Tarifs des péages 2024 et augmentation

Par Adeline Lorence
SEO & traffic strategist : Camille Radicchi

Après avoir augmenté en moyenne de 1,86% au 1er février 2019, de 0,85% au 1er février 2020, de 0,44% au 1er février 2021, de 2% le 1er février 2022 et de 4,75% le 1er février 2023, les tarifs des péages ont de nouveau enregistré une hausse d’un peu moins de 3% au 1er février 2024. Comment est calculée cette hausse ? Qui prend cette décision ? Focus sur le mode de fonctionnement des grilles tarifaires des autoroutes.

Péages autoroutiers : Une hausse des péages inférieure à 3% en 2024

Les automobilistes doivent à nouveau mettre la main au portefeuille pour régler les frais de péages autoroutiers en 2024. Les tarifs des péages connaissent une nouvelle augmentation au 1er février 2024, compte tenu de l’inflation et des investissements des sociétés gestionnaires (les travaux effectués sur les infrastructures). La plupart des concessionnaires autoroutiers limitent leur hausse à 3%. Le 29 novembre 2023 sur RMC, le ministre délégué aux Transports de l’époque, Clément Beaune, s’était engagé à ce que la hausse soit « inférieure à 3% » en moyenne.

L’augmentation des tarifs des péages autoroutiers, applicable à compter du 1er février 2024, est mise en œuvre par la publication d’un arrêté publié au Journal Officiel du 31 janvier 2024.

L’augmentation est donc légèrement en-deçà de l’inflation, sur laquelle est (entre autres) calculée. Pour calculer les évolutions de tarifs, les concessionnaires autoroutiers se basent, en effet, sur l’inflation constatée sur la période de référence concernée (de fin 2022 à fin octobre 2023, pour la grille appliquée au 1er février 2024).

Si les hausses de tarifs s’avèrent « modérées » en 2024, il semble que les sociétés d’autoroutes entendent bien répercuter en 2025 la nouvelle taxe sur les surprofits des concessions autoroutières et des grands aéroports décidée par le gouvernement. Dans la perspective des tarifs applicables au 1er février 2024, Vinci Autoroutes avait déjà, lors des négociations, brandi la menace d’une hausse de 5% des tarifs pour compenser cette éventuelle taxe.

La hausse du prix des péages en 2024 par société d’autoroute

En 2024, la hausse moyenne des tarifs de péage est en moyenne d’un peu moins de 3%. D’après des chiffres communiqués par le concessionnaire d’autoroute Sanef (Société des autoroutes du Nord et de l’Est de la France), cette augmentation se structurait ainsi :

  • 70% de l’inflation de référence (2,71% en 2023)
  • compensation des investissements supplémentaires, hors-contrats de concession, dans le cadre du Plan d’Investissement Autoroutier (0,22% pour le projet de l’autoroute en flux libre sur Sapn)
  • les hausses varient d’un concessionnaire à l’autre

À NOTER : la répercussion du gel tarifaire de 2015 imposé par l’État n’entre plus en compte, sa dernière application ayant eu lieu en 2023.

Autoroutes : évolution du prix des péages en 2024
Source : Arrêtés publiés au Journal Officiel du 31 janvier 2024, sociétés autoroutières.
Concessionnaires Augmentation 2024Augmentation 2023
A'lienor (A 65)+ 4,31% pour les véhicules légers (catégorie 1)
+ 5,36% pour les poids lourds (catégorie 4)
+ 6,59% pour les véhicules légers (catégorie 1)
+ 7,65% pour les poids lourds (catégorie 4)
APRR (A5, A6, A42, A71, A75)+ 3,02%+ 4,5% à + 5,07% selon les axes
AREA ( A43, A48, A49)+ 3,04%+ 4,75%
ASF (A7, A10, A61, A62, A64, A89)+ 2,70%+ 5,09%
Cofiroute (A10, A11, A85)+ 2,70%+ 4,53%
Escota (A8, A50, A51) + 2,70%+ 4,68%
Sanef (A1, A4, A16, A26)+ 2,79%+ 4,62%
SAPN ( A13, A14, A29)+ 3,08%+ 4,81%

 

Les tarifs applicables à compter du 1er février 2024 sont disponibles via les sites Internet des concessionnaires :

Exemples de trajets :

  • pour un parcours en autoroute en véhicule léger entre Montauban et Toulouse sur l’A62 (réseau Aliénor), la somme à débourser à partir du 1er février 2024 est de 3,20 euros en direction du périphérique ouest et de 3,90 euros en direction du périphérique (contre, respectivement, 3,10 euros et 3,80 euros en 2023).
  • pour un trajet entre Rouen et Caen via l’A13 (réseau Sapn), il faut régler 10,20 euros, contre 10 euros en 2023

Les tarifs des péages 2024 en fonction des catégories de véhicules

Les tarifs des péages à régler en fonction de la catégorie de véhicule emprunté sur les divers tronçons n’ont pas encore été divulgués.

En 2024, les tarifs des péages augmentent en moyenne d’un peu moins de 3%. Traditionnellement, la hausse est censée compenser les surcoûts supportés par les sociétés d’autoroutes. Elle s’est répartie de la manière suivante pour chaque société d’autoroute : 70% par rapport à l’inflation + pourcentage d’investissements complémentaires demandés par l’État. Elle est appliquée à l’ensemble des véhicules autorisés à circuler sur autoroute. Ces derniers relèvent de cinq classes différentes :

  • classe 1 : véhicule ayant une hauteur totale inférieure ou égale à 2 mètres, d’un poids total autorisé en charge (PTAC) inférieur ou égal à 3,5 tonnes. Ensemble roulant ayant une hauteur totale inférieure ou égale à 2 mètres avec un véhicule tracteur d’un PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes
  • classe 2 : véhicule ayant une hauteur totale supérieure à 2 mètres et inférieure à 3 mètres, d’un PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes. Ensemble roulant ayant une hauteur totale supérieure à 2 mètres et inférieure à 3 mètres avec un véhicule tracteur d’un PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes
  • classe 3 : véhicule à deux essieux ayant soit une hauteur totale supérieure ou égale à 3 mètres, soit un PTAC supérieur à 3,5 tonnes
  • classe 4 : véhicule à plus de deux essieux ayant une hauteur supérieure ou égale à 3 mètres ou un PTAC supérieur à 3,5 tonnes. Ensemble roulant ayant une hauteur totale supérieure ou égale à 3 mètres. Ensemble roulant avec un véhicule tracteur d’un PTAC supérieur à 3,5 tonnes
  • classe 5 : Moto, side-car, trike (engin motorisé à trois roues), quad

En fonction de la catégorie de véhicule, les tarifs des péages varient. Ainsi, pour un trajet entre Paris et Lyon en partant de la gare de péage Fleury-en-Bière et en sortant à Villefranche-Limas, il faut débourser à compter du 1er février 2024 :

  • 40,40 euros pour un véhicule de classe 1
  • 63,20 euros, pour un véhicule de classe 2
  • 99,20 euros, pour un véhicule de classe 3
  • 136,20 euros, pour un véhicule de classe 4
  • 24,20 euros, pour un véhicule de classe 5

Pour savoir combien vous coûtera votre trajet par autoroute vous pouvez utiliser plusieurs simulateurs disponibles en ligne comme notamment sur autoroutes.fr, sur les sites des concessionnaires d’autoroute comme APRR ou ATMB.

À SAVOIR : le site autoroute-eco.fr propose de limiter le coût à régler aux péages en fractionnant vos trajets. Vous indiquez votre gare de péage d’entrée et celle de sortie et le site vous fournit l’intinéraire le moins onéreux.

Péages : une réduction de 30% pour les usagers réguliers

Confronté à la crise des gilets jaunes, le gouvernement avait demandé des efforts pour 2019 aux sociétés d’autoroute, à l’instar de Vinci Autoroutes, de la Sanef (groupe Abertis) et des Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR, groupe Eiffage). La ministre des Transports de l’époque, Élisabeth Borne, avait prié les concessionnaires de prendre « en compte les préoccupations des Français sur le pouvoir d’achat ».

Dans ce contexte particulier, elle avait réclamé, lors d’une réunion organisée en début d’année avec les sociétés d’autoroute, un geste « sans contrepartie de la part de l’État ou des usagers du réseau », tout en rejetant l’idée d’un « gel de court terme qui s’avérerait défavorable aux usagers sur le moyen terme ».

Finalement, mi-janvier 2019, les trois principaux concessionnaires ( Sanef/SAPN, APRR/AREA et Vinci Autoroutes) s’étaient engagés à mettre en place des tarifs préférentiels pour leurs usagers réguliers, abonnés au télépéage. Depuis, ceux-ci bénéficient de 30% de réduction sur leur facture mensuelle à partir de dix allers-retours par mois. Une mesure qui, selon le ministère, devait concerner environ un million de personnes. Du côté des sociétés d’autoroute, on avance un an après le chiffre de… 100.000 nouveaux abonnés.

Ces nouveaux abonnements, entrés en vigueur le 1er février 2019, sont valables sur l’ensemble du réseau autoroutier payant. Le ministère indique que « cette mesure a été construite afin de répondre tout particulièrement aux besoins des automobilistes empruntant le réseau autoroutier pour leurs trajets domicile-travail, et ce y compris pour les personnes travaillant à mi-temps ».

ATTENTION : ce n’est qu’à partir du onzième trajet que l’automobiliste est remboursé des dix premier aller-retours et que s’applique la réduction de 30%.

Ces abonnements (Ulysse 30 pour Vinci Autoroutes, Fréquence + pour Sanef, etc.) sont toujours actifs en 2024. Ils sont réservés aux conducteurs de voitures particulières et de deux-roues (les camions et les véhicules de fonction n’entrent pas dans ce dispositif). Ils sont accessibles, sans limite de durée, à tous les particuliers utilisateurs fréquents effectuant un itinéraire entre deux points déterminés sur l’ensemble du réseau autoroutier payant, et ce sans limitation de distance.

Pour profiter de cette offre, les automobilistes doivent donc souscrire un abonnement péage particulier. S’ils profitent déjà d’un abonnement télépéage, ils doivent le résilier pour profiter de la nouvelle offre. Avant la remise d’un nouveau badge actif, les automobilistes doivent au préalable remplir un formulaire, disponible en ligne sur les sites Internet des sociétés d’autoroute, sur lequel ils feront mention de leur trajet habituel sur autoroute qui leur permettra de profiter de la réduction de 30%. Ce document peut également être retourné par courrier. Le nouveau badge sera envoyé dans les jours qui suivent.

Le prix de l’abonnement ne peut pas dépasser 2,50 euros par mois. C’est le prix proposé par Vinci Autoroutes pour un abonnement à son offre Ulysse 30.

L’A79, première autoroute sans barrières de péage : mode d’emploi

Le 4 novembre 2022 a été marqué par la mise en service de la première autoroute à péage mais sans barrières. Les automobilistes qui empruntent les 88 kilomètres de l’A79, séparant Digoin (Saône-et-Loire) de Montmarault (Allier), peuvent désormais circuler jusqu’à 130 km/h, sans ralentir ni s’arrêter au péage pour régler le trajet.

Sur cette ancienne route nationale aménagée en autoroute à 2×2 voies, les barrières de paiement ont cédé la place à des portiques truffés en capteurs et dotés de caméras de surveillance. Ces appareils scannent les plaques d’immatriculation. Cela permet ainsi de détecter les gabarits des véhicules et leur nombre d’essieux. À partir de là, une tarification différenciée s’applique.

Le fait de ne pas s’arrêter à la barrière de péage ne signifie pas pour autant gratuité. Pour s’acquitter du paiement, le conducteur dispose de trois options :

  • un règlement automatique, via un badge télépéage (ce dernier est détecté par les portiques, ce qui déclenche automatiquement la facturation)
  • un paiement sur le site Internet de la société exploitante Aliae (Autoroute de Liaison Atlantique Europe), dans les 72 heures
  • sur l’une des 16 bornes de paiement, accessibles à pied et réparties le long de l’A79, pour un règlement en espèces ou par carte bancaire (CB)

Les automobilistes disposent de 72 heures après leur passage sous le dernier portique pour payer leur dû. En cas de non-paiement, un avis de règlement lui sera notifié avec un rappel du fonctionnement.

Passé le délai de trois jours, l’amende sera plus lourde. Le contrevenant s’expose à :

  • une indemnité forfaitaire de 10 euros, en plus du péage, si le paiement est réglé dans les quinze jours
  • une indemnité forfaitaire de 90 euros, en plus du montant du péage qui aurait dû être acquitté, si la facture n’est pas réglée dans les quinze jours
  • une amende forfaitaire majorée de 375 euros, en plus du coût du trajet, avec transmission du dossier à l’officier du ministère public (OMP)

En cas de cumul de plus de cinq dossiers en litige sur douze mois, la fraude répétée sera punie d’une amende pouvant atteindre 7.500 euros.

L’A79 ne devrait pas demeurer longtemps la seule autoroute à péage et à flux libre. Parmi les autoroutes qui pourraient prochainement basculer vers ce système figurent :

  • l’A13 (Normandie)
  • l’A14 (sortie ouest de Paris)
  • l’A4 (Lorraine)
  • l’A69 (entre Toulouse et Castres, ouverture prévue en 2024)
  • l’A40 en Haute-Savoie.

Comment est déterminé le prix des péages ?

L’augmentation des tarifs des péages est encadrée. Plusieurs phases doivent être respectées avant que cette hausse ne soit effective.

Les propositions tarifaires des sociétés concessionnaires d’autoroutes

Pour comprendre comment sont fixés les tarifs, un petit rappel sur le fonctionnement même des autoroutes peut être nécessaire. Les autoroutes appartiennent à l’Etat qui confie, pour une durée déterminée, le financement, la construction, l’entretien et l’exploitation à des sociétés concessionnaires d’autoroute (SCA). En contrepartie de l’ensemble de ces missions, elles perçoivent un péage. Au total, 19 sociétés se partagent le réseau des autoroutes.

Il y a celles appelées « les historiques » car elles se sont occupées des premières autoroutes construites. Elles sont au nombre de 10 : APRR (Autoroute Paris Rhin Rhône), Area (Association pour la réalisation et l’exploitation d’autoroutes), Vinci Autoroutes qui regroupe quatre sociétés concessionnaires (ASF pour autoroutes du sud de la France, Escota pour autoroutes Esterel, Côte d’Azur, Provence et Alpes, Cofiroute et Arcour), Sanef (Sociétés des autoroutes du nord et de l’est de la France), Sapn (Sociétés des autoroutes Paris-Normandie), ATMB (autoroute et tunnel du Mont Blanc) et SFTRF (société française du tunnel routier du Fréjus).

En parallèle de ce réseau qualifié d’historique, de nouvelles concessions ont été octroyées depuis 2001 à des sociétés privées suite à des appels d’offres. Certaines gèrent ainsi les tronçons construits récemment :

  • Adelac pour l’autoroute A41 reliant Grenoble à Genève
  • Albea pour l’A150 entre Rouen et Yvetot
  • Alicorne pour l’A88 entre Caen et Falaise
  • A’Lienor pour l’A65 entre Langon et Pau
  • Alis pour l’A28 d’Abbeville à Tours
  • Arcour pour l’A19 reliant Sens à Artenay
  • Atlandes pour l’A63 reliant l’agglomération bordelaise à la frontière espagnole
  • CCIH pour les ponts de Normandie et Tancarville
  • CEVM pour le Viaduc de Millau
  • Arcos, société concessionnaire du contournement ouest de Strasbourg

La présentation au comité des usagers de la route

Ces tarifs sont ensuite présentés au comité des usagers de la route, instance qui regroupe des représentants de l’administration, des associations d’usagers, des élus et des personnes qualifiées. Sa composition est établie par un décret publié au Journal officiel du 15 novembre 2013. Il se réunit en moyenne 5 fois par an. Sur les hausses proposées par les concessionnaires, le comité des usagers a la possibilité d’émettre un avis qu’il transmet au ministère des Transports. Attention, ce n’est pas lui qui prend la décision d’appliquer ou non ces nouveaux tarifs. Il s’agit seulement d’une instance consultative.

La validation du ministère des Transports

Les tarifs proposés par les différents concessionnaires doivent ensuite être validés par le ministère des Transports. Il vérifie que ces hausses sont bien réalisées en fonction de l’inflation, des investissements et des taxes spécifiques aux autoroutes. Un décret est ensuite publié au Journal officiel pour valider ces nouveaux prix.

À quoi sert l’argent des péages ?

Les autoroutes sont gérées et entretenues par des concessionnaires. Pour expliquer comment est utilisé l’argent des péages, l’Association des sociétés françaises d’autoroutes et d’ouvrages à péage (Asfa) prend pour exemple une facture de 10 euros en 2017 :

  • 3 euros servent à la construction et à la modernisation du réseau
  • 3,90 euros pour les impôts et taxes qui sont directement reversées à l’État
  • 1,30 euro pour l’exploitation et le service
  • 1,70 euro de bénéfices pour le concessionnaire qui utilise cette somme pour rembourser les emprunts liés à la construction, continuer à développer des services innovants et rémunérer ses actionnaires

La fraude au péage d’autoroute plus sévèrement punie

Frauder aux péages coûte désormais plus cher. Un arrêté, paru au Journal Officiel du 17 mars 2021, prévoit qu’un automobiliste qui ne règle pas son trajet autoroutier doit s’acquitter, en plus de la somme non réglée lors du passage à la barrière de péage, d’une amende de 375 euros, au lieu de 75 euros auparavant.

Le texte prévoit également une hausse conséquente des frais de dossier et des sanctions accrues pour les automobilistes récidivistes.

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