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Nicolas Sarkozy a proposé de généraliser à la France entière le système de faillite civile en vigueur en Alsace-Moselle, le dimanche 15 avril lors de son meeting de la Concorde à Paris. Si un procédé similaire existe depuis 2003, les ménages concernés par ces procédures et l'accompagnement dont ils bénéficient ne sont pas les mêmes.

C'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe. Alors que les dossiers de surendettement se multiplient (232 493 dossiers déposés en 2011, +6,6% par rapport à 2010), Nicolas Sarkozy a proposé dimanche 15 avril sur la place de la Concorde à Paris de généraliser la « faillite civile ». Cette procédure, en vigueur en Alsace-Moselle depuis 1877, avait déjà inspiré la loi Borloo du 1er août 2003 instaurant la procédure de rétablissement personnel (PRP), elle-même modifiée par la loi Lagarde de 2010.

La faillite civile concerne les personnes physiques domiciliées en Moselle (57), dans le Bas-Rhin (67) et le Haut-Rhin (68) en situation d'« insolvabilité notoire », c'est-à-dire dans l'impossibilité de payer leurs dettes privées à leurs créanciers. Cette procédure judiciaire permet à un mandataire désigné par le tribunal de grande instance (TGI) de procéder à un inventaire du patrimoine du débiteur et d'évaluer ses capacités de remboursement. A l'issue de cette procédure, le redressement judiciaire peut être prononcé, comme pour une entreprise en difficulté. Si le débiteur ne peut respecter le plan, la liquidation judiciaire est prononcée et les dettes personnelles sont effacées.

Règlement plus court pour la faillite civile

A l'instar de la faillite civile, la procédure de rétablissement personnel (PRP) est activée initialement sans liquidation judiciaire : « Elle s'adresse aux personnes qui ne possèdent pas de biens susceptibles d'être vendus pour rembourser leurs dettes », précise le site service-public.fr. En revanche la liquidation judiciaire peut être prononcée si le juge considère que la situation de l'endetté n'est pas « irrémédiablement compromise » ou qu'il n'a pas fait preuve de bonne foi. Le candidat à la PRP doit également passer au préalable devant la commission de surendettement de la Banque de France qui vérifie que sa situation ne peut pas être réglée par une conciliation ou avec des mesures imposées ou recommandées. Ce dernier est ensuite inscrit au Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) pendant cinq à huit ans. Durant cette période, il ne peut pas souscrire de crédits.

Si les buts poursuivis sont semblables, les modalités d'accompagnement diffèrent sensiblement selon Jean-Louis Kiehl, président des Chambres régionales du surendettement social (Crésus) : « Le juge contrôle le redressement en cas de faillite civile sur une courte période alors que le PRP propose une solution longue sur 8 ans. » Jean-Louis Kiehl critique ainsi la procédure de rétablissement personnel dont l'étalement sur plusieurs années fait vivre un véritable « calvaire » aux ménages. « Avec la PRP, un ménage surendetté vit 8 ans avec le RSA. Ce n'est pas vivable », insiste le président du réseau associatif d'aide aux surendettés.

Flou de la proposition de Sarkozy

Selon Jean-Louis Kiehl, « la faillite civile permet de mieux analyser les besoins des ménages. En Alsace-Moselle, 2 000 faillites sont déclarées chaque année. Toutes les familles peuvent ensuite redémarrer. Avec la PRP, environ un tiers des dossiers est redéposé ». S'il apprécie la proposition de Nicolas Sarkozy, un point de désaccord subsiste quant à la nature des ménages concernés. Jean-Louis Kiehl précise que contrairement à la PRP, la faillite civile s'applique aux « auto-entrepreneurs et aux jeunes ménages alors que le PRP concerne les personnes d'un certain âge qui n'ont aucune chance de rebondir ». Nicolas Sarkozy veut pour sa part que la faillite civile soit appliquée aux seuls « accidents de la vie ». Comprendre par là les personnes concernées par les licenciements économiques, maladies ou divorces. Cette différence de points de vue entretient un flou autour des modalités de cette proposition, notamment sur la question du profil des ménages concernés.


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