SNU : tout savoir sur le service national universel


Promis par Emmanuel Macron, le service national universel est un dispositif visant à favoriser le « brassage social » et le partage des « valeurs républicaines » chez les jeunes. Les premières expérimentations ont eu lieu en 2019 dans 13 départements. Les jeunes de 15, 16 et 17 ans peuvent s'inscrire jusqu'au 3 avril 2020 à la seconde campagne, toujours facultative mais qui aura lieu cette fois sur l'ensemble du territoire, avant une mise en place obligatoire prévue en 2022-2023.

Service national universel, c’est quoi ?

Au cours de la campagne à l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron a promis le rétablissement d’un « service national obligatoire et universel » dans le but d’accroître la mixité sociale et la cohésion républicaine des jeunes Français avant leur entrée dans la vie active.

Arrivé à l’Élysée, le nouveau chef de l’État a demandé à un groupe de travail d’examiner les conditions dans lesquelles pourrait être mis en place le dispositif, rebaptisé « service national universel » ou SNU. Ce groupe, présidé par le général de brigade Daniel Ménaouine et constitué de six personnalités (1), a remis fin avril 2018 un rapport au gouvernement.

Sur la base de ce document, le premier ministre Édouard Philippe a présenté les grands contours du SNU lors du Conseil des ministres du 27 juin 2018. Le service national universel comprend deux phases.

Première phase obligatoire

Une première phase obligatoire d’un mois est effectuée durant les vacances scolaires au plus tôt à la fin de la classe de troisième et au plus tard avant l’entrée en première. Cette phase est elle-même divisée en deux temps : une période « de cohésion » de 15 jours en hébergement collectif qui permettra le « brassage social » et le « partage des valeurs de la République », suivie d’une autre période de 15 jours de « mission d’intérêt général » réalisée en petits groupes et pas forcément en internat.

Les jeunes portent une tenue SNU, dont le design est issu d’un concours organisé auprès de lycées. Les activités sont organisées autour de sept thématiques : défense, sécurité et résilience nationales ; citoyenneté et institutions nationales et européennes ; autonomie, connaissance des services publics et accès aux droits ; développement durable et transition écologique ; activités physiques et sportives et de cohésion ; culture et patrimoine ; découverte de l’engagement.

Les jeunes sont notamment formés aux premiers secours, aux réactions à avoir en cas d’attentat ou de catastrophe naturelle et recevront des modules sur l’environnement ou les valeurs de la République. Un module de self-défense et d’auto-défense est proposé aux jeunes filles.

Les jeunes sont accompagnés par des éducateurs spécialisés, des militaires réservistes ou retraités, des professeurs missionnés pour le SNU, disposant a minima du brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) ou d’un diplôme équivalent. Le taux d’encadrement est d’un adulte pour 5 jeunes. Au total, 450 cadres devraient évoluer en permanence dans les centres SNU.

Seconde phase facultative

Une seconde phase facultative d’une durée de 3 à 12 mois peut être effectuée avant l’âge de 25 ans. Cette période d’engagement, qui peut être réalisée dans le cadre des dispositifs de volontariat existants (dont le service civique), doit porter, au choix du volontaire, sur :

  • la défense et la sécurité (engagement volontaire dans les armées, la police, la gendarmerie, les pompiers, la sécurité civile)
  • l’accompagnement des personnes (âgées, handicapées, illettrées…)
  • la préservation du patrimoine
  • la protection de l’environnement
  • le tutorat

Cette liste ne se veut pas exhaustive : d’autres thèmes pourront être ajoutés par la suite.

A l’issue du programme, le volontaire se voit offrir une première inscription au code de la route. Un certificat de participation au SNU lui est remis lors d’une cérémonie en préfecture.

Le SNU, pour qui ?

Le service national universel concerne tous les composants d’une tranche d’âge. Il s’adresse donc aussi bien aux garçons qu’aux filles, aux jeunes scolarisés et non scolarisés (la scolarité n’est plus obligatoire après 16 ans). Le SNU s’applique ainsi aux élèves de classe de troisième, de seconde quelle que soit la filière (générale, technologique, professionnelle), en brevet d’études professionnelles (BEP), en certificat d’aptitude professionnelle (CAP), aux apprentis, mais aussi aux « décrocheurs » sortis du système scolaire.

L’objectif du SNU est justement de faire se rencontrer l’ensemble des jeunes de la même génération issus de tous les milieux sociaux, de toutes les origines ethniques et/ou religieuses et de tous les niveaux scolaires. A terme, le dispositif a vocation à toucher environ 800.000 appelés par an. Pour la deuxième année de mise en place du SNU qui concernera cette fois-ci tous les départements contrairement à la première édition, GGabriel Attal, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. attend 30.000 volontaires.

Le SNU, à quel âge ?

La phase obligatoire du futur service national universel est effectuée aux alentours de 16 ans. La phase facultative est, elle, accessible jusqu’au 25ème anniversaire du jeune.

Le SNU sera-t-il obligatoire ?

Seule la première phase du service national universel sera obligatoire. A l’image de l’actuelle journée défense et citoyenneté (JDC) effectuée vers l’âge de 16 ans, la présentation d’un certificat de participation à la phase I du SNU pourrait être exigée pour pouvoir passer les épreuves du baccalauréat, du BEP, du permis de conduire et s’inscrire aux concours administratifs. La phase II du SNU ne sera, quant à elle, pas obligatoire. Le SNU devrait devenir obligatoire dans l’année scolaire 2022-2023.

SNU, quelle date de mise en place ?

Le 4 mars 2019 a été lancée une plateforme d’inscription en ligne pour les volontaires à la phase pilote. Celle-ci a débuté le 16 juin 2019 dans 13 départements (2) pour deux semaines. Quelque 2.000 jeunes volontaires (lycéens, décrocheurs scolaires, apprentis, élèves en CAP) âgés de 15 à 16 ans y ont participé

Outre la plateforme, un appel au volontariat a été organisé dans les lycées, les centres de formation des apprentis (CFA), les missions locales pour toucher les décrocheurs scolaires et les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) pour recruter des jeunes en situation de handicap.

Une seconde campagne a été lancée en 2020, cette fois-ci dans tous les départements. Les volontaires âgés de 15, 16 et 17 ans peuvent s’y inscrire via la plateforme jusqu’au 3 avril, à 17 heures. Les affectations seront divulguées début mai. Le séjour de cohésion aura lieu du 22 juin au 3 juillet 2020 obligatoirement en dehors du département de résidence du volontaire.

(1) L’ancienne secrétaire d’État aux victimes Juliette Méadel, le conseiller d’État Thierry Tuot, le préfet Kléber Arhoul, la déléguée générale de la Fédération de la formation professionnelle Emmanuelle Pérès, la présidente de l’association CitizenCorps Marion Chapulut et le consultant en ressources humaines Guy Lavocat.

(2) Ardennes, Cher, Creuse, Eure, Guyane, Hautes-Pyrénées, Haute-Saône, Loire-Atlantique, Morbihan, Nord, Puy-de-Dôme, Val-d’Oise et Vaucluse.