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En 2018, les tarifs des péages vont augmenter en moyenne de 2%. Comment est calculée cette hausse ? Qui prend cette décision ? Focus sur le mode de fonctionnement des grilles tarifaires des autoroutes.

PLAN

- Les tarifs des péages 2017 en fonction des catégories de véhicules

- Quelle augmentation du prix des péages en 2018 ?

- Comment est déterminé le prix des péages ?

- A quoi sert l'argent des péages ?

Les tarifs des péages 2017 en fonction des catégories de véhicules

En 2017, les tarifs des péages ont augmenté en moyenne de 0,76 %. Cette hausse est censée compenser les surcoûts supportés par les sociétés d’autoroutes. Elle se répartit de la manière suivante : +0,25 % par rapport à l’inflation, + 0,21 % par rapport aux investissements complémentaires demandés par l’Etat et + 0,30 % de répercussion de la redevance domaniale décidée par le gouvernement. Elle est appliquée à l’ensemble des véhicules autorisés à circuler sur autoroute. Ces derniers relèvent de cinq classes différentes :
-Classe 1 : véhicule ayant une hauteur totale inférieure ou égale à 2 mètres, d’un poids total autorisé en charge (PTAC) inférieur ou égal à 3,5 tonnes. Ensemble roulant ayant une hauteur totale inférieure ou égale à 2 mètres avec un véhicule tracteur d’un PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes.
- Classe 2 : véhicule ayant une hauteur totale supérieure à 2 mètres et inférieure à 3 mètres, d’un PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes. Ensemble roulant ayant une hauteur totale supérieure à 2 mètres et inférieure à 3 mètres avec un véhicule tracteur d’un PTAC inférieur ou égal à 3,5 tonnes.
- Classe 3 : véhicule à deux essieux ayant soit une hauteur totale supérieure ou égale à 3 mètres, soit un PTAC supérieur à 3,5 tonnes.
- Classe 4 : véhicule à plus de deux essieux ayant une hauteur supérieure ou égale à 3 mètres ou un PTAC supérieur à 3,5 tonnes. Ensemble roulant ayant une hauteur totale supérieure ou égale à 3 mètres. Ensemble roulant avec un véhicule tracteur d’un PTAC supérieur à 3,5 tonnes.
- Classe 5 : Moto, side-car, trike (engin motorisé à trois roues), quad

En fonction de la catégorie de véhicule, les tarifs des péages varient. Ainsi, pour un trajet entre Paris et Lyon en partant de la gare de péage Fleury-en-Bière et en sortant à Villefranche-Lima, il faudra débourser :
- 34,10 euros pour un véhicule de classe 1
- 53,30 euros, pour un véhicule de classe 2
- 83,10 euros, pour un véhicule de classe 3
- 114,20 euros, pour un véhicule de classe 4
- 20,30 euros, pour un véhicule de classe 5

Pour savoir combien vous coutera votre trajet par autoroute vous pouvez utiliser plusieurs simulateurs disponibles en ligne comme notamment sur autoroutes.fr, sur les sites des concessionnaires d’autoroute comme APRR ou ATMB

 A savoir : le site autoroute-eco.fr propose de limiter le coût à régler aux péages en fractionnant vos trajets. Vous indiquez votre gare de péage d'entrée et celle de sortie et le site vous fournit l'intinéraire le moins onéreux.

Quelle augmentation du prix des péages en 2018 ?

En 2018, la hausse moyenne des tarifs de péage sera de 2 %. D’après des chiffres communiqués par le concessionnaire d’autoroute APRR (Autoroute Paris Rhin Rhône), cette augmentation se structure ainsi :
- 0,76 % en répercussion de la hausse de la redevance domaniale prélevée par l’État
- 0,37 % pour les investissements supplémentaires, hors-contrats de concession demandés par l’Etat
- 0,87% par rapport au taux d’inflation constaté en octobre 2017
Les hausses varient d’un concessionnaire à l’autre.

 

Evolution du prix des péages en 2018
Concessionnaires  Augmentation en 2018
APRR + 2%
AREA + 2,40%
ASF + 1,34%
Cofiroute - Interurbain + 1,34%
Escota + 1,34%
Sanef + 1,39%
Sapn + 1,39%
ATMB - Autoroute + 1,03%
SFTRF - Autoroute + 1,03%
Adelac - A 41 + 2,90%
Albea - A 150 + 3%
Alicorne - A 88 + 1,50%
A'lienor - A 65 + 3,50%
Alis - A 28 + 3,50%
APRR - Tunnel Maurice Lemaire + 1,70%
Arcour - A 19 + 3 à 4 %
ASF - Tunnel du Puymorens Non communiqué
Atlande - A 63 + 2,80%
CCIH - Pont de Normandie et de Tancarville Non communiqué
CEVM - Viaduc de Millau + 3 % (été) et 3,8 % (hors été)
Cofiroute - Duplex A 86 + 3,23%
Source : Association 40 millions d'automobilistes - 23 novembre 2017.

 

Exemples de trajets :
- Pour un parcours en autoroute en véhicule léger entre Alençon et Rouen sur l’A28, vous déboursez 22,50 euros en 2017. Au 1er février 2018, ce prix grimpera à 23,30 euros après l’augmentation prévue de 3,50%.
- Pour un trajet entre Saint-Julien-en-Gennevois et Annecy Nord sur l’A 41, il faut régler 7,60 euros, un tarif qui augmentera à 7,82 euros à compter du 1er février 2017.

Comment est déterminé le prix des péages ?

L’augmentation des tarifs des péages est encadrée. Plusieurs phases doivent être respectées avant que cette hausse ne soit effective.

Les propositions tarifaires des sociétés concessionnaires d’autoroutes

Pour comprendre comment sont fixés les tarifs, un petit rappel sur le fonctionnement même des autoroutes peut être nécessaire. Les autoroutes appartiennent à l’Etat qui confie, pour une durée déterminée, le financement, la construction, l’entretien et l’exploitation à des sociétés concessionnaires d’autoroute (SCA). En contrepartie de l’ensemble de ces missions, elles perçoivent un péage. Au total, 19 sociétés se partagent le réseau des autoroutes.
Il y a celles appelées « les historiques » car elles se sont occupées des premières autoroutes construites. Elles sont au nombre de 10 : APRR (Autoroute Paris Rhin Rhône), Area (Association pour la réalisation et l’exploitation d’autoroutes), Vinci Autoroutes qui regroupe quatre sociétés concessionnaires (ASF pour autoroutes du sud de la France, Escota pour autoroutes Esterel, Côte d’Azur, Provence et Alpes, Cofiroute et Arcour), Sanef (Sociétés des autoroutes du nord et de l’est de la France), Sapn (Sociétés des autoroutes Paris-Normandie), ATMB (autoroute et tunnel du Mont Blanc) et SFTRF (société française du tunnel routier du Fréjus).
En parallèle de ce réseau qualifié d’historique, de nouvelles concessions ont été octroyées depuis 2001 à des sociétés privées suite à des appels d’offres. Certaines gèrent ainsi les tronçons construits récemment : Adelac pour l’autoroute A41 reliant Grenoble à Genève, Albea pour l’A150 entre Rouen et Yvetot, Alicorne pour l’A88 entre Caen et Falaise, A’Lienor pour l’A65 entre Langon et Pau, Alis pour l’A28 d’Abbeville à Tours, Arcour pour l’A19 reliant Sens à Artenay, Atlande pour l’A63 reliant l’agglomération bordelaise à la frontière espagnole, CCIH pour les ponts de Normandie et Tancarville, CEVM pour le Viaduc de Millau et Arcos, société concessionnaire du contournement ouest de Strasbourg.

La présentation au comité des usagers de la route

Ces tarifs sont ensuite présentés au comité des usagers de la route, instance qui regroupe des représentants de l’administration, des associations d’usagers, des élus et des personnes qualifiées. Sa composition est établie par un décret publié au Journal officiel du 15 novembre 2013. Il se réunit en moyenne 5 fois par an. Lors de sa dernière rencontre datant du 23 novembre 2017, les hausses proposées par les concessionnaires ont été présentées. Sur ces questions, le comité des usagers a la possibilité d’émettre un avis qu’il transmet au ministère des Transports. Attention, ce n’est pas lui qui prend la décision d’appliquer ou non ces nouveaux tarifs. Il s’agit seulement d’une instance consultative.

La validation du ministère des Transports

Les tarifs proposés par les différents concessionnaires doivent ensuite être validés par le ministère des Transports. Il vérifie que ces hausses sont bien réalisées en fonction de l’inflation, des investissements et des taxes spécifiques aux autoroutes. Un décret validant ces nouveaux prix est publié dans le courant du mois du janvier pour une application à compter du 1er février.

A quoi sert l’argent des péages ?

Les autoroutes sont gérées et entretenues par des concessionnaires. Pour expliquer comment est utilisé l’argent des péages, l’Association des sociétés françaises d’autoroutes et d’ouvrages à péage (Asfa) prend pour exemple une facture de 10 euros en 2017 :
- 3 euros servent à la construction et à la modernisation du réseau
- 3,90 euros pour les impôts et taxes qui sont directement reversées à l’Etat.
- 1,30 euro pour l’exploitation et le service
- 1,70 euro de bénéfices pour le concessionnaire qui utilise cette somme pour rembourser les emprunts liés à la construction, continuer à développer des services innovants et rémunérer ses actionnaires.