SNU : tout savoir sur le service national universel

Par Jean-Philippe Dubosc
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Promis par Emmanuel Macron, le service national universel est un dispositif visant à favoriser le « brassage social » et le partage des « valeurs républicaines » chez les jeunes. Les premières expérimentations ont eu lieu en 2019 dans 13 départements. Cette année, 18.000 jeunes de 15 à 17 ans participent à la seconde campagne, toujours facultative, mais qui aura lieu cette fois-ci sur l’ensemble du territoire. Le séjour de cohésion se déroulera du 21 juin au 2 juillet 2021 dans 143 centres.

Service national universel, c’est quoi ?

Au cours de la campagne à l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron a promis le rétablissement d’un « service national obligatoire et universel » dans le but d’accroître la mixité sociale et la cohésion républicaine des jeunes Français avant leur entrée dans la vie active.

Arrivé à l’Élysée, le nouveau chef de l’État a demandé à un groupe de travail d’examiner les conditions dans lesquelles pourrait être mis en place le dispositif, rebaptisé « service national universel » ou SNU. Ce groupe, présidé par le général de brigade Daniel Ménaouine et constitué de six personnalités (1), a remis fin avril 2018 un rapport au gouvernement.

Sur la base de ce document, le premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, a présenté les grands contours du SNU lors du Conseil des ministres du 27 juin 2018. Le service national universel comprend deux phases.

Première phase obligatoire

Une première phase obligatoire d’un mois est effectuée durant les vacances scolaires au plus tôt à la fin de la classe de troisième et au plus tard avant l’entrée en première. Cette phase est elle-même divisée en deux temps : une période « de cohésion » de 15 jours en hébergement collectif qui permettra le « brassage social » et le « partage des valeurs de la République », suivie d’une autre période de 12 jours consécutifs (ou 84 heures réparties au cours de l’année) de « mission d’intérêt général » réalisée en petits groupes et pas forcément en internat.

Les jeunes portent une tenue SNU, dont le design est issu d’un concours organisé auprès de lycées. Les activités sont organisées autour de sept thématiques : défense, sécurité et résilience nationales ; citoyenneté et institutions nationales et européennes ; autonomie, connaissance des services publics et accès aux droits ; développement durable et transition écologique ; activités physiques et sportives et de cohésion ; culture et patrimoine ; découverte de l’engagement.

La journée commence par un levée de drapeau au chant de la Marseillaise. La matinée et l’après-midi sont consacrées aux activités collectives. Les jeunes sont notamment formés aux gestes qui sauvent, aux réactions à avoir en cas d’attentat ou de catastrophe naturelle et recevront des modules sur l’environnement ou les valeurs de la République. Un module de self-défense et d’auto-défense est proposé aux jeunes filles.

Un programme d’accompagnement à l’insertion sociale et professionnelle est proposé à travers un dépistage de l’illettrisme, un bilan de santé et un bilan de compétences. Un temps libre est prévu en fin de journée, ainsi qu’un moment « de démocratie interne » (échanges). Le coucher est fixé à 22h30.

Les jeunes sont accompagnés par des éducateurs spécialisés, des militaires réservistes ou retraités, des professeurs missionnés pour le SNU, disposant a minima du brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) ou d’un diplôme équivalent. Le taux d’encadrement est d’un adulte pour 6 jeunes en moyenne. Au total, 450 cadres devraient évoluer en permanence dans les centres SNU.

Seconde phase facultative

Une seconde phase facultative d’une durée de 3 à 12 mois peut être effectuée avant l’âge de 25 ans. Cette période d’engagement, qui peut être réalisée dans le cadre des dispositifs de volontariat existants (dont le service civique), doit porter, au choix du volontaire, sur :

  • la défense et la sécurité (engagement volontaire dans la gendarmerie, les pompiers, la sécurité civile)
  • l’accompagnement des personnes (âgées, handicapées, illettrées…)
  • la préservation du patrimoine
  • la protection de l’environnement
  • le tutorat

Cette liste ne se veut pas exhaustive : d’autres thèmes pourront être ajoutés par la suite. C’est le jeune qui choisit son organisme accueillant qui peut être un service public, une collectivité, une association, la gendarmerie ou les pompiers.

À l’issue du programme, le volontaire se voit offrir une première inscription au code de la route. Un certificat de participation au SNU lui est remis lors d’une cérémonie en préfecture.

Le SNU, pour qui ?

Le service national universel concerne tous les composants d’une tranche d’âge. Il s’adresse donc aussi bien aux garçons qu’aux filles, aux jeunes scolarisés et non scolarisés (la scolarité n’est plus obligatoire après 16 ans). Le SNU s’applique ainsi aux élèves de classe de troisième, de seconde quelle que soit la filière (générale, technologique, professionnelle), en brevet d’études professionnelles (BEP), en certificat d’aptitude professionnelle (CAP), aux apprentis, mais aussi aux « décrocheurs » sortis du système scolaire.

L’objectif du SNU est justement de faire se rencontrer l’ensemble des jeunes de la même génération issus de tous les milieux sociaux, de toutes les origines ethniques et/ou religieuses et de tous les niveaux scolaires. À terme, le dispositif a vocation à toucher environ 800.000 appelés par an.

En 2020, le service national universel devait être élargi à l’ensemble des départements. Mais l’édition a été annulée à cause de l’épidémie de Covid-19, ce déploiement n’a pas pu être réalisé. Pour la campagne 2021, 18.000 jeunes (dont 55% de filles, 35% issus du milieu rural, 5,3% originaires d’un quartier difficile et 4,2% en situation de handicap) ont été sélectionnés à partir de 29.000 dossiers de candidatures déposés.

Le SNU, à quel âge ?

La phase obligatoire du futur service national universel est effectuée aux alentours de 16 ans. La phase facultative est, elle, accessible jusqu’au 25ème anniversaire du jeune.

Le SNU est-il obligatoire ?

Seule la première phase du service national universel est obligatoire. À l’image de l’actuelle journée défense et citoyenneté (JDC) effectuée vers l’âge de 16 ans, la présentation d’un certificat de participation à la phase I du SNU pourrait être exigée pour pouvoir passer les épreuves du baccalauréat, du BEP, du permis de conduire et s’inscrire aux concours administratifs. La phase II du SNU n’est, quant à elle, pas obligatoire.

Le SNU devrait devenir obligatoire à l’horizon 2026. Une date qui « n’est pas consolidée et nécessitera un projet de loi », a indiqué Sarah El Haïry, secrétaire d’État à la Jeunesse et à l’Engagement, début janvier 2021 dans une interview au Parisien. En février 2019, le secrétaire d’État à la Jeunesse de l’époque, Gabriel Attal, avait évoqué lundi l’horizon 2022-2023 pour l’extension du service national universel.

SNU, quelle date de mise en place ?

Le 4 mars 2019 a été lancée une plateforme d’inscription en ligne pour les volontaires à la phase pilote. Celle-ci a débuté le 16 juin 2019 dans 13 départements (2) pour deux semaines. Quelque 2.000 jeunes volontaires (lycéens, décrocheurs scolaires, apprentis, élèves en CAP) âgés de 15 à 16 ans y ont participé.

Outre la plateforme, un appel au volontariat a été organisé dans les lycées, les centres de formation des apprentis (CFA), les missions locales pour toucher les décrocheurs scolaires et les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) pour recruter des jeunes en situation de handicap.

Pour la campagne 2021, les volontaires âgés de 15, 16 et 17 ans (les jeunes Français nés entre le 2 juillet 2003 et le 20 avril 2006) ont pu s’inscrire via la plateforme jusqu’au 20 avril. Les affectations ont été divulguées au mois de mai. Le séjour de cohésion aura lieu du 21 juin au 2 juillet 2021 dans 143 centres et obligatoirement en dehors du département de résidence du volontaire.

(1) L’ancienne secrétaire d’État aux victimes Juliette Méadel, le conseiller d’État Thierry Tuot, le préfet Kléber Arhoul, la déléguée générale de la Fédération de la formation professionnelle Emmanuelle Pérès, la présidente de l’association CitizenCorps Marion Chapulut et le consultant en ressources humaines Guy Lavocat.

(2) Ardennes, Cher, Creuse, Eure, Guyane, Hautes-Pyrénées, Haute-Saône, Loire-Atlantique, Morbihan, Nord, Puy-de-Dôme, Val-d’Oise et Vaucluse.

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