Vaccin contre le coronavirus : pour qui, quand, à quel prix


La campagne gouvernementale de vaccination contre le nouveau coronavirus a débuté le 27 décembre 2020, avec l’arrivée des premiers vaccins homologués. Qui est vacciné en priorité ? Comment se déroule la vaccination ? Est-elle obligatoire ? Quel est son prix ? Décryptage.

Vaccin contre le nouveau coronavirus : pour qui ?

La campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus cible à terme le plus grand nombre de personnes. Selon le calendrier annoncé par le premier ministre Jean Castex, lors d’une conférence de presse commune tenue le 3 décembre 2020, le vaccin contre la Covid-19 est d’abord réservé en priorité aux personnes les plus vulnérables, pour qui le virus est le plus dangereux, avant d’être, à terme, progressivement ouvert à une partie plus large de la population.

Tout le monde n’a pas pu être vacciné contre la Covid-19 dès l’arrivée des premiers vaccins (après homologation), fin 2020. Le gouvernement a misé sur la stratégie de priorisation des populations à vacciner. Il s’est, de facto, basé sur l’ordre très précis des populations à vacciner établi par la Haute autorité de Santé (HAS).

Ensuite, le 30 novembre 2020, cette même Haute autorité de Santé a indiqué que « dans un premier temps », aucune autorisation de mise sur le marché des vaccins pour les personnes âgées de moins de 18 ans ne serait délivrée, faute de données issues d’essais cliniques. « À ce stade, les recommandations s’arrêtent aux personnes majeures », a confirmé le ministre de la Santé Olivier Véran, lors de la conférence de presse gouvernementale du 3 décembre. « Peut-être qu’elles évolueront », mais « pour les prochains mois, nous sommes loin d’un public mineur », a-t-il ajouté. En clair, cela signifie que les enfants et les adolescents, jugés pour l’heure moins à risque, ne sont pas concernés par la campagne de vaccination.

Pour ralentir la progression de la pandémie de coronavirus, le gouvernement a finalement décidé, depuis début janvier 2021, d’élargir la campagne de vaccination contre la Covid-19. Le calendrier initial (voir ci-dessous) a donc été modifié.

Covid-19 : qui peut se faire vacciner à ce jour ?

Depuis fin décembre 2020 : les résidents des Ehpad

Conformément à la stratégie du gouvernement de prioriser les injections en fonction des publics, la vaccination a commencé à se déployer le 27 décembre 2020 auprès des personnes âgées vivant en établissements. Cela concerne les résidents :

  • des établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad)
  • des unités de soins de longue durée (USLD)
  • des personnes âgées hébergées dans une résidences autonomie ou une résidence services seniors

Par ailleurs, cette première étape de vaccination concerne également en priorité les personnels âgés de plus de 65 ans qui travaillent dans les établissements cités ci-dessus, notamment lorsqu’ils sont à risque de développer une forme grave de la Covid-19.

Depuis le 4 janvier 2021 : les personnels de santé et les aides à domicile de plus de 50 ans

Les professionnels des secteurs de la santé (libéraux comme hospitaliers) âgés de plus de 50 ans et/ou présentant des facteurs de risque de forme grave de Covid-19 ont accès à la vaccination depuis le 4 janvier 2021. Sont aussi concernés les professionnels des établissements médico-sociaux et de santé de ville, selon les mêmes critères.

L’accès à la première dose du vaccin des laboratoires Pfizer et BioNTech est également ouvert aux pompiers et aux aides à domicile de plus de 50 ans depuis le 4 janvier 2021. Cela marque une volonté de protéger ces professionnels qui interviennent au quotidien auprès des personnes à risques.

Enfin, la vaccination a démarré à cette même date pour les personnes handicapées accueillies en établissements spécialisés, ainsi que leurs personnels âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités.

À partir du 18 janvier 2021 : les plus de 75 ans et les patient atteints de maladies chroniques

De nouveaux publics vont pouvoir être vaccinés contre la Covid-19 dès le 18 janvier 2021. Il s’agit, tout d’abord, des personnes âgées de 75 ans et plus vivant à leur domicile, dont la vaccination était initialement prévue en février-mars 2021. Ces personnes ne vivent donc pas des dans des établissements spécialisés pour séniors et ne présentent pas forcément de comorbidités. Ces quelque 5 millions de personnes pourront, sur la base du volontariat, aller se faire vacciner dans des centres dédiés, après avoir pris rendez-vous par téléphone ou via Internet.

Les patients atteints de certaines maladies chroniques vont aussi pouvoir se faire vacciner à partir du 18 janvier 2021 dans l’un des centres de vaccination ouverts dès cette date sur le territoire. Sont concernés les personnes, quel que soit leur âge, qui présentent une des pathologies conduisant à un très haut risque de forme grave de Covid-19. Il s’agit, notamment, des patients :

  • atteints de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie
  • atteints de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés
  • transplantés d’organes solides
  • transplantés par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques
  • atteints de poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes
  • atteints de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection (liste spécifique établie par le COS et les filières de santé maladies rares)
  • atteints de trisomie 21

Ces patients à très hauts risques, au nombre de 800.000, devront avoir une prescription médicale de leur médecin traitant pour pouvoir bénéficier d’une injection du vaccin contre le nouveau coronavirus.

Fin février – début mars 2021 : les plus de 65 ans

Selon le dernier calendrier prévisionnel du gouvernement, la campagne nationale de vaccination sera élargie aux personnes âgées de 65 à 74 ans à partir de la fin du mois de février ou du début du mois de mars 2021. L’exécutif estime que cela représente près de 14 millions de Français.

Dès le printemps 2021

À compter du printemps 2021, le gouvernement compte successivement ouvrir la vaccination contre la Covid-19 à un public plus large, par étapes. Cela concernera, selon l’ordre connu à ce jour :

  • les personnes âgées de 50 à 64 ans
  • les professionnels de plusieurs secteurs considérés comme essentiels au fonctionnement du pays durant la crise sanitaire (sécurité, éducation, alimentaire)
  • les personnes vulnérables et précaires (sans domicile fixe), ainsi que l’ensemble des professionnels qui les prennent en charge
  • les personnes qui vivent dans des hébergements confinés ou des lieux clos (prisons, établissements psychiatriques, foyers, etc.)
  • enfin, le reste de la population majeure

Inscription, rendez-vous : les démarches à suivre pour se faire vacciner

Les personnes éligibles à la vaccination à compter du 18 janvier 2021, et notamment les personnes âgées de plus de 75 ans ne résidant pas en Ehpad, doivent obligatoirement prendre rendez-vous dans un centre de vaccination si elles veulent bénéficier, à leur demande, d’une injection de vaccin. La prise de rendez-vous est ouverte depuis le 15 janvier 2021 ?

Comment prendre rendez-vous pour se faire vacciner à partir du 18 janvier 2021 ? Il existe trois possibilités :

  • par téléphone : en contactant le 0 800 009 110, un numéro national gratuit ouvert 7 jours sur 7 et accessible de 6 heures à 22 heures
  • via le site Internet public Sante.fr : il permet à toute personne souhaitant se faire vacciner de localiser le centre de vaccination le plus proche de son domicile, puis de prendre rendez-vous directement
  • via l’une des trois plateformes médicales privées spécialisées dans la prise de rendez-vous en ligne, sélectionnées par le ministère de la Santé : Doctolib, Keldoc et Maiia.

IMPORTANT : à partir du 20 janvier 2021, l’Assurance maladie fera parvenir un courrier aux personnes de plus de 75 ans pour les informer qu’elles peuvent se faire vacciner et « préciser les modalités de prise de rendez-vous ».

Où se faire vacciner contre le nouveau coronavirus ?

Où les personnes volontaires peuvent-elles se faire administrer le vaccin contre la Covid-19 ? Cela dépend avant tout du profil du candidat à la vaccination.

Concernant les personnes âgées résidant dans un Ehpad, une unité de soins de longue durée ou une résidence spécialisée, la vaccination se déroule à l’intérieur de l’établissement. Réalisée par un infirmier ou une infirmière, elle est organisée par les médecins traitants des résidents, dans le cadre d’un protocole de recueil du consentement du résident (voir plus bas).

Les professionnels qui travaillent dans un établissement de santé ou un Ehpad peuvent se faire injecter le vaccin dans leur établissement.

Quant aux autres professionnels de la santé et du secteur médico-social, ils sont tenus de prendre contact avec un centre de vaccination pour obtenir un rendez-vous.

C’est cette même démarche (prise de rendez-vous obligatoire) que le grand public devra réaliser pour se faire vacciner dans un centre de vaccination.

Qui peut vacciner contre la Covid-19 ?

Quels professionnels de santé seront chargés de la vaccination contre la Covid-19 ? Lors de la conférence de presse gouvernementale du 3 décembre 2020, le premier ministre Jean Castex a confirmé que les médecins généralistes auront un rôle central. « Il est souhaitable que le médecin généraliste soit au cœur du dispositif et en particulier le médecin traitant », a assuré le chef du gouvernement.

« Chacun doit pouvoir se faire vacciner par un professionnel de santé à proximité de chez lui, qu’il connaît et en qui il a confiance », a insisté de son côté le ministre de la Santé Olivier Véran.

Pour l’heure, l’ensemble des professionnels de santé ont la possibilité de participer à la campagne de vaccination, y compris les étudiants en santé (dans la limite de leurs compétences en la matière). N’y sont pas associés, pour le moment, les pharmaciens.

Les médecins du travail sont, au même titre que les médecins généralistes, autorisés à vacciner. Par une ordonnance en date du 2 décembre 2020, le gouvernement leur accorde le droit de participer, jusqu’au 16 avril 2021, « aux actions de vaccination définies par l’État » contre la Covid-19.

Le 24 novembre 2020, Emmanuel Macron a annoncé que la campagne de vaccination sera organisée conjointement par « les autorités sanitaires avec l’État et les collectivités locales », qui « définiront les modalités pratiques du déploiement des vaccins avec les hôpitaux, les maisons de retraite et l’ensemble des médecins de ville ».

Où trouver un centre de vaccination ?

Lors d’une conférence de presse, le premier ministre Jean Castex a annoncé, le 14 janvier 2021, que « plus de 700 centres de vaccination » seront ouverts à partir du 18 janvier 2021 sur l’ensemble du territoire pour permettre d’opérer la vaccination, dans un premier temps, des plus de 75 ans et des personnes présentant un risque de faire une forme grave de la Covid-19 pour cause de comorbidités.

Où trouver le centre de vaccination le plus proche de chez soi ? Plusieurs options existent :

  • se rendre sur l’une des plateformes de prise de rendez-vous médicaux en ligne sélectionnées par le gouvernement (DoctolibKeldoc, Maiia)
  • consulter la liste sur le site Sante.fr

POUR INFO : la personne volontaire pour se faire vacciner contre la Covid-19 est totalement libre de choisir son centre de vaccination.

Dates de vaccination contre la Covid-19 : le calendrier du initial gouvernement

Quelle est la chronologie de vaccination contre la Covid-19 adoptée par le gouvernement ? Dans un avis rendu public le 30 novembre 2020, la Haute autorité de Santé (HAS) avait établi une stratégie vaccinale en cinq phases. Finalement, le 3 décembre 2020, le gouvernement a résumé les recommandations de la HAS en trois grandes étapes.

Un calendrier qui était toutefois soumis à une condition de taille : que l’Union européenne (UE) valide le ou les vaccins en préparation. Le 21 décembre 2020, l’UE a autorisé le vaccin de Pfizer/BioNTech, après le feu vert du régulateur européen, l’Agence européenne des médicaments (AEM). Olivier Véran, le ministre de la Santé, a annoncé que les premières vaccinations démarreraient en France le dimanche 27 décembre. La première vaccination a effectivement eu lieu ce jour-là dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Sevran, en Seine-Saint-Denis, où une résidente de 78 ans a reçu la première dose du vaccin.

Phase 1 (dès la fin décembre 2020) : un million de personnes prioritaires traitées

Selon le calendrier de vaccination anti-Covid envisagé dans un premier temps par le gouvernement, le début de la phase 1 était fixé à janvier 2021. Toutefois, le premier ministre Jean Castex espérait un démarrage des vaccinations « dès la dernière semaine de décembre », dans la foulée de l’obtention de l’autorisation par les autorités sanitaires de mise sur le marché des vaccins.

Le 27 décembre 2020, une résidente au sein de l’unité de soins de longue durée de l’hôpital René-Muret de Sevran, en Seine-Saint-Denis, a été la première patiente d’un Ehpad à se faire vacciner contre le nouveau coronavirus en France.

Compte tenu du nombre limité de doses qui seront disponibles au démarrage de la campagne de vaccination, cette première étape vise à vacciner un million de personnes majeures considérées comme prioritaires. Ce chiffre d’un million « correspond aux quantités de vaccins qui nous seront livrées au cours du premier mois », a précisé le premier ministre Jean Castex le 3 décembre 2020.

Il s’agit :

  • des personnes âgées résidant en établissement collectifs (maison de retraite, Ehpad, unités de soins de longue durée…)
  • des personnels exerçant dans ces établissements lorsqu’ils sont âgés de plus de 65 ans et/ou présentent un risque de développer une forme grave de Covid-19

Jean Castex a précisé, le 16 décembre 2020 devant les députés, que « la première phase s’échelonnera sur une période de six à huit semaines, pour tenir compte du délai de 21 jours » entre les deux injections nécessaires à la vaccination.

Les premières doses de vaccin administrées lors de cette première phase sont celles élaborées conjointement par les laboratoires Pfizer et BioNTech.

Phase 2 (à partir de début mars 2021) : élargissement à 14 millions de personnes

La phase 2 de la campagne de vaccination contre la Covid-19 « devrait commencer en février et s’étendra jusqu’au printemps », avait indiqué Jean Castex, le 3 décembre 2020. Devant les députés, le chef du gouvernement a expliqué, le 16 décembre 2020, qu’elle aurait finalement lieu autour de début mars 2021.

Selon le calendrier effectif des autorisations de mise sur le marché et grâce aux nouvelles livraisons de doses, elle permettra d’élargir l’administration des vaccins à 14 millions d’individus majeurs (toujours définis par la Haute autorité de santés). Il s’agit des personnes qui présentent « un facteur de risque lié à l’âge ou à une pathologie chronique », ainsi que « certains professionnels de santé ».

Cet élargissement progressif vise :

  • les personnes âgées de plus de 75 ans (hors établissement collectifs type Ehpad)
  • puis, les personnes ayant entre 65 et 74 ans
  • les professionnels de la santé ou du secteur médico-social âgés de 50 ans et plus et/ou présentant une ou des comorbidités
  • les personnes présentant un facteur de risque (autre que celui lié à l’âge) et ne travaillant pas dans le secteur de la santé/sanitaire

Lors de cette deuxième phase, les vaccins élaborés Moderna, AstraZeneca, CureVac et Janssen viendront s’ajouter à ceux Pfizer et BioNTech.

Phase 3 (dès la fin du printemps 2021) : la vaccination ouverte à toute la population

« Ça n’est qu’à la fin du printemps que nous ouvrirons la vaccination à l’ensemble de la population », a déclaré Jean Castex, le 16 décembre 2020 à l’Assemblée nationale. Cela marque un léger glissement, alors que le premier ministre avait indiqué, deux semaines plus tôt, vouloir initier cette phase « à partir du printemps ».

Après les deux premières phases, qui concerneront potentiellement 15 millions de Français et auront déjà permis de cibler les personnes (professionnels ou individus) les plus à risque, la troisième phase s’ouvrira ainsi à davantage de personnes. « Le reste de la population, majeure », pourra avoir accès au vaccin, a expliqué le ministre de la Santé Olivier Véran, le 3 décembre 2020.

Lors de cette « campagne grand public », les personnes concernées ne seront pas vaccinées au même moment. La vaccination sera progressive, selon l’ordre suivant :

  • les personnes âgées de 50 à 64 ans
  • les professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays en période de pandémie (notamment les personnels de sécurité, d’éducation ou de l’alimentation)
  • les personnes vulnérables et précaires et les professionnels qui les prennent en charge
  • les personnes vivant dans des hébergements confinés ou des lieux clos
  • enfin, le reste de la population majeure

Lors de ce cette phase 3, qualifiée de « campagne de vaccination de masse » par Olivier Véran, les vaccins élaborés par le laboratoire Sanofi viendront renforcer le dispositif.

Les phases de vaccination recommandées par la Haute autorité de santé

En amont de la présentation par le gouvernement de son calendrier vaccinal, le 3 décembre 2020, la Haute autorité de santé (HAS) avait, quelques jours auparavant, émis son plan de vaccination contre la Covid-19. C’est à partir des recommandations de la HAS que l’exécutif a établi sa propre chronologie de la vaccination, qui se déploiera en trois phases à compter de janvier 2021.

Dans son rapport remis le 30 novembre 2020, la HAS a préconisé une stratégie de vaccination en cinq étapes progressives, et selon un ordre de priorité. Cette priorisation est établie au regard de deux critères : « le risque de faire une forme grave de la Covid-19 » et « le risque d’exposition au virus ».

Les trois premières phases établies par la HAS ciblent les publics prioritaires. Elles se déclinent ainsi :

  • PHASE 1 :
    * les personnes âgées résidant en Ehpad ou dans un autre type d’hébergement collectif (maison de retraite, unités de soins de longue durée…)
    * les professionnels du secteur de la santé, du secteur médico-social et du transport sanitaire qui travaillent dans ces établissements, qui sont âgés de plus de 65 ans et/ou qui présentent une ou des comorbidités
  • PHASE 2 :
    * les personnes ayant plus de 75 ans
    * puis les personnes de 65 à 74 ans ayant une comorbidité
    * puis les autres personnes de 65-74 ans sans comorbidité
    * les professionnels du secteur de la santé, du médico-social et du transport sanitaire (avec une priorité aux professionnels âgés de plus de 50 ans et/ou présentant une comorbidité)
  • PHASE 3 :
    * les personnes de plus de 50 ans ou de moins de 50 ans présentant une ou des comorbidités
    * les professionnels du secteur médico-social et du transport sanitaire non concernés par la phase 1 et la phase 2
    * les professionnels des secteurs indispensables au fonctionnement du pays durant la pandémie (sécurité, éducation…)
  • PHASE 4 : elle concerne les personnes fortement exposées au Covid-19 et qui n’ont pas encore été vaccinées (car âgées de moins de 50 ans et/ou ne présentant aucune comorbidité). Il s’agit, entre autres :
    * des professionnels dont l’environnement de travail favorise une infection (milieu clos, contacts réguliers avec du public…)
    * des personnes vulnérables ou précaires avec un pronostic moins favorable en cas d’infection par le virus du Sars-Cov-2 (les sans domicile fixe, les résidents d’hôpitaux psychiatriques, les détenus…)
  • PHASE 5 : cette dernière phase met en place la vaccination des personnes majeures (plus de 18 ans) ne présentant pas de risque.

Dans son rapport prévisionnel, la Haute autorité de santé estime que la phase 5 sera atteinte au plus tôt au cours de l’été 2021 si le gouvernement suit la stratégie qu’elle propose.

Ces recommandations de la HAS devront être actualisées en fonction des données sur chaque vaccin, leur disponibilité et les éventuelles tensions d’approvisionnement.

Pfizer/BioNTech, Moderna, Sanofi… Quels vaccins disponibles en France ?

Une dizaine de vaccins sont censés arriver sur le marché entre décembre 2020 et l’été 2021, a indiqué le premier ministre Jean Castex le 3 décembre 2020. Pour l’heure, la Commission européenne, comme la France, a réservé des vaccins contre la Covid-19 auprès de six institutions mandatées.

Ces six contrats d’approvisionnement ont été signés avec :

  • Pfizer / BioNTech (association des laboratoire américain Pfizer et allemand BioNTech, engagés ensemble dans la course au vaccin contre le coronavirus)
  • la société de biotechnologie américaine Moderna
  • le géant pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca
  • le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson
  • Sanofi-GSK, association du laboratoires français Sanofi et de la multinationale britannique GlaxoSmithKline
  • le groupe pharmaceutique allemand CureVac

Selon Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie, ces candidats vaccins ont été sélectionnés sur la base de trois critères :

  • les vaccins les plus prometteurs sur le plan scientifique
  • les laboratoires les plus avancés dans leurs études cliniques, « pour couvrir au plus vite nos besoins »
  • les laboratoires « prêts à se soumettre à la procédure d’autorisation de mise sur le marché, en transparence »

Lors de la conférence de presse gouvernementale, le pédiatre et immunologue Alain Fischer – nommé par le premier ministre Jean Castex pour présider le conseil d’orientation de la stratégie vaccinale française – avait expliqué qu’au niveau de la France, trois vaccins étaient proches d’une autorisation d’une mise sur le marché.

Les laboratoires à l’origine de ces trois vaccins, qui ont bouclé leurs essais cliniques de phase 3 (la phase la plus avancée), misent sur deux techniques de vaccination différentes :

  • l’injection par voie intramusculaire de l’acide ribonucléique (ARN) messager, pour allemand BioNTech et Moderna
  • l’utilisation d’un virus du rhume modifié (un adénovirus) combiné en laboratoire avec la protéine Spike du coronavirus

Le gouvernement a prévenu que tout vaccin mis sur le marché en France aura bien reçu « toutes les autorisations nécessaires pour assurer la sécurité sanitaire des Français ». Cela passe successivement par un feu vert vert de l’Agence européenne du médicament (AEM), puis de la Haute autorité de santé (HAS) au niveau national.

Le 21 décembre 2020, la Commission européenne a donné, dans la foulée de l’Agence européenne des médicaments, son feu vert à l’utilisation du vaccin Pfizer / BioNTech dans les pays de l’Union européenne.

Par ailleurs, dans le cadre de la « task-force » européenne en matière d’achat de vaccins, constituée dès juin 2020, le premier ministre a indiqué que les vaccins (dont les prix sont « les mêmes pour tous les pays ») livrés à chaque pays européen arriveront « au même moment ». Par ailleurs, les quantités seront fixées « au prorata de la population » de chacun des États. Pour la France, cela représente 15% du total.

Prix du vaccin contre la Covid-19 : gratuit ou payant ?

Quel sera le coût pour se faire vacciner contre le nouveau coronavirus ? Lors de la présentation de la future campagne de vaccination anti-Covid, le 3 décembre 2020, le premier ministre Jean Castex a annoncé que le vaccin sera gratuit pour tous. Quel que soit leur âge ou leur risque face à l’épidémie, les individus qui se feront vacciner n’auront rien à débourser. L’objectif est d’éviter toute barrière économique.

L’effort financier a été pris en compte dans le budget de la Sécurité sociale pour 2021. Le gouvernement a ainsi provisionné 1,5 milliard d’euros pour acheter des vaccins début 2021.

Vaccination Covid-19 : mise en place d’un parcours patient en Ehpad

Dans le cadre de la phase 1 de la campagne de vaccination, prévue pour l’heure d’être déclenchée en janvier 2021, le gouvernement a instauré un « parcours patient » pour les personnes prioritaires. Ce parcours patient se déroulera en trois temps : la consultation, la vaccination et le suivi.

La consultation médicale

Avant toute injection d’une dose de vaccin contre la Covid-19, les personnes âgées logées en maisons de retraite, Ehpad et hôpitaux se voient proposer, en amont, une consultation médicale.

Cette étape (qui pourra être réalisée en téléconsultation) permet :

  • de vérifier l’état de santé de l’individu
  • d’évaluer d’éventuelles contre-indications à la vaccination
  • d’informer la personne sur les bénéfices-risques du vaccin (pourquoi on lui propose tel ou tel vaccin, notamment)
  • de recueillir son consentement pour la vaccination

Cette consultation médicale peut, dans certains cas, déboucher immédiatement sur la vaccination lorsque cela est envisageable. Si le patient accepte le vaccin, la deuxième partie du parcours patient peut démarrer.

IMPORTANT : en ce qui concerne les résidents en Ehpad ou en maison de retraites, les familles sont « étroitement associées » à la procédure médicale. C’est le cas, notamment, lorsque les personnes âgées en perte d’autonomie ne sont pas capables de donner leur consentement dans les meilleures conditions.

La vaccination

Après la consultation médicale vient l’étape de la vaccination, qui peut être réalisée dans la foulée de cette consultation par un médecin généraliste (ou par un infirmier, sous supervision, si besoin, du médecin traitant).

Les modalités d’injection varient en fonction du vaccin sélectionné. Ainsi, l’injection des vaccins basés sur l’acide ribonucléique (ARN) messager – de Pfizer / BioNTech et Moderna, les premiers en circulation après l’autorisation de mise sur le marché fin décembre 2020 – se fait par voie intramusculaire, au niveau du haut du bras.

Le vaccin de Pfizer / BioNTech nécessite, quant à lui, deux doses. La deuxième injection doit avoir lieu 21 jours après la première, avec une marge de manœuvre de deux à trois jours. La deuxième injection (le rappel) doit donc être anticipée au moment où la première sera réalisée.

La vaccination se fait dans le respect d’un haut niveau de sécurité imposé par le contexte sanitaire.

Le suivi médical

En aval (dès la première injection du vaccin), un suivi médical s’enclenche pour les personnes qui ont été vaccinées, afin de vérifier que tout se passe bien. Le gouvernement s’en remet à « tous les circuits de veille sanitaire et de vigilance, qui recueillent les effets indésirables (bénins, moyens ou sévères) ». Cette procédure permet d’avoir un suivi de population en temps réel.

Le vaccin contre la Covid-19 est-il obligatoire ?

Est-on obligé de se faire vacciner contre le nouveau coronavirus ? La réponse est non : chaque Français majeur (les mineurs ne sont pas concernés) aura le choix de se faire ou non vacciner.

Jean Castex a confirmé, lors de la conférence de presse gouvernementale du 3 décembre 2020, que le vaccin ne serait pas obligatoire. Tout en affirmant que le gouvernement avait fait « le choix de la confiance », le Premier ministre a souhaité que les Français « soient les plus nombreux à se faire vacciner, pour se protéger et protéger les autres ».

Le président Macron s’est lui aussi engagé à ne pas rendre obligatoire la vaccination. « Je ne crois pas à la vaccination obligatoire car on ne sait pas tout sur ces vaccins », a-t-il déclaré, ajoutant : « On ne répond pas à la défiance par l’obligation ».

Vaccination Covid-19 : quid du masque et des gestes barrières ?

Même après l’arrivée du vaccin contre la Covid-19, les Français devront s’habituer à porter le masque et à respecter les gestes barrières (se laver fréquemment les mains, maintenir une distance physique, éviter les lieux trop fréquentés…) contre le coronavirus pendant encore « plusieurs mois », a prévenu le ministre de la Santé lors de la conférence de presse du gouvernement du 3 décembre 2020. Olivier Véran n’a pas manqué de rappeler que le vaccin n’est pas synonyme de retour à la vie normale.

« C’est un formidable espoir, une prouesse de la science, mais il ne changera pas fondamentalement le cours de l’épidémie », a averti Olivier Véran. « Le vaccin est efficace sur les formes graves, ce qui ne nous garantit pas qu’il évite la transmission du virus. Nous n’avons pas suffisamment d’informations », a-t-il ajouté.

Au cours des prochains mois, « il nous faudra maintenir les gestes barrières, continuer de se faire tester et procéder au traçage des contacts », a poursuivi le ministre.