Masque de protection contre le coronavirus : médical, respiratoire, quel masque choisir, où l’acheter ?


Les masques de protection contre le coronavirus sont souvent en rupture de stock dans les pharmacies et les magasins de bricolage, face à la crainte de l’épidémie. Comment les choisir ? Où les trouver ? Combien coûtent-ils ? Comment les utiliser ? Tout sur les masques à porter au visage pour éviter la contagion.

FFP2, FFP3, chirurgical : les différentes sortes de masque de protection

Le port du masque de protection peut contribuer à limiter la propagation du coronavirus (rebaptisé Covid-19 par l’Organisation mondiale de la santé). Il existe principalement deux types de masques, qui se distinguent par leur fonction propre et leur niveau de filtration.

Le masque à usage médical (« masque chirurgical »)

Le masque anti-projections, communément appelé masque « chirurgical », est le plus basique et le plus courant. Ce dispositif médical, en papier ou en tissu bleu, permet de filtrer les bactéries et d’éviter de contracter un virus.

Mais ce masque, d’abord conçu pour être porté par les malades eux-mêmes dès l’apparition des premiers symptômes d’infection respiratoire (du type grippe ou coronavirus), ne protège pas directement son porteur. Le masque chirurgical permet de protéger les personnes avec qui le porteur du masque entre en contact (son entourage proche, mais aussi les autres personnes dans les lieux publics), notamment lorsqu’il tousse ou éternue.

Ce masque sert à piéger les gouttelettes de salive ou de sécrétion des voies aériennes supérieures (bouche, nez, gorge, larynx et trachée). Mais à la différence d’un masque de protection respiratoire (voir plus bas), il ne sert pas à filtrer l’inhalation des agents infectieux transmissibles par voie aérienne (transmission aéroportée par de fines particules). Si le masque comporte une couche imperméable, il protège son porteur contre un risque de projection de liquides biologiques.

Pour info : le masque doit être conforme à la norme française et européenne NF EN 14683.

Les masques « de protection respiratoire » (de type FFP)

Les masques de protection respiratoire FFP (pour « Filtering Facepiece Particles », qui se traduit par pièce faciale filtrante) sont des dispositifs de protection respiratoire étanches. Dotés de coques ou de valves, ils sont traditionnellement réservés aux professionnels de la santé (médecin, infirmier, sage-femme, masseur kinésithérapeute et chirurgien-dentiste) ou à certaines professions confrontées à la présence d’un risque respiratoire (dans le bâtiment, par exemple). Ils ne sont donc pas destinés, a priori, au grand public. Mais ce dernier a aussi la possibilité de s’en procurer, en officine ou sur Internet notamment

Il existe plusieurs types de modèles de masques filtrants :

  • FFP1
  • FFP2
  • FFP3

Ces masques sont hiérarchisés selon le degré de filtration d’une filtration faible (78% des particules pour le FFP1) à une filtration élevée (98% des particules pour le FFP3). Ils doivent répondre aux exigences de la norme EN 149. Les masques de type FFP2 et FFP3 filtrent suffisamment l’air inspiré pour empêcher l’inhalation d’un virus.

Le masque FFP2 (ou N95) demeure, pour les autorités sanitaires, la protection de référence en cas d’épidémie. « Le port de masques de type FFP2 est préconisé pour les personnels de soins lors des phases de transmission interhumaine et pandémique et pour les personnes à risque majeur d’exposition (proximité de moins d’un mètre d’une personne malade), tels que les professionnels de santé au contact des malades », indique le ministère de la Santé sur son site Internet. Dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, ces masques sont aussi recommandés pour l’entourage proche des patients et les personnes chez qui le coronavirus représente une menace majeure.

Il faut donc au minimum un masque de niveau FFP2 pour se protéger efficacement. Ce modèle, également appelé le « masque canard », filtre 92% des particules. Il a notamment été utilisé contre :

  • la tuberculose résistante
  • la grippe aviaire
  • et le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras)

Il couvre le nez et la bouche. Il se compose d’une pièce faciale (demi-masque ou masque complet) et d’un dispositif de filtration. Ce dispositif de protection individuelle, qui filtre les bactéries mais aussi les aérosols, est destiné à se protéger soit d’une éventuelle contamination d’un tiers par voie respiratoire. À noter : ces masques sont moins confortables, la respiration étant plus difficile.

En prévention d’une éventuelle épidémie de Covid-19 en France, le gouvernement aurait, selon le quotidien « Le Parisien », commandé plusieurs dizaines de millions de masques de type FFP2, principalement à destination des personnels de santé.

ATTENTION : les masques anti-pollution ne sont d’aucune efficacité contre le coronavirus. Il est donc inutile de s’en procurer pour cet usage.

Coronavirus : Emmanuel Macron réquisitionne les stocks de masques

Alors que bilan officiel des cas confirmés du corovavirus venait de passer la barre des 200 personnes en France, le président de la République Emmanuel Macron a indiqué, le 3 mars 2020 via son compte Twitter, la réquisition des masques de protection.

« Nous réquisitionnons tous les stocks et la production de masques de protection. Nous les distribuerons aux professionnels de santé et aux Français atteints par le coronavirus », a écrit le chef de l’État sur le réseau social.

Un décret relatif à cette réquisition de masques de protection a été publié au Journal Officiel du 4 mars 2020. Au regard du texte, sont concernés par cette réquisition :

  • « les stocks de masques de protection respiratoire de type FFP2 détenus par toute personne morale de droit public ou de droit privé »
  • « les stocks de masques anti-projections détenus par les entreprises qui en assurent la fabrication ou la distribution »

Le décret précise que les masques de protection respiratoire de type FFP2 et les masques anti-projections produits d’ici au 31 mai sont réquisitionnés. Il est applicable sur l’ensemble du territoire français.

Cette décision vise à répondre aux inquiétudes des personnels de santé qui redoutent de ne pas pouvoir se procurer des masques indispensables pour la pratique de leur profession. Les réserves stratégiques de masques de protection sont estimées à 160 millions de masques.

Autre mesure drastique annoncée par le gouvernement pour éviter la pénurie de masques : l’impossibilité, à compter du 4 mars 2020, d’acheter un masque de protection dans une pharmacie sans « prescription médicale »

Avant l’annonce d’Emmanuel Macron, le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué que 10 millions de masques de protection allaient être déstockés et distribués dans toutes les pharmacies installées en France. Il s’agit de masques FFP1, et non de masques FPP2 (réservés aux personnels hospitaliers en contact direct avec les malades).

« Chaque pharmacien d’officine du territoire national va recevoir durant cette première semaine de mars 2020 via son grossiste répartiteur un minimum de 10 boîtes de 50 masques anti-projection, soit 500 masques issus du stock national », a expliqué de son côté la Direction générale de la santé (DGS). Les titulaires d’officine devront distinguer ces boîtes de leur stock habituel et y apposer une étiquette stipulant « stock État ». Au moment de venir récupérer leur boîte chaque semaine, les professionnels de santé devront présenter leur carte professionnelle mentionnant leur numéro RPPS (pour « Répertoire partagé des professionnels de santé »).

Achat d’un masque anti-contagion : où en trouver ?

Les masques chirurgicaux, destiné aux personnes malades ou susceptibles de l’être, sont en général disponibles à la vente en pharmacie ou en parapharmacie. Mais on les trouve également sur Internet (sur des sites de e-commerce, comme Amazon ou sur eBay). Ils sont souvent vendus en boîte de 10 à 50 unités. Un conseil : il faut privilégier le masque de type chirurgical en tissu, avec un renfort rigide.

Le masque de protection respiratoire individuelle de type FFP2, généralement utilisé en en milieu hospitalier par les personnels de soins exposés à des risques majeurs de transmission du coronavirus, sont aussi disponibles en officine (pharmacies et parapharmacies). Mais on en trouve également sur les sites Internet et dans les magasins de bricolage. C’est le cas également, des modèles FFP3 (les masques les plus filtrants de la gamme).

Combien coûte un masque anti-virus ?

Le prix des masques chirurgicaux

Depuis le début de l’épidémie coronavirus, le prix des masques chirurgicaux s’est parfois envolé, que ce soit dans les pharmacies ou sur Internet. Car malgré les consignes du ministère de la Santé, qui n’a de cesse de rappeler qu’un masque chirurgical n’est utile que pour les personnes atteintes du coronavirus pour éviter de contaminer les autres, les achats de masques ont bondi. Dans toute la France, certaines officines sont d’ores et déjà en rupture de stock.

Combien coûte un masque chirurgical ? En temps normal (c’est-à-dire en dehors de la période qui a suivi l’apparition de l’épidémie de Covid-19 en Chine), le tarif moyen d’un masque anti-projections s’élève à 30 centimes. Une boîte de 50 masques s’affiche en moyenne à 8 euros (soit 15 centimes l’unité environ). Mais dans certaines pharmacies, le masque à l’unité était vendu trois à dix fois plus cher que son prix habituel.

Traditionnellement, les masques chirurgicaux sont livrés aux pharmacies d’officine à partir du stock d’Etat via les grossistes répartiteurs. Ils sont habituellement délivrés gratuitement aux patients, sur prescription médicale. Problème : de plus en plus de personnes cherchent à s’en procurer par leurs propres moyens, et en grande quantité.

Même constat du côté des sites de vente en ligne, sur lesquels les clients se sont rabattus. Fin janvier, le lot de 100 masques chirurgicaux de couleur verte (produit en tête des ventes), a vu son tarif passer de 19,99 euros à 27,99 euros en un week-end sur Amazon.

Par ailleurs, face à l’envolée des prix de vente des gels désinfectants hydroalcooliques constatée depuis le début de l’épidémie (parallèlement à la flambée des tarifs des masques de protection), notamment sur Internet, le gouvernement a publié un décret qui permet d’encadrer leur prix. Le texte, paru au Journal Officiel du 6 mars 2020, s’applique jusqu’au 31 mai 2020. Il limite à 2 euros le prix des flacons de 50 millilitres de gel hydroalcoolique, à 3 euros.  Le tarif du flacon de 100 millilitres est plafonné à 3 euros, celui de 300 millilitres à 5 euros, et celui de 1 litre à 15 euros. Le décret précise que le ministre de l’Économie « peut modifier par arrêté » ces prix maximum imposés afin de « tenir compte de l’évolution de la situation du marché constatée sur tout ou partie du territoire ». Le suivi de la mesure est assuré par la Répression des fraudes (DGCCRF). Les commerçants et sites qui continueront de vendre du gel hydroalcoolique au-delà du prix plafonné encourent une amende de 7.500 euros.

Le prix des masques de protection respiratoire

Les masques de protection respiratoire de type FFP sont plus chers que les masques chirurgicaux. Concernant les modèles FFP2, les prix varient entre quelques euros et 20 euros l’unité en moyenne. Pour les modèles FFP3, il faut débourser plusieurs dizaines d’euros l’unité.

À l’instar des masques chirurgicaux, les masques de protection FFP subissent des hausses de prix considérables depuis le début de l’épidémie de coronavirus.

Un conseil : il faut privilégier l’achat de ces masques en officine, car cela garantit une bonne conformité des produits avec les normes en vigueur.

Coronavirus : les règles d’usage du masque de protection

Comment utiliser le masque chirurgical ou FFP ?

Le masque anti-projections (ou masque chirurgical) doit être porté par le patient contagieux dès l’apparition des premiers symptômes, afin de prévenir la contamination de son entourage et de son environnement.

Plusieurs règles sont à respecter lors de la mise en place du masque chirurgical sur le visage :

  • avant toute chose, se laver les mains
  • n’extraire de l’emballage qu’un masque à la fois et le saisir par la partie centrale externe
  • présenter à l’extérieur la mention imprimée sur le masque (si aucune indication spécifique n’apparaît, il faut appliquer sur le visage le côté le plus rembourré de la barrette nasale)
  • appliquer le masque sur le visage en le tenant par les liens
  • le masque doit couvrir le nez, le menton et la bouche
  • le masque ne doit être manipulé que pour la pose et le retrait, et toujours par les attaches

Qu’en est-il pour les appareils des appareils de protection respiratoire filtrants de type FFP ? Là encore, des précautions d’usage s’imposent :

  • se laver les mains avant de saisir le masque
  • passer les élastiques derrière la tête, de part et d’autre des oreilles
  • vérifier que le masque couvre bien le menton
  • ajuster le masque en pinçant la barrette sur le nez
  • tester l’étanchéité du masque (couvrir le masque avec une feuille de plastique et inspirer : le masque doit se plaquer sur le visage)
  • ne pas manipuler le masque une fois celui-ci mis en place
  • après usage, retirer le masque par les élastiques (cela doit se faire en dehors de la présence de la victime du coronavirus)

Après retrait d’un masque, il faut se laver les mains avec une solution hydroalcoolique ou à l’eau et au savon.

ATTENTION : les masques filtrants de type FFP sont incompatibles avec la barbe, qui peut remettre en cause leur efficacité. Il faut être imberbe pour le porter, sinon l’air peut passer entre la peau et le masque.

Le masque de protection est-il réutilisable, lavable ou jetable ?

Quelle est la durée de vie d’un masque de protection contre le coronavirus ? Tout dépend du modèle utilisé.

Concernant les masques chirurgicaux, ils perdent leur efficacité au bout de 3 à 4 heures. Au-delà, il faut s’en débarrasser. Leur manipulation doit être faite avec précaution, car ils peuvent être contaminés. Le ministère de la Santé indique qu’il faut jeter le masque « dès qu’il est mouillé ou souillé, dans une poubelle si possible équipée d’un couvercle et munie d’un sac plastique ». L’élimination des masques chirurgicaux passe par la filière des ordures ménagères. Un double emballage est recommandé pour éviter les contaminations en cas de déchirure du sac extérieur.

Pour ce qui est du masque de protection respiratoire individuelle, il est lui aussi à usage unique (il ne peut en aucun cas être lavé pour être réutilisé). « Sa durée de protection varie entre 3 et 8 heures, mais il est difficilement supporté au-delà de quelques heures », avertissent les autorités, qui conseillent de de reporter aux recommandations du fabricant. Au-delà de cette durée garantie de protection, le masque doit être jeté à la poubelle. Un conseil : à ce moment-là, ne pas manipuler le masque autrement que par les ficelles qui permettent de le maintenir sur le visage.

ATTENTION : l’utilisation de masques de protection réutilisables (de type masque à gaz ou masque anti-poussière, à cartouche ou intégral) n’offre pas une garantie supplémentaire contre le coronavirus. Le lavage du masque risque de provoquer un phénomène d’aérosolisation des germes (apparition de gouttelettes susceptibles de contenir des virus ou des bactéries infectieuses).

Coronavirus : le port du masque est-il obligatoire ?

Alors que l’épidémie de coronavirus ne cesse de prendre de l’ampleur, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a apporté, le 24 février 2020, des précisions sur le port du masque chirurgical censé limiter la propagation de l’épidémie. « Le port du masque chirurgical est recommandé uniquement pour les personnes ayant séjourné en Chine, à Singapour, en Corée du Sud, en Lombardie, en Vénétie, pendant les 14 jours suivant leur retour », a-t-il expliqué, relayant une recommandation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Et d’ajouter : le masque sanitaire « est également plus que recommandé pour les malades afin d’éviter la diffusion de la maladie par voie aérienne ».

En clair, les masques chirurgicaux sont uniquement utiles si on est soi-même malade. Porter un masque permet d’éviter de diffuser le virus par voie aérienne et gouttelettes, la maladie se transmettant par les postillons, via les éternuements et les toux.

« Le port de ce type de masque par la population non malade afin d’éviter d’attraper la maladie ne fait pas partie des mesures barrières recommandées et son efficacité n’est pas démontrée », avaient déjà expliqué les services du ministère fin janvier. Les personnes qui n’ont pas voyagé dans une zone contaminée et qui ne sont pas susceptibles d’être touchées par le coronavirus n’ont donc aucun intérêt à porter un masque de protection.

Pour rappel : le masque chirurgical ne constitue pas une barrière contre le coronavirus. Il ne permet donc pas de se protéger contre ce dernier.

En revanche, le personnel médical, qui traite des patients potentiellement à risques, doit obligatoirement porter un masque de type FFP2 pendant la durée des consultations. Le ministère de la Santé a réédité un guide méthodologique de « Préparation au risque épidémique Covid-19 » à destination destiné aux établissements de santé, aux établissements médico-sociaux et des médecins de ville. Le port du masque « de protection respiratoire » est aussi fortement recommandé pour l’entourage proche des patients hospitalisés suspectés d’être contaminé par le coronavirus.

Les autres moyens de protection contre le coronavirus

Les masques ne sont pas une protection absolue. Coronavirus ou pas, porter un masque de protection ne remplace pas les gestes simples pour enrayer la progression de l’épidémie. Ces « gestes barrières » – relayés par l’Organisation mondiale de la Santé et par les autorités sanitaires en France – sont les suivants :

  • se laver les mains régulièrement avec de l’eau et du savon, ou avec un gel hydroalcoolique
  • éternuer ou tousser dans son coude (ou a minima dans sa main, à condition de bien la laver immédiatement)
  • utiliser des mouchoirs jetables
  • rester chez soi si on est contagieux
  • éviter tout contact rapproché avec les personnes malades (poignées de mains, embrassades, etc.)
  • aérer les pièces de son logement
  • nettoyer et désinfecter régulièrement les surfaces et les objets qui sont fréquemment touchés, à l’instar des poignées de portes

Pour rappel : les personnes qui présentent (ou pensent présenter) les premiers symptômes du coronavirus ne doivent pas se rendre chez leur médecin : le premier réflexe est d’appeler le centre 15 du Samu, en signalant votre voyage.

Pour toute question sur le coronavirus, le gouvernement a mis en place la plateforme téléphonique d’information « Nouveau coronavirus » : le 0800 130 000 (appel gratuit depuis un poste fixe en France, 7 jours sur 7, de 9 heures à 19 heures). Cette plateforme est ouverte aux personnes qui se posent des questions autour du virus, mais qui ne justifient pas d’appeler le 15.

Le gouvernement met aussi à disposition du public un site Internet dédié au Covid-19. Il est disponible à l’adresse suivante : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus.