Salaire médian, salaire moyen en France : montant brut et net, évolution 2022

Par Olivier Brunet
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Quel est le montant du salaire moyen et médian par personne en France ? Quelles différences entre ces deux valeurs, entre le brut et le net, entre la rémunération d’un ouvrier et d’un cadre ? À quelle augmentation de salaire peut-on prétendre en 2022 ?

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Salaire médian, salaire moyen, définitions et différences

Salaire médian : 50% des salariés gagnent plus, 50% gagnent moins

Que veut dire salaire médian ? Le salaire médian est le niveau de rémunération qui sépare un effectif de salariés en deux moitiés comportant le même nombre de personnes : l’une gagne moins et l’autre gagne plus. Ainsi, il y a autant de salariés qui touchent un salaire supérieur au salaire médian que de salariés dont le salaire est inférieur. En d’autres termes, une personne qui perçoit plus que le salaire médian en France appartient aux 50% de salariés français dont le revenu salarial est le plus élevé.

Pour calculer le salaire médian, on classe chaque personne du plus bas au plus haut salaire puis on partage la population considérée en deux groupes comptant le même effectif (égaux en nombre). Le salaire médian est égal au salaire où l’on coupe l’effectif en deux parties égales.

Salaire moyen : rémunération moyenne par personne

Le salaire moyen est la moyenne par personne de l’ensemble des salaires de l’échantillon de salariés considéré. Pour calculer le salaire moyen en France, il faut effectuer une division : on prend la somme de tous les salaires versés par les employeurs (numérateur) que l’on divise par le nombre total de salariés que l’on dénombre dans le pays (dénominateur).

Différence entre salaire moyen et médian

On peut calculer le salaire moyen et le salaire médian pour l’ensemble de la population active :

  • par profession  : ingénieur, technicien, responsable qualité, etc. ;
  • par statut : cadre, chef d’entreprise par exemple ;
  • par pays dans le cadre de comparaisons internationales (Allemagne, Suisse, Québec par exemple) ;
  • à l’échelle d’une entreprise.

Toutefois, le salaire moyen est généralement supérieur au salaire médian. L’explication est simple : la moyenne exagère l’importance des hauts revenus (bien que ces salaires élevés ne concernent qu’une minorité) alors que le salaire médian est neutre de ce point de vue grâce à son mode de calcul. C’est la raison pour laquelle nombre de statistiques nationales et internationales se fondent sur le salaire médian.

Salaire médian net et salaire moyen net en France par personne (Insee)

Le salaire net médian mesuré en équivalent temps plein par l’Insee se monte à 1.940 euros par mois selon les dernières statistiques disponibles (2019, contre 1.871 euros en 2018), dont 1.801 euros pour les femmes et 2.046 euros pour les hommes, hors salaire des apprentis et des stagiaires.

Le salaire médian net est inférieur de 20,1 % au salaire moyen net des prélèvements à la source (CSG, CRDS notamment), qui se monte à 2.424 euros toujours selon l’Insee – contrats aidés compris -, dont 2.181 euros pour les femmes et 2.597 euros pour les hommes. En excluant les emplois aidés, le salaire net se monte à 2.448 euros mensuels.

Classées selon la catégorie socioprofessionnelle, les rémunérations nettes atteignent les montants suivants (Insee, salaires 2019) :

  • cadres et chefs d’entreprise salariés : 4.230 euros mensuels
  • professions intermédiaires (techniciens et technico-commerciaux, contremaîtres, agents de maîtrise, etc.) : 2.411 euros mensuels
  • employés : 1.740 euros mensuels
  • ouvriers : 1.830 euros mensuels

Ces statistiques portent sur les salariés du privé et des entreprises publiques.

Évolution des salaires en France : quelle augmentation en 2022 ?

Salaires en France : quelle augmentation en 2021 ?

Selon divers instituts, les salaires ont connu une maigre augmentation en 2021. Une évolution identique à 2020, et qui trouve naturellement son explication dans le contexte lié à l’épidémie de Covid-19. D’après l’enquête annuelle sur les salaires du cabinet de conseil Deloitte, la paie médiane n’a connu une progression que de 0,6% en 2021. Par comparaison, les augmentations avaient atteint 2,8% pour les cadres et 2,4% pour les non-cadres en 2019, rappelle Deloitte.

Le gel des salaires au cours des années 2020 et 2021 s’est accompagné d’une remontée progressive de l’indice des prix à la consommation. Si le taux d’inflation était quasiment nul en 2020 (0,5%), il s’établissait à 1,5% sur un an à la mi-juillet 2021, pour atteindre 2,8% sur douze mois glissants en décembre 2021. Un net regain de l’inflation du, en particulier, au renchérissement des prix du tabac et de l’énergie (essence, gaz naturel), ainsi qu’aux pénuries de matières premières.

Les prévisions pour 2022 sont les suivantes :

  • Insee (prévision de décembre 2021) : salaire brut moyen par tête en hausse de 0,8% au premier semestre 2022 et de 0,6% au second semestre, dans les entreprises non agricoles après prise en compte de l’inflation
  • Banque de France (prévision de décembre 2021) : salaire moyen brut par personne en hausse « à un rythme de 4% » en 2022, puis progression « à un rythme soutenu, autour de 3% » en 2023-2024
  • Haut Conseil des finances publiques : salaire moyen brut par personne en hausse de 5,2% en 2022, après une augmentation de 4,8% en 2021

Dans son enquête de juillet 2021 sur les NAO (négociations annuelles obligatoires) en France, Mercer tablait sur une augmentation moyenne annuelle du salaire de base de 1,4% et médiane de 1,41% en 2021.

La hausse du coût de la vie a atteint en moyenne +2,8% en 2021, selon les données publiées par l’Insee.

Les prévisions d’inflation en France pour 2022 se montent :

  • à 1,5% pour 2022 du côté du gouvernement (source Direction du Trésor)
  • au-dessous des 2% d’ici fin 2022, et de 1,5-1,6% en 2023 et 2024 (source Banque de France)
  • à 1,5% en 2022 (Haut Conseil des finances publiques).

Prévisions de hausse des salaires en France en 2022

Les salaires devraient de nouveau légèrement augmenter en 2022, après deux années de gel relatif des salaires consécutivement à la crise sanitaire. Selon les organismes de prévisions, la hausse devrait atteindre en moyenne 2,5%.

Si des hausses de salaire devaient être consenties dans de nombreux secteurs en 2022 (le cabinet Deloitte cite notamment l’industrie, la chimie, la santé, la distribution, les services financiers et tous les métiers du numérique), le cabinet de conseil en RH Alixio prévoyait une part prépondérante des augmentations générales (collectives) au détriment des augmentations individuelles (qui prévalaient ces dernières années).

Les métiers où les salaires devaient le plus augmenter en 2022

Selon l’étude de rémunérations 2022 du cabinet de recrutement Robert Half (publiée en octobre 2021), les métiers et profils où les salaires devaient le plus augmenter entre 2019 et 2020 sont les suivants :

  • comptable général
  • gestionnaire de paie
  • responsable comptable
  • contrôleur de gestion opérationnelle
  • assistant commercial bilingue anglais
  • gestionnaire administration des ventes (ADV)
  • juriste en droit des sociétés
  • responsable paie et administration du personnel
  • administrateur / ingénieur systèmes et réseaux
  • commercial solutions SaaS

Salaires moyens des cadres en France selon l’Apec

D’après l’étude annuelle des salaires des cadres à l’embauche de l’Apec, rendue publique en septembre 2021, le salaire médian des cadres en poste (salaire fixe + part variable) s’établissait à 50.000 euros en 2020. Toujours selon l’Apec, l’écart des salaires moyens à l’embauche s’est encore creusé entre hommes et femmes.

Commissions incluses, la rémunération brute annuelle fixe moyenne d’un cadre à l’embauche s’élevait à 39.000 euros en 2020 (après réponse à une offre d’emploi) alors que la rémunération brute médiane s’élevait à 38.000 euros d’après l’étude annuelle des salaires des cadres à l’embauche de l’Apec rendue publique en septembre 2021. En 2017, l’écart des salaires moyens à l’embauche était de 3 000 euros entre hommes et femmes : à profil et poste comparable, il était de 8%. Si l’on tient compte du salaire brut annuel fixe et la part variable, la rémunération médiane des femmes cadres a été de 46.000 euros annuels en 2020, contre 53.000 euros pour les hommes.

Les jeunes cadres ont également pâti de la crise sanitaire puisque, selon l’étude de l’Apec, leur rémunération a diminué : elle est passé de 40.000 euros en 2019 à 39.000 euros en 2020. De plus, si 62% des jeunes cadres avaient obtenu une augmentation en 2019, cette proportion est tombée à 48% en 2020.

« En 2020, sur le marché de l’offre, le salaire médian associé aux offres ouvertes aux jeunes diplômés est naturellement inférieur à celui des offres destinées spécifiquement aux cadres confirmés, respectivement 38.000 et 43.000 euros », notre l’Apec dans son étude publiée en 2021.

Salaire moyen brut, net en France par secteur d’activité (Dares)

Chaque année, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail, publie une étude sur l’évolution des salaires de base par branche professionnelle.

Elle édite, certaines années, une étude dans laquelle elle livre les salaires bruts et nets par secteur et par branche professionnelle en équivalent-temps plein (ETP). Extraits de l’étude de juillet 2018 sur les rémunérations en 2015, qui est la plus récente publiée par la Dares:

  • Boulangerie-pâtisserie artisanale :
    > salaire brut mensuel : 1.947 euros
    > salaire net mensuel : 1.461 euros
  • Métallurgie et sidérurgie :
    > salaire brut mensuel : 3.815 euros (dont métallurgie en Île-de-France : 3.325 euros)
    > salaire net mensuel : 2.831 euros (dont métallurgie en Île-de-France : 2.448 euros)
  • Banque :
    > salaire brut mensuel : 5.463 euros
    > salaire net mensuel : 3.911 euros
  • Secteur sanitaire et social :
    > salaire brut mensuel : 2.343 euros
    > salaire net mensuel : 1.761 euros
  • Immobilier :
    > salaire brut mensuel : 3.347 euros
    > salaire net mensuel : 2.531 euros
  • Cabinets d’experts comptables
    > salaire brut mensuel : 3.413 euros
    > salaire net mensuel : 2.563 euros
  • Hôtels cafés restaurants
    > salaire brut mensuel : 2.171 euros
    > salaire net mensuel : 1.651 euros
    > En savoir plus sur la grille de salaire HCR et le Smic hôtelier
  • Transport routier :
    > salaire brut mensuel : 2.535 euros
    > salaire net mensuel : 1.897 euros

Salaire brut annuel à l’embauche par métier en 2021

Chaque année, PageGroup France publie une étude sur les rémunérations pratiquées par profession et les tendances d’évolution (stable, à la hausse ou à la baisse). Extraits à partir de l’étude pour l’année 2022, chaque donnée correspondant à la rémunération annuelle brute en Île-de-France :

  • Salaire brut d’un ingénieur informatique / consultant en ESN (entreprise de services du numérique)
    Applicatif et Infrastructures : 38.000 à 45.000 euros (senior : 45.000 à 48.000 euros)
    Expertise digitale / web : 40.000 à 45.000 euros (senior : 45.000 à 55.000 euros)
    Expertise cyber / SSI (sécurité du système d’information) : 42.000 à 45.000 euros (senior : 45.000 à 55.000 euros)
  • Salaire brut de responsable qualité
    2 à 5 ans d’expérience : 50.000 à 55.000 euros
    5 à 15 ans d’expérience : 55.000 à 70.000 euros
  • Salaire brut de responsable logistique – supply chain
    2 à 5 ans d’expérience : 57.000 à 85.000 euros (dont part variable 5 à 20%)
    5 à 15 ans d’expérience : 63.000 à 90.000 euros (dont part variable 5 à 20%)
  • Salaire brut de technicien de maintenance multitechnique
    0 à 2 ans d’expérience : 24.000 à 26.000 euros
    2 à 5 ans d’expérience : 26.000 à 28.000 euros
    5 à 15 ans d’expérience : 28.000 à 32.000 euros
  • Salaire brut d’infographiste
    0 à 2 ans d’expérience : 24.000 à 28.000 euros
    2 à 5 ans d’expérience : 26.000 à 32.000 euros
    5 à 15 ans d’expérience : 32.000 à 38.000 euros
  • Salaire brut de visiteur médical ou délégué médical
    0 à 2 ans d’expérience : 21.000 à 23.000 euros
    2 à 5 ans d’expérience : 23.000 à 25.000 euros
    5 à 15 ans d’expérience : 25.000 à 30.000 euros

À NOTER : pour les postes situés ailleurs en France, les salaires sont inférieurs selon les zones (décote variable selon les années d’expérience, le secteur d’activité, la taille de l’entreprise) de la façon suivante :

  • Auvergne-Rhône-Alpes : de 0% à -10%
  • Bretagne : de -8% à -20%
  • Centre-Val de Loire : de -12% à -20%
  • Grand Est : de -10% à -18%
  • Hauts-de-France : de -5% à -10%
  • Normandie : de -12% à -18%
  • Nouvelle-Aquitaine : de -8% à -15%
  • Occitanie : de -8% à -12%
  • Pays de la Loire : de -10% à -20%
  • Provence – Alpes-Côte d’Azur : de -10% à -15%

Salaire moyen et médian mensuel en Ligue 1

Dans son édition du 22 mars 2022, le journal « L’Équipe » a publié une étude sur les salaires des joueurs de Ligue 1 pour la saison 2021/2022.

Selon cette étude, le salaire mensuel moyen brut club par club hors primes atteint (classement du plus élevé au plus bas, montant et classement pour la saison 2021/2022) :

  • 1 – PARIS (PSG) : 990.000 euros (2019/2020 : 820.000 euros #1)
  • 2 – MARSEILLE (OM) : 212.000 euros (2019/2020 : 212.000 euros #3)
  • 3 – MONACO (ASM) : 185.000 euros (2019/2020 : 220.000 euros #2)
  • 4 – NICE (OGC Nice) : 130.000 euros (2019/2020 : 85.000 euros #7)
  • 5 – LYON (OL) : 120.000 euros (2019/2020 : 212.000 euros #4)
  • 6 – RENNES (SRFC ou Stade Rennais) : 120.000 euros (2019/2020 : 90.000 euros #6)
  • 7 – LILLE (LOSC) : 95.000 euros (2019/2020 : 62.000 euros #9)
  • 8 – NANTES (FCN) : 70.000 euros (2019/2020 : 58.000 euros #11)
  • 9 – SAINT-ÉTIENNE (ASSE) : 64.000 euros (2018/2019 : 70.000 euros #8)
  • 10 – ANGERS (SCO ou Sporting club de l’Ouest) : 60.000 euros (2019/2020 : 45.000 euros #13)
  • 11 – STRASBOURG (RCS) : 55.000 euros (2019/2020 : 45.000 euros #14)
  • 12 – LORIENT (FC Lorient) : 50.000 euros (promu, saison 2019/2020 en Ligue 2)
  • 13 – BORDEAUX (FCGB) : 45.000 euros (2018/2019 : 95.000 euros #5)
  • 14 – LENS (RC Lens) : 45.000 euros (promu, saison 2019/2020 en Ligue 2)
  • 15 – BREST (Stade brestois) : 42.000 euros  (2019/2020 : 26.000 euros #19)
  • 16 – TROYES (ESTAC) : 41.000 euros (promu, saison 2019/2020 en Ligue 2)
  • 17 – MONTPELLIER (MHSC) : 40.000 euros (2019/2020 : 45.000 euros #12)
  • 18 – METZ (FC Metz) : 35.000 euros (2019/2020 : 31.500 euros #17)
  • 19 – REIMS (Stade de Reims) : 28.900 euros (2019/2020 : 24.107 euros #20)
  • 20 – CLERMONT-FERRAND (Clermont Foot 63) : 20.000 euros (promu, saison 2019/2020 en Ligue 2)

Pour la saison 2021/2022, il ressort des estimations du quotidien sportif un salaire brut moyen mensuel de près de 100.000 euros (contre 94.000 euros pour la saison 2019/2020) et un salaire brut médian 40.000 euros hors primes (c’était 35.000 euros lors de la saison 2019/2020).

Dans le même temps, le salaire fixe représentait 93% de la rémunération d’un joueur professionnel de Ligue 1 et 91% en ligue 2 durant la saison étudiée, le solde correspondant à des primes (source DNCG, rapport financier, saison 2020/2021). En Ligue 1, comme en 2019/2020, les 10% des joueurs les mieux payés avaient une rémunération supérieure à celle des 90% des joueurs les moins bien payés, toujours selon les statistiques de la DNCG pour la saison 2020/2021.

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