Comme chaque printemps, les contribuables dont le patrimoine immobilier dépasse le seuil d’imposition doivent déclarer leur impôt sur la fortune immobilière (IFI), en même temps que leurs revenus. La démarche s’effectue via le formulaire 2042-IFI et ses annexes, selon un calendrier qui varie en fonction du mode de déclaration et du département de résidence. Contrairement à ce que les débats budgétaires de l’automne ont pu laisser penser, les règles de l’IFI n’ont pas été modifiées pour 2026. Qui est concerné, quels biens déclarer, quelles dettes déduire et comment rectifier une erreur ? Ce guide détaille pas à pas la déclaration d’IFI 2026, y compris pour une première déclaration.
Qui doit déclarer l’IFI en 2026 ?
L’impôt sur la fortune immobilière concerne les personnes physiques propriétaires, au 1er janvier 2026, d’un patrimoine immobilier net taxable d’une valeur supérieure à 1,3 million d’euros. C’est la situation à cette date précise qui compte : les achats, ventes ou changements de situation familiale intervenus entre le 1er janvier et le dépôt de la déclaration sont sans incidence sur l’IFI 2026.
Le patrimoine s’apprécie au niveau du foyer fiscal au sens de l’IFI, une notion distincte du foyer fiscal de l’impôt sur le revenu. Il regroupe :
- les époux, quel que soit leur régime matrimonial, et les partenaires de Pacs ;
- les couples en concubinage, dès lors que l’union est stable et continue (le « concubinage notoire » au sens fiscal) ;
- les enfants mineurs dont les parents ont l’administration légale des biens.
Deux exceptions conduisent à une imposition séparée des époux : la séparation de biens sans vie commune, et l’instance de divorce ou de séparation de corps avec autorisation judiciaire de résidences séparées.
À l’inverse, le patrimoine immobilier d’un enfant majeur n’entre jamais dans la déclaration d’IFI de ses parents, même s’il reste rattaché à leur foyer fiscal pour l’impôt sur le revenu. S’il dépasse lui-même le seuil de 1,3 million d’euros, il doit déposer sa propre déclaration.
Pour savoir si la barre de 1,3 million d’euros est franchie et estimer le montant dû, le barème progressif de l’IFI, inchangé depuis 2018, fait l’objet d’un article dédié.
Non-résidents et nouveaux arrivants : quelles règles ?
Le champ de l’IFI dépend du domicile fiscal. Les personnes domiciliées en France sont imposables sur leurs biens immobiliers situés en France et à l’étranger. Les non-résidents le sont sur leurs seuls biens situés en France, qu’ils soient détenus en direct ou via une société, française ou étrangère, sous réserve des conventions fiscales. Les personnes qui s’installent en France après cinq années civiles passées à l’étranger bénéficient d’un régime temporaire : pendant cinq ans, seuls leurs biens immobiliers français sont imposables.
Quand déclarer son IFI en 2026 : un calendrier calé sur la déclaration de revenus
Il n’existe pas de calendrier propre à l’IFI : l’impôt se déclare en même temps que les revenus, depuis l’ouverture du service en ligne le 9 avril 2026. Les dates limites de dépôt sont les suivantes :
- déclaration papier : mardi 19 mai 2026, quel que soit le département ;
- en ligne, départements 01 à 19, non-résidents et Monégasques : jeudi 21 mai 2026 ;
- en ligne, départements 20 à 54 : jeudi 28 mai 2026 ;
- en ligne, départements 55 à 976 : jeudi 4 juin 2026.
Le détail figure dans notre calendrier des dates limites de déclaration 2026 par département.
📌 Attention, l’IFI n’est pas concerné par la déclaration automatique : même si le patrimoine n’a pas changé d’une année sur l’autre, le redevable doit déposer chaque année une déclaration estimative de ses biens.
L’avis d’imposition, distinct de celui de l’impôt sur le revenu, est adressé en août dans la plupart des cas, pour un paiement au plus tard le 15 septembre 2026.
Comment déclarer son IFI : en ligne ou avec le formulaire 2042-IFI
Dans le cas général, le redevable dépose une déclaration de revenus : il déclare alors son IFI dans la foulée. En ligne, sur son espace Finances publiques d’impots.gouv.fr, il suffit de cocher la case « Impôt sur la fortune immobilière » dans la liste des déclarations annexes, si le patrimoine net imposable au 1er janvier 2026 dépasse 1 300 000 euros. Sur papier, la case ØIF, en bas à droite de la première page de la déclaration de revenus n°2042, est à cocher, et le formulaire 2042-IFI (Cerfa n°15798*09) et ses annexes sont à joindre à l’envoi au service des impôts des particuliers indiqué sur la déclaration préremplie.
La déclaration en ligne, obligatoire pour tout foyer dont la résidence est équipée d’un accès à Internet, présente plusieurs avantages : estimation immédiate du montant de l’IFI 2026, accusé de réception, possibilité de rectifier la déclaration autant de fois que nécessaire pendant la campagne, puis accès au service de correction en ligne après réception de l’avis.
Le formulaire principal s’accompagne de six annexes, qui servent à détailler la composition et la valorisation du patrimoine. Chaque redevable ne remplit que celles qui correspondent à sa situation :
- annexe 1 : biens professionnels exonérés (case 9BZ) ;
- annexe 2 : biens détenus directement (résidence principale, autres immeubles bâtis et non bâtis) ;
- annexe 3 : biens détenus indirectement via des parts ou actions de sociétés ;
- annexe 4 : passif et dettes déductibles ;
- annexe 5 : calcul du plafonnement ;
- annexe 6 : imputation des impôts similaires acquittés à l’étranger.
Pour chaque bien, le redevable indique la nature, la localisation, les caractéristiques, la date et le prix d’acquisition, et la valeur déclarée. Aucun justificatif n’est à joindre, mais tous doivent être conservés en cas de demande de l’administration. Les imprimés et la notice d’aide (n°52210#09) sont téléchargeables sur impots.gouv.fr.
Deux situations familiales appellent une vigilance particulière. Les concubins déposent une seule déclaration d’IFI pour l’ensemble du patrimoine du couple, jointe à la déclaration de revenus de l’un ou de l’autre, en cochant la case 9GL et en mentionnant l’état civil et le numéro fiscal du concubin. Les couples mariés ou pacsés en 2025 ayant opté pour l’imposition séparée de leurs revenus suivent la même logique avec la case 9GM : la déclaration d’IFI reste commune.
Première déclaration d’IFI : la démarche pas à pas
Le contribuable qui franchit le seuil pour la première fois au 1er janvier 2026 ne reçoit pas, par définition, de formulaire IFI prérempli. La démarche lui revient entièrement : déclarer en ligne en cochant la case « Impôt sur la fortune immobilière » dans les déclarations annexes, ou télécharger le formulaire 2042-IFI sur impots.gouv.fr (ou le retirer auprès de son centre des finances publiques). Première étape : évaluer son patrimoine au 1er janvier, en s’aidant du service « Rechercher des transactions immobilières », accessible gratuitement depuis l’espace particulier, qui donne accès aux données de ventes de la DGFiP. Autres possibilités : se renseigner auprès des agences immobilières de son quartier pour recouper les prix de biens comparables vendus à proximité, ou leur demander une estimation. À l’inverse, recevoir une déclaration 2042-IFI préremplie n’oblige à rien si le patrimoine net taxable est repassé sous 1,3 million d’euros : dans ce cas, il n’y a tout simplement pas de déclaration d’IFI à remplir.
Sans déclaration de revenus : le formulaire 2042-IFI-COV
Certains redevables de l’IFI ne déposent pas de déclaration de revenus en France : non-résidents sans revenus de source française ou enfants majeurs rattachés au foyer fiscal de leurs parents. Ils peuvent déclarer leur IFI en ligne ou déposer une déclaration allégée sans revenus, le formulaire 2042-IFI-COV, accompagnée de la 2042-IFI, en cochant impérativement la case 9GN. Le formulaire sert à indiquer la situation de famille au 1er janvier 2026 et tout changement d’adresse intervenu en 2025 ou en 2026. Les résidents de Monaco adressent leur déclaration au service des impôts des particuliers de Nice Est-Ouest-Menton, les autres non-résidents au service des impôts des particuliers non-résidents de Noisy-le-Grand.
Que faut-il déclarer ? Biens imposables, abattement et dettes déductibles
L’assiette de l’IFI couvre l’ensemble des biens et droits immobiliers du foyer fiscal, quel que soit leur mode de détention. Sont notamment imposables :
- les immeubles bâtis : résidence principale, résidences secondaires, biens locatifs, locaux professionnels non exonérés, immeubles en cours de construction ;
- les immeubles non bâtis : terrains à bâtir, terres agricoles ;
- l’immobilier détenu indirectement : parts de SCI, de SCPI ou d’OPCI, fraction immobilière des parts de sociétés ;
- la quote-part immobilière des unités de compte – ces supports non garantis représentatifs de parts de SCPI, d’OPCI ou de SCI – d’un contrat d’assurance vie rachetable ou d’un contrat de capitalisation, pour leur valeur de rachat au 1er janvier.
Chaque bien est déclaré pour sa valeur vénale au 1er janvier 2026, c’est-à-dire le prix auquel il aurait pu être vendu à cette date, sous la responsabilité du déclarant. La résidence principale bénéficie d’un abattement de 30%, réservé aux biens détenus en direct et limité à un seul logement par foyer. En cas de démembrement, c’est en principe l’usufruitier qui déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété, sans décote possible ; le nu-propriétaire n’a rien à déclarer. La règle connaît des exceptions, notamment l’usufruit légal du conjoint survivant, où l’imposition se répartit entre usufruitier et nu-propriétaire selon un barème fiscal prévu à l’article 669 du Code général des impôts : plus l’usufruitier est âgé, plus la part taxable du nu-propriétaire est élevée.
Plusieurs catégories de biens échappent à l’impôt, sous conditions strictes :
- les biens affectés à l’activité professionnelle principale du redevable ;
- la location meublée professionnelle : plus de 23 000 euros de recettes annuelles et plus de la moitié des revenus professionnels du foyer ;
- les bois et forêts, exonérés aux trois quarts moyennant un engagement de gestion de trente ans ;
- les biens ruraux loués à long terme et parts de GFA, exonérés aux trois quarts jusqu’à 101 897 euros, pour moitié au-delà ;
- les titres de sociétés opérationnelles détenus à titre de simple placement, lorsque le foyer possède moins de 10% du capital et des droits de vote : l’actionnaire minoritaire n’a pas à déclarer la fraction immobilière de ces participations.
L’IFI étant calculé sur un patrimoine net de dettes, le redevable peut déduire à l’annexe 4 les dettes existantes au 1er janvier 2026, supportées par le foyer et se rapportant à des actifs imposables : capital restant dû des emprunts d’acquisition, dépenses de travaux, taxe foncière (mais ni la taxe d’habitation sur les résidences secondaires ni l’impôt sur les revenus fonciers), ainsi que le montant « théorique » de l’IFI 2026 lui-même, calculé à l’aide de la fiche jointe à la notice. Plusieurs limites s’appliquent :
- les prêts in fine ne sont déductibles qu’après un amortissement fictif annuel, calculé sur la durée du prêt – ou sur vingt ans en l’absence de terme ;
- les dettes contractées auprès d’un membre du foyer fiscal ne sont jamais déductibles ; celles souscrites auprès de membres de la famille proches, y compris hors foyer fiscal (le « groupe familial » : ascendants, descendants majeurs, frères et sœurs), ne le sont que si les conditions du prêt sont normales et les remboursements effectifs ;
- les dettes attachées à un bien partiellement exonéré ne sont retenues qu’à proportion de sa fraction taxable, et celles de la résidence principale sont plafonnées à sa valeur après abattement ;
- lorsque le patrimoine brut dépasse 5 millions d’euros et que les dettes excèdent 60% de sa valeur, la fraction excédentaire n’est déductible qu’à moitié, sauf à démontrer que l’endettement ne poursuit pas un objectif principalement fiscal.
Dons et réduction d’IFI : une date limite à ne pas manquer
Les dons consentis à certains organismes d’intérêt général – fondations reconnues d’utilité publique, établissements de recherche ou d’enseignement supérieur, structures d’insertion par l’activité économique notamment – ouvrent droit à une réduction d’IFI égale à 75% des versements, plafonnée à 50 000 euros de réduction par an, soit un don maximal de 66 667 euros au-delà duquel les sommes versées ne procurent plus d’avantage fiscal. Cette réduction ne se cumule pas avec la réduction d’impôt sur le revenu pour un même don. Pour être retenu au titre de l’IFI 2026, le versement doit intervenir entre la date limite de dépôt de la déclaration faite en 2025 et celle de la déclaration 2026 applicable au redevable.
Point de vigilance : les cases 9NC et 9NG accueillent le montant des versements, et non celui de la réduction calculée.
Corriger sa déclaration d’IFI : erreur, oubli, réclamation
Une erreur d’évaluation, une dette oubliée ou un bien omis ne sont pas irrémédiables. Trois fenêtres permettent de rectifier :
- pendant la campagne déclarative : le déclarant en ligne peut modifier sa déclaration autant de fois que nécessaire, y compris après signature ; seule la dernière version fait foi ;
- après réception de l’avis : le service de correction en ligne est accessible en 2026 du 29 juillet au 30 novembre pour les contribuables ayant déclaré par Internet ; si la base imposable et l’impôt dû s’en trouvent modifiés, un avis d’IFI correctif est émis ;
- après la fermeture du service : la voie de la réclamation reste ouverte, dans les délais prévus par le Livre des procédures fiscales.
La marche à suivre détaillée figure dans notre article « Corriger une erreur sur sa déclaration de revenus ».
Les redevables ayant déposé une déclaration papier ne peuvent pas utiliser la télécorrection : ils doivent attendre l’avis d’imposition puis formuler une réclamation, via la messagerie sécurisée de l’espace particulier ou par courrier au service des impôts des particuliers.
Contrôle de l’IFI : délais de reprise et risques de redressement
L’IFI étant un impôt déclaratif, l’administration dispose d’un droit de contrôle étendu sur la composition et l’évaluation du patrimoine, avec des demandes d’éclaircissements ou de justifications possibles. Le délai de reprise fiscale varie selon la nature du manquement :
- 3 ans en cas de simple insuffisance d’évaluation, décelable à la lecture de la déclaration : la valeur d’un bien portée sur la déclaration 2026 peut être contestée jusqu’au 31 décembre 2029 ;
- 6 ans en cas d’absence de déclaration, d’omission d’un bien ou lorsque des recherches complémentaires sont nécessaires – typiquement pour vérifier le caractère professionnel d’un actif –, soit jusqu’au 31 décembre 2032 pour l’IFI 2026 ;
- 10 ans pour les biens immobiliers détenus à l’étranger et non déclarés.
Les conséquences financières dépendent elles aussi de la situation. Une sous-évaluation de bonne foi entraîne un simple rappel de droits assorti de l’intérêt de retard de 0,20% par mois (article 1727 du CGI), sans majoration. Le défaut de dépôt de la déclaration est sanctionné par une majoration de 10%, portée à 40% si la déclaration n’est pas déposée dans les trente jours d’une mise en demeure (article 1728). Les inexactitudes ou omissions d’une déclaration déposée sont majorées de 40% en cas de manquement délibéré et de 80% en cas de manœuvres frauduleuses ou d’abus de droit (article 1729).
IFI 2026 : ce qui a failli changer (et pourquoi rien n’a changé)
L’automne 2025 a entretenu la confusion autour de l’avenir de l’IFI. Le 31 octobre 2025, les députés ont adopté en première lecture un amendement au projet de loi de finances transformant l’impôt en « impôt sur la fortune improductive », à l’assiette élargie à certains placements. Le 28 novembre 2025, le Sénat a voté une version différente, une « contribution sur les hauts patrimoines » assortie d’un seuil d’entrée relevé à 2,57 millions d’euros. Aucune de ces réformes n’a survécu à la fin du parcours budgétaire : la loi de finances pour 2026, publiée le 20 février 2026 au Journal officiel, ne modifie ni le champ, ni le seuil, ni le barème de l’IFI.
Pour la déclaration 2026, les règles applicables sont donc strictement identiques à celles de 2025. Seule trace du nouveau paysage fiscal dans les formulaires : la fiche de calcul du plafonnement (annexe 5) intègre désormais la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) parmi les impôts pris en compte, aux côtés de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus. Le débat sur la fiscalité du patrimoine n’étant pas clos, la question pourrait resurgir lors de la préparation et des débats du budget 2027.
Questions fréquentes sur la déclaration d’IFI 2026
Faut-il déclarer l’IFI tous les ans, même si le patrimoine n’a pas changé ?
Oui. L’IFI est un impôt déclaratif, non concerné par la déclaration automatique : chaque année, le redevable doit déposer une déclaration estimative de ses biens au 1er janvier, même à patrimoine constant.
Comment déclarer l’IFI pour la première fois ?
En ligne, le primo-redevable coche la case « Impôt sur la fortune immobilière » dans les déclarations annexes de sa déclaration de revenus, puis remplit la rubrique IFI. Sur papier, il télécharge le formulaire 2042-IFI sur impots.gouv.fr (ou le retire auprès de son centre des finances publiques) et le joint à sa déclaration de revenus après l’avoir rempli. Dans les deux cas, il évalue lui-même son patrimoine au 1er janvier 2026.
L’IFI a-t-il changé en 2026 ?
Non. Les projets d’impôt sur la fortune improductive et de contribution sur les hauts patrimoines, votés en première lecture à l’Assemblée nationale puis au Sénat fin 2025, n’ont pas été retenus dans la loi de finances pour 2026. Seuil, assiette et barème de l’IFI restent ceux en vigueur depuis 2018, à quelques nuances près.
À propos de l'auteur
Olivier Brunet est cofondateur de ToutSurMesFinances.com et rédacteur en chef spécialisé en placements et fiscalité des particuliers. Présent au sein du média depuis sa création, il en est l’un des piliers éditoriaux. Il analyse les stratégies d’investissement, suit les évolutions fiscales et les problématiques patrimoniales avec une vision long terme, forgée par des années de pratique et de suivi des marchés.





