Taux de crédit immobilier : taux actuels, prévisions pour 2026 et historique depuis 2007

Par Thibault Fingonnet

Le taux de crédit immobilier détermine directement le coût de l’emprunt. Repères 2026, évolutions récentes, grille de lecture simple : l’essentiel pour comprendre les taux et situer une offre de prêt par rapport au marché.

Comprendre les taux de crédit immobilier

La compréhension des taux actuels nécessite au préalable de maîtriser plusieurs notions fondamentales qui influencent le coût global de l’emprunt.

Différence entre taux nominal et TAEG

Il ne faut pas confondre le taux nominal d’un prêt immobilier et le taux annuel effectif global (TAEG). Si ces deux indicateurs sont liés au coût d’un crédit immobilier, ils ne mesurent pas la même chose.

Le taux d’intérêt nominal (ou taux débiteur) est le taux de base appliqué au capital emprunté pour l’achat du bien immobilier. Il sert uniquement à calculer les intérêts du prêt. Il n’inclut aucun autre coût.

Le taux annuel effectif global, anciennement taux effectif global (TEG), intègre les frais nécessaires pour l’obtention du prêt immobilier. Il résume le coût total annuel du financement, exprimé en pourcentage annuel de la somme empruntée. Sont compris dans le calcul du TAEG :

  • le taux nominal
  • les frais de dossier
  • le coût de l’assurance, lorsqu’elle est obligatoire
  • les frais de garantie (en cas d’hypothèque, de caution ou de privilège du porteur de deniers)
  • les frais d’ouverture et de tenue de compte bancaire ouvert pour obtenir le crédit
  • l’évaluation du bien immobilier (hors frais de mutation)

Le TAEG indique le coût réel du crédit (tous frais compris). Il constitue le seul taux permettant de comparer objectivement deux offres de prêt. Il ne faut donc pas se focaliser uniquement sur le taux d’intérêt annoncé par la banque ou le courtier en prêt immobilier.

Les composantes d’un taux d’intérêt

Un taux d’intérêt immobilier se compose :

  • du taux de base, qui reflète le coût de l’argent pour la banque
  • des frais liés au risque, évalués en fonction du profil de l’emprunteur (revenus, apport financier, endettement)
  • de la marge commerciale de l’organisme prêteur. Les taux de crédit immobilier varient d’un établissement à l’autre et d’une région à une autre.

En général, les taux d’intérêts des crédits immobiliers sont plus bas que ceux des crédits à la consommation.

Taux fixe, taux variable et effets de la durée du prêt

Le choix entre taux fixe et taux variable est un enjeu stratégique majeur lors d’un crédit immobilier.

Le taux fixe assure à l’emprunteur une stabilité totale : un taux constant et des mensualités inchangées jusqu’au terme. En contrepartie, le taux initial est souvent plus élevé, car il inclut une prime de risque destinée à protéger la banque d’une éventuelle hausse des taux directeurs.

Le taux variable, indexé sur un indicateur de référence (comme l’Euribor), peut générer des économies si les taux baissent, mais il expose à un risque d’augmentation du montant des mensualités.

➡️ Pour réduire ce risque, il existe des taux variables « capés », dotés d’un plafond de variation. Ce type de prêt séduit lorsque les perspectives de baisse des taux sont favorables ou pour des durées courtes.

La durée du prêt pèse aussi directement sur le coût de l’opération. Plus elle est longue, plus le coût total du crédit (intérêts) augmente, malgré des mensualités plus faibles. À l’inverse, une durée d’emprunt plus courte limite fortement le coût global, mais elle exige un effort financier mensuel plus important. L’emprunteur doit donc rechercher le meilleur équilibre entre sécurité, souplesse et maîtrise du coût global de son crédit immobilier.

Niveaux actuels des taux de crédit immobilier

Taux actuels : derniers chiffres publiés (août 2026)

Les taux de crédit immobilier poursuivent leur remontée à la rentrée 2026, après plusieurs mois de relative stabilité.

En août 2026, le taux moyen des crédits immobiliers du secteur concurrentiel s’est établi (hors assurance) à 3,31%, hors assurance et coût des sûretés, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, contre 3,30% en juillet. Il atteint ainsi son plus haut niveau depuis le début de l’année.

Ces données, publiées avec quelques semaines de décalage, portent sur les prêts effectivement accordés et constituent la référence statistique du marché.

Le tableau ci-après récapitule les taux moyens en fonction des durées de prêt pour le mois d’août 2026 (en attendant la publication des taux moyens de septembre) :

Taux moyen des crédits immobilier (juillet 2026)
Taux moyen sur 15 ans3,14%
Taux moyen sur 20 ans3,27%
Taux moyen sur 25 ans3,35%

Source : l’Observatoire Crédit Logement/CSA (août 2026)

À NOTER : le taux moyen de 3,31% est calculé sur l’ensemble des prêts immobiliers accordés, toutes durées confondues, et non à partir des seuls taux moyens affichés ci-dessus pour les prêts à 15, 20 et 25 ans. Il ne correspond donc pas à la moyenne arithmétique des seuls prêts sur 15, 20 et 25 ans.

Ces données permettent de situer le niveau moyen des taux, mais ne reflètent pas nécessairement les conditions les plus récentes proposées par les banques.

Depuis décembre 2025, les taux effectivement accordés ont augmenté de 0,05 point sur 15 ans et de 0,10 point sur 20 et 25 ans. La hausse du taux moyen, de 3,16% à 3,31% sur la même période, est plus forte en raison notamment du recours accru aux crédits longs, généralement assortis de taux supérieurs. En août 2026, 49,3% des prêts à l’accession sont accordés sur une durée de 25 ans ou plus, contre 46,8% en moyenne en 2025.

Les dernières statistiques de la Banque de France confirment cette orientation. En août 2026, le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations a atteint 3,31%, après 3,31% en juillet et 3,27% en juin. La production mensuelle de nouveaux crédits hors renégociations est parallèlement retombée à 11 milliards d’euros, contre 13,2 milliards en juin.

Les baromètres des principaux courtiers apportent un éclairage sur les taux affichés dans les grilles bancaires, qui servent de base à la fixation des offres de prêt. Ils font apparaître une hausse plus nette des conditions de crédit à la rentrée, même si les écarts restent importants selon les banques et les profils.

Selon ces sources, les taux proposés début septembre 2026 se situent généralement (derniers barèmes disponibles) :

  • sur 10 ans, autour de 3,30%, selon les établissements ;
  • sur 15 ans, autour de 3,23% à 3,43% ;
  • sur 20 ans, autour de 3,40% à 3,54% ;
  • sur 25 ans, autour de 3,50% à 3,61%.

Ces barèmes correspondent aux taux affichés par les banques, avant négociation, tandis que les données de l’Observatoire portent sur les taux effectivement obtenus sur les prêts accordés – décote comprise. L’écart entre les deux mesures reflète cette marge de négociation.

Ces fourchettes, issues des baromètres de Cafpi, Empruntis, Meilleurtaux, Vousfinancer, Artémis Courtage et Pretto, sont indicatives. Les conditions réellement obtenues varient selon la région, la politique commerciale des banques et surtout le profil de l’emprunteur (apport, revenus, charges et stabilité professionnelle).

Taux obtenus par les meilleurs profils

Les « meilleurs profils » d’emprunteurs sont ceux qui présentent un risque minimal pour les banques (revenus stables et élevés, apport personnel significatif, faible taux d’endettement, situation professionnelle solide). Un bon dossier (avec de l’épargne et/ou un apport et/ou une capacité d’épargne importants) leur permet de prétendre à des taux de crédit préférentiels. Les taux minimum constatés varient d’un opérateur à l’autre.

Chez les principaux courtiers, les taux proposés aux meilleurs profils en septembre 2026 s’établissent :

  • sur 10 ans, dans un intervalle compris autour de 2,75% ;
  • sur 15 ans, autour de 3% ;
  • sur 20 ans, autour de 3,10% ;
  • sur 25 ans, autour de 3,20%.

Ces estimations, établies par les baromètres de Cafpi, Empruntis, Meilleurtaux, Vousfinancer, Artémis Courtage et Pretto, restent purement indicatives. Elles fluctuent selon la région, la stratégie des banques et le profil de l’emprunteur.

Zoom sur les taux sur 25 ans

Les crédits sur 25 ans affichent en niveau des taux plus élevés que les durées courtes, en raison notamment du risque supplémentaire supporté par la banque sur une période de remboursement plus longue.

En août 2026, le taux moyen constaté sur cette durée s’établit à 3,35% sur les prêts effectivement accordés, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, contre 3,25% en décembre 2025. Côté courtiers, les taux de marché relevés se situent autour de 3,50% à 3,61% sur 25 ans. Pour les meilleurs dossiers, un taux proche de 3,20% à 3,25% reste toutefois accessible.

Les prêts de longue durée conservent un poids très important : 49,3% des crédits à l’accession accordés en août ont une durée de 25 ans ou plus. La durée moyenne de l’ensemble des prêts ressort à 252 mois, soit 21 ans.

À noter : le taux sur 25 ans s’est davantage renchéri durant l’été. Entre décembre 2025 et août 2026, il a progressé de 0,10 point, passant de 3,25% à 3,35%. Cette hausse est identique à celle observée sur 20 ans (+0,10 point), mais deux fois plus importante que sur 15 ans (+0,05 point).

Écarts de taux selon le profil d’emprunteur

En septembre 2026, le marché du crédit immobilier reste marqué par des écarts de taux importants selon le profil des candidats à l’emprunt.

Concrètement, les profils les plus solides peuvent obtenir des taux proches de 3% à 3,10% sur 20 ans au niveau national selon les courtiers. Pour les profils plus standard, les taux de marché se situent plutôt autour de 3,40% et 3,54% sur cette durée.

Les revenus et leur régularité, le niveau de l’apport personnel, l’épargne conservée après l’opération, le taux d’endettement ou encore la tenue des comptes font partie des critères pris en compte par les banques pour déterminer les conditions proposées.

Les caractéristiques du logement peuvent également jouer. Certains établissements proposent notamment des conditions de financement plus avantageuses pour l’achat d’un logement affichant un bon diagnostic de performance énergétique (DPE) ou lorsque le projet comprend des travaux de rénovation énergétique.

Prévisions des taux pour la fin 2026

Septembre 2026 : la hausse des taux se confirme

En septembre 2026, les taux de crédit immobilier repartent à la hausse après plusieurs mois de relative stabilité. Les barèmes moyens atteignent désormais environ 3,23% à 3,43% sur 15 ans, 3,40% à 3,54% sur 20 ans et 3,50% à 3,61% sur 25 ans selon les courtiers.

Cette remontée s’explique notamment par la forte hausse des taux obligataires, l’OAT française à 10 ans ayant franchi 4% début septembre, et par le durcissement de la politique monétaire. Le 10 septembre, la BCE a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point, portant notamment le taux de la facilité de dépôt à 2,50% à compter du 16 septembre.

Dans ce contexte, une nouvelle détente des taux immobiliers à court terme paraît peu probable, même si la concurrence entre banques continue de permettre aux meilleurs dossiers d’obtenir des conditions sensiblement inférieures aux taux moyens.

Octobre 2026 : une détente devient peu probable à court terme

Après la décision de la BCE du 10 septembre, le scénario d’une baisse sensible des taux de crédit d’ici à la fin de l’année paraît désormais peu probable.

Une poursuite progressive de la hausse est possible si les tensions inflationnistes et obligataires persistent. L’ampleur du mouvement devrait toutefois dépendre des stratégies commerciales des banques, confrontées à un marché du crédit nettement moins dynamique.

Tendance des taux en 2026

Scénarios d’évolution pour 2026

Après une phase de relative stabilité au premier semestre, les taux de crédit immobilier ont repris une orientation haussière durant l’été 2026. Le taux moyen de l’Observatoire Crédit Logement/CSA atteint 3,31% en août, contre 3,16% en décembre 2025.

La hausse reste toutefois très éloignée du mouvement observé en 2022 et 2023. Sur les durées de référence, les taux sont passés entre décembre 2025 et août 2026 de 3,09% à 3,14% sur 15 ans, de 3,17% à 3,27% sur 20 ans et de 3,25% à 3,35% sur 25 ans.

La décision de la BCE du 10 septembre constitue néanmoins un changement important pour les prochains mois. Après une première remontée des taux directeurs en juin, puis une pause en juillet, la nouvelle hausse de septembre confirme que la politique monétaire européenne s’est de nouveau durcie face aux tensions inflationnistes. Dans ce contexte, une baisse marquée des taux immobiliers avant la fin de 2026 apparaît désormais moins probable.

2024-2025 : forte baisse, puis retournement

Après avoir dépassé 4% fin 2023, les taux de crédit immobilier ont nettement reculé en 2024, avant de se stabiliser à des niveaux proches de 3% en 2025.

Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen est passé de 3,99% au premier trimestre 2024 à 3,38% au quatrième trimestre, puis à 3,16% au premier trimestre 2025. Il a atteint un point bas à 3,07% au deuxième trimestre 2025, avant de repartir légèrement à la hausse au second semestre pour terminer l’année à 3,16% en décembre.

2021-2023 : l’envolée des taux

Entre 2021 et 2023, les taux de crédit immobilier ont connu une remontée particulièrement brutale, gagnant plus de trois points en deux ans.

Après un plus bas historique de 1,03% en octobre 2021, les taux moyens observés par l’Observatoire Crédit Logement/CSA ont évolué comme suit :

  • fin 2021 : 1,06% en moyenne en décembre ;
  • accélération en 2022 : 2,35% en décembre ;
  • envolée en 2023 : 4,20% en décembre, plus haut de la période.

Deux facteurs principaux expliquent ce mouvement :

  • le retour de l’inflation en Europe, alimentée notamment par la crise énergétique ;
  • le resserrement monétaire de la BCE, qui a relevé ses taux directeurs à dix reprises entre juillet 2022 et septembre 2023, portant son taux de dépôt de – 0,50% à 4,00%.

Certains facteurs à l’œuvre en 2022-2023 réapparaissent en 2026, notamment les tensions sur les prix de l’énergie et le resserrement de la politique monétaire. La remontée des taux immobiliers reste toutefois, à ce stade, sans commune mesure avec celle observée entre 2021 et 2023.

Conditions actuelles d’emprunt

Règles HCSF : ce qui s’applique en 2026

L’attribution d’un crédit immobilier aux particuliers est soumise au respect de règles contraignantes imposées par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). Ces normes, établies en janvier 2021, visent à encadrer l’octroi des crédits pour limiter le surendettement des ménages et protéger le système bancaire.

Les normes HCSF, toujours applicables en 2026, sont principalement de deux ordres :

  • le taux d’effort des emprunteurs (le montant total des dépenses liées à l’habitation rapporté aux revenus nets, NDLR) est limité à 35% de leurs ressources. À noter que le calcul du taux d’endettement (assurance de prêt incluse) ne prend plus en compte le remboursement du prêt relais dès lors que ce taux ne dépasse pas 80% de la valeur du bien immobilier mis en vente ;
  • la maturité maximale du crédit immobilier ne peut, en principe, excéder 25 ans. Une tolérance permet de porter la durée totale jusqu’à 27 ans lorsque l’entrée en jouissance du bien est différée, notamment dans le neuf ou lorsque les travaux représentent une part suffisante de l’opération.

Les banques disposent toutefois d’une certaine souplesse pour déroger aux normes du HCSF. Une marge de flexibilité leur permet de déroger sur 20% des nouveaux prêts accordés, notamment au bénéfice des primo-accédants (ceux n’ayant jamais été propriétaires de leur résidence principale, ou qui n’en possèdent pas une depuis les deux dernières années, NDLR) et des acheteurs de résidence principale.

Durées de prêt : pratiques et limites

La durée d’un crédit immobilier dépend du projet et du profil de l’emprunteur. Dans la pratique, les prêts courts sont devenus très minoritaires : en août 2026, seulement 0,6% des prêts à l’accession sont souscrits sur moins de 10 ans, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA.

Les règles du HCSF limitent en principe la durée d’un crédit immobilier à 25 ans, avec la possibilité d’un différé portant la durée totale jusqu’à 27 ans dans certaines opérations.

La durée est devenue l’un des principaux leviers d’ajustement. Quand les taux augmentent ou que les prix immobiliers restent élevés, les banques allongent la durée du prêt pour réduire le montant des mensualités. Mais le crédit revient beaucoup plus cher au final, car les intérêts courent sur davantage d’années. Sans compter qu’un engagement sur 25 ans expose davantage l’emprunteur aux aléas de la vie : perte d’emploi, séparation, ou besoin de revendre son bien avant la fin du remboursement.

L’âge compte également dans l’équation. Il est plus difficile d’emprunter sur 25 ans à 55 ans, dans la mesure où les assureurs refusent généralement de couvrir au-delà de 75 ou 80 ans.

Comment les banques évaluent les dossiers

Quand une banque étudie un dossier de crédit immobilier, elle cherche avant tout à mesurer la capacité de l’emprunteur à rembourser dans la durée, sans fragiliser son équilibre financier.

Pour ce faire, son analyse s’appuie sur plusieurs critères clés, parmi lesquels :

  • les revenus du demandeur : ils doivent être stables, récurrents et justifiables (avantage est souvent donné aux salariés en CDI, aux fonctionnaires, mais aussi aux travailleurs indépendants, aux professions libérales ou aux dirigeants, à condition de présenter plusieurs exercices cohérents)
  • le taux d’endettement : la mensualité d’emprunt ne doit pas, en principe, dépasser 35% des revenus net, assurance incluse (encadrement fixé par le Haut Conseil de stabilité financière)
  • le reste à vivre : la banque s’assure que, une fois sa mensualité remboursée, l’emprunteur disposera de suffisamment d’argent chaque mois pour assumer les dépenses courantes (alimentation, transport, énergie, impôts)
  • l’apport personnel : s’il n’est pas juridiquement obligatoire, il doit au minimum couvrir les frais de notaire et les frais de dossier. Le niveau demandé dépend toutefois du profil de l’emprunteur, de la banque et du type d’opération financée ;
  • la gestion bancaire : des découverts fréquents, des incidents de paiement ou une inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) peuvent compromettre un dossier
  • le projet d’achat : nature du bien, localisation, cohérence du prix, usage (résidence principale, locatif), engagement de potentiels travaux d’amélioration énergétique…

Avant de solliciter un crédit, l’emprunteur doit préparer son dossier en amont : assainir ses comptes (les relevés des trois derniers mois sont passés au crible), consolider son apport, solder si possible ses petits crédits en cours et constituer de l’épargne. Calibrer son projet à ses revenus réels est souvent plus décisif que de chercher à maximiser le montant emprunté.

Lire et interpréter un taux de crédit immobilier

Taux moyen, taux plancher et taux personnalisé

Le taux moyen d’un crédit immobilier constitue un point de repère permettant de situer une offre par rapport aux conditions observées sur le marché. Il ne correspond pas nécessairement au taux qu’un emprunteur obtiendra personnellement.

Le taux plancher désigne généralement le meilleur taux proposé ou constaté à un moment donné, réservé aux dossiers les plus solides. Il ne s’agit pas d’un seuil réglementaire : ce niveau varie selon les banques, les périodes, la durée du prêt et le profil de l’emprunteur.

Le taux personnalisé est le taux effectivement proposé à un emprunteur après étude de son dossier. Il peut être inférieur ou supérieur au taux moyen en fonction notamment de ses revenus, de son apport et de son endettement. C’est ce taux qui détermine, avec la durée du prêt, le coût réel du crédit.

Exemples de mensualités sur 20 ans

Le tableau ci-dessous indique, à titre d’exemple, les taux fixes de crédit immobilier obtenus par trois types de profil d’emprunteur. Cette simulation, réalisée en début d’année 2026 (en attendant son actualisation prochaine) est effectuée sur la base d’un emprunt consenti sur 20 ans pour un crédit de 200.000 euros.

Célibataire de 30 ans, employéCouple, 40 ans, cadresCouple, 55 ans, cadres supérieurs
Revenus nets mensuels2 500 euros4 000 euros6 000 euros
Taux moyen sur 20 ans3,60%3,50%3,40%
Capacité d’emprunt pour 1 500 euros de mensualités sur 20 ans (*)256 361 euros258 639 euros260 945 euros
Mensualité pour un crédit de 200 000 euros (*)1 170 euros1 160 euros1 150 euros
Coût d’un crédit de 200 000 euros (*)80 854 euros78 381 euros75 920 euros
(*) Hors assurance

Source : simulation Vousfinancer pour ToutSurMesFinances. Données chiffrées établies le 31 août 2026 à titre purement indicatif, hors assurance et frais de dossier. Les conditions réellement obtenues par un emprunteur peuvent varier selon son profil.

Taux d’usure : impact réel sur l’accès au crédit

Le taux d’usure correspond au TAEG maximal auquel une banque peut accorder un crédit. Il inclut notamment le taux d’intérêt, les frais de dossier, les frais d’intermédiaire ainsi que le coût de l’assurance et des garanties obligatoires.

Depuis le 1er juillet 2026, il est fixé à 4,07% pour les prêts immobiliers à taux fixe de moins de 10 ans, 4,57% entre 10 et moins de 20 ans et 5,29% pour les prêts de 20 ans et plus. Ces seuils sont ceux publiés par la Banque de France pour le troisième trimestre 2026.

Le taux d’usure peut limiter l’accès au crédit lorsque le TAEG d’un emprunteur risque de dépasser ce plafond, notamment en raison du coût de l’assurance emprunteur. L’Observatoire Crédit Logement/CSA relevait encore au printemps 2026 que les seuils d’usure en vigueur pouvaient contraindre les banques dans leurs efforts pour soutenir la demande de crédit.

Historique des taux depuis 2007

Périodes couvertes :

  • 2007-2008 : crise financière et hausse des taux
  • 2009-2017 : baisse structurelle
  • 2018-2021 : plancher historique
  • 2022-2023 : remontée rapide
  • 2024-2025 : reflux des taux
  • 2026 : stabilisation puis remontée progressive

En résumé, les taux de crédit immobilier sont passés de plus de 5% fin 2008 à un plancher historique autour de 1% en 2021, avant de remonter fortement en 2022 et 2023. Après leur reflux en 2024 et au premier semestre 2025, ils évoluent de nouveau à la hausse en 2026.

Comment les taux ont évolué trimestre par trimestre ?

Les données de taux fixes de crédit immobilier publiées par l’Observatoire Crédit Logement / CSA sont établies sur une base trimestrielle (trimestre par trimestre). Depuis 2007, les taux ont connu des variations importantes, avec des périodes de forte volatilité alternant avec des phases de stabilité.

* 2007-2008 : crise financière et hausse des taux

Avec la crise financière des subprimes, qui a éclaté aux États-Unis en 2007 avant de se diffuser dans le monde entier, les taux de crédit sont repartis à la hausse. La défiance sur les marchés de crédit se traduit par un environnement financier plus contraint pour les établissements prêteurs.

2008Quatrième trimestre5,07%
2008Troisième trimestre4,94%
2008Deuxième trimestre4,67%
2008Premier trimestre4,67%
2007Quatrième trimestre4,62%
2007Troisième trimestre4,39%
2007Deuxième trimestre4,08%
2007Premier trimestre3,96%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

* 2009-2017 : baisse structurelle

À partir de 2009, les banques centrales soutiennent une baisse des taux pour relancer l’économie. Cette période est marquée jusqu’en 2017 par une politique monétaire ultra accommodante de la Banque centrale européenne.

2017Quatrième trimestre1,52%
2017Troisième trimestre1,56%
2017Deuxième trimestre1,56%
2017Premier trimestre1,46%
2016Quatrième trimestre1,32%
2016Troisième trimestre1,46%
2016Deuxième trimestre1,69%
2016Premier trimestre2,02%
2015Quatrième trimestre2,17%
2015Troisième trimestre2,12%
2015Deuxième trimestre2%
2015Premier trimestre2,18%
2014Quatrième trimestre2,40%
2014Troisième trimestre2,64%
2014Deuxième trimestre2,84%
2014Premier trimestre3,01%
2013Quatrième trimestre3,06%
2013Troisième trimestre2,96%
2013Deuxième trimestre2,94%
2013Premier trimestre3,07%
2012Quatrième trimestre3,27%
2012Troisième trimestre3,48%
2012Deuxième trimestre3,60%
2012Premier trimestre3,90%
2011Quatrième trimestre3,88%
2011Troisième trimestre3,89%
2011Deuxième trimestre3,83%
2011Premier trimestre3,58%
2010Quatrième trimestre3,27%
2010Troisième trimestre3,34%
2010Deuxième trimestre3,44%
2010Premier trimestre3,61%
2009Quatrième trimestre3,78%
2009Troisième trimestre3,92%
2009Deuxième trimestre4,15%
2009Premier trimestre4,52%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

* 2018-2021 : plancher historique

À partir de 2018, les taux de crédit poursuivent leur descente pour atteindre des niveaux historiquement bas. Grâce au maintien des taux directeurs de la BCE à des niveaux très bas et à la concurrence bancaire, dans un contexte de pandémie de Covid-19, le taux moyen atteint un point bas aux troisième et quatrième trimestres de 2021.

2021Quatrième trimestre1,05%
2021Troisième trimestre1,05%
2021Deuxième trimestre1,06%
2021Premier trimestre1,13%
2020Quatrième trimestre1,17%
2020Troisième trimestre1,23%
2020Deuxième trimestre1,25%
2020Premier trimestre1,13%
2019Quatrième trimestre1,13%
2019Troisième trimestre1,19%
2019Deuxième trimestre1,29%
2019Premier trimestre1,42%
2018Quatrième trimestre1,44%
2018Troisième trimestre1,43%
2018Deuxième trimestre1,45%
2018Premier trimestre1,48%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

* 2022-2023 : remontée rapide

À partir de 2022, les taux de crédit enregistrent une hausse spectaculaire sous l’effet de l’inflation galopante et de la remontée brusque des taux directeurs de la BCE.

2023Quatrième trimestre4,20%
2023Troisième trimestre3,77%
2023Deuxième trimestre3,29%
2023Premier trimestre2,84%
2022Quatrième trimestre2,22%
2022Troisième trimestre1,78%
2022Deuxième trimestre1,40%
2022Premier trimestre1,12%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

* 2024-2025 : reflux, puis point bas

Après le pic de 4,20% de fin 2023, les taux ont reculé tout au long de 2024, de 3,99% au premier trimestre à 3,38% au quatrième. La baisse s’est prolongée jusqu’au deuxième trimestre 2025, où le taux moyen a touché son point bas à 3,07%, avant d’amorcer une remontée au second semestre.

2025Quatrième trimestre3,14%
2025Troisième trimestre3,09%
2025Deuxième trimestre3,07%
2025Premier trimestre3,16%
2024Quatrième trimestre3,38%
2024Troisième trimestre3,59%
2024Deuxième trimestre3,73%
2024Premier trimestre3,99%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

* 2026 : une remontée mesurée

La hausse amorcée mi-2025 s’est poursuivie au premier semestre 2026, à un rythme contenu : 3,22% au premier trimestre, 3,24% au deuxième. Le taux moyen atteint 3,31% en août.

2026Troisième trimestreÀ paraître
2026Deuxième trimestre3,24%
2026Premier trimestre3,22%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

Comment les taux ont évolué ces derniers mois ?

Après une période de stabilisation au printemps 2026, les taux de crédit immobilier sont repartis à la hausse. Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen s’est établi à 3,23% entre février et avril 2026, avant de progresser à partir de mai pour atteindre 3,31% en août.

Cette remontée reste contenue, mais elle se prolonge désormais depuis quatre mois. En août, l’Observatoire souligne que la hausse des taux reste modérée, les établissements bancaires cherchant à limiter sa répercussion sur les emprunteurs alors que la demande de crédit s’affaiblit.

Le tableau ci-dessous indique le taux fixe moyen des crédits immobiliers accordés depuis janvier 2025, sur la base des données communiquées mensuellement par l’Observatoire Crédit Logement / CSA.

MoisTaux moyen
Septembre 2026À paraître
Août 20263,31%
Juillet3,30%
Juin 20263,26%
Mai 20263,25%
Avril 20263,23%
Mars 20263,22%
Février 20263,23%
Janvier 20263,19%
Décembre 20253,16%
Novembre 20253,12%
Octobre 20253,13%
Septembre 20253,13%
Août 20253,07%
Juillet 20253,08%
Juin 20253,06%
Mai 20253,09%
Avril 20253,07%
Mars 20253,09%
Février 20253,18%
Janvier 20253,22%

Source : Observatoire Crédit Logement / CSA

Quel est le niveau « normal » d’un taux de crédit ?

Il n’existe pas de taux « normal » universel : cette notion varie selon le contexte économique et la période. Toutefois, la plupart des experts s’accordent pour situer aujourd’hui un taux standard entre 3% et 4% selon la durée du prêt.

Ce niveau reflète un équilibre entre trois facteurs : une inflation maîtrisée, la rémunération du risque pour les banques et leur coût de refinancement sur les marchés. Autrement dit, un taux « normal » correspond à une situation où les conditions ne sont ni exceptionnellement favorables, ni particulièrement restrictives.

Pour mettre en perspective, avant les années 2000, des taux au-dessus de 5% étaient courants, ce qui semble aujourd’hui très élevé. À l’inverse, la période 2020-2022 a vu les taux chuter autour de 1%, créant une « nouvelle normalité » dans l’esprit de toute une génération d’emprunteurs habitués à des conditions de financement ultra-favorables.

Cette parenthèse historique est désormais refermée. En 2026, avec des taux moyens autour de 3,50%, nous sommes revenus à des niveaux plus cohérents sur le long terme, même si cela peut sembler élevé pour ceux qui ont connu l’ère des taux exceptionnellement bas.

Conseils pour obtenir un bon taux

Comment optimiser son dossier

L’obtention d’un taux de crédit immobilier plus avantageux repose avant tout sur la qualité du dossier présenté à la banque. Plusieurs leviers peuvent être actionnés en amont, idéalement dès six mois avant la demande de financement, pour améliorer son profil d’emprunteur :

  • Assainir ses comptes bancaires : éviter les découverts, les incidents de paiement et les dépenses suspectes (jeux d’argent, etc.) pendant les trois mois précédant la demande
  • Renforcer son apport personnel : viser un apport de 20% minimum, en mobilisant épargne personnelle, familiale ou salariale
  • Mettre en avant sa stabilité professionnelle et la régularité de ses revenus : un CDI est rassurant pour les banques
  • Maîtriser son taux d’endettement : solder les crédits à la consommation en cours pour limiter ses charges de crédit à moins de 35% de ses revenus nets
  • Faire appel à un courtier, pour mieux présenter son dossier auprès des banques

Négocier taux, assurance et frais

Plusieurs paramètres peuvent être négociés afin d’améliorer ses conditions de financement :

  • Le taux d’intérêt : un apport personnel d’au moins 10% et une gestion financière irréprochable favorisent l’obtention d’un taux avantageux
  • L’assurance emprunteur : choisir une assurance autre que celle proposée par la banque peut permettre de réduire sensiblement le coût du crédit, à garanties équivalentes
  • Les frais de dossier : ils peuvent être revus à la baisse, voire supprimés, pour les profils les plus solides ou les clients fidèles
  • Les conditions du prêt : certaines clauses (modulation ou report de mensualités, remboursement anticipé) offrent une souplesse utile en cas d’évolution de sa situation financière.

Questions courantes sur les taux de crédit

Est-ce le bon moment pour emprunter ?

En cette rentrée 2026, les conditions restent relativement favorables aux emprunteurs disposant d’un dossier solide, malgré la remontée des taux observée depuis le printemps. Attendre une nouvelle baisse comporte une part d’incertitude, alors que les prix des logements financés continuent d’augmenter.

Pourquoi le taux que l’on me propose n’est pas celui des barèmes ?

Les barèmes publiés par les courtiers sont des indicateurs de marché : le taux réellement proposé dépend du profil de l’emprunteur, de son apport, de ses revenus, de la durée du prêt et de la banque sollicitée. L’écart joue dans les deux sens : les meilleurs dossiers obtiennent des décotes par rapport aux grilles affichées, tandis que les profils jugés plus risqués se voient appliquer un taux majoré.

Quel apport pour obtenir un bon taux en 2026 ?

Il n’existe pas de niveau d’apport garantissant l’obtention d’un bon taux : les banques apprécient l’ensemble du profil de l’emprunteur. Couvrir les frais liés à l’achat (de l’ordre de 8% du prix dans l’ancien, 2 à 3% dans le neuf) tout en conservant une épargne après l’opération reste le meilleur moyen de renforcer son dossier.

Conseil d’expert
« Pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas mettre 20% ou 30% d’apport dès le départ, une solution intermédiaire existe : partir avec un apport modéré (10%), puis effectuer un remboursement anticipé partiel de crédit dans les premières années, explique Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis Courtage. Une renégociation ultérieure du taux peut ensuite optimiser le prêt, si les conditions de marché s’améliorent ou si la situation financière du client évolue favorablement ».

Que risque-t-on si les taux repartent à la hausse en 2026 ?

Une hausse des taux augmente le coût du crédit et, à mensualité constante, réduit la capacité d’emprunt. Elle peut donc obliger certains acheteurs à augmenter leur apport, à revoir leur budget immobilier à la baisse ou à différer leur projet.

Thibault Fingonnet

Thibault Fingonnet

Journaliste spécialisé économie et finance

À propos de l'auteur
Thibault Fingonnet est journaliste spécialisé en finances personnelles et en immobilier. Il a collaboré avec ToutSurMesFinances de 2012 à 2017, notamment en tant que responsable éditorial du pôle immobilier.

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