Le voyage est prévu de longue date, la réservation des billets de train SNCF faite bien à l’avance et à un prix défiant toute concurrence. Problème : le voyage ne peut plus se faire et les billets de train sont « non remboursables, non échangeables ». Les solutions pour revendre ses billets de train.
Ce qu’il faut savoir avant de chercher à revendre son billet
Beaucoup de voyageurs résignés pensent que leur argent est perdu avec des billets de train estampillés « non échangeable, non remboursable ». Mais plusieurs types de billets de train peuvent être revendus à d’autres voyageurs, qui seront ravis de trouver des places à moindre coût. Il faut toutefois être vigilant.
Voici ce qu’il faut avoir en tête avant de chercher à revendre son billet :
- La notion de billet « nominatif » est centrale : pour la SNCF, c’est un titre sur lequel le contrôleur peut exiger une pièce d’identité, et c’est ce critère qui détermine si un billet peut être cédé à un tiers ;
- près de 98 % des billets sont aujourd’hui nominatifs, depuis la disparition progressive des billets cartonnés et le retrait des bornes de compostage en 2023 ;
- La revente est devenue l’exception et reste possible uniquement sous conditions, selon le type de train et de billet ;
- La revente est légale entre particuliers, sauf interdiction expresse des conditions générales de vente du transporteur (cas d’Eurostar, par exemple) ;
- Interdiction absolue de revendre plus cher que le prix payé, en vertu d’une règle héritée d’une loi de 1919 et consolidée par un texte du 12 mars 2012 sur la revente illicite de titres de transport.
La revente selon le type de billet de train
Les billets SNCF cartonnés
Les billets cartonnés, autrefois la norme, peuvent donc être cédés à un tiers sans difficulté. Pour les voyageurs qui en disposeraient encore (ils ne sont quasiment plus émis aujourd’hui), ces titres ne sont pas considérés comme nominatifs par la SNCF. Le nom inscrit en haut à droite ne fait référence qu’à la réservation, et le contrôleur n’est pas en droit d’exiger une pièce d’identité.
Une vigilance s’impose toutefois pour les billets associés à une carte de réduction (carte Avantage, carte Liberté…). Si l’acheteur ne possède pas une carte similaire, il s’expose à une amende lors du contrôle d’un agent SNCF.
Les e-billets TGV INOUI et Intercités
Il n’est pas possible de revendre un e-billets TGV INOUI ou un e-billet Intercités. Ces titres de transport, qui constituent l’immense majorité des billets de train en circulation vendus en ligne, en gare, en boutique SNCF ou par téléphone, sont strictement nominatifs et incessibles. Aucune modification du nom du voyageur n’est possible après la réservation.
La seule alternative consiste à annuler le billet lorsque les conditions tarifaires le permettent. Cela exclut, par définition, les billets non remboursables et non échangeables comme les Prem’s.
Les billets OUIGO
Les billets de train OUIGO, qui permettent de voyager en TGV au meilleur prix, peuvent être revendus à un tiers. Ces billets OUIGO sont nominatifs, mais le nom et le prénom du passager peuvent être modifiés depuis l’espace « Mes réservations » sur ouigo.com. La modification est gratuite pendant la première heure suivant la commande, puis devient payante : 10 euros par passager sur Internet, 20 euros par téléphone. Une fois le changement effectué, le nouveau billet est envoyé par e-mail à l’adresse renseignée, quatre jours avant le départ.
Deux dispositifs complémentaires existent :
- OUIGO FLEX : il permet d’échanger son billet sans frais et de manière illimitée jusqu’à 30 minutes avant le départ (9 euros par adulte, gratuit pour les moins de 12 ans, à ajouter à tous les billets au moment de la réservation) ;
- OUIGOSWAP : service officiel permettant de remettre son billet à la vente. Si un autre voyageur le rachète, OUIGO rembourse 80% du montant initial en bon d’achat valable un an. La revente est possible jusqu’à 30 minutes avant le départ.
Les billets Eurostar
Les conditions générales de vente d’Eurostar – le réseau de lignes à grande vitesse directes et indirectes entre la France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni (après la fusion avec Thalys en 2023) – interdisent expressément toute cession de billet à un tiers.
La transaction serait nulle et l’acheteur s’exposerait à un refus d’embarquement lors du contrôle, particulièrement strict sur ces lignes internationales (passage frontière, douane britannique pour les trajets vers Londres).
Les billets de TER
La possibilité de revendre un billet de train express régional TER dépend du format du titre acheté :
- Les titres non nominatifs (billets papier classiques, carnets régionaux, billets à l’unité sans réservation obligatoire) peuvent être cédés librement ;
- Les e-billets TER assortis d’une réservation obligatoire : nominatifs et incessibles, ils ne peuvent être revendus à un tiers.
Les e-billets imprimés ou téléchargés sur smartphone
C’est le type de billet qui détermine sa cessibilité à un tiers, pas son support. Qu’il soit imprimé sur une feuille A4, conservé en format PDF ou affiché sur l’écran d’un smartphone, un e-billet conserve les mêmes règles que celles attachées au tarif souscrit :
- e-billet TGV INOUI : non revendable (nominatif et incessible) ;
- e-billet Intercités : non revendable (nominatif et incessible) ;
- e-billet OUIGO : revendable, après modification du nom du passager sur ouigo.com ;
- e-billet TER avec réservation obligatoire : non revendable ;
- e-billet TER sans réservation obligatoire : revendable, car non nominatif.
Les bons d’achat SNCF
Les bons d’achat délivrés par la SNCF (à la suite d’une annulation, d’un retard ou d’un dédommagement) peuvent être cédés à un tiers. Cela constitue une solution utile pour les détenteurs d’avoirs qu’ils n’utiliseront pas avant leur expiration.
Les bons d’achat sont, en effet, limités dans le temps (généralement un an à compter de leur émission) et restreints à certains types de trajets, ce qui peut compliquer leur utilisation par leur titulaire initial.
Où revendre ses billets de train ?
Il existe plusieurs sites internet dédiés à la revente de billets de train. On peut citer :
- Troc des Trains (trocdestrains.com) : la plateforme historique, gratuite et sans commission. Chaque annonce est vérifiée par l’équipe du site, qui attribue une note de fiabilité aux billets déposés ;
- KelBillet (kelbillet.com) : également gratuit, avec une rubrique dédiée et un système d’alertes par e-mail ;
- Passe ton billet (passetonbillet.fr) : plateforme rémunérée par une commission, qui sécurise les paiements et empêche automatiquement la revente au-dessus du prix d’achat. Elle accepte également les bons d’achat SNCF.
IMPORTANT : SNCF Connect, le site officiel de la SNCF, ne propose aucun service de revente entre voyageurs (à l’exception d’OUIGOSWAP, propre à la marque OUIGO).
À noter : en dehors de ces sites, il reste également le vaste site de petites annonces généralistes comme Le Bon Coin.
À quelles conditions revendre son billet ?
Le prix de vente du billet ne doit pas dépasser le prix d’achat
Quel que soit le canal utilisé, le vendeur ne peut pas céder son billet à un prix supérieur à celui qu’il a lui-même payé. Les plateformes spécialisées font respecter cette règle en exigeant la référence du dossier, qui permet d’authentifier le titre et d’en connaître le prix réel.
Une réduction reste en revanche tout à fait autorisée. Elle constitue souvent un argument décisif pour trouver preneur rapidement.
IMPORTANT : la règle vaut également pour la revente des bons d’achat SNCF.
Les informations à fournir dans une annonce
Pour mettre un billet en vente sur une plateforme spécialisée, il faut généralement renseigner les éléments suivants :
- les gares de départ et d’arrivée ;
- la date et l’heure du trajet ;
- le numéro du train ;
- la classe (première ou seconde) ;
- le type de billet (OUIGO, INOUI, Prem’s…) ;
- le prix payé et le prix de vente ;
- la carte de réduction éventuellement associée ;
- la référence du dossier, qui permet d’authentifier le billet ;
- ses coordonnées pour permettre d’être contacté par les acheteurs.
Côté acheteur, la vigilance est aussi de mise : il faut systématiquement vérifier la nature du billet, la présence d’une carte de réduction associée et l’identité inscrite avant tout paiement, sous peine de se voir infliger une amende lors du contrôle.
Les bons réflexes pour augmenter ses chances
Quelques précautions, prises dès la réservation, peuvent considérablement faciliter une éventuelle revente de ses billets de train SNCF :
- Ne renseigner ses informations personnelles qu’au dernier moment, lorsque c’est possible (notamment sur OUIGO). Un billet sans nom inscrit reste plus simple à céder qu’un billet déjà nominatif ;
- Acheter aller et retour séparément plutôt qu’en un seul dossier, pour pouvoir revendre l’un sans l’autre en cas d’imprévu sur une seule des deux dates ;
- Anticiper la mise en vente sans la précipiter : trop tardive, l’annonce risque de ne pas trouver preneur ; trop précoce, elle peut passer inaperçue parmi les centaines d’autres déjà en ligne.
À propos de l'auteur
Solenne Dimofski est journaliste spécialisée en finances personnelles et consommation. Elle a été rédactrice chez ToutSurMesFinances de 2013 à 2017, où elle a couvert l’actualité financière (assurance, placements, immobilier, impôts, retraite) et occupé les fonctions de secrétaire de rédaction. Elle a également été responsable de la rubrique Assurance et rédactrice en chef du Mag Mes Finances.





