones géographiques, liste des communes et arrondissements concernés par les coupures temporaires
  • le jour J : envoi des alertes aux utilisateurs de l’application Ecowatt quelques heures avant la survenance d’un créneau rouge, activation des coupures par les 30 agences régionales d’Enedis par tranches de 2 heures maximum par client

Coupure de la chauffe des ballons d’eau chaude du 4 novembre 2023 au 1er avril 2024

Comme au cours de l’hiver dernier, depuis le 4 novembre et jusqu’au 1er avril 2024, les 4,2 millions de particuliers ayant souscrit à un tarif « heures pleines/heures creuses » (HP/HC) dont une partie des heures creuses se situent dans une plage horaire comprise entre 12 et 14 heures, font l’objet d’un « décalage de chauffe » des ballons d’eau chaude, sans action individuelle de leur part. Les chauffe-eau ne sont ainsi pas actionnés durant cette plage des heures creuses dites méridiennes : la production d’eau-chaude sanitaire est reportée pendant la plage nocturne du tarif HP/HC, entre 22 heures et 6 heures du matin. Cette mesure a été prise en application d’un arrêté ministériel du 6 septembre 2023.

Le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité précise que cette mesure sera sans effet ni « sur le confort des clients, ni sur leur facture ». En outre, un client peut « en cas de nécessité », s’il le souhaite, « enclencher manuellement le ballon d’eau chaude entre 12 heures et 14 heures ».

Cette mesure vise à diminuer le pic de consommation électrique à l’heure du déjeuner. Selon Enedis, ce dispositif de décalage durant la nuit permet d’économiser l’équivalent de 2,5 gigawatts, soit l’équivalent de la consommation de Paris.

Pour rappel, les pics de consommation quotidienne se situent entre 8 et 13 heures le matin et entre 18 et 20 heures le soir.

Qui serait concerné par une coupure d’électricité, qui y échappe ?

Les particuliers concernés par les coupures programmées

En cas de recours au dispositif de délestage, tous les particuliers seront potentiellement concernés par les coupures, à l’exception des abonnés dépendant des lignes électriques servant à alimenter les abonnés prioritaires (hôpitaux, forces de l’ordre, prisons), qui ne seront pas soumis aux délestages.

Selon le gouvernement, environ 40% des Français se trouvent sur des lignes alimentant des sites prioritaires et échapperont ainsi aux coupures. 60% des foyers sont donc potentiellement concernés par les délestages.

Le fait de disposer ou non d’un compteur Linky n’a aucune influence : même en ayant conservé un ancien compteur, on peut être concerné par une coupure programmée.

Les particuliers ne sont, en principe, pas éligibles aux listes des usagers prioritaires.

Les entreprises, infrastructures et institutions concernés

Une liste des usagers prioritaires, échappant aux délestages programmés, est arrêtée par chaque préfet de département. La liste est établie en application d’un arrêté du 5 juillet 1990.

Cet arrêté fixant les consignes générales de délestages en France prévoit de maintenir l’alimentation en énergie électrique aux catégories d’usagers suivantes :

  • hôpitaux, cliniques et laboratoires
  • installations de signalisation et d’éclairage de la voie publique « jugées indispensables à la sécurité »
  • certaines installations industrielles, « particulièrement celles d’entre elles qui intéressent la défense nationale ».

La liste des usagers prioritaires et les consommateurs se trouvant sur la même ligne électrique ne doivent pas totalisé plus de 38% de la consommation d’électricité par département.

Pour des raisons de confidentialité et de sécurité nationale, la liste des usagés prioritaires n’est pas rendue publique. On peut tout de même citer, parmi les usagers prioritaires, les sites et infrastructures suivants :

  • les services d’urgence
  • les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS)
  •  les commissariats de police
  • les brigades de gendarmerie
  • les centres pénitentiaires
  • les sites indispensables à la gestion du réseau électrique (centres de crise d’EDF, de RTE, d’Enedis).

La plupart des entreprises seront donc concernées par les délestages, sauf si elles se situent sur la ligne de courant alimentant un abonné prioritaire. Les entreprises ayant les moyens ont pris les devant en investissant dans des groupes électrogènes, pour prendre le relais et alimenter leurs sites en électricité le temps d’un délestage.

Le gouvernement a indiqué, le 30 novembre, que les institutions et infrastructures suivantes seraient potentiellement concernées par les coupures :

  • établissements scolaires
  • universités
  • éclairage public

S’agissant des écoles, le gouvernement recommande une fermeture de celles-ci en cas de délestage le lendemain matin pour des raisons de confort et de sécurité (absence de chauffage et de système d’alarme fonctionnels).

PHRV : dispositif particulier d’information en cas de coupure pour certains malades

Certains malades hospitalisés à domicile bénéficient d’un service d’information particulier en cas de coupure de courant, lorsqu’ils ont le statut de patient ou malade à haut risque vital (PHRV ou MHRV) et qu’ils sont identifiés comme tel par Enedis. Ils ne sont, en revanche, pas exclus des plans de délestage prévus par RTE.

Autrement dit, ces personnes sont potentiellement soumises au risque de coupure comme tout autre usager, mais bénéficient d’un dispositif de communication spécifique en cas d’émission d’un signal Ecowatt rouge, synonyme de forte tension sur l’approvisionnement en électricité.

Le statut PHRV permet, en cas de coupure programmée, d’être prévenu par courrier 3 à 5 jours à l’avance de la date et de l’heure prévisionnelles de la coupure, permettant au malade ou à ses proches de s’organiser. A J-1, chaque patient PHRV est de nouveau contacté. En l’absence de réponse, un salarié Enedis se rend sur place pour informer le patient.

Il est alors essentiel de disposer d’un appareil autonome d’alimentation en électricité (groupe électrogène, batteries par exemple) pour faire fonctionner l’appareillage pendant la coupure. Les préfets ont pour consigne d’assurer, sur indication de l’Agence régionale de santé (ARS), « l’organisation des éventuels déplacements de ces personnes ».

Entrent dans cette catégorie :

  • les patients sous respirateur artificiel ayant une autonomie inférieure ou égale à quatre heures par jour (sous respirateur plus de 20 heures par jour)
  • les enfants sous nutrition parentérale (alimentés par voie intraveineuse)

Selon le gouvernement, 3805 PHRV étaient recensés au 8 novembre dernier, selon le gouvernement.

Pour bénéficier du statut PHRV, le patient ou son représentant légal doit effectuer chaque année les démarches suivantes :

  • être diagnostiqué comme tel par un professionnel de santé
  • faire une demande en remplissant le formulaire Cerfa « Demande d’information particulière en cas de coupure de courant électrique » n°10401*02
  • faire remplir un certificat médical spécifique par son médecin traitant
  • envoyer le formulaire et le certificat à l’Agence régionale de santé (ARS) par e-mail ou par courrier

La demande doit être renouvelée chaque année.

Déroulement et durée d’un plan de délestage électrique

À quelles heures les coupures d’électricité peuvent-elles intervenir ?

Si elles doivent se produire, les coupures d’électricité interviendraient en période de pointe de consommation aux horaires suivants :

  • le matin entre 8 et 13 heures
  • le soir entre 18 et 20 heures
  • très rarement le soir après 20 heures
  • jamais la nuit, « sauf situation exceptionnelle »
  • jamais le week-end

Les coupures programmées doivent se dérouler par tranches de deux heures maximum par foyer.

C’est donc en dehors des tranches horaires 8-13 heures et 18-20 heures qu’il faut, autant que possible, reporter l’usage des appareils électriques les plus énergivores, tels que, en cuisine, le four électrique, les plaques de cuisson, les bouilloires ou les grille-pain.

Quels sont les zones ou départements qui peuvent être coupés ?

Les coupures n’interviendraient pas sur tout le territoire français simultanément.

Les plans de délestage prévoient des coupures programmées :

  • dans un nombre plus ou moins important de départements selon l’ampleur des besoins
  • dans des zones « non contiguës » d’un même département, par petites poches de 2.000 clients en moyenne (particuliers et professionnels) alimentés par une même ligne électrique
  • à l’exclusion des lignes électriques alimentant les sites et clients prioritaires, arrêtés par les préfets de départements

Selon la densité de clients connectés à la ligne, la coupure simultanément peut concerner un quartier, une commune entière ou plusieurs communes.

On parle de coupures tournantes car une zone concernée par une coupure programmée ne pourra pas être de nouveau visée par la coupure suivante. Un maximum de 4 millions de clients devraient être concernés en même temps par un délestage, selon une circulaire adressée par la Première ministre aux préfets le 30 novembre 2022 pour organiser les éventuelles coupures.

La Corse n’est pas concernée par les délestages, car elle dispose de son propre outil de production d’électricité et est reliée au réseau électrique italien.

Les zones situées sur des lignes électriques servant à alimenter en courant des sites prioritaires ne seront pas concernées par les coupures programmées. Ces zones représentent environ 40% des foyers, selon le gouvernement.

Faut-il relancer son disjoncteur après une coupure ?

Les coupures actionnées par les techniciens d’Enedis sur 95% du territoire ou des Entreprises locales de distribution (ELD) sur les 5% restant, le seront au départ des lignes sur le réseau électrique moyenne tension et non compteur par compteur.

Il n’est donc pas nécessaire de relancer son disjoncteur en position Marche (ou « I »), la remise en service intervenant à l’échelle de la ligne électrique (et donc d’un quartier entier ou de plusieurs communes en zone rurale).

Comment être informé en cas de coupure ?

Pour savoir si on est potentiellement concerné par un délestage, il existe plusieurs moyens :

  • s’inscrire à l’alerte vigilance coupure par SMS sur Monecowatt.fr
  • télécharger l’application mobile Ecowatt sur Google Play (Android) ou l’App Store (Apple) et accepter les notifications d’alerte
  • saisir son adresse sur le site « coupures-temporaires » d’Enedis
  • suivre les radios et chaînes d’information
  • sortir de chez soi pour vérifier si le voisinage est également privé d’électricité

La veille d’une potentielle coupure, tout abonné pourra se rendre sur le site Internet d’Enedis pour savoir s’il est concerné ou pas par le délestage.

Les personnes ne disposant pas de connexion à Internet peuvent appeler Enedis au 09 70 82 00 70 (serveur vocal interactif).

Ecowatt rouge, orange, vert : suivi de l’alimentation en électricité en France

Ecowatt est l’indicateur de la situation du système électrique français, de son niveau de contrainte, établi par RTE, gestionnaire du réseau d’électricité en France, au niveau national (pas de différentiation selon les régions). C’est aussi un système d’alerte de la population, des entreprises et des collectivités locale, permettant d’avertir de la nécessité de diminuer sa consommation d’électricité, quand le signal orange ou rouge est déclenché.

Il existe trois types de signaux Ecowatt :

  • L’alerte Ecowatt rouge, synonyme de très forte tension sur le réseau électrique, signifie que « des coupures sont inévitables si nous ne baissons pas notre consommation », indique Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE. C’est un signal de risque fort de délestage ;
  • Ecowatt orange est un signal de tension sur le réseau électrique, sans risque de coupure et un appel aux écogestes pour éloigner ce risque ; une diminution de la tension de 5% et l’interruption des activités industrielles électro-intensives ne sont pas exclues ;
  • le signal Ecowatt vert signifie que la situation est normale et la consommation adaptée à la production d’électricité

Ecowatt annoncera un signal orange ou rouge trois jours à l’avance (J-3) ainsi qu’à l’approche d’un créneau orange ou rouge durant les heures qui précèdent.

Les signaux Ecowatt seront diffusés (liste non exhaustive) :

  • par les grands distributeurs d’électricité
  • par de nombreux médias
  • par des enseignes de grande distribution
  • par La Poste
  • par des agences immobilières
  • par SMS pour les personnes inscrites via le site Monecowatt.fr

En cas de déclenchement de l’alerte Ecowatt rouge, la consommation prévisionnelle d’électricité ne pourra pas être couverte par la production française disponible complétée par les importations d’électricité. Sans baisse volontaire de la consommation lors de l’émission d’une alerte Ecowatt rouge, RTE indique devoir se trouver contrainte de procéder à des coupures.

Chaque particulier peut s’abonner au service Ecowatt pour recevoir des alertes par SMS ou e-mail sur le site monecowatt.fr et télécharger l’application Ecowatt pour smartphone.

Comment se préparer à une coupure de courant chez soi ?

Pour minimiser les désagréments d’une coupure organisée par les pouvoirs publics, on peut anticiper en prenant les précautions suivantes (liste de conseils non exhaustive) :

  • avoir sous la main un système d’éclairage nomade : lanterne LED, lampe-torche, lampe frontale
  • préparer un lot de bougies
  • disposer d’un chauffage d’appoint
  • allumer un feu de cheminée ou un poêle à bois
  • disposer d’un système de cuisson d’appoint : réchaud à gaz, cuiseur solaire en cas de coupure en journée
  • laisser son portail électrique ouvert
  • mettre sa porte de garage en position fermée
  • recharger son ordinateur et son téléphone portable à l’avance
  • prévenir ses proches âgés ou dépendants
  • se rendre chez ses proches âgés ou en situation de dépendance pour les accompagner pendant la coupure

En outre, pendant la coupure, les précautions suivantes peuvent être prises (liste non exhaustive) :

  • éviter au maximum les déplacements en voiture
  • éviter de prendre l’ascenseur
  • éviter d’ouvrir les fenêtres (pour conserver la chaleur dans le logement)
  • éviter d’ouvrir le réfrigérateur (en l’absence de courant, l’appareil ne pourra créer de froid)
  • appeler le 112 en cas de nécessité d’appeler un numéro de secours

Est-ce que je pourrai passer des appels téléphoniques et contacter les services d’urgence en cas de délestage ?

La population risquant d’être dans l’impossibilité d’émettre des appels téléphoniques, les antennes-relais des réseaux téléphoniques n’étant généralement pas en capacité de supporter les coupures, faute d’équipements en groupes électrogènes ou batteries.

Par conséquent, en cas de délestage, il n’est pas certain que les numéros d’urgence à deux chiffres (15 pour le Samu, 17 pour la police / gendarmerie, 18 pour les sapeurs-pompiers) soient joignables.

L’opérateur Orange a communiqué le 9 décembre dernier sur les conséquences des coupures temporaires sur ses réseaux.Le groupe fait d’abord savoir qu’il dispose du seul réseau de téléphonie mobile en France à disposer de batteries de secours sur ses antennes.

Dans les zones concernées par les délestages, Orange fait savoir qu’une coupure de plus de 20 minutes fera tomber le service. Autrement dit, en cas de coupure, les appels et envois de SMS seront possibles dans les 20 premières minutes sur les 120 minutes que dureront les éventuelles coupures. Au-delà de ces 20 minutes « et sur tout le temps de la coupure, téléphoner, envoyer des SMS ou utiliser toute application nécessitant une connexion internet sera impossible ». Une fois la coupure terminée, 80 à 85 % des antennes mobiles seront remises en route automatiquement, les antennes restantes nécessitant l’intervention d’un technicien. Le retour à la normale pourrait donc être progressif dans certains secteurs.

Orange prévient en outre que pendant les coupures, il n’y aura pas d’accès à Internet, ni d’utilisation du wifi possible, ni, dans la plupart des cas, d’appels possibles depuis un téléphone fixe (sauf dans le cas d’un ancien téléphone branché sur une prise « T »).

Quel numéro d’urgence appeler en cas de coupure ?

Le gouvernement va recommander l’appel du 112 pendant les coupures éventuelles, le numéro d’appel d’urgence européen, accessible sur poste fixe ou mobile. Ce numéro court est en effet interopérable, donc joignable même si l’antenne-relais fonctionnelle à proximité est celle d’un autre opérateur que le sien.

Une cartographie des zones blanches du 112 (zones non couvertes) est en cours d’établissement pour permettre aux préfets de départements de se préparer.

Les mesures prises pour éviter les coupures

Plusieurs mesures d’urgence sont prévues par RTE pour éviter la mise en œuvre des plans de délestage électrique :

  • recours au signal Ecowatt rouge pour inviter les collectivités publiques, les entreprises et les ménages à diminuer volontairement leur consommation électrique par des écogestes
  • « interruptibilité » des industriels gros consommateurs d’énergie : interruption de leur alimentation en électricité en contrepartie d’une rémunération
  • diminution de la tension de 5% sur réseau à haute de tension pour réduire la puissance consommée par les différents appareils électriques (chauffage, éclairage, plaques de cuisson, etc.).

Pour éviter le délestage un jour faisant l’objet de l’émission d’un signal Ecowatt rouge, la consommation électrique en France doit diminuer :

  • de 1 à 5% en cas d’hiver normal
  • jusqu’à 15% en cas de vague de froid

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