La prime carburant permet à l’employeur de prendre en charge tout ou partie des frais de carburant ou de recharge de ses salariés pour aller travailler, sans impôt ni cotisations sociales dans certaines limites. Elle n’a rien d’obligatoire : l’entreprise décide de la mettre en place, puis l’accorde à tous les salariés éligibles selon les mêmes règles. Le gouvernement a annoncé un plafond relevé à 1 000 euros pour les primes versées jusqu’au 31 décembre 2026, mais les textes d’application sont en attente de publication.
En bref
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Prime carburant : une prise en charge facultative par l’employeur
La prime carburant désigne la prise en charge, par l’employeur, de tout ou partie des frais de carburant que ses salariés dépensent pour aller de leur résidence habituelle à leur lieu de travail. Elle couvre aussi les frais de recharge ou d’alimentation des véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène. L’administration l’appelle aussi « prime de transport ». Pour d’autres modes de transport, l’employeur peut recourir au forfait mobilités durables.
Tous les employeurs de droit privé peuvent la verser, mais aucun n’y est tenu : la prime carburant est facultative. Le salarié ne peut donc pas la réclamer si son entreprise ne l’a pas mise en place.
| À ne pas confondre
La prime carburant ne se demande pas à l’administration : c’est l’employeur qui la verse. L’aide carburant versée par l’État est un autre dispositif : elle se demande en ligne et dépend de conditions de revenus et de kilométrage. |
Quels salariés peuvent bénéficier de la prime carburant ?
Le salarié doit se trouver dans l’un de ces deux cas, hors mesures exceptionnelles de 2026.
Le premier cas concerne le salarié dont la résidence habituelle ou le lieu de travail se situe dans l’une de ces zones :
- une commune qu’aucun transport collectif régulier ne dessert, qu’il soit public ou mis en place par l’employeur ;
- une zone en dehors du périmètre d’un plan de mobilité obligatoire.
Le second cas concerne le salarié que ses horaires de travail obligent à prendre son véhicule personnel, faute de transport en commun utilisable : travail de nuit, horaires décalés, travail continu ou équipe de suppléance.
Le travailleur frontalier soumis au droit du travail et à la sécurité sociale français y a droit s’il remplit l’une de ces conditions. Le salarié qui travaille sur plusieurs sites d’une même entreprise, sans transport assuré entre eux, peut obtenir la prise en charge de l’ensemble de ses trajets.
En revanche, la prime ne concerne pas le salarié :
- qui dispose en permanence d’un véhicule de l’employeur, carburant ou recharge payés par ce dernier ;
- dont le logement ne lui occasionne aucun frais de transport pour aller travailler ;
- que l’employeur transporte gratuitement.
Enfin, la prime carburant n’est pas cumulable avec le remboursement de l’abonnement de transport par l’employeur. Une partie de ces règles est suspendue en 2026 (voir plus bas).
Jusqu’à quel montant la prime carburant est-elle exonérée ?
La prime carburant échappe à l’impôt sur le revenu, aux cotisations et aux contributions sociales, dont la contribution sociale généralisée (CSG), dans la limite de 300 euros par an et par salarié pour le carburant. La limite atteint 600 euros pour la recharge ou l’alimentation d’un véhicule électrique, hybride rechargeable ou à hydrogène. Ces plafonds correspondent aux règles habituellement en vigueur : la section suivante détaille les mesures exceptionnelles de 2026. Au-delà, la somme est imposable et soumise à cotisations. L’employeur fixe librement le montant de la prime.
L’entreprise qui applique la déduction forfaitaire spécifique (DFS) pour frais professionnels perd cette exonération : la prime est alors soumise à cotisations.
La prime est en revanche cumulable avec le versement d’indemnités kilométriques, calculées avec le barème kilométrique, à condition que le total ne dépasse pas les frais réellement engagés pour le trajet. Exemple : un salarié éligible dépense 700 euros de carburant par an pour aller travailler. Son employeur peut lui verser 300 euros de prime carburant, puis jusqu’à 400 euros d’indemnités kilométriques.
Prime carburant en 2026 : un plafond relevé et des conditions assouplies
Un plafond de 1 000 euros pour les primes versées jusqu’au 31 décembre 2026
Le gouvernement a d’abord annoncé le 21 mai 2026 un plafond de 600 euros par an, applicable aux primes versées jusqu’au 31 décembre 2026.
Le gouvernement a annoncé le 22 septembre 2026 un plafond de 1 000 euros, sans impôt ni cotisations, pour les primes versées jusqu’au 31 décembre 2026. Les textes qui appliquent ce relèvement n’étaient pas encore publiés le 12 octobre 2026.
Ces mesures visent les seuls frais de carburant.
Des conditions d’attribution assouplies jusqu’au 31 décembre 2026
L’employeur peut verser la prime jusqu’au 31 décembre 2026 même si un moyen de transport en commun dessert le domicile ou le lieu de travail du salarié. Il peut aussi la cumuler avec la prise en charge de l’abonnement de transport. Les cas d’exclusion vus plus haut restent valables.
Le salarié doit toutefois se trouver dans l’une des trois situations suivantes :
- habiter ou travailler dans une agglomération de moins de 100 000 habitants ;
- avoir des horaires de travail qui l’empêchent de prendre les transports en commun ;
- devoir se déplacer à ses frais entre plusieurs lieux de travail.
Le gouvernement a annoncé la possibilité pour les employeurs de verser une prime sans condition de lieu de résidence. L’application de ces trois conditions reste donc floue jusqu’à la publication des textes.
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 prévoit d’exonérer d’impôt sur le revenu jusqu’à 1 000 euros de prime carburant au titre des revenus de 2026, pour tous les salariés, sous réserve de son vote par le Parlement. Consulter notre article sur le relèvement annoncé le 22 septembre 2026.
La prime carburant retrouvera ses règles habituelles au 1er janvier 2027, sauf prorogation.
Comment l’employeur met en place la prime carburant
L’employeur peut instaurer la prime par un accord d’entreprise ou interentreprises, à défaut par un accord de branche. Sans accord, il peut décider seul, après avoir consulté le comité social et économique (CSE) s’il en existe un.
Il fixe librement les règles d’attribution, mais doit les appliquer de la même façon à tous les salariés éligibles. Il peut moduler le montant selon la distance entre le domicile et le lieu de travail, sans écarter aucun salarié éligible. Il doit prévenir les salariés au moins un mois avant de modifier ces règles.
Le montant versé figure sur le bulletin de paie. L’employeur conserve une copie de la carte grise du véhicule et les éléments qui établissent l’éligibilité du salarié. Il n’a en revanche à réclamer aucun justificatif de dépense tant que la prime reste sous le plafond.
Le salarié n’a aucune demande en ligne à faire : il doit s’adresser à son employeur ou au CSE.
Prime carburant : FAQ
Un stagiaire peut-il percevoir la prime carburant ?
Non. L’employeur peut toutefois lui verser des indemnités kilométriques pour ses trajets jusqu’au lieu de stage, sans cotisations sous conditions.
La prime carburant peut-elle être réduite pendant les congés ou un arrêt maladie ?
Oui, à condition que l’accord d’entreprise ou la décision de l’employeur prévoie cette réduction pour tous les salariés qui touchent la prime. La même règle collective peut aussi prévoir une prime réduite en cas d’embauche ou de départ en cours de mois.
Le salarié qui prend sa voiture pour aller jusqu’à la gare peut-il toucher la prime carburant ?
Oui en 2026 : jusqu’au 31 décembre, l’employeur peut cumuler la prime et la prise en charge de l’abonnement de train, si le salarié remplit les autres conditions. Non les autres années : l’employeur rembourse alors la moitié de l’abonnement et n’indemnise le trajet en voiture qu’au titre des frais professionnels, sur justificatif des kilomètres.
À propos de l'auteur
Olivier Brunet est cofondateur de ToutSurMesFinances.com et rédacteur en chef spécialisé en placements et fiscalité des particuliers. Présent au sein du média depuis sa création, il en est l’un des piliers éditoriaux. Il analyse les stratégies d’investissement, suit les évolutions fiscales et les problématiques patrimoniales avec une vision long terme, forgée par des années de pratique et de suivi des marchés.






