SNU : tout savoir sur le futur service national universel


Promis par Emmanuel Macron, le service national universel sera un dispositif en partie obligatoire visant à favoriser le « brassage social » et le partage des « valeurs républicaines » chez les jeunes. Les premières expérimentations ont démarré le 16 juin 2019 dans 13 départements. Une plateforme numérique a été lancée afin que les premiers volontaires puissent s'inscrire.

 SOMMAIRE

Service national universel, c’est quoi ?

Au cours de la campagne à l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron a promis le rétablissement d’un « service national obligatoire et universel » dans le but d’accroître la mixité sociale et la cohésion républicaine des jeunes Français avant leur entrée dans la vie active.

Arrivé à l’Elysée, le nouveau chef de l’État a demandé à un groupe de travail d’examiner les conditions dans lesquelles pourrait être mis en place le dispositif, rebaptisé « service national universel » ou SNU. Ce groupe, présidé par le général de brigade Daniel Ménaouine et constitué de six personnalités (1), a remis fin avril 2018 un rapport au gouvernement.

Sur la base de ce document, le Premier ministre Édouard Philippe a présenté les grands contours du SNU lors du Conseil des ministres du 27 juin 2018. Le service national universel comprendra deux phases.

Première phase obligatoire

Une première phase obligatoire d’un mois sera effectuée durant les vacances scolaires au plus tôt à la fin de la classe de troisième et au plus tard avant l’entrée en première. Cette phase sera elle-même divisée en deux temps : une période « de cohésion » de 15 jours en hébergement collectif qui permettra le « brassage social » et le « partage des valeurs de la République », suivie d’une autre période de 15 jours de « mission d’intérêt général » réalisée en petits groupes et pas forcément en internat.

Les jeunes porteront une tenue SNU, dont le design est issu d’un concours organisé auprès de lycées. Les activités seront organisées autour de sept thématiques : défense, sécurité et résilience nationales ; citoyenneté et institutions nationales et européennes ; autonomie, connaissance des services publics et accès aux droits ; développement durable et transition écologique ; activités physiques et sportives et de cohésion ; culture et patrimoine ; découverte de l’engagement.

Les jeunes seront notamment formés aux premiers secours, aux réactions à avoir en cas d’attentat ou de catastrophe naturelle et recevront des modules sur l’environnement ou les valeurs de la République. Un module de self-défense et d’auto-défense sera proposé aux jeunes filles, a annoncé Gabriel Attal, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

Les jeunes seront accompagnés par des éducateurs spécialisés, des militaires réservistes ou retraités, des professeurs missionnés pour le SNU, disposant a minima du brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) ou d’un diplôme équivalent. Le taux d’encadrement est d’un adulte pour 5 jeunes. Au total, 450 cadres devraient évoluer en permanence dans les centres SNU.

Seconde phase facultative

Une seconde phase facultative d’une durée de 3 à 12 mois devra être effectuée avant l’âge de 25 ans. Cette période d’engagement, qui pourra être réalisée dans le cadre des dispositifs de volontariat existants (dont le service civique), devra porter au choix sur :

  • la défense et la sécurité (engagement volontaire dans les armées, la police, la gendarmerie, les pompiers, la sécurité civile)
  • l’accompagnement des personnes (âgées, handicapées, illettrées…)
  • la préservation du patrimoine
  • la protection de l’environnement
  • le tutorat

Cette liste ne se veut pas exhaustive : d’autres thèmes pourront être ajoutés par la suite.

Le SNU, pour qui ?

Le service national universel va concerner tous les composants d’une tranche d’âge. Il s’adressera donc aussi bien aux garçons qu’aux filles, aux jeunes scolarisés et non scolarisés (la scolarité n’est plus obligatoire après 16 ans). Le SNU s’appliquera ainsi aux élèves de classe de troisième, de seconde quelle que soit la filière (générale, technologique, professionnelle), en brevet d’études professionnelles (BEP), en certificat d’aptitude professionnelle (CAP), aux apprentis, mais aussi aux « décrocheurs » sortis du système scolaire.

L’objectif du SNU est justement de faire se rencontrer l’ensemble des jeunes de la même génération issus de tous les milieux sociaux, de toutes les origines ethniques et/ou religieuses et de tous les niveaux scolaires. A terme, le dispositif a vocation à toucher environ 800.000 appelés par an.

Le SNU, à quel âge ?

La phase obligatoire du futur service national universel sera effectuée aux alentours de 16 ans. La phase facultative sera, elle, accessible jusqu’au 25ème anniversaire du jeune.

Le SNU sera-t-il obligatoire ?

Seule la première phase du service national universel sera obligatoire. A l’image de l’actuelle journée défense et citoyenneté (JDC) effectuée vers l’âge de 16 ans, la présentation d’un certificat de participation à la phase I du SNU pourrait être exigée pour pouvoir passer les épreuves du baccalauréat, du BEP, du permis de conduire et s’inscrire aux concours administratifs. La phase II du SNU ne sera, quant à elle, pas obligatoire.

SNU, quelle date de mise en place ?

Le 4 mars 2019 a été lancée une plateforme d’inscription en ligne pour les volontaires à la phase pilote. Celle-ci a débuté le 16 juin 2019 dans 13 départements (2) pour deux semaines. Quelque 2.000 jeunes volontaires (lycéens, décrocheurs scolaires, apprentis, élèves en CAP) âgés de 15 à 16 ans y participent.

Outre la plateforme, un appel au volontariat a été organisé dans les lycées, les centres de formation des apprentis (CFA), les missions locales pour toucher les décrocheurs scolaires et les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) pour recruter des jeunes en situation de handicap.

Dans des entretiens accordés le 16 janvier 2019 à l’AFP et au magazine Le Point, Gabriel Attal a déclaré que la première cohorte de jeunes volontaires pourront effectuer la seconde phase du SNU entre juillet 2019 et juin 2020, en participant à une mission générale dans une association ou une collectivité locale, pendant quinze jours consécutifs ou avec des heures réparties tout au long de l’année.

Si le rapport du général Menaouine évoque une montée en puissance progressive du SNU d’ici 2026, le secrétaire d’Etat a précisé que le gouvernement réfléchit à des scénarios pour aller plus vite. Il a évoqué un rythme de croisière atteint en 2022 ou 2023. Les modalités et le rythme de progression pour atteindre la généralisation du SNU seront arbitrés à l’issue du retour d’expérience de la première phase d’expérimentation.

(1) L’ancienne secrétaire d’État aux victimes Juliette Méadel, le conseiller d’État Thierry Tuot, le préfet Kléber Arhoul, la déléguée générale de la Fédération de la formation professionnelle Emmanuelle Pérès, la présidente de l’association CitizenCorps Marion Chapulut et le consultant en ressources humaines Guy Lavocat.

(2) Ardennes, Cher, Creuse, Eure, Guyane, Hautes-Pyrénées, Haute-Saône, Loire-Atlantique, Morbihan, Nord, Puy-de-Dôme, Val-d’Oise et Vaucluse.

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