Taux de crédit immobilier : taux actuels, prévisions pour 2026 et historique depuis 2007

Par Thibault Fingonnet

Le taux de crédit immobilier détermine directement le coût de l’emprunt. Repères 2026, évolutions récentes, grille de lecture simple : l’essentiel pour comprendre les taux et situer une offre de prêt par rapport au marché.

Comprendre les taux de crédit immobilier

La compréhension des taux actuels nécessite au préalable de maîtriser plusieurs notions fondamentales qui influencent le coût global de l’emprunt.

Différence entre taux nominal et TAEG

Il ne faut pas confondre le taux nominal d’un prêt immobilier et le taux annuel effectif global (TAEG). Si ces deux indicateurs sont liés au coût d’un crédit immobilier, ils ne mesurent pas la même chose.

Le taux d’intérêt nominal (ou taux débiteur) est le taux de base appliqué au capital emprunté pour l’achat du bien immobilier. Il sert uniquement à calculer les intérêts du prêt. Il n’inclut aucun autre coût.

Le taux annuel effectif global, anciennement taux effectif global (TEG), intègre les frais nécessaires pour l’obtention du prêt immobilier. Il résume le coût total annuel du financement, exprimé en pourcentage annuel de la somme empruntée. Sont compris dans le calcul du TAEG :

  • le taux nominal
  • les frais de dossier
  • le coût de l’assurance, lorsqu’elle est obligatoire
  • les frais de garantie (en cas d’hypothèque, de caution ou de privilège du porteur de deniers)
  • les frais d’ouverture et de tenue de compte bancaire ouvert pour obtenir le crédit
  • l’évaluation du bien immobilier (hors frais de mutation)

Le TAEG indique le coût réel du crédit (tous frais compris). Il constitue le seul taux permettant de comparer objectivement deux offres de prêt. Il ne faut donc pas se focaliser uniquement sur le taux d’intérêt annoncé par la banque ou le courtier en prêt immobilier.

Les composantes d’un taux d’intérêt

Un taux d’intérêt immobilier se compose :

  • du taux de base, qui reflète le coût de l’argent pour la banque
  • des frais liés au risque, évalués en fonction du profil de l’emprunteur (revenus, apport financier, endettement)
  • de la marge commerciale de l’organisme prêteur. Les taux de crédit immobilier varient d’un établissement à l’autre et d’une région à une autre.

En général, les taux d’intérêts des crédits immobiliers sont plus bas que ceux des crédits à la consommation.

Taux fixe, taux variable et effets de la durée du prêt

Le choix entre taux fixe et taux variable est un enjeu stratégique majeur lors d’un crédit immobilier.

Le taux fixe assure à l’emprunteur une stabilité totale : un taux constant et des mensualités inchangées jusqu’au terme. En contrepartie, le taux initial est souvent plus élevé, car il inclut une prime de risque destinée à protéger la banque d’une éventuelle hausse des taux directeurs.

Le taux variable, indexé sur un indicateur de référence (comme l’Euribor), peut générer des économies si les taux baissent, mais il expose à un risque d’augmentation du montant des mensualités.

➡️ Pour réduire ce risque, il existe des taux variables « capés », dotés d’un plafond de variation. Ce type de prêt séduit lorsque les perspectives de baisse des taux sont favorables ou pour des durées courtes.

La durée du prêt pèse aussi directement sur le coût de l’opération. Plus elle est longue, plus le coût total du crédit (intérêts) augmente, malgré des mensualités plus faibles. À l’inverse, une durée d’emprunt plus courte limite fortement le coût global, mais elle exige un effort financier mensuel plus important. L’emprunteur doit donc rechercher le meilleur équilibre entre sécurité, souplesse et maîtrise du coût global de son crédit immobilier.

Niveaux actuels des taux de crédit immobilier

Taux actuels : derniers chiffres publiés (février 2026)

À la date de mise à jour de cette page, les derniers taux moyens constatés sur le marché du crédit immobilier concernent les prêts effectivement accordés en janvier 2026. Ces données, publiées avec un décalage de quelques semaines par l’Observatoire Crédit Logement / CSA, constituent la référence statistique en la matière.

En janvier 2026, le taux fixe moyen des crédits du secteur concurrentiel (hors assurance) s’est établi au plan national à 3,20%, toutes durées de prêt confondues, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA.

Le tableau ci-après récapitule les taux moyens en fonction des durées de prêt pour le mois de janvier 2026 (en attendant la publication des taux moyens de février 2026) :

Taux moyen des crédits immobilier (janvier 2026)
Taux moyen sur 15 ans3,11%
Taux moyen sur 20 ans3,24%
Taux moyen sur 25 ans3,31%

Source : l’Observatoire Crédit Logement/CSA (janvier 2026)

Ces données permettent de situer le niveau moyen des taux, mais ne reflètent pas nécessairement les conditions les plus récentes proposées par les banques.

Pour apprécier la situation au début de l’année 2026, les baromètres des principaux courtiers apportent un éclairage sur les taux affichés dans les grilles bancaires, qui servent de base à la fixation des offres de prêt.

Selon ces sources, les taux proposés en février se situent généralement (taux disponibles au 3 février 2026) :

  • sur 10 ans, dans une fourchette comprise entre 2,90% et 3,30% selon les établissements ;
  • sur 15 ans, entre 3,13% et 3,46% ;
  • sur 20 ans, entre 3,20% et 3,56% ;
  • sur 25 ans, entre 3,25% et 3,61%.

Ces fourchettes, issues des baromètres de Cafpi, Empruntis, Meilleurtaux, Vousfinancer, Artémis Courtage et Pretto, correspondent à des niveaux indicatifs observés à date. Elles peuvent varier selon la région, la politique commerciale des banques et surtout le profil de l’emprunteur.

Ces niveaux actuels des taux constituent des points de repère. Les conditions proposées à un emprunteur peuvent toutefois s’en écarter, en fonction notamment de son apport, de ses revenus et de ses charges.

Taux obtenus par les meilleurs profils

Les « meilleurs profils » d’emprunteurs sont ceux qui présentent un risque minimal pour les banques (revenus stables et élevés, apport personnel significatif, faible taux d’endettement, situation professionnelle solide). Un bon dossier (avec de l’épargne et/ou un apport et/ou une capacité d’épargne importants) leur permet de prétendre à des taux de crédit préférentiels. Les taux minimum constatés varient d’un opérateur à l’autre.

Chez les principaux courtiers, les taux proposés aux meilleurs profils en février 2026 s’établissent (taux disponibles au 3 février 2026) :

  • sur 10 ans, dans un intervalle compris entre 2,65% et 3% selon les établissements ;
  • sur 15 ans, entre 2,75% et 3,05% ;
  • sur 20 ans, entre 2,85% et 3,20% ;
  • sur 25 ans, entre 3% et 3,20%.

Ces estimations, établies par les baromètres de Cafpi, Empruntis, Meilleurtaux, Vousfinancer, Artémis Courtage et Pretto, restent purement indicatives. Elles fluctuent selon la région, la stratégie des banques et le profil de l’emprunteur.

Zoom sur les taux sur 25 ans

Les crédits immobiliers sur 25 ans présentent, en général, des taux plus élevés que ceux des durées plus courtes. Ceci s’explique par le fait que les établissements prêteurs intègrent une prime de risque liée à l’allongement de la période de remboursement.

En février 2026, les taux moyens se situent autour de 3,40% en moyenne pour les emprunteurs souhaitant financer leur projet sur 25 ans, d’après les baromètres établis à titre indicatif par les principaux réseaux de courtage (Cafpi, Empruntis, Meilleurtaux, Vousfinancer, Artémis Courtage et Pretto). En ce début d’année, les meilleurs profils (les candidats à l’emprunt disposant de revenus stables, d’un apport financier conséquent et d’une épargne solide) peuvent encore négocier des conditions préférentielles autour de 3% sur 25 ans.

Écarts de taux selon le profil d’emprunteur

En février 2026, le marché du crédit immobilier révèle toujours une segmentation marquée des conditions d’emprunt selon le profil des candidats. « Au sein d’une même banque, les écarts de taux proposés peuvent aller jusqu’à 0,60% pour un même dossier », explique Sandrine Allonier, porte-parole nationale du courtier Vousfinancer.

Concrètement, les profils les plus solides peuvent emprunter à des taux proches de 2,95% à 3,05% sur 20 ans au niveau national selon les courtiers. Les profils dits « standard », eux, se situent en moyenne autour de 3,40%.

Les revenus des emprunteurs ainsi que l’apport personnel pèsent beaucoup dans la sélection opérée par les banques pour accorder un crédit immobilier. Certains établissements bancaires intègrent le diagnostic de performance énergétique (DPE) dans l’équation, ce qui fait varier le taux proposé in fine.

Prévisions des taux pour début 2026

Mars 2026 : premières estimations

Pour le mois de mars 2026, les premières prévisions anticipent une très légère évolution à la hausse des taux de crédit immobilier.

Après l’adoption du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 au termes d’un marathon parlementaire, une incertitude demeure susceptible d’impacter sur l’évolution des taux de crédit immobilier : l’attente de la prochaine décision de la Banque centrale européenne (BCE) concernant sa politique monétaire, prévue le 5 février 2026.

Si la BCE maintient ses taux directeurs au niveau fixé en juin 2025, les taux de crédit immobilier devraient rester relativement stables en mars 2026. La tendance dépendra également de l’évolution du contexte politique intérieure.

Avril 2026 : tendances attendues

Pour le mois d’avril 2026, toute prévision sur l’évolution des taux de crédit immobilier reste très hypothétique. L’orientation des taux dépendra largement de la stabilisation politique intérieure et de la politique monétaire de la BCE dans les semaines à venir. Les candidats à l’emprunt doivent consulter régulièrement les offres du marché, la situation étant susceptible d’évoluer rapidement.

Mai 2026 : fourchettes probables

À ce stade, il est quasiment impossible de formuler des prévisions fiables d’évolution des taux de crédit immobilier pour le mois de mai 2026.

Tendance des taux en 2026

Scénarios d’évolution pour 2026

Pour l’année 2026, sauf événement politique ou géopolitique majeur, la plupart des observateurs anticipent une remontée modérée des taux de crédit immobilier.

Alors que la moyenne annuelle des taux pratiqués sur l’ensemble de l’année 2025 devrait s’établir à 3,14%, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, ce dernier table sur des taux moyens autour des 3,40% sur 20 ans en 2026.

Dans les rangs des courtiers en crédit, les prévisions ne sont pas à la baisse significative des taux pour 2026. Ainsi, le réseau Artémis Courtage, par le biais de son cofondateur Ludovic Huzieux, « ne prévoit de surchauffe d’ici la fin 2026, avec une remontée qui ne devrait, toute chose égale par ailleurs, pas dépasser les 3,50% en moyenne ».

Même perspectives du côté de Vousfinancer. « Le contexte macroéconomique et politique va sans doute peser sur une hausse des taux de crédit en 2026, mais il faudra tenir compte de l’évolution des politiques commerciales des banques, qui ajusteront leurs offres à la situation du moment », explique Sandrine Allonier, porte-parole du courtier.

2024-2025 : stabilisation autour de 3%

Les taux de crédit immobilier ont connu une période de stabilisation au cours des années 2024 et 2025. Cette séquence a fait suite à la forte hausse enregistrée au cours des années précédentes, marquées par la poussée de l’inflation résultant principalement de chocs sur les prix de l’énergie en 2021.

Après un taux moyen au plus haut entre la fin 2023 et le tout début de l’année 2024 – ils dépassaient alors les 4% en moyenne, selon l’Observatoire Crédit Logement -, les taux sont ensuite redescendus avant de se stabiliser aux alentours de 3% pour les prêts sur 20 ans ces derniers mois. En décembre 2025, le taux moyen des crédits s’établissait à 3,17%, d’après la même source.

2021-2023 : remontée progressive des taux

Les taux de crédit immobilier ont amorcé une ascension progressive entre 2021 et 2023.

Les taux moyens observés par l’Observatoire Crédit Logement ont évolué comme suit, après un plus bas historique de 1,03% en octobre 2021 :

  • légère remontée à fin 2021 : taux de 1,06% en moyenne en décembre 2021
  • accélération en 2022 : taux moyen de 2,35% en décembre 2022
  • poursuite de l’envolée en 2023 : plus haut de 4,20% en décembre 2023

Plusieurs facteurs expliquent cette remontée des taux de crédit, parmi lesquels figurent :

  • le retour de l’inflation en Europe, alimentée par la crise énergétique
  • le resserrement monétaire de la BCE, qui a relevé ses taux directeurs à plusieurs reprises

Conditions actuelles d’emprunt

Règles HCSF : ce qui s’applique en 2026

L’attribution d’un crédit immobilier aux particuliers est soumise aux respects de règles contraignantes imposées par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). Ces normes, établies en janvier 2021 par l’arbitre de l’accès au crédit immobilier, visent à encadrer l’octroi des crédits pour limiter le surendettement des ménages et protéger le système bancaire.

Les normes HCSF, toujours applicables en 2026, sont principalement de deux ordres :

  • le taux d’effort des emprunteurs (le montant total des dépenses liées à l’habitation rapporté aux revenus nets, NDLR) est limité à 35% de leurs ressources. À noter que le calcul du taux d’endettement (assurance de prêt inclus) ne prend plus en compte le remboursement du prêt relais dès lors que ce taux ne dépasse pas 80% de la valeur du bien immobilier mis en vente
  • la durée maximale du crédit immobilier ne peut, en principe, excéder 25 ans. Une tolérance de deux ans supplémentaire (jusqu’à 27 ans) est appliquée pour un achat en vente en l’état futur d’achèvement (Vefa) ou avec travaux supérieurs à 10% du projet.

Les banques disposent toutefois d’une certaine souplesse pour déroger aux normes du HCSF. Une marge de flexibilité permet ainsi aux établissements prêteurs de déroger sur 20% des nouveaux prêts accordés, notamment pour les primo-accédants (tous ceux n’ayant jamais été propriétaires de leur résidence principale, ou qui n’en possèdent pas une depuis les deux années, NDLR) et les acheteurs de résidence principale.

Durées de prêt : pratiques et limites

La durée d’un crédit immobilier varie entre 5 ans et 25 ans en France. Cette limite haute, imposée depuis janvier 2022 par le HCSF (sauf exceptions), vise à protéger les emprunteurs du surendettement.

Dans la réalité, la durée des prêts accordés se trouve aujourd’hui à un niveau élevé. D’après les dernières données communiquées par l’Observatoire Crédit Logement, la durée moyenne des crédits était de 254 mois (soit 21,17 années) en janvier 2026. En comparaison, la durée moyenne d’emprunt se situait à 161,2 mois (13 ans et un peu moins de six mois) en 2001.

La durée est devenue l’un des principaux leviers d’ajustement. Quand les taux de crédit augmentent ou que les prix immobiliers restent élevés, les banques proposent souvent d’allonger la durée du prêt pour réduire le montant des mensualités. Mais attention : si les mensualités baissent effectivement quand on emprunte sur une plus longue période, le crédit revient beaucoup plus cher au final, car on paie des intérêts pendant plus d’années. Sans compter qu’un engagement sur 25 ans expose davantage l’emprunteur aux aléas de la vie : perte d’emploi, séparation, ou besoin de revendre son bien avant la fin du remboursement.

L’âge compte également dans l’équation. Il est plus difficile d’emprunter sur 25 ans à 55 ans, dans la mesure où les assureurs refusent généralement de couvrir au-delà de 75 ou 80 ans.

Comment les banques évaluent les dossiers

Quand une banque étudie un dossier de crédit immobilier, elle cherche avant tout à mesurer la capacité de l’emprunteur à rembourser dans la durée, sans fragiliser son équilibre financier.

Pour ce faire, son analyse s’appuie sur plusieurs critères clés, parmi lesquels :

  • les revenus du demandeur : ils doivent être stables, récurrents et justifiables (avantage est souvent donné aux salariés en CDI, aux fonctionnaires, mais aussi aux travailleurs indépendants, aux professions libérales ou aux dirigeants, à condition de présenter plusieurs exercices cohérents)
  • le taux d’endettement : la mensualité d’emprunt ne doit pas, en principe, dépasser 35 % des revenus nets, assurance incluse (encadrement fixé par le Haut Conseil de stabilité financière)
  • le reste à vivre : la banque s’assure que, une fois sa mensualité remboursée, l’emprunteur disposera de suffisamment d’argent chaque mois pour assumer les dépenses courantes (alimentation, transport, énergie, impôts)
  • l’apport personnel : s’il n’est pas juridiquement obligatoire, il doit au minimum couvrir les frais de notaire et les frais de dossier
  • la gestion bancaire : des découverts fréquents, des incidents de paiement ou une inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) peuvent compromettre un dossier
  • le projet d’achat : nature du bien, localisation, cohérence du prix, usage (résidence principale, locatif), engagement de potentiels travaux d’amélioration énergétique…

Avant de solliciter un crédit, l’emprunteur doit correctement préparer son dossier en amont. Pour cela, il est impératif pour lui d’assainir ses comptes (les relevés bancaires des trois derniers mois sont passés au crible), de consolider son apport personnel, de solder (si possible) ses petits crédits en cours et de constituer de l’épargne. Calibrer son projet à ses revenus réels est souvent plus décisif que de chercher à maximiser le montant emprunté.

Lire et interpréter un taux de crédit immobilier

Taux moyen, taux plancher et taux personnalisé

Le taux moyen d’un crédit immobilier constitue une valeur représentative, calculée à partir de la moyenne statistique des taux pratiqués sur un marché ou par un ensemble d’acteurs (banques, assureurs, etc.) pour chaque profil d’emprunteur sur une période donnée. Ce taux moyen permet aux candidats de situer leur offre par rapport au marché global, mais il ne reflète pas forcément le taux qu’ils obtiendront personnellement.

Le taux plancher correspond au taux de crédit le plus bas du marché proposé par les établissements bancaires. Ce seuil minimal, en dessous duquel un taux ne peut pas descendre, est réservé aux clients présentant les profils les plus attractifs. Cette limite basse imposée ne présage pas, là non plus, du taux finalement accordé.

Le taux personnalisé désigne le taux de crédit effectivement proposé à un emprunteur donné. Il est ajusté en fonction de la situation individuelle du client. Ce taux peut être plus avantageux que le taux moyen, si le client présente des garanties solides, ou, au contraire, plus élevé en cas de risque perçu. C’est ce taux personnalisé qui détermine réellement le coût du crédit.

Exemples de mensualités sur 20 ans

Le tableau ci-dessous indique, à titre d’exemple, les taux fixes de crédit immobilier obtenus par trois types de profil d’emprunteur. Cette simulation est effectuée sur la base d’un emprunt consenti sur 20 ans pour un crédit de 200.000 euros.

Célibataire de 30 ans, employéCouple, 40 ans, cadresCouple, 55 ans, cadres supérieurs
Revenus nets mensuels2 500 euros4 000 euros6 000 euros
Taux moyen sur 20 ans3,40%3,30%3,20%
Capacité d’emprunt pour 1 500 euros de mensualités sur 20 ans (*)260 945 euros263 280 euros265 645 euros
Mensualité pour un crédit de 200 000 euros (*)1 150 euros1 139 euros1 129 euros
Coût d’un crédit de 200 000 euros (*)75 920 euros73 473 euros71 038 euros
(*) Hors assurance

Source : simulation Vousfinancer pour ToutSurMesFinances. Données chiffrées établies le 8 janvier 2026 à titre purement indicatif, hors assurance et frais de dossier. Les conditions réellement obtenues par un emprunteur peuvent varier selon son profil.

Taux d’usure : impact réel sur l’accès au crédit

Le taux d’usure est fixé trimestriellement par la Banque de France. Il constitue un plafond légal (seuil maximal de taux d’intérêt) que les établissements bancaires ne peuvent dépasser lors de l’octroi d’un crédit immobilier. Le taux d’usure correspond au taux moyen pratiqué le trimestre précédent, majoré d’un tiers.

Ce dispositif vise à protéger les emprunteurs. Mais il peut paradoxalement devenir un obstacle majeur à l’accès au crédit immobilier. Quand les taux d’intérêt augmentent rapidement, comme entre 2022 et 2024, le taux d’usure ne suit pas assez rapidement. Les banques se retrouvent alors coincées : leurs coûts de refinancement augmentent, mais elles ne peuvent pas ajuster leurs taux sans dépasser le plafond légal. Résultat : elles refusent des dossiers qui auraient pu être acceptés.

Les emprunteurs les plus pénalisés sont les profils fragiles : revenus modestes, apport personnel limité, âge avancé nécessitant une assurance emprunteur coûteuse, ou durée de prêt longue (25 ans). Pour eux, le coût total du crédit franchit facilement le seuil d’usure, rendant le financement impossible.

En 2026, malgré la stabilisation du marché, le taux d’usure reste un critère déterminant, particulièrement pour les profils atypiques.

Historique des taux depuis 2007

Périodes couvertes :

  • 2007-2008 : crise financière et hausse des taux
  • 2009-2017 : baisse structurelle
  • 2018-2021 : plancher historique
  • 2022-2023 : remontée rapide
  • 2024-2025 : reflux progressif

En résumé, les taux de crédit immobilier sont passés de plus de 5% fin 2008 à un plancher historique autour de 1% en 2021, avant de remonter fortement entre 2022 et 2023.

Comment les taux ont évolué trimestre par trimestre ?

Les données de taux fixes de crédit immobilier publiées par l’Observatoire Crédit Logement / CSA sont établies sur une base trimestrielle (trimestre par trimestre). Depuis 2007, les taux ont connu des variations importantes, avec des périodes de forte volatilité alternant avec des phases de stabilité.

* 2007-2008 : crise financière et hausse des taux

Avec la crise financière des subprimes, qui a éclaté aux États-Unis en 2007 avant de se diffuser dans le monde entier, les taux de crédit sont repartis à la hausse. La défiance sur les marchés de crédit se traduit par un environnement financier plus contraint pour les établissements prêteurs.

2008Quatrième trimestre5,07%
2008Troisième trimestre4,94%
2008Deuxième trimestre4,67%
2008Premier trimestre4,67%
2007Quatrième trimestre4,62%
2007Troisième trimestre4,39%
2007Deuxième trimestre4,08%
2007Premier trimestre3,96%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

* 2009-2017 : baisse structurelle

À partir de 2009, les banques centrales soutiennent une baisse des taux pour relancer l’économie. Cette période est marquée jusqu’en 2017 par une politique monétaire ultra accommodante de la Banque centrale européenne.

2017Quatrième trimestre1,52%
2017Troisième trimestre1,56%
2017Deuxième trimestre1,56%
2017Premier trimestre1,46%
2016Quatrième trimestre1,32%
2016Troisième trimestre1,46%
2016Deuxième trimestre1,69%
2016Premier trimestre2,02%
2015Quatrième trimestre2,17%
2015Troisième trimestre2,12%
2015Deuxième trimestre2%
2015Premier trimestre2,18%
2014Quatrième trimestre2,40%
2014Troisième trimestre2,64%
2014Deuxième trimestre2,84%
2014Premier trimestre3,01%
2013Quatrième trimestre3,06%
2013Troisième trimestre2,96%
2013Deuxième trimestre2,94%
2013Premier trimestre3,07%
2012Quatrième trimestre3,27%
2012Troisième trimestre3,48%
2012Deuxième trimestre3,60%
2012Premier trimestre3,90%
2011Quatrième trimestre3,88%
2011Troisième trimestre3,89%
2011Deuxième trimestre3,83%
2011Premier trimestre3,58%
2010Quatrième trimestre3,27%
2010Troisième trimestre3,34%
2010Deuxième trimestre3,44%
2010Premier trimestre3,61%
2009Quatrième trimestre3,78%
2009Troisième trimestre3,92%
2009Deuxième trimestre4,15%
2009Premier trimestre4,52%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

* 2018-2021 : plancher historique

À partir de 2018, les taux de crédit poursuivent leur descente pour atteindre des niveaux historiquement bas. Grâce au maintien des taux directeurs de la BCE à des niveaux très bas et à la concurrence bancaire, dans un contexte de pandémie de Covid-19, le taux moyen atteint un point bas aux troisième et quatrième trimestres de 2021.

2021Quatrième trimestre1,05%
2021Troisième trimestre1,05%
2021Deuxième trimestre1,06%
2021Premier trimestre1,13%
2020Quatrième trimestre1,17%
2020Troisième trimestre1,23%
2020Deuxième trimestre1,25%
2020Premier trimestre1,13%
2019Quatrième trimestre1,13%
2019Troisième trimestre1,19%
2019Deuxième trimestre1,29%
2019Premier trimestre1,42%
2018Quatrième trimestre1,44%
2018Troisième trimestre1,43%
2018Deuxième trimestre1,45%
2018Premier trimestre1,48%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

* 2022-2023 : remontée rapide

À partir de 2022, les taux de crédit enregistrent une hausse spectaculaire sous l’effet de l’inflation galopante et de la remontée brusque des taux directeurs de la BCE.

2023Quatrième trimestre4,20%
2023Troisième trimestre3,77%
2023Deuxième trimestre3,29%
2023Premier trimestre2,84%
2022Quatrième trimestre2,22%
2022Troisième trimestre1,78%
2022Deuxième trimestre1,40%
2022Premier trimestre1,12%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

* 2024-2026 : reflux progressif

Depuis le pic de la fin 2023 (4,20% en moyenne), les taux amorcent une descente progressive. Cela souligne l’amélioration des conditions d’emprunt, malgré une remontée mesurée des taux enregistrée par les courtiers au début de l’année 2026.

2026Premier trimestreÀ paraître
2025Quatrième trimestre3,14%
2025Troisième trimestre3,09%
2025Deuxième trimestre3,07%
2025Premier trimestre3,16%
2024Quatrième trimestre3,38%
2024Troisième trimestre3,59%
2024Deuxième trimestre3,73%
2024Premier trimestre3,99%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

Comment les taux ont évolué ces derniers mois ?

Au cours de l’année 2025, les taux de crédit immobilier ont poursuivi leur phase de stabilisation. Le taux fixe moyen a connu une baisse progressive au cours des premiers mois, passant de 3,22% en janvier 2025 à 3,08% en avril 2025, selon les données de l’Observatoire Crédit Logement / CSA.

Après une légère remontée en mai 2025 (3,10% en moyenne), les taux ont légèrement décru durant les mois de juin et juillet, avant de remonter depuis le mois de septembre 2025. En janvier 2026, selon l’Observatoire Crédit Logement / CSA, les taux moyens obtenus par les emprunteurs variaient ainsi selon les durées :

  • 3,11% pour un prêt à taux fixe sur 15 ans (vs 2,99% en juillet 2025)
  • 3,24% pour un prêt à taux fixe sur 20 ans (vs 3,05% en juillet 2025)
  • 3,31% pour un prêt à taux fixe sur 25 ans (vs 3,11% en juillet 2025)

Le tableau ci-dessous indique le taux fixe moyen des crédits immobiliers accordés depuis janvier 2025, sur la base des données communiquées mensuellement par l’Observatoire Crédit Logement / CSA.

MoisTaux moyen
Février 2026À paraître
Janvier 20263,20%
Décembre 20253,17%
Novembre 20253,12%
Octobre 20253,13%
Septembre 20253,13%
Août 20253,07%
Juillet 20253,08%
Juin 20253,07%
Mai 20253,10%
Avril 20253,08%
Mars 20253,09%
Février 20253,18%
Janvier 20253,22%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

Quel est le niveau « normal » d’un taux de crédit ?

Il n’existe pas de taux « normal » universel : cette notion varie selon le contexte économique et la période. Toutefois, la plupart des experts s’accordent pour situer aujourd’hui un taux standard entre 3% et 4% selon la durée du prêt.

Ce niveau reflète un équilibre entre trois facteurs : une inflation maîtrisée, la rémunération du risque pour les banques et leur coût de refinancement sur les marchés. Autrement dit, un taux « normal » correspond à une situation où les conditions ne sont ni exceptionnellement favorables, ni particulièrement restrictives.

Pour mettre en perspective, avant les années 2000, des taux au-dessus de 5% étaient courants, ce qui semble aujourd’hui très élevé. À l’inverse, la période 2020-2022 a vu les taux chuter autour de 1%, créant une « nouvelle normalité » dans l’esprit de toute une génération d’emprunteurs habitués à des conditions de financement ultra-favorables.

Cette parenthèse historique est désormais refermée. En 2026, avec des taux moyens autour de 3,50%, nous sommes revenus à des niveaux plus cohérents sur le long terme, même si cela peut sembler élevé pour ceux qui ont connu l’ère des taux exceptionnellement bas.

Questions courantes sur les taux de crédit

Est-ce le bon moment pour emprunter ?

Oui, le début d’année 2026 est un moment opportun pour emprunter, à condition de disposer d’un dossier solide. Si les taux de crédit sont plutôt stables actuellement, l’incertitude économique laisse présager une possible remontée d’ici quelques mois. Attendre comporte donc un risque de voir le coût de son crédit augmenter et sa capacité d’emprunt diminuer.

Les trois arguments clés :

  • Des banques prêtes à prêter : Elles acceptent d’étudier et de financer de nouveaux dossiers.
  • Des conditions préférentielles pour certains profils : Les banques proposent des taux bonifiés pour les primo-accédants et des décotes sur-mesure pour les meilleurs dossiers.
  • Des prix immobiliers stabilisés : Les prix ne baissent plus. Attendre ne permet donc pas nécessairement d’acheter moins cher.

Pourquoi le taux que l’on me propose n’est pas celui des barèmes ?

Les barèmes de taux de crédit bancaire proposés par les banques sont purement indicatifs. Ces grilles tarifaires représentent une fourchette de taux pratiqués par l’établissement, mais ne constituent en aucun cas une offre ferme. C’est à l’issue de l’étude du dossier que la banque calcule un taux sur mesure pour l’emprunteur, basé sur la situation de celui-ci (revenus, âge, apport, durée d’emprunt, taux d’endettement, historique bancaire…).

Un dossier solide permet au demandeur de bénéficier d’une décote, tandis qu’un profil plus risqué verra son taux majoré, l’éloignant (à la hausse) du barème de base.

Quel apport pour obtenir un bon taux en 2026 ?

Un apport personnel représentant environ 20% du montant du projet permet généralement d’obtenir les meilleurs taux de crédit immobilier en 2026.

Un apport compris entre 10% et 20% améliore sensiblement les conditions de financement, tandis qu’un apport de 30% ou plus place l’emprunteur en position de force pour négocier les conditions de son prêt. Il convient cependant de veiller à préserver son épargne de précaution.

Conseil d’expert
« Pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas mettre 20% ou 30% d’apport dès le départ, une solution intermédiaire existe : partir avec un apport modéré (10%), puis effectuer un remboursement anticipé partiel de crédit dans les premières années, explique Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis Courtage. Une renégociation ultérieure du taux peut ensuite optimiser le prêt, si les conditions de marché s’améliorent ou si la situation financière du client évolue favorablement ».

Que risque-t-on si les taux repartent à la hausse en 2026 ?

Une remontée des taux de crédit immobilier en 2026 alourdirait le coût du crédit et réduirait la capacité d’achat des ménages. Par exemple, une hausse de 0,30 à 0,50 point se traduit par des mensualités plus élevées et plusieurs milliers d’euros d’intérêts supplémentaires sur la durée du prêt. Les projets des candidats à l’emprunt les plus contraints financièrement deviennent alors plus difficiles à concrétiser.

Conseils pour obtenir un bon taux

Comment optimiser son dossier

L’obtention d’un taux de crédit immobilier plus avantageux repose avant tout sur la qualité du dossier présenté à la banque. Plusieurs leviers peuvent être actionnés en amont, idéalement dès six mois avant la demande de financement, pour améliorer son profil d’emprunteur :

  • Assainir ses comptes bancaires : éviter les découverts, les incidents de paiement et les dépenses suspectes (jeux d’argent, etc.) pendant les trois mois précédant la demande
  • Renforcer son apport personnel : viser un apport de 20% minimum, en mobilisant épargne personnelle, familiale ou salariale
  • Mettre en avant sa stabilité professionnelle et la régularité de ses revenus : un CDI est rassurant pour les banques
  • Maîtriser son taux d’endettement : solder les crédits à la consommation en cours pour limiter ses charges de crédit à moins de 35% de ses revenus nets
  • Faire appel à un courtier, pour mieux présenter son dossier auprès des banques

Négocier taux, assurance et frais

Plusieurs paramètres peuvent être négociés afin d’améliorer ses conditions de financement :

  • Le taux d’intérêt : un apport personnel d’au moins 10% et une gestion financière irréprochable favorisent l’obtention d’un taux avantageux
  • L’assurance emprunteur : choisir une assurance autre que celle proposée par la banque peut permettre de réduire sensiblement le coût du crédit, à garanties équivalentes
  • Les frais de dossier : ils peuvent être revus à la baisse, voire supprimés, pour les profils les plus solides ou les clients fidèles
  • Les conditions du prêt : certaines clauses (modulation ou report de mensualités, remboursement anticipé) offrent une souplesse utile en cas d’évolution de sa situation financière.
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